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Jordanie – Soutien aux jeunes Jordaniens, chrétiens autant que musulmans

07.01.2015 in AED, Aide à l'Église en détresse., Irak, Jordanie, PROJETS AED, Syrie

Reinhard Backes, AED International

Adaptation Robert Lalonde, AED Canada

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©Aide à l’Église en Détresse/Aid to the Church in Need

Depuis des années, le royaume hachémite est une terre de refuge pour les gens ayant fui l’Irak. Mais ils arrivent aussi par milliers de Syrie, fuyant la guerre et les violences, les conséquences des récentes évolutions politiques et d’un islamisme de plus en plus militant. Entre-temps, toute la région est menacée, car des centaines de milliers de chrétiens autant que de musulmans ont déracinés et le sont toujours.

Parmi ceux ayant été forcés de fuir leur patrie, il y a beaucoup de chrétiens « qui ont tout perdu, mais qui n’ont pas renoncé à leur foi », comme l’affirme le Père Rifat Bader. En Jordanie, ce prêtre catholique assure la pastorale, mais le Patriarcat latin de Jérusalem, qui couvre Israël, la Jordanie, la Palestine et Chypre, l’a également chargé des relations avec les médias et des relations publiques en général.

Promouvoir le dialogue

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©Aide à l’Église en Détresse/Aid to the Church in Need

Questionné sur son évaluation concernant la situation actuelle des chrétiens en Jordanie, il répond par un exemple concret : « Dans ma paroisse de Naour, qui appartient au Patriarcat latin, nous vivons et nous prions tous les jours en commun avec quarante réfugiés. Momentanément, l’avenir est sombre et les chrétiens d’Irak ne veulent pas retourner dans leur patrie. Tout ce qu’ils souhaitent, c’est de partir vers d’autres pays. Certes, la Jordanie est sûre, mais ils n’ont pas le droit de rester ici. »

Grâce au soutien financier de l’œuvre internationale de bienfaisance catholique Aide à l’Église en Détresse (AED), le Père Rifat Bader a édifié à Amman un centre des médias, et développé le site Internet en langue anglaise et arabe « abouna.org ». Il souligne que les deux projets ne sont pas censés « privilégier une religion aux dépens de l’autre, mais bien promouvoir le dialogue, surtout entre les chrétiens et les musulmans ». Et il ajoute : « Nous voulons qu’une coexistence pacifique soit possible et que les chrétiens puissent rester au Proche-Orient. Si les Nations unies aident à travers des établissements scolaires, des logements, des emplois, pourquoi les chrétiens ne resteraient-ils pas ? »

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©Aide à l’Église en Détresse/Aid to the Church in Need

Selon le Père Rifat Bader, environ 180 000 Jordaniens chrétiens vivraient actuellement en Jordanie et il estime qu’environ 70 000 Jordaniens chrétiens vivraient à l’étranger. Des dizaines de milliers de réfugiés chrétiens qui se sont enfuis de l’Irak et de la Syrie, tout comme des centaines de milliers de leurs compatriotes musulmans, sont venus s’y ajouter.

Donner la parole aux jeunes

« De nombreux chrétiens attendent des visas pour poursuivre leur voyage dans des pays tiers. Nous les aidons, tout en voulant leur apporter plus que de la nourriture, c’est-à-dire la dignité, et renforcer leur identité. » Les réfugiés trouvent d’abord un point de chute dans les centres qui leur sont dédiés. Actuellement, l’Église gère sept de ces centres d’accueil, mais leurs capacités sont insuffisantes. « Nous avons besoin de davantage de centres, car malheureusement, il y aura encore plus de réfugiés à l’avenir », assure le Père Rifat Bader. En sus du travail lié aux relations publiques, l’AED soutient également différentes actions humanitaires pour des familles de réfugiés ainsi que des activités pour les enfants, les adolescents et d’autres relatives à la pastorale.

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©Aide à l’Église en Détresse/Aid to the Church in Need

Selon le Père Rifat Bader, la jeune génération doit faire face à d’énormes défis. À son avis, il serait particulièrement important pour l’avenir de la Jordanie de prendre les adolescents beaucoup plus au sérieux : « Nous sommes en dialogue avec des dirigeants musulmans. Nous nous réunissons lors de conférences dans des hôtels cinq étoiles, mais nous devons aussi accepter que l’on nous pose des questions concernant les résultats concrets de ces rencontres ! 70 % des Jordaniens sont jeunes. Nous ne devons pas rester indifférents à leurs soucis. Nous devons aller plus à leur rencontre. »

Selon le prêtre catholique, les extrémistes mettent à profit à des fins de propagande, également sur Internet, le manque de perspectives professionnelles et les graves problèmes sociaux du pays. Le Père Rifat Bader conclut : « Nous ne devons pas abandonner le terrain à ceux-là. Voilà pourquoi il faut donner la parole aux jeunes gens même. Nous voulons réunir des musulmans et des chrétiens de différentes confessions religieuses, ouvrir des portes et chercher des solutions. Nous voulons descendre dans les rues, nous rendre dans les périphéries de l’existence, comme l’a exprimé Sa Sainteté le Pape François. »

Irak – « L’amour chrétien ne connaît pas de frontières »

22.12.2014 in AED, Aide à l'Église en détresse., AMOUR, Irak, Persécution, PROJETS AED

Les enfants de réfugiés chrétiens d’Irak ont tout perdu. Ils recevront tout de même des cadeaux de Noël. Cela est possible grâce à Aide à l’Église en Détresse (AED).

Oliver Maksan, AED International

Adaptation Robert Lalonde, AED Canada

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©Aide à l’Église en Détresse

Les sœurs et leurs assistantes ouvrent sans relâche les cartons qui s’entassent autour d’elles à hauteur d’homme. Elles sortent les vêtements de leurs caisses. Les emballages en plastique font un bruit de papier froissé. Des montagnes de vêtements gisent sur le sol. Sœur Angela, de l’ordre chaldéen des Filles de Marie, fait de petits paquets pour les enfants chrétiens avec l’aide d’autres religieuses et de bénévoles. Cette opération, destinée aux enfants âgés de deux à douze ans, est en préparation depuis des semaines. Elle est financée par l’Œuvre internationale catholique de bienfaisance « Aide à l’Église en Détresse ».

« L’année qui s’achève a été très triste pour les enfants. Pendant l’été, ils ont dû fuir devant l’État islamique et sont devenus des réfugiés. Nous voulons leur offrir un peu de joie et quelques cadeaux de Noël », dit la jeune sœur, qui elle-même a dû fuir. « Nous avions un orphelinat à Karamles. En août, nous avons dû partir en catastrophe. Au milieu de la nuit, nous nous sommes entassés à huit dans une petite voiture. Nous étions terrifiés. »

Les sœurs préparent 15 000 paquets. Les cadeaux de Noël seront surtout distribués aux enfants de réfugiés chrétiens de Mossoul et de la plaine de Ninive. « En plus de vêtements tels que des survêtements, les enfants recevront la petite Bible de l’AED et, bien sûr, des sucreries. Une petite crèche de Noël fait également partie du lot », explique Sœur Angela, tout en ouvrant une nouvelle boîte. « Chaque petit paquet a une valeur approximative de 25 $ et contient également une carte de nos bienfaiteurs, en anglais et en arabe », explique le Père Andrzej Halemba, le responsable des projets en Irak pour l’AED. Il ajoute : « Cela permet de s’adresser personnellement aux enfants. Il faut qu’ils voient qu’on pense à eux partout dans le monde, et que l’amour chrétien ne connaît pas de frontières. »

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©Aide à l’Église en Détresse

Et les enfants dans tout ça…

Le fait d’avoir été expulsés et d’avoir dû fuir a beaucoup affecté les enfants, avoue Douglas Bazi. Ce prêtre chaldéen dirige le Centre Mar Elia à Ankawa, une banlieue chrétienne d’Erbil au Kurdistan irakien. Ici, des centaines de personnes de la plaine de Ninive ont trouvé refuge sous des tentes depuis août. Ils sont arrivés chez nous complètement affolée. Beaucoup d’entre eux ont fait des cauchemars, relate le prêtre. Nous leur avons tout de suite distribué des jouets. Nous voulions rendre les enfants heureux. Ils étaient vraiment dépourvus de tout. Mon collègue est ensuite revenu très choqué, disant que les enfants avaient détruit tous les jouets. Chacun d’eux voulait avoir quelque chose pour lui-même, pensant qu’il n’y en aurait pas assez. Du coup, tout a été cassé. Cela nous a démontré la peur du manque qui régnait chez ces enfants, et toute l’agressivité qui se trouvait en eux. Les choses sont maintenant très différentes. Grâce à Dieu, ils sont devenus bien plus calmes. »

À Schaklawa, dans les montagnes du Kurdistan, des réfugiés chrétiens vivent entre autres dans une grande salle. Des centaines de personnes vivent aujourd’hui dans une salle normalement destinée aux mariages et grandes fêtes familiales des familles chrétiennes. « Ce n’est pas facile. Il n’y a aucune intimité. Et il y a aussi beaucoup de bruit. Le soir, la lumière est éteinte à 11 heures, mais ça ne veut pas dire que le silence règne ensuite. Nous essayons de tirer le meilleur parti de la situation. »

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©Aide à l’Église en Détresse

Hanna est mère de quatre enfants. Son petit dernier est âgé d’à peine six mois. Avec eux et son mari, cette chrétienne syro-catholique a dû fuir Qaraqosh en août. « Nous n’avons plus rien. Tout est resté là-bas. Noël, raconte-t-elle, était traditionnellement une grande fête dans les villages chrétiens de la plaine de Ninive. Les gens se rendaient visite mutuellement. Nous jeunions avant Noël. La joie du festin de Noël en était d’autant plus grande. Nous, les femmes, préparions des plats spéciaux et des sucreries. Mais cette année, nous ne le ferons pas. Nous n’avons pas les ingrédients, et très franchement, l’ambiance n’y est pas non plus. »

Cependant, pour elle et sa famille, c’est tout de même Noël. « Les chrétiens autochtones de Schaklawa ont apporté des bonbons et des pâtisseries. Et l’Église organise une grande fête pour nous, les réfugiés. Les enfants se réjouissent d’avance. » Mais sa fille de dix ans, Tamara, veut une chose avant tout : « Mon plus grand souhait pour Noël est de pouvoir rentrer à la maison, et jouer à nouveau avec mes amis. Je veux rentrer à la maison. C’est le plus important. »

https://secure.acn-aed-ca.org/fr/

Si vous êtes intéressé à contribuer une aide financière pour ce projet, veuillez téléphoner au: (514) 932-0552 poste 226

COMMUNIQUÉ: Rome – Mgr Christian Lépine au sein de l’AED

19.12.2014 in AED, Aide à l'Église en détresse., Persécution

Robert Lalonde, AED Canada

Montréal, le vendredi 19 décembre, 2014 – Hier, la directrice d’Aide à l’Église en Détresse (AED), Marie-Claude Lalonde, apprenait que le Cardinal Beniamino Stella, préfet de la Congrégation pour le Clergé, avait nommé Mgr Christian Lépine, archevêque de Montréal, au sein du Conseil d’administration international de l’AED.

Lépine-1

« Mgr Lépine, nous rapporte Marie-Claude Lalonde, qui a rapidement communiqué avec l’archevêque de Montréal, était très heureux de cette nomination et a démontré beaucoup d’enthousiasme quant à de nouvelles collaborations pour venir en aide aux chrétiens pauvres et persécutés partout dans le monde. »

Lépine-2Rappelons que Mgr Lépine, en partenariat avec l’AED Canada, avait participé, en novembre dernier, à une campagne pour venir en aide aux chrétiens du Moyen-Orient. Il avait alors célébré une messe à la cathédrale Marie-Reine du Monde dont la collecte avait été versée entièrement à l’AED.

Dans une lettre qu’il avait alors adressée à tous les prêtres, diacres, personnes consacrées et fidèles laïques du diocese de Montréal, Mgr Lépine avait rappelé, en parlant des 200 millions de chrétiens persécutés dans le monde, « qu’il y a une responsabilité de s’informer et de trouver des chemins de soutien. »  Il avait aussi ajouté que l’AED, qui exerce la triple tâche de prier, d’informer et d’agir, « est un organisme dont le chemin de soutien pour aider les églises locales où les chrétiens sont persécutés, existe depuis 1947. »

 

COMMUNIQUÉ: Pakistan – « Désormais, les Talibans ne reculeront plus devant rien »

18.12.2014 in AED, Aide à l'Église en détresse., Persécution, Prière, PROJETS AED

Mgr Coutts met en garde contre la menace grandissante qui pèse sur des personnes innocences et il demande aux écoles d’organiser une minute de silence pour les victimes de Peshawar

John Pontifex, AED Royaume-Uni

Adaptation Robert Lalonde, AED Canada

Montréal, lundi  décembre 2014 – Au Pakistan, des personnes innocentes – jeunes et moins jeunes – courent maintenant un risque accru d’attaques terroristes, selon Mgr Joseph Coutts, archevêque de Karachi qui a exhorté le gouvernement à renforcer la sécurité à la suite d’un massacre dans une école de Peshawar. Mgr Coutts a déclaré que l’incident terroriste d’hier, survenu dans l’école militaire publique, était une « attaque de représailles » contre l’armée pakistanaise, et que les talibans « ne reculeront désormais devant rien » pour causer du tort à la population.

PAKISTAN-1

Prenant la parole hier, le mercredi 17 décembre, à Karachi, Mgr Joseph Coutts, président de la Conférence des évêques catholiques du Pakistan, a déclaré à l’Œuvre internationale catholique de bienfaisance Aide à l’Église en Détresse (AED) que la menace pesant sur les écoles, les hôpitaux, les églises, les mosquées et les autres lieux publics avait augmenté et qu’il était crucial de renforcer la sécurité.

Prier et fêter Noël pour les victimes

Dans une déclaration publiée hier dans laquelle il condamnait vivement l’attaque, le prélat invite les quelque 300 écoles et universités catholiques du Pakistan à organiser des prières et une minute de silence en mémoire des 141 personnes décédées. Dans son entretien avec l’AED, Mgr Coutts a dit : « Ce qui s’est passé hier était un signe de désespoir. Les talibans sont prêts à perpétrer des attaques brutales, tuant de jeunes écoliers en leur tirant dans la tête. Désormais, ils ne reculeront plus devant rien. »

Puis l’évêque de poursuivre : « Les services de sécurité devraient accroître la sécurité dans les lieux publics. Nous avons ici affaire à des gens qui n’ont pas de conscience. Leur haine est tout simplement aveugle. » Soulignant que l’attaque de Peshawar était la réponse des Taliban aux infractions commises par l’armée pakistanaise dans la région de Khyber et le Waziristân du Nord, régions proches de la frontière afghane, Mgr Coutts a dit : « Les talibans sont désireux de montrer à l’armée qu’ils peuvent atteindre les enfants des militaires et toutes leurs familles. Leur message est : Nous pouvons vous atteindre sur votre propre territoire. »

Mais l’archevêque a précisé que le massacre de Peshawar n’était pas un signe d’accroissement de la puissance militaire des talibans : « Je ne pense pas qu’il s’agisse d’une démonstration de force. Il est plus probable qu’il s’agisse d’une ultime tentative pour montrer ce qu’ils peuvent faire. »

PAKISTAN-2Dans sa déclaration, l’archevêque invite les communautés chrétiennes à fêter Noël de manière sobre, comme une marque de respect pour toutes les victimes des attentats terroristes : « Lors de l’anniversaire de Jésus Christ, Prince de la paix, tous les chrétiens doivent prier avec ferveur pour la paix. Il est du devoir de tout chrétien d’être un promoteur de la paix, de la réconciliation, de l’harmonie et de l’unité… collaborant avec ses concitoyens, pour que le Pakistan soit libéré du fléau de la violence et du terrorisme. »

Il a demandé à ses fidèles de prier non seulement pour les personnes tuées hier, mais aussi pour les autres victimes des Talibans, y compris les agents de vaccination contre la poliomyélite, ainsi que les 127 personnes tuées lors de l’attaque de septembre 2013 contre l’église de la Toussaint. Mgr Coutts a également exhorté la population à prier pour des employés d’une briqueterie, Shama Bibi, 24 ans, et Sajjad Maseeh, 27 ans, le jeune couple chrétien brûlé à mort ce mois-ci, à la suite d’allégations de blasphème.

Accroître la sécurité

Dans son entretien avec l’AED, Mgr Coutts a invité les amis et bienfaiteurs de l’Œuvre à prier pour les chrétiens et les autres personnes souffrant de la violence au Pakistan : « Il est très important pour nous de savoir qu’il existe d’autres personnes qui prient pour nous, qui désirent nous aider et veulent se tenir à nos côtés dans la foi. En dépit de toutes nos difficultés, nous trouvons beaucoup de force dans les prières de tous ceux qui s’inquiètent pour nous, et je remercie tous ceux qui se souviennent de nous, surtout en ce moment de grande tragédie et de tristesse. »

Pendant ce temps, la Commission Nationale du Pakistan pour la Justice et la Paix (NCJP), un organisme de défense des droits de la Conférence des évêques catholiques qui soutient les victimes de persécutions, a également condamné le massacre de Peshawar. Dans un message signé par le Père Emmanuel Mani, directeur du NCJP, et Cecil Chaudhry, directeur exécutif, l’organisme a déclaré : « Nous nous épuisons à demander le respect des droits de l’homme et maintenant nous plaidons auprès des gouvernements, de tous les partis politiques, des chefs religieux, des organisations de la société civile et du pouvoir judiciaire pour qu’ils mettent de côté leurs différences personnelles et politiques et s’unissent pour mettre collectivement un terme à cette menace terroriste. Le gouvernement, tant fédéral que provincial, ainsi que les agences de renseignement, devraient prendre des mesures sérieuses et efficaces pour prévenir de telles atrocités, de même que demander à accroître la sécurité de tous les enfants et citoyens du Pakistan. »

PAKISTAN-3Le Pakistan est un pays prioritaire pour l’AED qui, dans ce pays de 3 millions de fidèles, aide les chrétiens à échapper à la persécution, fournit des Bibles de l’enfant, construit des édifices religieux et soutient les sœurs, les séminaristes et les catéchistes ainsi que des projets multimédias.

COMMUNIQUÉ: Persécution des minorités religieuses dans les régions en conflit – Une guerre silencieuse

17.12.2014 in AED, Aide à l'Église en détresse., Irak, Persécution

ACN-20140930-13998

Marcela Szymanski ET Mark Riedemann, AED International

Adaptation Robert Lalonde, AED Canada

Montréal/Bruxelles/Königstein, 17 décembre 2014.- Le rapport sur la liberté religieuse dans le monde de 2014 de l’Aide à l’Église en Détresse (AED) a été présenté le jeudi 11 décembre au Parlement européen à Bruxelles. S’adressant à un auditoire de 110 parlementaires et représentants d’ONG invités, le Président du Comité de rédaction du rapport, Peter Sefton-Williams, a invité les responsables politiques européens à « exhorter les dirigeants religieux de parler d’une seule voix contre la violence d’inspiration religieuse ».

MINORITÉS-1En plus de prononcer son discours lors du séminaire de deux jours organisé par le Parti Populaire Européen, l’AED a soutenu l’événement par la participation de quatre témoins : Mgr Steven Mamza, évêque nigérian du diocèse de Yola, Sœur Hanan Yousef, religieuse du Liban, Mme Dina Raouf Khalil (Égypte), et Paul Bhatti (Pakistan), qui ont chacun relaté leur propre expérience de persécution ou de prise en charge des personnes ayant subi des persécutions ou discriminations.

Pas de temps à perdre

Mgr Mamza, évêque nigérian, qui nourrit 60 000 réfugiés dans son diocèse et fournit un refuge à 10 000 personnes dans des églises à la suite de l’agression terroriste, a déclaré : « Boko Haram ne recherche que le pouvoir. Ses membres disent que c’est comme l’Islam d’autrefois, mais même les imams disent que l’Islam n’a jamais été une religion aussi cruelle ». Paul Bhatti (Pakistan) a ajouté : « Les talibans inspirent les discours de haine de nombreux imams au Pakistan, en Afghanistan et en Inde, et à cause du manque d’éducation, il est difficile de protéger les jeunes contre ce genre d’intégrisme ».

MINORITÉS-2Les orateurs ont souligné que la persécution religieuse générait des vagues sans précédent de migration et de déplacement, affectant souvent les personnes les plus vulnérables – femmes et enfants. Sœur Hanan Youssef, de la Communauté des Sœurs du Bon Pasteur, qui travaille avec des réfugiés irakiens et syriens dans les quartiers pauvres de Beyrouth, a déclaré qu’en 2014 son petit dispensaire à lui tout seul avait pris en charge 18 000 patients. Des maladies telles que la poliomyélite, qui avait été éradiquée du Liban depuis longtemps, sont revenues avec les réfugiés, et la majorité des 120 nouveaux patients qu’elle traite tous les jours n’ont pas les moyens de payer des médicaments, étant donné qu’ils ont été dépouillés de tous leurs biens pendant leur fuite.

Mme Dina Raouf Khalil, qui coordonne le développement de 35 écoles rassemblant 12 000 élèves dans les régions pauvres de Haute-Egypte, a expliqué qu’à bien des égards l’Égypte avait été épargnée par la tragédie qui déchire actuellement le tissu social dans les pays voisins. Comme elle l’a expliqué, bien que l’Égypte fasse clairement face à bon nombre de défis, il y a de petites lueurs d’espoir telles qu’« une population jeune qui commence à redévelopper un intérêt éducatif pour les arts, ce qui est également un signe que la violence s’éloigne ».

MINORITÉS-3Ainsi que cela a été résumé par les membres du Parlement européen ayant présidé les commissions, il n’y a pas de temps à perdre pour arrêter la progression de l’extrémisme religieux, et les paroles fortes des gouvernements doivent être accompagnées d’actions qui soutiennent les minorités persécutées dans le monde entier. Par conséquent, ici en Occident, il faut agir pour répondre à l’inquiétude croissante concernant le niveau d’analphabétisme religieux, et le terrain fertile que cela crée pour la radicalisation, comme en témoigne le nombre de jeunes européens et américains rejoignant les djihadistes.

Parmi les propositions, le Père Patrick Daly, Secrétaire général de la Commission des Épiscopats de la Communauté européenne, a suggéré que les enseignements public et privé travaillent à l’amélioration des connaissances religieuses des jeunes européens : fournir des informations factuelles historiquement précises sur la religion et les croyances et leur rôle dans le développement culturel, historique et artistique de la société. « Les Églises et communautés religieuses sont prêtes à coopérer à cette tâche importante afin d’aider les gens à comprendre le contexte culturel et l’environnement religieux qui nous entoure ». Les agents des services publics et des services diplomatiques et externes devraient également être formés aux questions religieuses afin de mieux comprendre le tissu social des domaines relevant de leurs compétences.

 

TERRE SAINTE – Un Noël triste pour les chrétiens

16.12.2014 in AED, Aide à l'Église en détresse., Pape, Terre Sainte

Malgré la visite pontificale en mai dernier, l’année qui s’achève n’ pas été pas bonne pour les chrétiens de Terre Sainte.

Oliver Maksan, AED International

Adaptation Robert Lalonde

TERRE SAINTE ACN-20141216-17393

©Aide à l’Église en Détresse

Musa a plus de 70 ans. Plein de nostalgie, il porte son regard sur la vallée silencieuse où croissent des oliviers centenaires. Cette vallée fertile est aussi propice aux cultures fruitières et aux vignobles, qui donnent un vin réputé.

Durant sa longue vie, ce chrétien orthodoxe de Beit Jala, près de Bethléem, a été témoin de grandes souffrances en Terre sainte, de guerres, d’intifadas, de déplacements et d’expulsions. Jusqu’à présent, rien ne l’a cependant fait souffrir autant que la menace d’expropriation de ses terres. « Si la volonté de l’armée israélienne est exaucée, alors ils pourront me prendre mes terres et y construire leur mur. C’est comme si l’on me poignardait en plein cœur. Ces oliviers appartiennent à ma famille depuis de longues années. Ils nous nourrissent, mais on nous enlève plus que nos terres et nos revenus : on nous prend notre identité. »

Le tracé du mur de séparation

Le sort de Musa est identique à celui de 57 autres familles chrétiennes de Beit Jala, une localité majoritairement chrétienne proche de Bethléem. Directement ou indirectement, ils sont tous concernés par la confiscation des terres, soit parce que le mur de séparation doit être édifié sur leurs terres, soit parce que l’accès à leur propriété leur sera rendu plus difficile, sinon impossible.

TERRE SAINTE ACN-20141216-17390

©Aide à l’Église en Détresse

La majorité des quelque 45 000 chrétiens de Palestine vivent dans cette région, le triangle chrétien formé par Bethléem, Beit Jala et Beit Sahour. L’image des localités est marquée par les clochers et les croix, et non par les minarets. La confiscation des terres menace aussi deux monastères catholiques. Cela fait des mois que les négociations sont menées devant la Cour suprême d’Israël à Jérusalem pour déterminer en dernière instance le tracé du mur de séparation. L’armée israélienne persiste à ce que le mur entre Israël et les Territoires palestiniens soit construit selon ce tracé et pas autrement.

Pour des raisons de sécurité, aucun autre tracé ne serait acceptable. Les Palestiniens n’y croient pas. Ils sont d’avis que la seule chose qui compte pour Israël est de s’approprier autant de terres que possible pour la construction de ses colonies. Le verdict de la Cour suprême est attendu sous peu. « Nous prions pour que le choix tombe sur un tracé alternatif, afin que les monastères et les familles puissent conserver leurs terres », explique Mgr Shomali du Patriarcat latin de Jérusalem et responsable des Territoires palestiniens.

Depuis d’innombrables vendredis, les fidèles se rassemblent dans les oliveraies de la vallée de Crémisan, pour y célébrer une messe et prier. Ils ont aussi écrit une lettre au Pape à Rome. « Nous continuons de croire en la justice et espérons le meilleur et je supplie les bienfaiteurs de l’Aide à l’Église en Détresse de prier avec nous pour que nous obtenions justice », renchérit Mgr Shomali.

TERRE SAINTE ACN-20141216-17396

©Aide à l’Église en Détresse

Des pertes immenses

Quelques kilomètres plus loin, sur la Place de la Mangeoire à Bethléem, devant la Basilique de la Nativité, l’ambiance n’est pas meilleure. Tous les commerçants qui vendent des croix, des crèches et des rosaires dans leurs boutiques autour de la place se plaignent. Au terme d’une année empreinte de violence en Terre Sainte, les clients manquent à l’appel. « Nous étions pleins d’espérance lorsque le Pape nous a rendu visite ici en mai. Après, le président israélien Shimon Peres, notre président Mahmoud Abbas et le Pape se sont rencontrés à Rome pour prier pour la paix. Mais qu’est-il advenu ensuite ? C’était encore pire qu’avant », déplore George Azenian, un chrétien orthodoxe arménien.

Depuis trois générations, sa famille gère une boutique d’objets de piété près de la Basilique de la Nativité. « Il y a d’abord eu la Guerre de Gaza, puis les violences à Jérusalem. Les gens ont pris peur et ne viennent pas. Par rapport à l’an dernier, nous affichons des pertes immenses. Tous ne sont pas capables de les compenser. Espérons que les affaires marcheront au moins mieux aux alentours des fêtes de Noël. »

Dix-neuf familles chrétiennes surtout orthodoxes ont déjà quitté Bethléem au cours des trois derniers mois pour émigrer en Occident. Elles ne perçoivent aucun avenir pour elles-mêmes et leurs enfants dans la ville du Roi David et de Jésus-Christ.

À Gaza aussi, de plus en plus de chrétiens ont décidé d’émigrer. Au cours des dix dernières années, la moitié des 2 500 chrétiens qui y vivaient sont déjà partis. Aujourd’hui, la population de cette bande de terre le long de la Méditerranée, qui s’élève à plus de 1,8 million de personnes, ne compte plus qu’environ 1 300 chrétiens. Les catholiques y sont minoritaires au sein de la minorité, puisqu’ils sont encore à peine 170 personnes. « La guerre qui a sévi a durement touché notre Église », comment l’archevêque Mgr  Alexios, chef de l’Église grecque orthodoxe à laquelle appartiennent la majorité des chrétiens de Gaza.

TERRE SAINTE ACN-20141216-17388

©Aide à l’Église en Détresse

Effectivement, une chrétienne a trouvé la mort lors des bombardements tandis que plusieurs autres personnes ont été grièvement blessées. Le cimetière orthodoxe a été touché, autant que des bâtiments des Églises catholique et orthodoxe. « Mais grâce à l’aide que nous avons apportée aux musulmans qui se sont retrouvés sans toit à cause des bombardements israéliens, nous avons gagné en estime dans la société », poursuit Mgr Alexios.

Toutefois, la situation humanitaire reste tendue dans la région. Des dizaines de milliers de gens n’ont toujours aucun foyer. Les pluies des dernières semaines ont submergé la bande de Gaza. Les Nations unies ont décrété l’État d’urgence. En raison du manque de véritables perspectives, cinq familles chrétiennes ont déjà quitté la zone depuis l’été, notamment pour partir en Belgique.

Les chrétiens d’Israël, quant à eux, ont d’autres soucis que leurs frères des Territoires palestiniens. Environ 160 000 chrétiens, dont quelque 80 % d’Arabes, vivent au sein d’une population totale de plus de huit millions de personnes. Mais le débat actuel sur le caractère d’Israël en tant qu’État juif – le gouvernement sortant de Benyamin Netanyahou veut adopter une loi définissant ainsi le caractère d’Israël – menace d’aliéner davantage la population arabe d’Israël. « Plus encore qu’auparavant, ils seront convaincus d’être indésirables ici », déplore le Père Pierbattista Pizzaballa, prieur franciscain et custode de Terre Sainte dans un entretien avec l’Aide à l’Église en Détresse.

L’année qui s’achève n’a pas été pas bonne pour les chrétiens de Terre sainte. Mais pour Musa, le vieil homme de Beit Jala, le pire peut encore survenir. « S’Ils nous prennent nos terres, ce sera un Noël très triste.

COMMUNIQUÉ: Colombie – Aide à l’Église en Détresse : un nouveau siège en Colombie

15.12.2014 in AED, Aide à l'Église en détresse., PROJETS AED

Maria Lozano, AED International

Adaptation Robert Lalonde, AED Canada

COLOMBIE-ACN-20141203-16821

©Aide à l’Église en Détresse

Montréal/Bogota, lundi 15 décembre 2014 – Aide à l’Église en Détresse (AED), Fondation de droit pontifical, a inauguré officiellement son siège colombien dans la capitale de la Colombie, Bogotá, par une cérémonie religieuse qui s’est tenue le jeudi 27 novembre 2014 dans la paroisse du Christ-Roi de cette ville.

La cérémonie était présidée par Mgr José Daniel Falla Robles, Secrétaire de la Conférence épiscopale de Colombie, accompagné par l’assistant ecclésiastique international, le Père Martin Barta, et par le Père Khalil Carlos Jaar, prêtre palestinien. Johannes Heereman, Président exécutif international de l’AED, et Diego Rodríguez Lizcano, directeur national de l’AED pour la Colombie, étaient également présents.

COLOMBIE-ACN-20141203-16827

©Aide à l’Église en Détresse

Conformément au charisme de la Fondation – promouvoir la solidarité avec l’Église en détresse dans le monde, et en particulier avec les chrétiens persécutés par haine de la foi chrétienne ou en raison de l’absence de liberté religieuse – l’eucharistie a pu compter sur la présence de 400 personnes qui se sont unies dans la prière pour les chrétiens d’Irak et de Syrie.

COLOMBIE-ACN-20140823-13005

©Aide à l’Église en Détresse

Le Père Carlos Khalil, qui vit actuellement en Jordanie et reçoit de l’aide de la Fondation pour son travail d’assistance à des centaines de réfugiés ayant fui l’Irak et la Syrie à cause de la persécution et de la guerre lancée par l’État islamique, a témoigné de la triste situation vécue, et a appelé le peuple colombien à la solidarité, tout en soulignant l’importance de la mise en valeur du don que représente la possibilité de pratiquer sa foi sans restriction.

Se référant à la situation au Proche-Orient, Mgr Falla Robles a rappelé que, même si la situation de chaque pays est particulière et si chaque conflit a des causes qui lui sont propres, il est parfois possible d’établir des similitudes. « Ce qui est clair, c’est qu’en raison du conflit armé que subit la Colombie, beaucoup de catholiques ne peuvent participer ni à la liturgie ni à la pastorale. »

L’évêque a exprimé la gratitude de l’Église colombienne pour la présence qu’aura l’AED dans le pays : « Son soutien permettra de soulager les souffrances de nombreux Colombiens qui sont frappés chaque jour par le fléau de la violence ». Dans son homélie, Mgr Falla a fait référence aux chrétiens qui sont persécutés, et a rappelé que la vie n’est pas un chemin facile, mais une croix avec laquelle il faut avancer. « Jésus est le chemin qui se fait pèlerin avec nous, » a-t-il dit.

La Colombie est le quatrième pays d’Amérique latine où un siège a été installé, après le Brésil, le Chili et le Mexique. Au total, l’organisation créée en 1947 à l’initiative du prêtre hollandais Werenfried van Straaten pour aider les réfugiés allemands après la guerre, a des bureaux dans 21 pays à travers le monde. Pour plus d’informations sur les activités de la Fdation Aide à l’Église en Détresse en Colombie, veuillez consulter le site : www.iglesiaquesufre.co et facebook.com/iglesiaquesufre

COMMUNIQUÉ: Irak – Aide à l’Église en Détresse ouvre une école pour enfants réfugiés

12.12.2014 in AED, Aide à l'Église en détresse., Irak, Persécution, PROJETS AED, Syrie

Inauguration de la première de huit écoles pour enfants chrétiens en Irak

Oliver Maksan, AED International

Adaptation Robert Lalonde, AED Canada

IRAK-1Montréal/Erbil-Ankawa, vendredi 12 décembre 2014.- Hier, jeudi, une école destinée aux enfants réfugiés chrétiens a été inaugurée à Erbil-Ankawa. Il s’agit de la première de huit écoles au total qui vont être financées par l’œuvre internationale de bienfaisance catholique Aide à l’Église en Détresse (AED).

Son président, Johannes von Heereman, est spécialement venu à l’inauguration de cet l’établissement, situé dans Ankawa, le quartier chrétien d’Erbil. « L’éducation des enfants est une priorité absolue pour notre œuvre. Nous ne devons pas permettre que se répète en Irak la situation qui règne en Syrie où des enfants ne vont plus à l’école, parfois depuis plusieurs années. Ce sont des générations perdues avec, à long terme, des séquelles impossibles à évaluer aujourd’hui. C’est pourquoi je suis très heureux que l’inauguration de cette école constitue une contribution modeste mais importante visant à assurer la présence chrétienne en Irak », a souligné le président de l’AED, jeudi à Ankawa.

Le projet est supervisé par le directeur du département du Proche-Orient de l’AED, Andrzej Halemba. « Nous avons débloqué environ 2,86 millions de dollars pour la construction de ces écoles. Ces écoles ne pourront évidemment pas couvrir tous les besoins, mais c’est un début. Nous agissons aussi en faveur de l’œcuménisme : une école située à Dohuk accueillera principalement des enfants syriens-orthodoxes. Mais des enfants yézidis pourront également fréquenter nos écoles. »

Un argument pour les inciter à rester

Comme l’a en outre souligné le père Halemba, ceci allégera la tâche des paroisses qui accueillent les réfugiés. « Il arrivait et arrive encore que de nombreux établissements scolaires soient utilisés pour les loger. Les parents des élèves craignaient que l’éducation de leurs enfants se trouve ainsi interrompue. Cela a provoqué des tensions qui pourront désormais se calmer », affirme Halemba. « Les écoles donnent un nouvel espoir, aux parents comme aux enfants. Elles sont un argument supplémentaire pour les inciter à rester dans le pays qu’ils aiment. »

IRAK-2

Baschar Matti Warda, l’archevêque chaldéen d’Erbil-Ankawa, a remercié l’AED de son soutien. « C’est une contribution importante qui ne manquera pas de donner des perspectives nouvelles à nos réfugiés. Nous remercions tous les bienfaiteurs de leur générosité. »

Construite en éléments préfabriqués, l’école sera la première de huit qui seront érigées dans les provinces irakiennes de Dohuk et d’Erbil. Il est prévu qu’elles ouvrent toutes leurs portes en janvier prochain. Elles pourront accueillir au total quelque 7 200 enfants, des chrétiens pour la plupart. Elles fonctionneront par roulement, le matin et l’après-midi, recevant à chacune de ces sessions environ 450 enfants de toutes les classes. Les cours seront assurés par des professeurs des communes chrétiennes actuellement occupées par l’État islamique (ÉI). Ces enseignants seront payés par le gouvernement central de Bagdad. Les salles de classe seront utilisées non seulement pour l’enseignement scolaire, mais aussi pour l’instruction catéchétique et d’autres activités religieuses.

Rappelons que depuis que l’ÉI a envahi le nord et l’ouest de l’Irak en juin de cette année, plus de 100 000 chrétiens ont dû fuir leurs régions, en plusieurs vagues, abandonnant tout derrière eux. Le plus souvent, ils ont trouvé refuge au Kurdistan, une région située dans le nord de l’Irak. Les évêques craignent un exode de plus en plus massif en provenance de l’Irak si l’on ne parvient pas à offrir rapidement des perspectives à ces populations.

C’est pourquoi, cette année et l’année dernière, l’AED a débloqué 5,77 millions de dollars d’aide pour les chrétiens persécutés en Irak. Cette somme sera consacrée à diverses fins, notamment à l’achat de caravanes permettant de les loger et à la fourniture de denrées alimentaires.

https://secure.acn-aed-ca.org/fr/

Si vous êtes intéressé à contribuer une aide financière pour ce projet, veuillez téléphoner au: (514) 932-0552 poste 226

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VOYAGER AVEC L’AED – SYRIE

12.12.2014 in AED, Aide à l'Église en détresse., Syrie, Voyager avec l'AED

VOYAGER AVEC L’AED est le titre de l’infolettre qui sera diffusée chaque vendredi sur notre blogue. Cette nouvelle hebdomadaire sera pour nous l’occasion de vous faire connaître tantôt les besoins de soutien qu’a l’Église, tantôt les projets que nous avons réalisés, et ce, dans les pays du monde entier.

Aujourd’hui:    SYRIE

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« Notre existence est en jeu »

En 1860, la société de Saint-Vincent de Paul s’est établie au Liban. Les filles de la charité sont également actives à l’Alep, en Syrie, depuis 1898. Mais jamais dans leur histoire leur situation n’a été aussi mauvaise et catastrophique qu’actuellement.

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©Aide à l’Église en Détresse

Sœur Ella Bitar, qui nous écrit du Liban pour ses sœurs coupées du monde, raconte : « L’existence et la continuation de l’Association caritative Saint Mansour (c’est ici le nom de la Société de Saint-Vincent de Paul, pour des raisons juridiques) sont en jeu ». Et donc le sort des 31 résidents de la maison de retraite et de ses dix employés. Ils étaient très heureux dans leur spacieux foyer au cœur de la vieille ville d’Alep où ils disposaient de tout ce dont ils avaient besoin – trois repas par jour et une prise en charge par le personnel soignant et médical. Ils avaient la possibilité d’aller à la messe dans le foyer, et utilisaient le toit pour se reposer en plein air jusqu’à l’arrivée des tireurs embusqués. Heureusement, jusqu’à présent, seul le bâtiment a subi des dégâts, mais aucun résident du foyer n’a jamais subi de préjudice.

Même la sécurité de l’approvisionnement est un problème énorme en raison de l’embargo. Avant la guerre, 150 à 300 livres syriennes (environ 7.50 $) par jour et par résident étaient suffisants. Aujourd’hui, il faut 2 500 à 3 500 livres syriennes (environ 23 $). Depuis longtemps la nourriture ne parvenait plus en ville que par quelques rues passées sous le contrôle intégral des terroristes. Mais très récemment, l’armée a libéré ces rues, permettant ainsi qu’on puisse les emprunter. La plupart du temps, on a recours à un générateur électrique privé, car l’approvisionnement en électricité n’est pas fiable. Or, les prix de l’essence et du mazout ont explosé, et il en faut pour se chauffer pendant l’hiver et faire fonctionner le générateur.

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©Aide à l’Église en Détresse

Le plus grave problème est cependant celui de l’eau. En mai, par exemple, l’approvisionnement en eau a été complètement interrompu pendant 12 jours. L’achat d’eau minérale est devenu nécessaire… causant des efforts, des soucis et des frais supplémentaires. C’est pourquoi les filles de la charité voudraient creuser leur propre puits, pour être indépendantes. Un forage de 100 à 150 mètres sera pour cela nécessaire. Son prix est de 17 à 23 $ par mètre. « Par ces temps incertains, il est tout simplement impossible de faire des prévisions plus précises », estime Sœur Ella avec réalisme. « Il n’y a pas à attendre d’aide de notre entourage et nos sources de revenus diminuent. Les plus aisés ont déjà quitté Alep, et même le pays. »

Nous aimerions libérer les sœurs de leurs soucis et nous avons encore besoins de 3.500 $.

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CENTRAFRIQUE – L’Église catholique tend la main aux ex-rebelles musulmans

12.12.2014 in AED, Aide à l'Église en détresse., PAIX

Les évêques appellent à la paix et à la réconciliation et fournissent une aide humanitaire 

Oliver Maksan, AED International

Adaptation Robert Lalonde, AED Canada

CENTRAFRIQUE ACN-20140603-09674

©Aide à l’Église en Détresse/Père Federico Trinchero

En République centrafricaine, l’Église catholique s’engage en faveur de la réconciliation dans le pays. Mgr Dieudonné Nzapalainga, président de la Conférence épiscopale et archevêque de la capitale, Bangui, a récemment visité un camp dans lequel les anciens membres de la troupe rebelle musulmane «Seleka » sont hébergés avec leurs familles.

Ces dernières années, les combattants de la troupe désormais dissoute ont commis des atrocités, principalement sur la population chrétienne du pays. Lors de sa visite, Mgr Nzapalainga était accompagné des représentants d’organisations caritatives catholiques ayant apporté des produits alimentaires et d’hygiène dans le camp et fourni une assistance médicale.

Dans son discours, Mgr Nzapalainga a souligné que Dieu ne rejetait aucune personne qui regrette ses fautes et revient à Lui. Voici ce qu’il a dit précisément : « Des hommes, des femmes et des enfants vivent ici dans les camps. Pour moi, en tant qu’homme de Dieu, ce sont des enfants de Dieu qu’Il a également créés à son image et que je suis tenu de rencontrer. »

CENTRAFRIQUE ACN-20140603-09675

©Aide à l’Église en Détresse

L’archevêque a en outre expliqué qu’il ne pouvait rester sans rien faire, face à la misère qui régnait dans le camp. « J’ai donc invité tous les chrétiens de l’Église catholique, en leur disant qu’il était temps de venir en aide à nos frères. Car quand on entre dans l’Église, on reçoit de Dieu la force d’aider nos frères qui sont dans le besoin. » Lors d’une conversation avec les anciens rebelles, l’archevêque a pris connaissance de leurs détresses. Les anciens combattants s’inquiètent de leur réinsertion dans la société et de l’avenir de leurs enfants. Mgr Nzapalainga a appelé les ex-rebelles de la Seleka à ne plus prendre les armes.

852 000 personnes encore en fuite

Auparavant, la Conférence des évêques avait exhorté les catholiques de la République centrafricaine, dans une lettre pastorale sur le temps de l’Avent, à travailler pour la réconciliation. « Même si une paix réelle et durable est un don du Christ, elle dépend tout de même aussi de chacun de nous. »

CENTRAFRIQUE ACN-20140603-09662

©Aide à l’Église en Détresse

Les évêques ont également lancé un appel au gouvernement de ce pays secoué par des conflits internes. « Nous exhortons le gouvernement, avec l’aide de la communauté internationale, à rétablir la sécurité pour tous les citoyens, à lutter contre l’impunité, à rétablir l’autorité de l’État et à renforcer la cohésion sociale, le dialogue et la paix. » Les évêques se sont également montrés préoccupés par la croissance du banditisme dans le pays. « Les gens sont toujours pris en otages par des groupes armés », ont déclaré les évêques.

La situation en matière de sécurité en République centrafricaine est toujours instable. Les actes de violence sont fréquents, comme ceux perpétrés en octobre quand il y a eu des affrontements entre milices et troupes internationales. Selon le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (UNHCR), plus de 852 000 personnes sont encore en fuite, ce qui équivaut à un cinquième de la population totale de la République centrafricaine.

En 2015, la Présidente de la République par intérim, Catherine Samba Panza, doit transférer le pouvoir à un successeur élu. Les observateurs présument actuellement que les élections n’auront pas lieu comme prévu en février, mais seulement au cours du second semestre de l’année 2015.

 

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