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AED

 

LETTRE DU PÈRE ANIS HANNA D’IRAK

17.06.2014 in AED, Aide à l'Église en détresse., Irak

Irak

Les nouvelles de Mossoul et de Quaracoche

monsjeansleiman

©AED/ACN

Père Anis Hanna, op

Depuis jeudi dernier nous avons eu des nouvelles de l’avancée des troupes de l’État islamique de l’Irak et du Levant  (Daa´ch) vers la deuxième ville d’Irak, Mossoul. Ces troupes ont semé la panique et la terreur, avant d’entrer dans la ville, parmi la population de Mossoul en bombardant aveuglement par les mortiers, des quartiers civils tuant beaucoup d’hommes et de femmes. La télévision irakienne a reporté les scènes violentes de bombardements et surtout les photos des victimes laissées dans les quartiers. C’est surtout cela qui a semé une terreur incommensurable dans le cœur de la population civile de la ville de Mossoul et dans toute la région de Ninive.

On devine que ce sont ces milliers de Jihadistes islamistes qui ont fuit les combats en Syrie pour s’avancer vers Mossoul. Les troupes de l’État islamique de l’Irak et du Levant se sont avancés du côté de l’ouest de la ville de Mossoul vers le centre ville. Durant la journée du samedi dernier, une grande population mossouliottes du côté de l’Ouest a traversé les ponts pour gagner l’est de la ville et continuer sa marche à pied ou en voiture vers la région du Kurdistant. Entre Mossoul et Erbil la capitale du Kurdistan la distance est de 90 km. Cette marche de la population a été reportée à la télévision irakienne. Ces images ont encore propagé la terreur chez les auditeurs irakiens.

Des chauffeurs entre Mossoul et Erbil ont rapporté avoir vu des centaines de milliers des habitants de Mossoul marchant vers le Kurdistan. Beaucoup d’aide humanitaire a été offert à ces gens. Ils ont reçu nourriture et boisson de la part des organismes humanitaires kurdes.

Lundi matin,  Mossoul a été déclarée ville occupée par les islamistes djihaddistes de l’État islamique de l’Irak et du Levant. L’armée gouvernementale ainsi que les autorités civiles ont pris la fuite devant les combattants islamistes et ils ont déclaré la chute de Mossoul. On dit que le gouverneur de Mossoul Athil Al Noujaïfi a publié un acte officiel avant de quitter la ville pour dire qu’il ne faut surtout pas résister à l’arrivée des troupes des terroristes. Ce fut la reddition totale de la ville en quelques heures.

Les chrétiens de la plaine de Ninive, dans les différentes villes et villages, comme Bartelah, Karelesh, Quaracoche et autres ont été pris d’une grande panique à cause des nouvelles venant de Mossoul. Une sorte de psychose populaire s’est formée dans la population de Quaracoche et près de 200 familles ont pris la fuite pour aller vers le Kurdistan.

Les autorités civiles et religieuses de Quaracoche ont demandé le secours du Kurdistant, mais le gouvernement kurde a répondu qu’il n’a pas reçu le mandat du gouvernement centrale de Bagdad pour déployer son armée dans les villes de la plaine de Ninive. Cela augmentait encore la peur, la panique et la terreur chez la population de Quaracoch qui croyait que les combattants islamistes allaient entrer dans la ville. Ces mauvaises nouvelles se sont propagées vite et partout dans la ville de Quaracoche.

Mais cela ne s’est pas passé parce que les combattants islamistes se sont contentés de camper sur leurs bases à Mossoul et penser aux étapes suivantes, toujours dans le but de faire tomber les grandes villes, chef-lieux des départements. Finalement vers la fin d’après-midi du lundi, des troupes de l’armée kurde sont entrées dans la ville de Quaracoche pour la protéger au cas où les islamistes programmaient leur arrivée. La situation s’est calmée un peu et la vie est redevenue normale dans l’après-midi de ce lundi.

Quant à la ville de Mossoul, elle est actuellement dans la main des islamistes qui se sont emparés de l’aéroport, du bâtiment du gouverneur et des réserves d’armes de la ville. Le chef de ces combattants islamistes a pris la parole à la télévision régionale pour déclarer officiellement l’inauguration de l’État islamique de l’Irak et du Levant à Mossoul. Il a pu dans son discours calmer les esprits pour que les habitants retournent à leurs travaux quotidiens. Il a souhaité négocier avec l’état de l’Irak.

De son côté, le premier ministre irakien Nourri Al-Maleki a déclaré à la télévision irakienne que la ville de Mossoul était tombée entre les mains des terroristes, qu’il falait combattre par tous les moyens ces terroristes , et qu’il était prêt à donner des armes aux habitants civils de Mossoul pour combattre les djihaddistes islamistes fanatiques. Mais derrière avec tout ce qui se passe à Mossoul, il y a des enjeux politiques graves. Les combattants de l’État islamique de l’Irak et du Levant sont réellement soutenus par l’Arabie Saoudite qui ne cesse de vouloir établir un état sunnite à l’intérieur de l’état de l’Irak. Si la situation continue, on aura un état sunnite à Mossoul, ville riche en pétrole.

Ce mardi matin, les nouvelles de Mossoul et de Quaracoche sont paisibles. Par contre on parle de l’avancée des troupes de l’État islamique Irak vers une autre ville qui s’appelle Hawidja. Contrairement à ce qui a été dit par un dominicain irakien, aucune église, aucun monastère n’est tombé entre les mains des terroristes. Les terroristes ne sont pas non plus entrés dans la ville de Quaracoche. Les terroristes ne cherchent pas à tuer ou éliminer la population, mais seulement à prendre le pouvoir militaire et civil dans le gouvernerat de Mossoul et dans d’autres grandes villes pour créer un État islamique sunnite.

Qui sont ces combattants de l’État islamique ? Certes il s’appelle les combattants de l’État islamique de l’Irak et du levant, mais on trouve avec eux beaucoup de gens qui étaient des anciens de partie Bath. Ils ont même fait une grande photo de Saddam Hussein. On parle aussi de Izzat Addori qui en ferait partie. Cet homme était vice président de Saddam.

Lundi dernier,les chrétiens de Mossoul ainsi que les prêtres ont quitté leur ville de façon précipitée . Ils se sont réfugiés dans les villes et villages chrétiens de la plaine de Ninve.

Actuellement la ville de Quaracoche est sécurisée par l’armée kurde de la province le Kurdistan. Cette armée a donné beaucoup de confiance à la population de cette ville chrétienne de 45 000 habitants. Elle a permis aux habitants d’avoir une vie normale.

Les 200 familles chrétiennes de Quaracoche qui avaient pris la fuite lundi matin vers Érbil, la capitale du Kurdistan, sont revenues à Quaracoche, après que l’armée du Kurdistan y ait stabilisé la situation. Les soldats kurdes ont ramené le calme à la ville. Dans ma conversation avec le père Louis Kassab, j’ai appris qu’il avait tout fait pour appeler au secours le gouvernement du Kurdistan. Mais les chrétiens irakiens restent prudents et très méfiants à l’égard de tout se passe actuellement en Irak.

Les chrétiens irakiens demandent la prière de leurs frères et sœurs.

 

 

COMMUNIQUÉ: Irak – « Une intervention étrangère n’aidera pas »

17.06.2014 in AED, Aide à l'Église en détresse., Irak, Prière

Les dirigeants irakiens doivent s’unir pour affronter la menace de l’État islamique en Irak et au Levant

John Pontifex, AED Royaume-Uni

Adaptation Robert Lalonde, CanadaIRAK-3

« La communauté internationale ne doit pas intervenir en Irak dans la lutte contre les extrémistes de l’État islamique en Irak et au Levant », estime l’archevêque de Bagdad, qui affirme que, pour les dirigeants irakiens, la priorité est de « travailler ensemble » afin de surmonter la crise.

Dans un entretien accordé hier à l’Œuvre catholique de bienfaisance Aide à l’Eglise en Détresse (AED), Mgr Jean Sleiman a souligné que le « consensus » politique en Irak était essentiel pour vaincre l’État islamique en Irak et au Levant (ISIS) qui, la semaine dernière a réussi une série de prises de contrôle militaires des principales villes du Nord, dont Mossoul, deuxième ville du pays.

Les départs de Bagdad : entièrement réservés

S’exprimant à partir de Bagdad, l’archevêque a décrit combien de personnes tentaient de quitter la ville, par crainte d’une attaque de l’ISIS, tandis que l’on faisait part de sa pression vers le sud en direction de la capitale. Il a indiqué qu’alors que de nombreuses routes pour sortir de la capitale étaient bloquées, les vols de départ de l’aéroport de Bagdad étaient entièrement réservés jusqu’à la fin du mois.

Mgr Sleiman, qui est devenu archevêque catholique de rite latin de Bagdad en 2001, a déclaré : « En réponse à cette crise, la communauté internationale doit penser au bien commun, et non simplement à ses propres intérêts. Elle devrait penser à la paix. » Puis, en s’élevant contre une intervention de la communauté internationale, Mgr Sleiman a ajouté : « Il faut que l’ISIS soit arrêté et que les dirigeants irakiens travaillent ensemble pour l’arrêter. C’est plus important que l’implication de la communauté internationale. »

Trouver un consensus

Puis, l’archevêque de poursuivre : « J’espère que les dirigeants irakiens trouveront un consensus sur la façon de remédier à cette situation, ou alors elle aura une issue tragique. Je ne sais pas ce qui va se passer ensuite. Bien sûr, l’armée résistera à l’ISIS, mais qui sait si elle sera assez forte ? Il est possible que les terroristes réussissent, mais nous ne le savons pas. »

Affirmant qu’il y avait « beaucoup de confusion » dans la capitale, il a constaté une diminution de la présence, dimanche dernier, à la messe dominicale qu’il célébrait à la cathédrale Saint-Joseph de Bagdad, près d’où il vit. L’archevêque de rite latin, dont la communauté catholique est beaucoup plus petite que celle des Chaldéens – plus grande communauté catholique d’Iraq – a ajouté : « Les gens que j’ai rencontrés après la messe étaient stressés par la situation. »

Il a précisé qu’avec la fermeture de toutes les routes au nord de Bagdad et la présence de postes de contrôle ainsi que d’autres obstacles sur les routes du sud, la seule option pour la population était de s’en aller par l’un des sept vols partant de la capitale tous les jours.  « Tout cela signifie qu’on ne peut quitter Bagdad que si on a assez d’argent pour payer un vol. De toute façon, tous les vols sont réservés jusqu’à la fin du mois. »

Questionné sur quant à savoir s’il envisageait de quitter la ville, l’archevêque a répondu : « Je ne sais pas si je dois rester ou partir. Je laisse ce problème à mes anges. »

Il a conclut en disant que si les gens à Bagdad avaient été « surpris » par la reprise de Mossoul par l’ISIS il y a une semaine, le scepticisme régnait dans la capitale quant à la fiabilité des rapports relatant l’avancée des djihadistes. Mgr Sleiman, un Carme originaire du Liban, a lancé un appel à prier pour l’Irak : « Nous devrions tous prier pour la paix et la solidarité pour une solution à la crise. »

 

VOYAGER AVEC L’AED – SALVADOR/BRÉSIL

13.06.2014 in AED, Aide à l'Église en détresse., Église Brésil, Formation religieuse, Formation religieux, PROJETS AED

VOYAGER AVEC L’AED est le titre de l’infolettre qui sera diffusée chaque vendredi sur notre blogue. Cette nouvelle hebdomadaire sera pour nous l’occasion de vous faire connaître tantôt les besoins de soutien qu’a l’Église, tantôt les projets que nous avons réalisés, et ce, dans les pays du monde entier.

Aujourd’hui:  Salvador/Brézil

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El Salvador

Aide à la formation de huit novices des Franciscaines de l’Immaculée Conception

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©AED/ACN

La Congrégation des Sœurs Franciscaines de l’Immaculée conception a été fondée en 1874 à Mexico. Aujourd’hui, plus de 1 100 sœurs appartiennent à la Congrégation. Elles disposent de près de 150 maisons dans plusieurs pays d’Amérique latine, mais aussi dans certains pays d’Afrique et d’Europe. Les sœurs s’occupent de l’éducation des jeunes, font la catéchèse et sont actives dans les domaines de la santé et des soins aux personnes âgées. Heureusement, des jeunes femmes ont aujourd’hui rejoint la Congrégation. Au Salvador, la Congrégation compte actuellement huit novices.

La vie au Salvador – plus petit pays d’Amérique centrale – est marquée par la violence. Une guerre civile, qui a fait des milliers de victimes, a eu lieu entre 1981 et 1991. Présentement, le pays est en proie à des violences graves et possède un des taux de criminalité les plus élevés au monde. Les guerres de gangs rendent le pays peu sûr. Les assassinats, enlèvements, extorsions, agressions et autres actes de violence ont jeté la population dans la terreur. À cela s’ajoutent des catastrophes naturelles graves et récurrentes, telles que des ouragans, séismes, éruptions volcaniques et pluies abondantes.

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©AED/ACN

La jeunesse ne voit pas d’avenir et beaucoup ont le sentiment que la vie n’a pas de sens. Les sœurs ont ici la tâche importante d’aider les jeunes à trouver un chemin vers un avenir meilleur. Nous soutenons cette année à hauteur de 5 330 dollars la formation de huit novices qui veulent se mettre au service de Dieu et de la population.

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Brésil

Aide à la formation de 31 séminaristes à Feira di Santana

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©AED/ACN

Les gens qui vivent dans le nord-est du Brésil sont pauvres et ont souvent à souffrir de la sécheresse. Plusieurs espèrent une amélioration, même modeste, de leurs conditions de vie en migrant vers les grandes villes, lesquelles par conséquent se développent rapidement. Or, les personnes désappointées et déracinées sont une proie facile pour les nombreuses sectes.

Ces sectes poussent comme des champignons dans les taudis des villes : un réseau dense comptant jusqu’à 50 temples s’est développé à ce jour sur une zone relativement petite. Leur message est trop beau pour être vrai, et pourtant, beaucoup de gens succombent aux promesses de guérisons rapides et faciles. Le lundi, il y a un office pour la prospérité matérielle, le mardi pour un bon travail, le mercredi pour la santé, etc. À la fin, il ne leur reste que l’espoir, et beaucoup d’habitants des bidonvilles s’accrochent à cette dernière illusion.

L’Église catholique s’efforce non seulement de répondre aux besoins visibles et matériels, mais aussi et surtout à remédier à la misère spirituelle, car cette dernière est souvent plus pressante et plus dévastatrice. Il faut cependant aussi quelqu’un pour annoncer la Bonne Nouvelle. Or, il n’y a que 18 000 prêtres disponibles pour les 130 à 155 millions de catholiques du pays (les chiffres sont très fluctuants).

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©AED/ACN

Les paroisses sont généralement énormes et il y en a même qui comptent plus de 100 000 fidèles. Il est écrit dans l’Évangile : « La moisson est abondante, mais les ouvriers peu nombreux » – cela est particulièrement vrai pour le Brésil. C’est pourquoi « l’Aide à l’Église en Détresse » soutient particulièrement la formation des prêtres dans ce pays – de même que dans de nombreux autres pays.

Dans l’archidiocèse de Feira di Santana, dans le nord-est du Brésil, 31 jeunes hommes se préparent actuellement à leur ordination sacerdotale. Mgr Itamar Vien a leur formation particulièrement à cœur. Il se réjouit déjà des ordinations de cette année, et est heureux de voir augmenter le nombre de vocations. Cette année, il nous a à nouveau demandé de l’aide pour la formation des 31 séminaristes. Il s’attend à nouveau à l’amitié et au soutien de nos bienfaiteurs. Nous lui avons promis 13 250 dollars.

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https://secure.acn-aed-ca.org/fr/

Si vous êtes intéressé à contribuer une aide financière pour ce projet, veuillez téléphoner au: (514) 932-0552 poste 226

 

COMMUNIQUÉ : Soudan – Accroissement des pressions sur Mariam pour qu’elle se convertisse à l’islam

12.06.2014 in AED, AFRIQUE, Aide à l'Église en détresse., Persécution, Soudan

John Newton, AED Royaune-Uni

Adaptation Robert Lalonde, AED Canada

Montréal, jeudi 12 juin, 2014 – Mariam Ibrahim, une chrétienne soudanaise qui a été condamnée à mort pour apostasie de l’islam, refuse toujours d’abandonner sa foi chrétienne – malgré les appels à la conversion qui lui sont actuellement adressés.

Exactement un mois après sa condamnation à mort, l’archidiocèse de Khartoum, au Soudan du Nord, a publié une déclaration décrivant sa situation actuelle.« Il y a beaucoup de gens qui essayent de persuader Mariam de renoncer au christianisme afin qu’elle soit libérée, mais elle refuse. Certaines personnes plaident auprès de son mari pour qu’il la convainque d’abandonner la foi chrétienne afin de sauver sa vie, mais en vain ».

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Source Internet

La déclaration du Père Mussa Kacho, vicaire épiscopal de la région de Khartoum, qui a été publiée hier, visait à corriger les inexactitudes des médias et « implorait » les autorités de résoudre l’affaire.Décrivant la situation actuelle, le Père Kacho a dit : « Mariam est toujours dans la prison d’Omdurman, pratiquement dans le couloir de la mort, allaitant son enfant alors qu’elle est enchaînée. Son cas est actuellement pendant devant la Cour d’appel. Personne ne sait quand la Cour d’appel adoptera une décision. Selon les autorités concernées, Mariam ne peut être libérée qu’à condition de renoncer à sa foi chrétienne pour embrasser l’islam et ainsi obtenir le divorce de son mari Daniel.Le seul moyen de sauver leur mariage, à supposer que Mariam abandonne sa foi chrétienne, est que son mari Daniel embrasse l’islam et se remarie avec elle selon la religion islamique ».

Le couple s’est marié au sein de l’Église catholique le 19 décembre 2011. Son mari, Daniel Bicensio Wani, est un catholique de longue date et Mme Ibrahim s’est convertie de l’orthodoxie éthiopienne au catholicisme peu avant son mariage.Bien que son père ait été musulman, elle a été baptisée et élevée dans la foi orthodoxe de sa mère.

La déclaration de l’archidiocèse de Khartoum a souligné ceci : « Dans sa vie, elle n’a jamais ni embrassé l’islam ni renoncé à l’islam. Elle n’a jamais été musulmane de sa vie. »Il a également attiré l’attention sur le fait que la constitution provisoire de 2005 du Soudan garantissait la liberté religieuse : « Nul ne doit être contraint d’embrasser une religion à laquelle il/elle ne croit pas, ni de pratiquer des rites ou d’assister à des offices s’il/elle n’y consent pas volontairement ».

La conclusion de la déclaration de l’Église est la suivante : « C’est pourquoi, compte tenu des faits que nous avons énoncés ci-dessus, et pour honorer la position inébranlable de Mariam de conserver sa foi chrétienne, nous plaidons devant les tribunaux et autres autorités concernées que l’affaire mettant en cause Mariam soit réexaminée et qu’un terme raisonnable lui soit apporté. »

COMMUNIQUÉ : Irak – « Il ne reste probablement plus aucun chrétien à Mossoul »

11.06.2014 in AED, Aide à l'Église en détresse., Irak, Persécution

Marta Petrosillo, AED Italie

Adaptation Robert Lalonde, AED CanadaIRAK-1

Montréal, le mercredi 11 juin, 2014 – « Nous n’avons jamais rien vu de tel. Une grande ville comme Mossoul en proie au chaos et aux attaques par des groupes ! ». C’est par ces mots que s’est exclamé Mgr Amel Shimon Nona, archevêque chaldéen de Mossoul, contacté ce mercredi par l’Aide à l’Église en Détresse (AED) en témoignant du sort de Mossoul, deuxième ville de l’Irak, assiégée depuis près de deux jours.

Fuite des chrétiens vers la plaine de Ninive

Les affrontements qui étaient d’abord limités à certaines zones de la partie ouest de la ville, ont débuté le jeudi 5 juin,. « L’armée a commencé à bombarder les zones ciblées, mais plus tard dans la nuit, entre lundi et hier, les forces armées et la police ont tout à coup abandonné Mossoul, la laissant à la merci des assaillants. »

Plus de la moitié des habitants et l’ensemble de la communauté chrétienne se sont immédiatement enfuis vers la plaine voisine de Ninive. « Jusqu’à 5 heures hier matin, nous avons accueilli les familles en fuite et nous avons essayé de leur trouver un hébergement dans les écoles, dans les salles de classe de catéchisme, dans des maisons abandonnées », explique Mgr Nona. L’archevêque se trouve maintenant à Tall Kayf, un village situé à environ trois kilomètres de Mossoul.

L’attaque serait opérée par l’État islamique d’Irak et du Levant (EIIL), l’organisation terroriste liée à Al-Qaïda connue pour ses violentes attaques anti-chrétiennes commises en Syrie. Mgr Nona estime, cependant, que  d’autres groupes peuvent également être impliqués. « Nous ne savons pas encore de quels groupes il s’agit, mais certains parlent d’EIIL, d’autres pensent qu’il y a diverses appartenances. Nous devons attendre pour mieux comprendre la situation réelle. Ce qui est certain, c’est que les extrémistes sont là et que beaucoup les ont vu patrouillant dans les rues. »

35 000 chrétiens en 2003, plus aucun aujourd’hui

IRAK-2 La présence djihadiste reste une source de  grande préoccupation pour les chrétiens. De plus, en ce moment, une rumeur circule à l’effet qu’une autre attaque par l’EIIL serait faite envers quatre églises et un monastère. « Nous n’avons pas reçu de menaces – explique Mgr Nona – parce que désormais, tous les fidèles ont fui la ville. Qui sait s’ils ne pourront jamais revenir un jour ». En 2003, la communauté chrétienne de Mossoul comptait environ 35 000 fidèles.

Dans les onze années qui ont suivi le début de la guerre, ce nombre est tragiquement tombé à environ 3 000. « Maintenant, il n’en reste probablement plus aucun », déplore l’archevêque. « Nous continuons de prier pour que notre pays puisse enfin trouver la paix »,  affirme Mgr Nona qui, dans ces derniers terribles jours a dû exhorter une fois encore ses fidèles à ne pas perdre espoir. « C’est difficile après tant d’années de souffrance, mais nous, chrétiens irakiens, sommes attachés à notre foi, et nous devons garder espoir, même dans la persécution. C’est un énorme défi, surtout après ce qui s’est passé ces derniers jours ».

Côte d’Ivoire – Faire avancer le processus de réconciliation

10.06.2014 in AED, AFRIQUE, Aide à l'Église en détresse., Cote d'Ivoire
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©AED/ACN

Reinhard Backes, AED International

Adaptation Robert Lalonde, AED Canada

La Côte d’Ivoire a besoin d’un processus continu de réconciliation. C’est ce qu’Alphonse N’guessan, prêtre catholique et directeur national des Œuvres pontificales missionnaires en Côte d’Ivoire, a fait remarquer lors d’une visite à l’œuvre internationale catholique de bienfaisance Aide à l’Église en Détresse (AED).

Dans ce pays d’Afrique de l’ouest, des combats pareils à ceux d’une guerre civile sont incessants depuis le milieu des années 1990; les derniers étant ceux qui ont suivi l’élection présidentielle de 2010. Pour le père N’guessan : « Il y a des efforts de réconciliation. Même pendant la guerre, il y avait des contacts entre les représentants des Églises et des musulmans, et il continue d’y en avoir régulièrement. Il y a même des contacts informels avec des hommes politiques qui servent la cause de la paix ».

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©AED/ACN

Malgré tous ces efforts, le prêtre ivoirien estime que des efforts supplémentaires sont nécessaires pour parvenir à une véritable réconciliation : « Les conflits dans le pays sont de nature politique, et non des conflits religieux. L’Église catholique peut et devrait continuer de contribuer à une solution, car elle jouit d’une haute considération ». Selon les données du père N’guessan, environ 35 % des 20 millions d’ivoiriens sont chrétiens, il y a un tiers de musulmans, tandis qu’environ le tiers des ivoiriens sont adeptes des religions traditionnelles africaines. Il n’y aurait cependant pas de statistiques officielles fiables. « La dernière enquête statistique a eu lieu il y a plus de dix ans », dit Alphonse N’guessan.

En Côte d’Ivoire, l’Église catholique, qui dispose d’un clergé majoritairement autochtone, est divisée en 15 diocèses. La tâche de la Mission Pontificale en Côte d’Ivoire, dont le travail est coordonné par Alphonse N’guessan, est de promouvoir les initiatives pastorales de formation religieuse et d’évangélisation. Jusqu’à présent, l’AED a soutenu ce travail à hauteur de 35 400 dollars.

Irak – « À Erbil, les églises sont pleines à craquer »

06.06.2014 in AED, Aide à l'Église en détresse., Irak
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©AED/ACN

Le départ dans le nord de l’Irak de chrétiens ayant précédemment vécu dans d’autres régions du pays pose de grands défis à l’Église, comme le constatait Mgr Bashar Matti Warda, archevêque d’Erbil, dans un entretien accordé à l’œuvre internationale de bienfaisance catholique Aide à l’Église en Détresse (AED).

En raison de la meilleure situation en termes de sécurité qui règne dans la Région autonome du Kurdistan, 12 000 familles chrétiennes de Bagdad, de Mossoul et d’autres villes irakiennes ont choisi déjà ces dernières années de s’installer dans l’archidiocèse d’Erbil. « À Bagdad et en d’autres lieux, les gens ne sont toujours pas certains de pouvoir rentrer chez eux le soir, parce qu’ils pourraient être victimes d’attentats à la bombe, d’assassinats ou d’enlèvements », a déploré Mgr Warda.

Pour l’Église catholique, cela signifierait que des paroisses à Bagdad et à Mossoul doivent être fermées parce que les paroissiens partiraient, tandis qu’à Erbil, il faut dresser des tentes  parce que les églises sont trop petites pour accueillir tout le monde. L’archevêque a poursuivi : «  Bien que nous ne disposions pas de l’infrastructure qui s’imposerait pour faire face à une telle augmentation du nombre de personnes dans les communautés catholiques, les nouveaux arrivants continuent d’affluer. Dans leurs paroisses d’origine, ils étaient habitués à participer tous les jours aux offices religieux ou aux catéchèses. Ils n’y renoncent pas ici. Il nous faut donc d’urgence construire de nouvelles églises et édifier des locaux pour la catéchèse et les autres activités de la vie religieuse. »

Irak lettre 2

L’archevêque a dépeint la situation en Irak comme un amalgame de « problèmes historiques, économiques, sociaux, religieux et politiques », sachant que les circonstances sont trop complexes pour en saisir toute la portée. « Si je tente aujourd’hui d’expliquer ce qui se passe ici, la réalité peut déjà se présenter tout différemment demain », affirme-t-il.

La guerre aurait divisé la société et engendré « la réapparition de conflits non résolus soudainement resurgis du passé ». En outre, comme l’Irak est entouré de pays qui souffrent également d’une multitude de conflits, il s’ensuivrait que l’Irak même « ne mènerait souvent pas ses propres guerres. »

L’AED soutient plusieurs projets dans l’archidiocèse d’Erbil, notamment la construction de l’église « Notre-Dame du Perpétuel Secours » à Ankawa, un quartier d’Erbil, ainsi que plusieurs projets consacrés au catéchisme

VOYAGER AVEC L’AED – Afrique du Sud/République Démocratique du Congo

06.06.2014 in AED, AFRIQUE, Aide à l'Église en détresse., Formation religieuse

VOYAGER AVEC L’AED est le titre de l’infolettre qui sera diffusée chaque vendredi sur notre blogue. Cette nouvelle hebdomadaire sera pour nous l’occasion de vous faire connaître tantôt les besoins de soutien qu’a l’Église, tantôt les projets que nous avons réalisés, et ce, dans les pays du monde entier.

Aujourd’hui:  Afrique du Sud et République Démocratique du Congo

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Afrique du Sud

Voiture destinée à la pastorale des réfugiés

« Du fond du cœur, nous vous remercions pour le grand soutien que vous nous avez apporté pour l’achat d’un véhicule qui aide notre communauté à travailler au service des migrants et des réfugiés », nous écrivent les sœurs missionnaires de Saint Charles Borromée, qui participent à la pastorale des réfugiés depuis 1998 à Johannesburg.

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©AED/ACN

Depuis 2001, elles dirigent un foyer pour les femmes réfugiées et leurs enfants, appelé  « l’Abri Bienvenu ». Il était très attendu, car il n’y avait auparavant que des établissements pour les femmes autochtones et leurs enfants ayant eu à souffrir d’abus et de violences domestiques. Les femmes réfugiées et les migrantes dormaient dans les parcs et les gares, ou même dans la rue. Elles sont les victimes faciles de criminels qui rendent le quartier peu sûr, elles qui déjà été les victimes de la violence et de la guerre dans leur pays d’origine.

Par désespoir, les femmes réfugiées s’accommodent souvent de choses qu’elles ne feraient normalement jamais. Elles vendent leur corps pour un peu de nourriture pour leurs enfants, pour une nuit d’hébergement ou un peu d’argent. Elles courent ainsi le très grand danger d’être contaminées par le sida. Auprès des sœurs, elles trouvent un hébergement et des personnes qui les soutiennent par tous les moyens.

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©AED/ACN

Cependant, les sœurs avaient un urgent besoin d’un véhicule pour leur travail, car les moyens de transports publics pour se rendre à Johannesburg sont très limités. Il est en revanche très dangereux d’y aller à pied, car il y a de nombreux vols à main armée. L’une des sœurs a déjà été agressée. Grâce à l’aide de nos bienfaiteurs qui ont fait un don de 14 270 dollarss pour une voiture, elles peuvent maintenant se rendre partout où leur aide est nécessaire. Elles nous l’ont promis : « Nous incluons chacun d’entre vous dans nos prières quotidiennes et demandons à Dieu de vous bénir, vous et vos familles. »

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République Démocratique du Congo

Aider 22 séminaristes à effectuer un stage pastoral

« Soyez des pasteurs avec l’odeur de leurs brebis, au lieu d’être des pasteurs au milieu de leur propre troupeau, et pêcheurs d’hommes », a demandé le Pape François le jeudi saint 2013 lors de la messe chrismale.

Mgr Fridolin Ambongo, administrateur apostolique du diocèse de Kole, veut de tels prêtres. C’est pourquoi les jeunes hommes qui, au séminaire, se préparent à devenir un jour, en tant que prêtres, de vrais bergers de leur peuple doivent non seulement suivre une bonne formation, mais aussi apprendre à connaître la vraie vie en paroisse.

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©AED/ACN

Chacun des 22 séminaristes doit donc effectuer un stage d’un mois dans l’une des paroisses du diocèse. Ils doivent découvrir le travail, la vie, les soucis, les questions et les besoins des fidèles afin que, en tant que prêtres, ils sachent vers qui ils sont envoyés. L’évêque espère aussi que cela encouragera les jeunes, par le contact avec les séminaristes, à découvrir dans leur propre vie une vocation sacerdotale ou religieuse et à la suivre.

Mgr Abongo nous a demandé de l’aide pour les frais de voyage et tout ce dont les 22 séminaristes ont encore besoin pour leur stage. Nous lui avons promis 12 840 dollars.

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https://secure.acn-aed-ca.org/fr/

Si vous êtes intéressé à contribuer une aide financière pour ce projet, veuillez téléphoner au: (514) 932-0552 poste 226

COMMUNIQUÉ : République centrafricaine – « La paix est encore très loin »

04.06.2014 in AED, AFRIQUE, Aide à l'Église en détresse.

Eva-Maria Kolmann, AED InternationalCENTRAFRIQUE-1

Adaptation Robert Lalonde, AED Canada

Montréal, mercredi 4 juin 2014 – Le Père Federico Trinchero, prieur du monastère des Carmes de Notre-Dame de Bangui, exige une solution rapide du conflit qui sévit en République centrafricaine.

Dans un entretien accordé à l’œuvre internationale de bienfaisance catholique Aide à l’Église en Détresse, il a déclaré : «  En République centrafricaine, le peuple attend une véritable solution politique. Mais une telle solution n’aboutira à un résultat positif que si elle n’accepte aucun compromis envers quiconque usera de la violence ou répandra un esprit de vengeance ». La population serait « vraiment lasse et découragée » et ne croirait plus à aucune promesse, a poursuivi le Carme italien. Les troupes armées étrangères seraient incapables d’agir efficacement et arriveraient souvent trop tard.

Une violente attaque a été perpétrée le 28 mai dernier contre l’église Notre-Dame de Fatima à Bangui, la capitale centrafricaine, au cours de laquelle au moins 18 personnes ont été tuées, tandis que plus de 40 personnes ont été prises en otages et enlevées. Leur sort reste incertain. Ce regain de violences montrerait bien que « la paix est encore très loin ». L’église qui avait été attaquée ne se situe qu’à quelques kilomètres du monastère des Carmes.

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Certes, la situation autour du monastère serait en ce moment relativement calme, mais l’attaque aurait engendré un nouvel accroissement du nombre de réfugiés. L’intérieur du périmètre du monastère héberge plus de 7000 personnes déplacées et constitue donc l’un des plus grands camps de réfugiés de la capitale. « Nous espérons que les réfugiés pourront bientôt retourner chez eux, mais nous n’en voyons pas la fin. » Depuis décembre 2013, le réfectoire du monastère a donné lieu à la naissance de 30 bébés. Par moments, plus de 15 000 réfugiés vivaient sur la concession du monastère.

CENTRAFRIQUE-3« Je crains que le processus de réconciliation ne prenne des années. La rupture qui s’est produite dans le pays est très profonde. Mais j’espère qu’il sera possible de mobiliser les forces vitales de la jeunesse afin qu’elle prenne en main l’avenir de leur pays », poursuit le Père Trinchero. « L’Église ne reste pas passive et poursuit sa mission. Cela pourrait toutefois en déranger plus d’un parmi ceux qui n’aiment pas la paix. »

VOYAGER AVEC L’AED – L’AED et le dialogue avec l’Église orthodoxe

30.05.2014 in AED, Aide à l'Église en détresse., Chrétiens Catholique, Pape, Russie
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©AED/ACN

 

VOYAGER AVEC L’AED est le titre de l’infolettre qui sera diffusée chaque vendredi sur notre blogue. Cette nouvelle hebdomadaire sera pour nous l’occasion de vous faire connaître tantôt les besoins de soutien qu’a l’Église, tantôt les projets que nous avons réalisés, et ce, dans les pays du monde entier. Compte tenu de la visite du Pape François la fin de semaine dernière, et puisque la rencontre avec le Patriarche Bartholoméo 1er était au cœur de cette visite, nous vous proposons un texte racontant l’évolution du dialogue entre l’Église catholique et l’Église orthodoxe depuis 1992.

Aujourd’hui:  L’AED et le dialogue avec l’Église orthodoxe

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Eva-Maria Kolmann, AED International

Adaptation Robert Lalonde, AEDE Canada

Avec plus de 100 millions de membres, l’Église russe orthodoxe est la plus grande et la plus influente des Églises orthodoxes. À la demande du Pape Jean-Paul II, Aide à l’Église en Détresse (AED) s’engage particulièrement depuis 1992/1993 en faveur du dialogue avec l’Église orthodoxe en Russie. Le Père Werenfried van Straaten, fondateur de L’AED, s’ est rendu deux fois en Russie en 1992 et 1994, malgré son âge, où il a rencontré le Patriarche Alexis II de Moscou et de nombreux évêques orthodoxes, auxquels il a promis ses prières et son aide.

En effet, au bout de 70 années de persécution, l’Église orthodoxe de Russie devait autant repartir à zéro que l’Église catholique. Après la chute de l’Union soviétique, il était convenu de rappeler aux chrétiens catholiques que le « dialogue de l’amour » entre les deux Églises – que le Concile Vatican II avait désignées des années auparavant comme « Églises sœurs » -, ne se déroule pas à un niveau théologique et académique, mais plutôt dans un esprit d’« œcuménisme de la solidarité », comme aimait l’appeler le père Werenfried van Straaten.

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©AED/ACN

Reconstituer l’unité

 

« Au bout de 1000 ans de malentendus et d’inimité réciproque, nous devons à présent prendre conscience de notre unité et être prêts à la reconstituer. L’unité de la foi et des sacrements qui ne s’est jamais perdue. Et nous devons réaliser cette unité dans la prière et l’amour dès  maintenant. » Le Pape s’est fait rapporter les détails de chacun des deux voyages en Russie par le Père Werenfried van Straaten, et trouvait de la plus grande importance d’être personnellement informé quant à l’évolution de ce travail. Cette mission adressée à l’AED a été réitérée par le Pape Benoît XVI.

C’était également le Pape Jean-Paul II qui a restitué en 2004 l’icône de Notre-Dame de Kazan à l’Église russe orthodoxe. Elle avait disparu au cours des troubles de la Révolution d’octobre en 1917 et est parvenue en Occident en 1920. Après une odyssée à travers le monde, elle est réapparue en 1964 à l’Exposition mondiale de New York. « L’Armée bleue », aujourd’hui appelée « Apostolat mondial de Notre-Dame de Fatima », a fait l’acquisition de l’icône et l’a amenée à Fatima.

Russia: The Icon of Our Lady of Kazan (also known as "Kazanskaya

©AED/ACN

En 1993, l’icône fut remise comme présent au Pape Jean- Paul II. Celui-ci l’a conservée dans ses appartements privés au Vatican en lui témoignant une fervente vénération. Au cours du recueillement d’adieux de l’icône de Notre-Dame de Kazan, il a affirmé : « Combien de fois, depuis ce jour, ai-je invoqué la Mère de Dieu de Kazan, en lui demandant de protéger et de guider le peuple russe qui nourrit une dévotion particulière pour elle et de faire en sorte que l’unité compromise se solidifie au plus vite. »

Le 8 avril 2005, lors des cérémonies funéraires organisées à l’occasion du décès du Pape Jean-Paul II, le Patriarcat de Moscou y a délégué son président du département des relations extérieures, le métropolite Cyrille qui, seulement quatre ans plus tard, devait devenir Patriarche de Moscou et de toute la Russie. Le 24 avril 2005, il a participé également à l’intronisation du Pape Benoît XVI. Durant le pontificat de ce dernier, le contact entre le Vatican et le Patriarcat de Moscou devint de plus en plus étroit.

De nombreux évêques russes ont rendu visite au Pape Benoît XVI, tandis que d’éminents cardinaux ont entrepris le voyage en Russie. Au cours de l’été 2006, une traduction russe de l’ouvrage de Joseph Ratzinger « Introduction au christianisme », soutenue par l’AED, a été publiée en Russie, afin de permettre aux lecteurs russes d’accéder directement à la théologie de son auteur. La traduction russe a été accueillie avec un grand enthousiasme.

Une première à la télévision russe

Le 16 avril 2008, date du 81ème anniversaire du Pape Benoît XVI, s’est déroulé un événement majeur dans la relation entre le Vatican et la Russie. En effet, pour la première fois, une chaîne de télévision d’État a diffusé en Russie un documentaire sur le Pape. L’apogée du film consistait dans un discours du Saint-Père, au cours duquel, pour la première fois dans l’histoire, le chef de l’Église catholique s’est adressé à la télévision au peuple russe pour lui exprimer son estime. Le message était destiné au Patriarche Alexis II., chef de l’Église russe orthodoxe, aux chrétiens orthodoxes, aux évêques catholiques et aux catholiques de Russie ainsi qu’à tous les habitants de la Russie.

Dans son discours partiellement tenu en russe, le Pape Benoît XVI a souligné notamment la nécessité d’un dialogue interchrétien. Le documentaire, dont la création avait été initiée et soutenue par  l’AED, témoignait en outre d’étapes importantes dans la vie et les œuvres de Joseph Ratzinger, le Pape Benoît XVI, dont la biographie est encore peu connue du peuple russe.

L’importance du film s’est aussi traduit par le fait qu’un mois après la diffusion du film, le cardinal Tarcisio Bertone qui, à cette époque, était cardinal secrétaire d’État au Vatican, et le cardinal Walter Kasper, alors Président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, se fassent rapporter personnellement les réactions positives suscitées par ce documentaire dans les médias et la société russes.

Une lettre de félicitations du Pape Benoît XVI

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©AED/ACN

En 2008, une lettre manuscrite du Pape Benoît XVI, adressée au Patriarche Alexis II, a attiré fortement l’attention, y compris des médias. La missive fut remise à son destinataire par le cardinal Crescenzio Sepe, archevêque de Naples, alors qu’il se rendait à Moscou du 30 septembre au 3 octobre sur l’invitation du Patriarche. Celui-ci s’est montré « très ému » par la lettre du Pape. Il a formulé sa réponse en termes chaleureux et a exprimé au Pape « son plus profond respect et sa sincère bienveillance ».

Il a écrit en outre qu’il se réjouissait « des perspectives croissantes dans l’évolution des bonnes relations et d’une coopération positive entre nos deux Églises. Le fondement solide pour cela existe dans nos racines communes et dans les positions que nous partageons en ce qui concerne de nombreux problèmes touchant le monde d’aujourd’hui. »

Le 27 janvier 2009, le Métropolite Cyrille fut élu Patriarche de Moscou de toute la Russie. Le cardinal Walter Kasper, le nonce apostolique et archevêque Antonio Mennini, l’archevêque catholique de Moscou, Paolo Pezzi ainsi que l’évêque de Ratisbonne, Ludwig Müller, aujourd’hui préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, ont assisté à la cérémonie d’intronisation du nouveau Patriarche le 1er février 2009. Cette cérémonie s’est déroulée à la cathédrale du Christ-Sauveur de Moscou.

Les délégués de l’Église catholique ont remis une lettre de félicitations du Pape Benoît XVI, dans laquelle celui-ci exprimait « sa fervente confiance » en une poursuite de la coopération « afin de trouver des voies et des formes d’encouragement et de renforcement de la communion dans le Corps du Christ »,. Il soulignait de plus son souhait de voir « les bonnes relations » entre l’Église catholique et l’Église russe orthodoxe s’affermir davantage. Il a offert au Patriarche un calice en « gage du souhait de bientôt atteindre l’unité entière ».

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©AED/ACN

Une « alliance stratégique »

La notion d’une « alliance stratégique » dans la coopération des deux Églises a émergé de plus en plus au cours des années suivantes. Le concept était fondé sur le fait que chacune d’entre elles se trouvait confrontée dans le monde moderne à de très nombreux défis, auxquels elles devraient faire face ensemble. Ces défis comportent notamment l’oppression et la persécution de chrétiens dans des pays où ils sont minoritaires, les réflexions sur l’islam, une hostilité toujours croissante face au christianisme – également en Europe -, la laïcité, le relativisme et le matérialisme croissants ainsi que le recul du respect de la vie humaine et de la famille chrétienne, également dans la politique.

Ces questions d’éthique et de nombreux autres points exigent que les chrétiens de différentes confessions élèvent leurs voix à l’unisson. Lors d’une foule de rencontres s’étant déroulées au cours des dernières années entre d’éminents délégués des Églises russe orthodoxe et catholique, les deux parties ont souligné et souligneront toujours leur pleine concordance dans le domaine de l’éthique et des valeurs chrétiennes.

L’une des premières rencontres entre le cardinal Kurt Koch, président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, et le Métropolite Hilarion (Alfeïev), président du département des relations extérieures du Patriarcat de Moscou, ont eu lieu le 19 mars 2011, lors d’un congrès organisé en Allemagne par l’AED. Rétrospectivement, le cardinal a souligné que cette rencontre avait été « très positive » et « importante » » pour « mettre en évidence la dimension publique du dialogue avec l’Église orthodoxe et pour le rendre visible aux yeux de l’opinion publique. ».

En janvier 2014, dans un entretien accordé à l’AED, le cardinal Koch a mis l’accent sur l’importance de la dernière année pour l’œcuménisme. La rencontre à Jérusalem entre le Pape François et le Patriarche œcuménique de Constantinople Bartholomée a été « éminemment importante ». En ce qui concerne les premières grandes étapes vers l’unité, entreprises à l’époque du Concile Vatican II, il a affirmé : « En lisant aujourd’hui les textes rédigés jadis, je suis saisi par cette passion pour l’unité exprimée par ces textes. Il faut que cette passion soit préservée et que nous en reprenions à nouveau conscience cette année. »

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©AED/ACN

Le président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens a fait l’éloge de l’engagement de l’AED dans le dialogue avec l’Église russe orthodoxe, et a souligné l’importance de son fondateur, le père Werenfried van Straaten qui, « toute sa vie durant, s’est engagé particulièrement en faveur de l’Église en Europe de l’Est. Il est très positif qu’il ait également élargi cet engagement à l’église russe orthodoxe après la chute de l’union soviétique ». Le cardinal Koch a encouragé l’œuvre de bienfaisance à poursuivre le dialogue avec l’Église russe orthodoxe.