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Irak – « À Erbil, les églises sont pleines à craquer »

06.06.2014 in AED, Aide à l'Église en détresse., Irak
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©AED/ACN

Le départ dans le nord de l’Irak de chrétiens ayant précédemment vécu dans d’autres régions du pays pose de grands défis à l’Église, comme le constatait Mgr Bashar Matti Warda, archevêque d’Erbil, dans un entretien accordé à l’œuvre internationale de bienfaisance catholique Aide à l’Église en Détresse (AED).

En raison de la meilleure situation en termes de sécurité qui règne dans la Région autonome du Kurdistan, 12 000 familles chrétiennes de Bagdad, de Mossoul et d’autres villes irakiennes ont choisi déjà ces dernières années de s’installer dans l’archidiocèse d’Erbil. « À Bagdad et en d’autres lieux, les gens ne sont toujours pas certains de pouvoir rentrer chez eux le soir, parce qu’ils pourraient être victimes d’attentats à la bombe, d’assassinats ou d’enlèvements », a déploré Mgr Warda.

Pour l’Église catholique, cela signifierait que des paroisses à Bagdad et à Mossoul doivent être fermées parce que les paroissiens partiraient, tandis qu’à Erbil, il faut dresser des tentes  parce que les églises sont trop petites pour accueillir tout le monde. L’archevêque a poursuivi : «  Bien que nous ne disposions pas de l’infrastructure qui s’imposerait pour faire face à une telle augmentation du nombre de personnes dans les communautés catholiques, les nouveaux arrivants continuent d’affluer. Dans leurs paroisses d’origine, ils étaient habitués à participer tous les jours aux offices religieux ou aux catéchèses. Ils n’y renoncent pas ici. Il nous faut donc d’urgence construire de nouvelles églises et édifier des locaux pour la catéchèse et les autres activités de la vie religieuse. »

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L’archevêque a dépeint la situation en Irak comme un amalgame de « problèmes historiques, économiques, sociaux, religieux et politiques », sachant que les circonstances sont trop complexes pour en saisir toute la portée. « Si je tente aujourd’hui d’expliquer ce qui se passe ici, la réalité peut déjà se présenter tout différemment demain », affirme-t-il.

La guerre aurait divisé la société et engendré « la réapparition de conflits non résolus soudainement resurgis du passé ». En outre, comme l’Irak est entouré de pays qui souffrent également d’une multitude de conflits, il s’ensuivrait que l’Irak même « ne mènerait souvent pas ses propres guerres. »

L’AED soutient plusieurs projets dans l’archidiocèse d’Erbil, notamment la construction de l’église « Notre-Dame du Perpétuel Secours » à Ankawa, un quartier d’Erbil, ainsi que plusieurs projets consacrés au catéchisme

VOYAGER AVEC L’AED – Afrique du Sud/République Démocratique du Congo

06.06.2014 in AED, AFRIQUE, Aide à l'Église en détresse., Formation religieuse

VOYAGER AVEC L’AED est le titre de l’infolettre qui sera diffusée chaque vendredi sur notre blogue. Cette nouvelle hebdomadaire sera pour nous l’occasion de vous faire connaître tantôt les besoins de soutien qu’a l’Église, tantôt les projets que nous avons réalisés, et ce, dans les pays du monde entier.

Aujourd’hui:  Afrique du Sud et République Démocratique du Congo

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Afrique du Sud

Voiture destinée à la pastorale des réfugiés

« Du fond du cœur, nous vous remercions pour le grand soutien que vous nous avez apporté pour l’achat d’un véhicule qui aide notre communauté à travailler au service des migrants et des réfugiés », nous écrivent les sœurs missionnaires de Saint Charles Borromée, qui participent à la pastorale des réfugiés depuis 1998 à Johannesburg.

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©AED/ACN

Depuis 2001, elles dirigent un foyer pour les femmes réfugiées et leurs enfants, appelé  « l’Abri Bienvenu ». Il était très attendu, car il n’y avait auparavant que des établissements pour les femmes autochtones et leurs enfants ayant eu à souffrir d’abus et de violences domestiques. Les femmes réfugiées et les migrantes dormaient dans les parcs et les gares, ou même dans la rue. Elles sont les victimes faciles de criminels qui rendent le quartier peu sûr, elles qui déjà été les victimes de la violence et de la guerre dans leur pays d’origine.

Par désespoir, les femmes réfugiées s’accommodent souvent de choses qu’elles ne feraient normalement jamais. Elles vendent leur corps pour un peu de nourriture pour leurs enfants, pour une nuit d’hébergement ou un peu d’argent. Elles courent ainsi le très grand danger d’être contaminées par le sida. Auprès des sœurs, elles trouvent un hébergement et des personnes qui les soutiennent par tous les moyens.

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©AED/ACN

Cependant, les sœurs avaient un urgent besoin d’un véhicule pour leur travail, car les moyens de transports publics pour se rendre à Johannesburg sont très limités. Il est en revanche très dangereux d’y aller à pied, car il y a de nombreux vols à main armée. L’une des sœurs a déjà été agressée. Grâce à l’aide de nos bienfaiteurs qui ont fait un don de 14 270 dollarss pour une voiture, elles peuvent maintenant se rendre partout où leur aide est nécessaire. Elles nous l’ont promis : « Nous incluons chacun d’entre vous dans nos prières quotidiennes et demandons à Dieu de vous bénir, vous et vos familles. »

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République Démocratique du Congo

Aider 22 séminaristes à effectuer un stage pastoral

« Soyez des pasteurs avec l’odeur de leurs brebis, au lieu d’être des pasteurs au milieu de leur propre troupeau, et pêcheurs d’hommes », a demandé le Pape François le jeudi saint 2013 lors de la messe chrismale.

Mgr Fridolin Ambongo, administrateur apostolique du diocèse de Kole, veut de tels prêtres. C’est pourquoi les jeunes hommes qui, au séminaire, se préparent à devenir un jour, en tant que prêtres, de vrais bergers de leur peuple doivent non seulement suivre une bonne formation, mais aussi apprendre à connaître la vraie vie en paroisse.

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©AED/ACN

Chacun des 22 séminaristes doit donc effectuer un stage d’un mois dans l’une des paroisses du diocèse. Ils doivent découvrir le travail, la vie, les soucis, les questions et les besoins des fidèles afin que, en tant que prêtres, ils sachent vers qui ils sont envoyés. L’évêque espère aussi que cela encouragera les jeunes, par le contact avec les séminaristes, à découvrir dans leur propre vie une vocation sacerdotale ou religieuse et à la suivre.

Mgr Abongo nous a demandé de l’aide pour les frais de voyage et tout ce dont les 22 séminaristes ont encore besoin pour leur stage. Nous lui avons promis 12 840 dollars.

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https://secure.acn-aed-ca.org/fr/

Si vous êtes intéressé à contribuer une aide financière pour ce projet, veuillez téléphoner au: (514) 932-0552 poste 226

COMMUNIQUÉ : République centrafricaine – « La paix est encore très loin »

04.06.2014 in AED, AFRIQUE, Aide à l'Église en détresse.

Eva-Maria Kolmann, AED InternationalCENTRAFRIQUE-1

Adaptation Robert Lalonde, AED Canada

Montréal, mercredi 4 juin 2014 – Le Père Federico Trinchero, prieur du monastère des Carmes de Notre-Dame de Bangui, exige une solution rapide du conflit qui sévit en République centrafricaine.

Dans un entretien accordé à l’œuvre internationale de bienfaisance catholique Aide à l’Église en Détresse, il a déclaré : «  En République centrafricaine, le peuple attend une véritable solution politique. Mais une telle solution n’aboutira à un résultat positif que si elle n’accepte aucun compromis envers quiconque usera de la violence ou répandra un esprit de vengeance ». La population serait « vraiment lasse et découragée » et ne croirait plus à aucune promesse, a poursuivi le Carme italien. Les troupes armées étrangères seraient incapables d’agir efficacement et arriveraient souvent trop tard.

Une violente attaque a été perpétrée le 28 mai dernier contre l’église Notre-Dame de Fatima à Bangui, la capitale centrafricaine, au cours de laquelle au moins 18 personnes ont été tuées, tandis que plus de 40 personnes ont été prises en otages et enlevées. Leur sort reste incertain. Ce regain de violences montrerait bien que « la paix est encore très loin ». L’église qui avait été attaquée ne se situe qu’à quelques kilomètres du monastère des Carmes.

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Certes, la situation autour du monastère serait en ce moment relativement calme, mais l’attaque aurait engendré un nouvel accroissement du nombre de réfugiés. L’intérieur du périmètre du monastère héberge plus de 7000 personnes déplacées et constitue donc l’un des plus grands camps de réfugiés de la capitale. « Nous espérons que les réfugiés pourront bientôt retourner chez eux, mais nous n’en voyons pas la fin. » Depuis décembre 2013, le réfectoire du monastère a donné lieu à la naissance de 30 bébés. Par moments, plus de 15 000 réfugiés vivaient sur la concession du monastère.

CENTRAFRIQUE-3« Je crains que le processus de réconciliation ne prenne des années. La rupture qui s’est produite dans le pays est très profonde. Mais j’espère qu’il sera possible de mobiliser les forces vitales de la jeunesse afin qu’elle prenne en main l’avenir de leur pays », poursuit le Père Trinchero. « L’Église ne reste pas passive et poursuit sa mission. Cela pourrait toutefois en déranger plus d’un parmi ceux qui n’aiment pas la paix. »

VOYAGER AVEC L’AED – L’AED et le dialogue avec l’Église orthodoxe

30.05.2014 in AED, Aide à l'Église en détresse., Chrétiens Catholique, Pape, Russie
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©AED/ACN

 

VOYAGER AVEC L’AED est le titre de l’infolettre qui sera diffusée chaque vendredi sur notre blogue. Cette nouvelle hebdomadaire sera pour nous l’occasion de vous faire connaître tantôt les besoins de soutien qu’a l’Église, tantôt les projets que nous avons réalisés, et ce, dans les pays du monde entier. Compte tenu de la visite du Pape François la fin de semaine dernière, et puisque la rencontre avec le Patriarche Bartholoméo 1er était au cœur de cette visite, nous vous proposons un texte racontant l’évolution du dialogue entre l’Église catholique et l’Église orthodoxe depuis 1992.

Aujourd’hui:  L’AED et le dialogue avec l’Église orthodoxe

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Eva-Maria Kolmann, AED International

Adaptation Robert Lalonde, AEDE Canada

Avec plus de 100 millions de membres, l’Église russe orthodoxe est la plus grande et la plus influente des Églises orthodoxes. À la demande du Pape Jean-Paul II, Aide à l’Église en Détresse (AED) s’engage particulièrement depuis 1992/1993 en faveur du dialogue avec l’Église orthodoxe en Russie. Le Père Werenfried van Straaten, fondateur de L’AED, s’ est rendu deux fois en Russie en 1992 et 1994, malgré son âge, où il a rencontré le Patriarche Alexis II de Moscou et de nombreux évêques orthodoxes, auxquels il a promis ses prières et son aide.

En effet, au bout de 70 années de persécution, l’Église orthodoxe de Russie devait autant repartir à zéro que l’Église catholique. Après la chute de l’Union soviétique, il était convenu de rappeler aux chrétiens catholiques que le « dialogue de l’amour » entre les deux Églises – que le Concile Vatican II avait désignées des années auparavant comme « Églises sœurs » -, ne se déroule pas à un niveau théologique et académique, mais plutôt dans un esprit d’« œcuménisme de la solidarité », comme aimait l’appeler le père Werenfried van Straaten.

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©AED/ACN

Reconstituer l’unité

 

« Au bout de 1000 ans de malentendus et d’inimité réciproque, nous devons à présent prendre conscience de notre unité et être prêts à la reconstituer. L’unité de la foi et des sacrements qui ne s’est jamais perdue. Et nous devons réaliser cette unité dans la prière et l’amour dès  maintenant. » Le Pape s’est fait rapporter les détails de chacun des deux voyages en Russie par le Père Werenfried van Straaten, et trouvait de la plus grande importance d’être personnellement informé quant à l’évolution de ce travail. Cette mission adressée à l’AED a été réitérée par le Pape Benoît XVI.

C’était également le Pape Jean-Paul II qui a restitué en 2004 l’icône de Notre-Dame de Kazan à l’Église russe orthodoxe. Elle avait disparu au cours des troubles de la Révolution d’octobre en 1917 et est parvenue en Occident en 1920. Après une odyssée à travers le monde, elle est réapparue en 1964 à l’Exposition mondiale de New York. « L’Armée bleue », aujourd’hui appelée « Apostolat mondial de Notre-Dame de Fatima », a fait l’acquisition de l’icône et l’a amenée à Fatima.

Russia: The Icon of Our Lady of Kazan (also known as "Kazanskaya

©AED/ACN

En 1993, l’icône fut remise comme présent au Pape Jean- Paul II. Celui-ci l’a conservée dans ses appartements privés au Vatican en lui témoignant une fervente vénération. Au cours du recueillement d’adieux de l’icône de Notre-Dame de Kazan, il a affirmé : « Combien de fois, depuis ce jour, ai-je invoqué la Mère de Dieu de Kazan, en lui demandant de protéger et de guider le peuple russe qui nourrit une dévotion particulière pour elle et de faire en sorte que l’unité compromise se solidifie au plus vite. »

Le 8 avril 2005, lors des cérémonies funéraires organisées à l’occasion du décès du Pape Jean-Paul II, le Patriarcat de Moscou y a délégué son président du département des relations extérieures, le métropolite Cyrille qui, seulement quatre ans plus tard, devait devenir Patriarche de Moscou et de toute la Russie. Le 24 avril 2005, il a participé également à l’intronisation du Pape Benoît XVI. Durant le pontificat de ce dernier, le contact entre le Vatican et le Patriarcat de Moscou devint de plus en plus étroit.

De nombreux évêques russes ont rendu visite au Pape Benoît XVI, tandis que d’éminents cardinaux ont entrepris le voyage en Russie. Au cours de l’été 2006, une traduction russe de l’ouvrage de Joseph Ratzinger « Introduction au christianisme », soutenue par l’AED, a été publiée en Russie, afin de permettre aux lecteurs russes d’accéder directement à la théologie de son auteur. La traduction russe a été accueillie avec un grand enthousiasme.

Une première à la télévision russe

Le 16 avril 2008, date du 81ème anniversaire du Pape Benoît XVI, s’est déroulé un événement majeur dans la relation entre le Vatican et la Russie. En effet, pour la première fois, une chaîne de télévision d’État a diffusé en Russie un documentaire sur le Pape. L’apogée du film consistait dans un discours du Saint-Père, au cours duquel, pour la première fois dans l’histoire, le chef de l’Église catholique s’est adressé à la télévision au peuple russe pour lui exprimer son estime. Le message était destiné au Patriarche Alexis II., chef de l’Église russe orthodoxe, aux chrétiens orthodoxes, aux évêques catholiques et aux catholiques de Russie ainsi qu’à tous les habitants de la Russie.

Dans son discours partiellement tenu en russe, le Pape Benoît XVI a souligné notamment la nécessité d’un dialogue interchrétien. Le documentaire, dont la création avait été initiée et soutenue par  l’AED, témoignait en outre d’étapes importantes dans la vie et les œuvres de Joseph Ratzinger, le Pape Benoît XVI, dont la biographie est encore peu connue du peuple russe.

L’importance du film s’est aussi traduit par le fait qu’un mois après la diffusion du film, le cardinal Tarcisio Bertone qui, à cette époque, était cardinal secrétaire d’État au Vatican, et le cardinal Walter Kasper, alors Président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, se fassent rapporter personnellement les réactions positives suscitées par ce documentaire dans les médias et la société russes.

Une lettre de félicitations du Pape Benoît XVI

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©AED/ACN

En 2008, une lettre manuscrite du Pape Benoît XVI, adressée au Patriarche Alexis II, a attiré fortement l’attention, y compris des médias. La missive fut remise à son destinataire par le cardinal Crescenzio Sepe, archevêque de Naples, alors qu’il se rendait à Moscou du 30 septembre au 3 octobre sur l’invitation du Patriarche. Celui-ci s’est montré « très ému » par la lettre du Pape. Il a formulé sa réponse en termes chaleureux et a exprimé au Pape « son plus profond respect et sa sincère bienveillance ».

Il a écrit en outre qu’il se réjouissait « des perspectives croissantes dans l’évolution des bonnes relations et d’une coopération positive entre nos deux Églises. Le fondement solide pour cela existe dans nos racines communes et dans les positions que nous partageons en ce qui concerne de nombreux problèmes touchant le monde d’aujourd’hui. »

Le 27 janvier 2009, le Métropolite Cyrille fut élu Patriarche de Moscou de toute la Russie. Le cardinal Walter Kasper, le nonce apostolique et archevêque Antonio Mennini, l’archevêque catholique de Moscou, Paolo Pezzi ainsi que l’évêque de Ratisbonne, Ludwig Müller, aujourd’hui préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, ont assisté à la cérémonie d’intronisation du nouveau Patriarche le 1er février 2009. Cette cérémonie s’est déroulée à la cathédrale du Christ-Sauveur de Moscou.

Les délégués de l’Église catholique ont remis une lettre de félicitations du Pape Benoît XVI, dans laquelle celui-ci exprimait « sa fervente confiance » en une poursuite de la coopération « afin de trouver des voies et des formes d’encouragement et de renforcement de la communion dans le Corps du Christ »,. Il soulignait de plus son souhait de voir « les bonnes relations » entre l’Église catholique et l’Église russe orthodoxe s’affermir davantage. Il a offert au Patriarche un calice en « gage du souhait de bientôt atteindre l’unité entière ».

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©AED/ACN

Une « alliance stratégique »

La notion d’une « alliance stratégique » dans la coopération des deux Églises a émergé de plus en plus au cours des années suivantes. Le concept était fondé sur le fait que chacune d’entre elles se trouvait confrontée dans le monde moderne à de très nombreux défis, auxquels elles devraient faire face ensemble. Ces défis comportent notamment l’oppression et la persécution de chrétiens dans des pays où ils sont minoritaires, les réflexions sur l’islam, une hostilité toujours croissante face au christianisme – également en Europe -, la laïcité, le relativisme et le matérialisme croissants ainsi que le recul du respect de la vie humaine et de la famille chrétienne, également dans la politique.

Ces questions d’éthique et de nombreux autres points exigent que les chrétiens de différentes confessions élèvent leurs voix à l’unisson. Lors d’une foule de rencontres s’étant déroulées au cours des dernières années entre d’éminents délégués des Églises russe orthodoxe et catholique, les deux parties ont souligné et souligneront toujours leur pleine concordance dans le domaine de l’éthique et des valeurs chrétiennes.

L’une des premières rencontres entre le cardinal Kurt Koch, président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, et le Métropolite Hilarion (Alfeïev), président du département des relations extérieures du Patriarcat de Moscou, ont eu lieu le 19 mars 2011, lors d’un congrès organisé en Allemagne par l’AED. Rétrospectivement, le cardinal a souligné que cette rencontre avait été « très positive » et « importante » » pour « mettre en évidence la dimension publique du dialogue avec l’Église orthodoxe et pour le rendre visible aux yeux de l’opinion publique. ».

En janvier 2014, dans un entretien accordé à l’AED, le cardinal Koch a mis l’accent sur l’importance de la dernière année pour l’œcuménisme. La rencontre à Jérusalem entre le Pape François et le Patriarche œcuménique de Constantinople Bartholomée a été « éminemment importante ». En ce qui concerne les premières grandes étapes vers l’unité, entreprises à l’époque du Concile Vatican II, il a affirmé : « En lisant aujourd’hui les textes rédigés jadis, je suis saisi par cette passion pour l’unité exprimée par ces textes. Il faut que cette passion soit préservée et que nous en reprenions à nouveau conscience cette année. »

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©AED/ACN

Le président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens a fait l’éloge de l’engagement de l’AED dans le dialogue avec l’Église russe orthodoxe, et a souligné l’importance de son fondateur, le père Werenfried van Straaten qui, « toute sa vie durant, s’est engagé particulièrement en faveur de l’Église en Europe de l’Est. Il est très positif qu’il ait également élargi cet engagement à l’église russe orthodoxe après la chute de l’union soviétique ». Le cardinal Koch a encouragé l’œuvre de bienfaisance à poursuivre le dialogue avec l’Église russe orthodoxe.

 

VOYAGER AVEC L’AED – VISITE DU PAPE

23.05.2014 in AED, Aide à l'Église en détresse., Jordanie, Pape, Prière, Terre Sainte

VOYAGER AVEC L’AED est le titre de l’infolettre qui sera diffusée chaque vendredi sur notre blogue. Cette nouvelle hebdomadaire sera pour nous l’occasion de vous faire connaître tantôt les besoins de soutien qu’a l’Église, tantôt les projets que nous avons réalisés, et ce, dans les pays du monde entier. Compte tenu de la visite du Pape François cette fin de semaine, nous vous proposons un texte racontant une expérience de Mgr Marcuzzo, le vicaire du Patriarche Latin pour Israël, alors qu’il était séminariste il y a cinquante ans quand Paul VI est allé en Terre Sainte. .

Aujourd’hui:  Visite du Pape en Jordanie et en Terre sainte

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Terre Sainte

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©AED/ACN

 

« Le Pape François est un modèle sacerdotal »

Lorsque Paul VI est venu en Terre Sainte, Mgr Marcuzzo était séminariste. Il reste encore aujourd’hui impressionné par cette visite. Aujourd’hui, cinquante ans plus tard, d’autres séminaristes se préparent à nouveau pour la visite d’un pape.

Retourner à la source était l’objectif que Paul VI avait annoncé en 1963 pour son voyage en Terre Sainte aux pères du Concile remplis d’étonnement. « Le pèlerinage de Paul VI a été la clé de la compréhension du Concile Vatican II, et réciproquement on ne peut pas comprendre le voyage sans le Concile. Le retour à l’origine, vers les lieux saints de la foi, à la simplicité de l’Évangile ». Ainsi Mgr Giacinto Boulos Marcuzzo, évêque auxiliaire, affirmait-il sa conviction sur ces deux points au cours d’un entretien accordé à Aide à l’Église en Détresse (AED) en parlant du pèlerinage et du Concile.

Un chaos de joie

Mgr Marcuzzo qui réside à Nazareth, est le vicaire du Patriarche Latin pour Israël. Alors qu’il était encore séminariste dans son pays natal, cet italien d’origine a choisi le ministère sacerdotal en Terre Sainte. Quand Paul VI a visité la Terre Sainte en 1964, Mgr Marcuzzo étudiait à Beit Jalla, le séminaire catholique de Bethléem. « C’était un jour de janvier terriblement froid. Mais cela ne nous faisait rien, car nous nous réjouissions énormément d’avance », se rappelle Mgr Marcuzzo. « Cela faisait trois heures que Jérusalem attendait l’arrivée du pape etil faisait déjà noir. Paul VI était considérablement en retard et nous l’attendions à la porte de Damas. Ma tâche consistait à porter la croix processionnelle qui devait guider le cortège pontifical à travers la vieille ville, sur le chemin du Saint Sépulcre. Finalement, il est arrivé. La jubilation était vraiment indescriptible. Tout le monde, tant chrétiens que musulmans, se réjouissaient de son arrivée. »

Cependant, les choses ne se sont pas passées comme prévu. La police jordanienne – Jérusalem-est, avec la vieille ville, appartenait à l’époque à la Jordanie – avait tout préparé. Le cortège devait traverser solennellement la ville. « Mais ça ne s’est pas passé pas comme cela », explique Mgr Marcuzzo avec un sourire amusé. « Tout d’un coup, ce fut le chaos. Certes, pas par mauvaise volonté, mais un chaos de joie. Tout le monde voulait voir le pape et le toucher. Cela n’avait rien de la procession normalement prévue. J’ai couru vers l’avant et à un moment donné, je me suis retourné pour voir où était le pape. »

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©AED/ACN

C’est vers la troisième station du chemin de croix que la confusion est devenue totale, se souvient-il. « Compte tenu de la foule, les cardinaux recevaient presque des coups, et la foule empêchait littéralement le pape de respirer. Puis, quelqu’un a décidé de permettre au pape de reprendre son souffle dans la maison des Petites Sœurs. Le Saint-Père s’y est un peu reposé pendant au moins trois quarts d’heure, priant le Rosaire et commentant le chemin de croix.J’étais à proximité avec ma croix de procession, et j’attendais la suite ».

À un moment donné, la situation s’est calmée. « Tout d’un coup, le Saint-Père est sorti et nous avons repris notre chemin vers le Saint-Sépulcre : dans le désordre, mais en paix. » Le pape est arrivé avec un grand retard à l’endroit de la crucifixion et de la résurrection du Christ. Là, il a célébré la messe devant le tombeau du Christ. Mgr Marcuzzo en est encore aujourd’hui ému. « Au cours de la célébration, j’ai réalisé quel homme de foi et de prière il était! Le tumulte tout autour de lui l’intéressait peu. L’important était la rencontre avec Jésus. Il vivait dans un monde intérieur. Je ne peux pas oublier sa prédication. C’était une prière au ressuscité. » Pour Mgr Marcuzzo, le modèle sacerdotal du pape Paul VI qu’il a alors vécu l’accompagne encore à ce jour.

« C’est la première fois que je serai si près du pape »

Aujourd’hui, cinquante ans plus tard, des séminaristes de Terre Sainte iront à nouveau approcher l’autel du pape. Joseph Sweiss est un jordanien de la ville d’Amman, tout proche. Comme au temps de Mgr Marcuzzo, il étudie lui aussi la théologie au séminaire de Beit Jala. Il a été choisi avec onze autres séminaristes par le recteur du séminaire et le maître de cérémonie du pape pour le service de l’autel lors de la messe célébrée par le Pape François à Bethléem. « C’est la première fois que je serai si près du pape », déclare Joseph à l’AED. « Le Pape François est un véritable modèle sacerdotal pour nous, séminaristes. Il donne l’exemple du bon berger. Pour moi, c’est très important dans mon cheminement personnel vers la consécration sacerdotale. »

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Son confrère Salam Haddad l’approuve. Le jeune homme est également originaire de Jordanie. Il est en troisième année d’études en théologie. « Ici, en Terre Sainte, le Pape François est très populaire.Je me réjouis de l’approcher bientôt en tant que servant de messe. » Bien sûr, Salam est tout excité. « C’est le vicaire du Christ, le chef de l’Église. On ne peut qu’être ému de le rencontrer et de pouvoir le servir à l’autel. C’est une grâce, justement avec ce pape admiré du monde entier. »

Les deux séminaristes racontent que cela faisait des mois qu’ils priaient le Rosaire pour que réussisse cette visite qui allait bientôt commencer. Le Patriarche Fuad Twal, leur évêque, les y a explicitement incités. Ils incluent le pape également dans leur prière personnelle. Mais sur ce point, ils ne sont pas seuls. « Partout en Terre Sainte, on prie pour le Pape François », ajoute Joseph. « Nous l’attendons avec tant d’impatience. Nous, chrétiens, sommes une petite minorité, ici en Terre Sainte. Il est important de savoir que le pape pense à nous. Il nous enseignera à coexister respectueusement et paisiblement avec les autres, et à être le sel de la terre.

 

COMMUNIQUÉ : Le pèlerinage du Pape François en Terre Sainte – 50 ans plus tard

23.05.2014 in AED, Aide à l'Église en détresse., Jordanie, PAIX, Prière, Terre Sainte

Robert Lalonde, AED Canada

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Son Éminence Giuseppe Lazarotto devant la sculpture représentant Paul VI et le Patriarche Athénagoras 1er

Montréal, vendredi 23 mai 2014 – Lors de son pèlerinage en Terre Sainte qui aura lieu du 24 au 26 mai prochain, le Pape François rencontrera Sa Sainteté Bartholomée 1er de Constantinople à Jérusalem afin de commémorer la rencontre historique ayant eu lieu au même endroit il y a cinquante ans entre le Pape Paul VI et le Patriarche Athénagoras 1er. « Cette rencontre est le but principal du voyage du Pape François en Terre Sainte », avait précisé le nonce apostolique Son Éminence Giuseppe Lazarotto à la délégation des journalistes de l’Aide à l’Église en Détresse(AED), le 18 mars dernier, alors qu’elle était en mission au Moyen-Orient.

Pendant ce pèlerinage qui comportera trois étapes – Amman, Jérusalem et Bethléem -, le Pontife a prévu la rencontre œcuménique avec le Patriarche Bartholomée 1er au Saint-Sépulcre même, avec les représentants de toutes les dénominations chrétiennes de Jérusalem, le dimanche 25 mai. Plusieurs espèrent que cette rencontre sera l’occasion de donner un nouvel élan à l’engagement œcuménique des Églises et qu’elle pourra donner naissance à quelques initiatives concrètes.

Un programme chargé

La visite du Pape François commencera en Jordanie, plus précisément à Amman, alors qu’il sera accueilli au Palais royal al-Husseini, par le roi Abdallah II et son épouse la reine Rania, après quoi il célèbrera une messe au stade international  avant de terminer par un discours. C’est toutefois cette rencontre avec les familles de réfugiés et les jeunes handicapés à l’église latine de Béthanie, au bord du Jourdain, là où Jésus a été baptisé, qui retiendra particulièrement l’attention de tous lors de cette journée.

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Le père Khalil Jaar en compagnie de familles réfugiées

Lors d’une entrevue avec l’AED, le père Khalil Jaar à qui on a demandé d’organiser la venue de deux autobus pour transporter les réfugiés vers le Jourdain, déclarait avec enthousiasme: « Il ne m’a pas fallu réfléchir longtemps avant d’accepter cette responsabilité. Environ une quarantaine de mes paroissiens participeront à cette rencontre. » Le père Khalil, né à Bethléem, et lui-même un réfugié, consacre sa vie à aider les réfugiés depuis près de 35 ans.

Après avoir passé la journée du dimanche à Bethléem où il aura tour à tour rencontré le président de Palestine, célébré une messe sur la place de la Mangeoire, déjeuné avec des familles palestiniennes, salué des enfants de plusieurs camps de réfugiés, le Pape François sera transféré en hélicoptère à Jérusalem. Puis, il rencontrera en privé le patriarche de Constantinople à la Délégation apostolique où il y aura la signature d’une déclaration commune. Suivra ensuite l’événement tant attendu dans la basilique du Saint-Sépulcre.

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Pour compléter son périple, en plus d’une rencontre de courtoisie avec le président d’Israël Shimon Peres et d’une audience privée avec le Premier Ministre Benyamin Netanyahou,le Pontife visitera différentes personnalités religieuse telles que le Grand Mufti de Jérusalem dans le bâtiment du Grand Conseil sur l’Esplanade des Mosquées et les deux grands rabbins au Centre Heichal Shlomo. Il terminera sa journée par une autre visite privée avec le Patriarche Bartholomée 1er à côté de l’église orthodoxe de Viri Galileai sur le mont des Oliviers avant de rencontrer enfin des religieux, des religieuses et des séminaristes dans l’église de Gethsémani, au pied du mont des Oliviers.

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Le père Rifat Bader célébrant la messe au bord du Jourdain

Une prière spéciale

 

Afin de se préparer spirituellement à ce pèlerinage, le père Rifat Bader, directeur du Catholic Center for Studies and Media et chargé de l’information pour la visite papale en Jordanie, a suggérer de répéter chaque jour pendant les trois semaines précédant la visite, la prière ci-dessous dans chaque paroisse, au cours de chaque rencontre ecclésiale et après la récitation du chapelet.

« Père céleste, tu ne te lasses jamais d’être aimant et miséricordieux. Le Successeur de Pierre entend visiter la Terre rendue Sainte par la naissance, le baptême, l’enseignement, la mort et la résurrection de ton Fils. Reste avec lui, sanctifie-le et bénis-le. Étends le manteau de ta tendresse sur chaque pas de son pèlerinage parmi nous, afin que chacun puisse voir en lui un pèlerin passionné, un maître sage et un humble guide. »

Nigeria – Besoin d’aide pour lutter contre Boko Haram

22.05.2014 in AED, AFRIQUE, Aide à l'Église en détresse.

Propos de l’archevêque Mgr Kaigama : La communauté internationale doit fournir plus d’aide dans la lutte contre Boko Haram

Reinhard Backes, AED International

Adaptation Robert Lalonde, AED Canada

REPORTAGE - LUNDI

©AEC/ACN

 

Au lieu de poursuivre ses jeux de position politiques, la communauté internationale devrait commencer à fournir une aide pratique dans la lutte contre la violence extrémiste qui sévit au Nigeria. C’est en tout cas l’opinion de Mgr Ignatius Kaigama, l’un des principaux ecclésiastiques du pays, dont la ville avait été bouleversée le mardi 20 mai dernier par des attaques ayant coûté la vie à plus d’une centaine de personnes.

En portant un regard critique sur les expressions de solidarité et déclarations d’aide des Nations Unies et d’autres organisations, qui font les gros titres des médias, Mgr Ignatius Kaigama, archevêque de Jos, a déclaré que le gouvernement du Nigeria avait d’urgence besoin de plus d’aide extérieure pour lutter contre Boko Haram. Le mouvement islamiste est fortement soupçonné d’être responsable du double attentat qui a frappé le 20 mai une gare routière et un marché à proximité de celle-ci à Jos, dans le Middle Belt, au cœur du Nigeria. Les attentats ont coûté la vie à au moins 118 personnes et fait 56 blessés.

Mettre de côté les intérêts économiques

L’œuvre internationale de bienfaisance catholique Aide à l’Église en Détresse, qui apporte son soutien aux chrétiens persécutés et souffrants, a réalisé le 21 mai une interview téléphonique avec l’archevêque de Jos. Celui-ci a déclaré que les gouvernements étrangers et autres institutions devraient jouer un rôle essentiel, à travers la collecte d’informations, pour cesser les ventes illégales d’armes, renforcer les contrôles aux frontières et lancer d’autres initiatives décisives afin de couper les filières d’approvisionnement de Boko Haram.

Dans ce contexte, Mgr Kaigama, président de la conférence épiscopale du Nigeria, a attiré l’attention sur les problèmes de sécurité du Nigeria et poursuivi comme suit : « La communauté internationale peut apporter son aide de multiples façons. La vente d’armes est un très grand motif de préoccupation. En bref, le gouvernement a besoin d’aide pour couper les filières d’approvisionnement de Boko Haram et autres. »

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©AEC/ACN

Concernant les très nombreuses expressions de solidarité internationales émises surtout après que Boko Haram ait enlevé plus de 200 collégiennes dans le nord du pays, l’archevêque s’est exprimé ainsi : « Toute cette hyperactivité des Nations unies et des différentes nations est comme verser de l’eau dans une corbeille. Bien entendu, a-t-il poursuivi, nous apprécions ce qui a été entrepris ces derniers temps et que tant de gens nous montrent leur solidarité – et c’est vraiment formidable que le monde entier en parle –, mais nous devons coopérer afin de trouver des solutions et il nous faut mettre de côté les intérêts économiques et autres. »

« Trop peu et trop tard »

L’archevêque a adopté une attitude critique envers les efforts du gouvernement visant à trouver une solution au problème que représente Boko Haram, et déclaré que la difficulté majeure du président Goodluck Jonathan serait que le gouvernement ait entrepris « trop peu et trop tard ». À présent, il souffrirait donc d’une « carence de capacités » pour venir à bout de cette crise. « Le problème réside dans le fait que le gouvernement pensait ne pas devoir mettre en œuvre toute la force nécessaire pour les vaincre. Cette décision s’est avérée mauvaise », comme l’évoquait Mgr Kaigama.

Puis l’évêque d’ajouter : « Toutes les ressources financières destinées à l’armée ont été mal employées. Une fraction essentielle du budget a été consacrée à la sécurité, mais nous n’en voyons pas les résultats. » Eu égard aux rapports selon lesquels les attentats de Jos représentaient le premier incident de plus grande ampleur dans cette ville depuis plus de deux ans, l’archevêque a expliqué : «  Les gens venaient juste de recommencer à se déplacer librement et sans crainte d’un bout à l’autre de la ville. Nous pensions que toute cette violence était finie, et c’est très démoralisant de se réveiller de cette manière. C’est extrêmement tragique et inattendu. »

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©AEC/ACN

Par ailleurs, l’archevêque a renvoyé aux objectifs religieux de Boko Haram : « Même récemment, il y a eu des attentats à des endroits où vivait une majorité de chrétiens. Beaucoup des jeunes filles enlevées, par exemple, sont également chrétiennes, et les attentats à Kano ont été perpétrés dans une zone majoritairement peuplée de chrétiens. Dans une certaine mesure, c’est aussi valable pour ce qui s’est passé à Jos. Même maintenant, Boko Haram reste fidèle à son objectif d’éliminer et de détruire le christianisme dans certaines parties du pays. La seule différence, c’est que nous ne sommes pas seulement témoins de la mort et de l’enlèvement de chrétiens, mais aussi d’attaques contre des musulmans qui, aux yeux de Boko Haram, sont de ‘mauvais’ musulmans. »

COMMUNIQUÉ : Inde – « Les attentes sont maintenant immenses »

22.05.2014 in AED, Aide à l'Église en détresse.

Reinhard Backes, AED InternationalInde-1

Adaptation Robert Lalonde, AED Canada

Montréal, le jeudi 22 mai 2014 – À la suite de la victoire électorale du parti nationaliste hindou « Bharatiya Janata Party » (BJP, « parti du peuple indien »), l’archevêque catholique de Cuttack-Bhubaneswar, dans l’État fédéral d’Odisha, situé à l’est du pays, a tenu des propos teintés d’optimisme prudent.

Mgr John Barwa, qui séjourne actuellement à Londres, a affirmé dans un entretien téléphonique avec l’œuvre internationale de bienfaisance catholique Aide à l’Église en Détresse : « Les premières déclarations de Narendra Modi, Premier-ministre fraîchement élu, me rendent optimiste. Peut-être que nos soucis et nos doutes sont infondés. Attendons la suite des événements. Bien entendu, nous respectons le suffrage exprimé par les électeurs. Le BJP a remporté une victoire grandiose et évidemment, les attentes sont maintenant immenses. »

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L’État fédéral dOdisha, appelé Orissa jusqu’en 2011, avait été en 2008 le théâtre de troubles graves. Environ 50 000 chrétiens avaient fui les attaques de groupes nationalistes hindous et des douzaines de chrétiens avaient été tués. Mgr Barwa de poursuivre : « À l’époque, les expériences avec les représentants du BJP n’étaient pas particulièrement positives. Leurs propos concernant les minorités n’étaient pas vraiment amicaux. Mais à présent, ils sont responsables du pays entier. Maintenant, Narendra Modi a souligné qu’il voulait que tous participent à l’évolution du pays. Je me réjouirais beaucoup s’il en advenait ainsi, puisqu’il serait alors clair que cette nation ne comporte pas seulement les hindous, mais aussi tous les autres, toutes les minorités. Pour l’instant, nous n’aurons pas d’autre choix que de renforcer cette espérance que nous portons en nous. »

Palestine – « Les chrétiens souffrent de l’occupation, pas de l’islam »

21.05.2014 in AED, Aide à l'Église en détresse., PAIX, Pape
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©AED/ACN

Propos de la maire de Bethléem, à la veille de la visite pontificale 

Oliver Maksan, AED Internartional

Adaptation Robert Lalonde, AED Canada

Vera Baboun, mairesse de  Bethléem, espère que la visite pontificale prévue  dimanche prochain dans la ville natale de Jésus-Christ donnera un nouvel essor au processus de paix  engagé entre Israéliens et Palestiniens.

Dans un entretien accordé le mardi 20 mai à l’œuvre internationale de bienfaisance catholique Aide à l’Église en Détresse (AED), cette Palestinienne catholique et, depuis 2012,  première femme élue à la tête de l’administration municipale de Bethléem, a déclaré: « Nous espérons que cette visite du Pape nous permettra enfin de passer de l’espoir de paix à la paix elle-même. Sa Sainteté le Pape François exprime une nouvelle dimension de la mission pontificale. Il parle d’homme à homme. À travers ses actes empreints de simplicité, il exprime l’enseignement de la paix et de la réconciliation apporté par Jésus. »

La mairesse interprète le fait que le Pape François se rende directement de Jordanie  en Palestine, sans passer auparavant par Israël comme l’avait fait ses prédécesseurs, comme un signal fort de soutien du caractère étatique palestiniens. « C’est effectivement une première, comme d’ailleurs tant d’actions du Pape François. J’espère qu’il posera encore d’autres jalons ici. »

«  Reconnaître l’autre signifie reconnaitre la paix »

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©AED/ACN

Vera Baboun considère que la date de cette visite pontificale sera très favorable au processus de paix. « Le Pape François vient ici à un moment où nous autres Palestiniens font tout notre possible afin que le processus de paix progresse. En 2012, les Nations unies nous ont reconnus comme État. En outre, nos efforts à l’échelon national visent la réconciliation nationale. » Selon Vera Baboun, ces conditions de départ seraient différentes de celles qu’auraient rencontrées les précédentes visites pontificales.

Par ailleurs, la mairesse a également souligné à quel point il était important que le Pape vive lui-même la situation des Palestiniens. « Il ne suffit pas de chercher la Palestine sur Internet. Il faut être témoin direct de la situation et de la discrimination. Le Pape rencontrera des réfugiés et déjeunera avec des familles chrétiennes. Chacune d’entre elles exprime une autre facette de la souffrance palestinienne, comme la confiscation de leurs terres ou la déportation. »

Vera Baboun attend que le Pape François se fasse l’écho de ces expériences en Israël. « Il le fera. Mais pour apporter la paix, il faut de la bonne volonté et du cœur. Voilà mon message aux dirigeants israéliens : pour une coexistence durable, nous avons besoin d’une paix durable. Reconnaître l’autre signifie reconnaitre la paix. »

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©AED/ACN Ces journalistes musulmans palestiniens en face de la Basilique de la Nativité où se rendra le Pape François ont dit à l’AED: » Bienvenu en Palestine Pape François! «

La mairesse espère également que cette visite ait des effets positifs sur la présence chrétienne en Palestine. « Rien que sa visite à Bethléem représente déjà un soutien pour nous. Mais la meilleure façon d’encourager la présence chrétienne est d’obtenir des progrès dans le processus de paix. Les chrétiens palestiniens ne souffrent pas de l’islam, mais de l’occupation israélienne », conclut la maire de Bethléem.

VOYAGER AVEC L’AED – VISITE DU PAPE

16.05.2014 in AED, Aide à l'Église en détresse., Jordanie, Pape, Terre Sainte

VOYAGER AVEC L’AED est le titre de l’infolettre qui sera diffusée chaque vendredi sur notre blogue. Cette nouvelle hebdomadaire sera pour nous l’occasion de vous faire connaître tantôt les IMG_5189besoins de soutien qu’a l’Église, tantôt les projets que nous avons réalisés, et ce, dans les pays du monde entier. Compte tenu de la visite du Pape François la fin de semaine prochaine et de sa rencontre avec le Patriarche Bartholomée, nous vous proposons cette semaine un texte synthèse parlant de l’évolution des relations entre l’Église catholique et orthodoxe depuis le Concile Vatican II.

Aujourd’hui:  Visite du Pape en Jordanie et en Terre sainte

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Rapport de synthèse

L’évolution des relations entre l’Église catholique et l’orthodoxie depuis le Concile Vatican II – quelques moments phares

Au cours du Concile Vatican II, l’Église catholique définit les Églises orthodoxes orientales comme « Églises sœurs ». Quelques étapes positives avaient déjà précédé cette déclaration. Ainsi, en 1958, après le décès du Pape Pie XII, le patriarche Athénagoras a présenté ses condoléances à l’Église d’Occident, et a exprimé ses meilleurs vœux après l’élection du Pape Jean XXIII. Des représentants des Églises orthodoxes, dont une délégation de l’Église russe orthodoxe, ont également participé au Concile Vatican II.

???????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????Depuis ce concile, les relations entre l’Église catholique et l’orthodoxie ont évolué et se sont approfondies rapidement. La rencontre qui s’est déroulée en janvier 1964 entre le Pape Paul VI et le patriarche Athénagoras à Jérusalem en a été un moment phare. L’un des résultats bénéfiques de cette rencontre entre le Pape et le plus haut dignitaire de l’orthodoxie a consisté dans la levée solennelle de l’excommunication réciproque entre les Églises d’Orient et d’Occident.

Prononcé en 1054, cet anathème a été abrogé simultanément au Vatican et au Phanar, siège du Patriarche de Constantinople, le 7 décembre 1965, à la veille du dernier jour du concile. Tel que stipulé dans la déclaration, cette abrogation des excommunications devait les « faire disparaître de la mémoire et du sein de l’Église ». Le 25 juillet 1967, le Pape Paul VI a rendu visite au Patriarche Athénagoras au Phanar d’Istanbul, et l’a reçu solennellement en octobre de la même année à Rome.

Préparer un dialogue théologique

En 1975, des messes solennelles respectivement célébrées dans la Chapelle Sixtine, au Vatican, par le Pape Paul VI, et dans la cathédrale Saint-Georges du Phanar par le Patriarche Dimitrios, successeur du Patriarche Athénagoras décédé en 1972, ont commémoré le 10e anniversaire de l’abrogation de l’anathème. À Rome, le Métropolite Méliton, délégué par Constantinople, a assisté à la cérémonie.

L’un des moments forts hautement symbolique et surprenant de la cérémonie a été la génuflexion spontanée du Pape face au Métropolite, à qui il a baisé les pieds lorsque celui-ci a annoncé la mise en place d’une commission panorthodoxe destinée à préparer le dialogue théologique entre l’orthodoxie et l’Église catholique. Cette dernière a annoncé également son projet d’instituer une commission pour ce dialogue. Dans son allocution, le Pape Paul VI a affirmé que les Églises catholique et orthodoxe étaient « unies par une communion tellement profonde qu’il ne manquerait que peu pour atteindre la plénitude permettant une célébration commune de l’Eucharistie du Seigneur ».

Bienheureux Jean Paul II a forgé l’expression « Nous avons besoin de deux poumons pour que la chrétienté respire : le poumon occidental et le poumon oriental ». Il a mis particulièrement l’accent sur « l’œcuménisme des martyrs », c’est-à-dire le témoignage commun pour le Christ. Dans sa lettre apostolique « Tertio millennio adveniente » publiée à l’occasion du jubilé de l’an 2000, le Pape Jean Paul II a encore fouillé cette réflexion : « L’œcuménisme des saints, des martyrs, est peut-être celui qui convainc le plus. La voix de la communio sanctorum est plus forte que celle des fauteurs de division ». Le thème était déjà présent dans sa lettre encyclique « Ut unum sint » parue en 1995.

Le baiser de la paix

Le 30 novembre 1979, fête de l’apôtre Saint André, le Pape Jean Paul II a rendu visite à Dimitrios, Patriarche œcuménique de Constantinople, à son siège d’Istanbul. Exactement 27 ans plus tard, le Pape Benoît XVI rendait visite au Patriarche Bartholomée lors de son voyage de trois jours en Turquie. Le Pape Benoît était également présent lors de la Divine Liturgie célébrée ce jour-là dans la cathédrale du patriarcat de Saint-Georges au Phanar, à l’occasion de la fête de l’apôtre Saint André.AFP_061130pape-patriarche-turquie_n

Dans une déclaration commune, les deux dignitaires ont rendu grâce à Dieu de cette « rencontre fraternelle » en affirmant : « L’Esprit Saint nous aidera à préparer le grand jour du rétablissement de la pleine unité, quand et comme Dieu le voudra. Nous pourrons alors nous réjouir et exulter vraiment ». Des photos montrant le Pape Benoît XVI et le Patriarche œcuménique se tenant par les mains sur la galerie ont fait le tour du monde.

Le Patriarche Bartholomée a aussi participé à la cérémonie d’intronisation de Sa Sainteté le Pape François, le 19 mars 2013. C’était la première fois depuis le schisme des deux Églises en 1054 qu’un patriarche orthodoxe assistait à l’intronisation d’un pape de l’Église romaine. De nombreux autres représentants des différentes Églises orthodoxes étaient également présents. Après le Pater, le Pape François, le Patriarche Bartholomée et le Catholicos de tous les Arméniens, Garéguine II, ont échangé le baiser de la paix.

Le lendemain, le Pape rencontrait des délégués d’autres confessions. Lors de ces rencontres, en sa qualité de successeur de l’apôtre Pierre, il appela sciemment le Patriarche œcuménique de Constantinople, « Primus inter pares » (« Premier parmi ses pairs ») et donc président d’honneur dans la hiérarchie des dignitaires des Églises orthodoxes, « mon frère André » (Pierre est l’apôtre de l’Église d’Occident, tandis qu’André est celui des Églises d’Orient. Ainsi, des icônes représentant l’étreinte des deux frères apôtres Pierre et André symbolisent l’union intime entre la chrétienté orientale et occidentale.)