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COMMUNIQUÉ: Nigeria – « L’Occident devrait envoyer l’armée pour vaincre Boko Haram »

20.01.2015 in AED, Aide à l'Église en détresse., Persécution, PROJETS AED

John Pontifex, AED Royaume-Uni

Adaptation Robert Lalonde, AED Canadanigeria-1

Montréal, le mardi 20 janvier 2015 – Mgr Oliver Dashe Doeme, évêque de Maiduguri, dont le diocèse, situé dans le nord-est du Nigeria, a subi de terribles persécutions de la part de Boko Haram, demande aux occidentaux d’envoyer des forces militaires pour vaincre ses militants.

Décrivant comment un supérieur de Boko Haram recrutait maintenant de façon stratégique dans des pays situés en Afrique du Nord, Mgr Dashe Doeme a déclaré que l’intervention militaire occidentale était la seule option viable pour lutter contre les militants de Boko Haram, désormais alliés à l’État islamique.

Une menace au-delà des frontières nigérianes

nigeria-2Dans un entretien accordé à l’Aide à l’Église en Détresse (AED), œuvre catholique de bienfaisance qui assiste les chrétiens pauvres et persécutése, l’évêque a déclaré que l’armée du Nigeria était affaiblie par l’incompétence, la corruption et l’infiltration de Boko Haram dans ses rangs.

Il a évalué que des mesures drastiques étaient d’une urgente nécessité, dans la mesure où les attaques qui avaient eu lieu plus tôt ce mois-ci à Baga, ville d’une importance stratégique, avaient montré que Boko Haram était sur le point de devenir une menace bien au-delà des frontières du Nigeria, et recrutait au Niger, au Tchad, au Cameroun et en Libye.

Mgr Dashe Doeme, dont le diocèse est au cœur du territoire du groupe terroriste islamiste, a déclaré : « L’Occident devrait faire intervenir des forces de sécurité terrestre pour contenir et repousser Boko Haram. Une campagne militaire concertée, menée par l’Occident, est nécessaire pour écraser Boko Haram. »

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©Aide à l’Église en Détresse

Il a dit que la situation était devenue si critique – la plus dévastatrice des attaques de Boko Haram ayant eu lieu la semaine dernière au sud de Maiduguri – qu’il réclamait qu’une campagne française telle que celle du début de 2013 pour chasser les islamistes de certaines parties du Mali soit répétée en Afrique de l’Ouest.

L’évêque a souligné que l’attaque de Baga révélait l’incompétence de l’armée nigériane, ajoutant que des officiers supérieurs incompétents devraient être licenciés « pour que cela serve de leçon aux autres » : « Parmi les soldats, il y a des sympathisants de Boko Haram. Certains d’entre eux étaient même des membres de Boko Haram, et beaucoup d’entre eux se sont simplement enfuis. » <

L’évêque a également demandé l’arrestation des soutiens clandestins étrangers du groupe terroriste islamiste, ajoutant : « Le gouvernement [nigérian] sait qui parraine Boko Haram ». Il a ensuite décrit comment, en cinq ans, la menace exercée par Boko Haram avait décimé son diocèse, causant la destruction de plus de 50 églises et chapelles et l’abandon de plus de 200 églises.

L’aide financière, mais aussi la prière

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Il a de plus ajouté que 1 000 de ses fidèles avaient été tués, dont bon nombre par les islamistes : « [Les extrémistes] pointent un pistolet ou un couteau sur eux, en leur disant que s’ils ne se convertissent pas, ils seront tués. Certains d’entre eux ont été tués pour avoir refusé de se convertir. » Décrivant comment, depuis 2009, près de 70 000 des 125 000 catholiques de Maiduguri avaient fui leurs maisons, il a appelé à l’aide pour ses fidèles réfugiés dans des camps pour personnes déplacées.

Il a remercié l’AED d’avoir fourni 62 580 $ d’aide d’urgence aux déplacés de son diocèse. L’Œuvre de bienfaisance a également offert 51 460 $ d’honoraires de messe aux prêtres du diocèse de Maiduguri, dont la moitié a trouvé refuge dans le diocèse voisin de Yola, dans l’est du Nigeria.

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« La menace à laquelle nous devons faire face, a-t-il précisé, est signe d’un avenir très sombre pour l’Église. Beaucoup de nos membres sont dispersés et d’autres ont été tués. Dans certaines régions, il n’y a plus aucun chrétien. Mais l’Église appartient au Christ. L’Église restera forte, et beaucoup de nos fidèles sont rentrés après la reprise de leur terre par les soldats nigérians. »

Il a exhorté les gens à la prière pour vaincre la menace de Boko Haram, leur demandant de prier le Je vous salue Marie . « La chose la plus importante est de prier pour notre peuple ; je sais que les gens prient pour nous et je leur en suis très reconnaissant. Je veux que les gens prient le Je vous salue Marie – notre mère Marie défend notre cause. Nous avons une grande dévotion envers la Sainte Vierge », a-t-il conclu.

Semaine de prière pour l’unité des chrétiens

19.01.2015 in AED, Aide à l'Église en détresse., Prière

Cette semaine (entre les fêtes de St-Pierre et St-Paul), sera consacrée à la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens. Pour cette occasion, le Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens et le Conseil œcuménique des Églises ont fourni conjointement certains documents que nous avons résumées et que nous sommes heureux de partager avec vous, nos bienfaiteurs, pour chaque journée de la semaine à venir.

BANGLADESH 11ER JOUR: Proclamation

Prière: Ô Dieu de tous les peuples, enseigne-nous à traverser la Samarie pour aller à la rencontre de nos frères et sœurs des autres confessions! Fais que nous nous y rendions le cœur prêt à recevoir, pour que nous puissions apprendre de toutes les confessions et de toutes les cultures! Toi qui es la source de l’unité, accorde-nous l’unité que le Christ veut pour nous. Amen.

 

Nous lisons dans l’Évangile de Jean (cf. Jn 4, 4) que Jésus traversait la Samarie. En Samarie cohabitaient de nombreuses races et religions et cette situation était à l’origine de sa mauvaise réputation. Il n’était pas inhabituel que soient empruntées des routes permettant d’éviter de traverser le territoire de la Samarie. « Traverser la Samarie » semble vouloir dire qu’il est nécessaire d’aller à la rencontre de l’autre, de celui qui est différent et qui est souvent perçu comme une menace. L’Évangile de Jean est clair : Jésus choisit sciemment de « traverser la Samarie » ; il veut dépasser les frontières de son propre peuple. Ainsi nous montre-t-il que si nous nous isolons de ceux qui sont différents de nous et n’établissons de relations qu’avec des personnes qui nous ressemblent, nous sommes responsables de notre propre appauvrissement. Dialoguer avec ceux qui sont différents de nous nous fait grandir.

 

Recherche de bénévoles

19.01.2015 in AED, Aide à l'Église en détresse., Voyager avec l'AED

logo for fbAide à l’Église en Détresse, un organisme de charité catholique venant en aide à l’Église pauvre et persécutée est à la recherche de bénévoles pour faire des envois postaux.

Il s’agit d’expédier de la documentation et de l’étiqueter pour que l’enveloppe ou le paquet soit prêt à être mis à la poste.  La personne doit pouvoir se déplacer pour venir à nos bureaux situés à Montréal, métro Guy-Concordia.  Poste de jour.

Si cela vous intéresse, prière de communiquer avec Adelmira au (514) 932-0552, poste 226.

 

 

COMMUNIQUÉ: Haïti – L’accent mis sur l’encadrement et le renforcement de la population

14.01.2015 in AED, Aide à l'Église en détresse., Projets pastorale

Reinhard Backes, AED International

Adaptation Robert Lalonde, AED Canada

Montréal/ Königstein, le mercredi 14 janvier 2015 – Cinq ans après le terrible tremblement de terre qui a sinistré Haïti, un certain nombre de projets de reconstruction gérée par l’Église ont été achevés avec succès et de nouvelles mesures sont toujours en phase de planification et d’études.

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©Aide à l’Église en Détresse – Regina Lynch

Regina Lynch, directrice du département de projet de l’œuvre internationale de bienfaisance catholique Aide à l’Église en Détresse (AED) précise le contexte : « Lors de la dernière réunion du conseil pontifical pour la promotion humaine et chrétienne ‘ Cor Unum ’ et de la commission pontificale pour l’Amérique latine à Rome, il est clairement apparu que la solidarité de l’Église avec les Haïtiens n’a pas faibli. Grâce à l’aide venue de l’extérieur, l’Église a pu mettre beaucoup de choses en route à Haïti. L’AED est fortement engagée. Notre soutien met l’accent sur l’encadrement et le renforcement de la population haïtienne. »

Selon Regina Lynch, l’AED soutient la reconstruction d’églises et d’édifices religieux, mais apporte surtout son aide à ceux qui assurent la pastorale et l’encadrement, ainsi qu’aux multiplicateurs dans les diocèses. Elle cite en exemple les religieuses qui s’occupent des personnes traumatisées, les congrégations d’hommes et de femmes qui accompagnent les êtres humains dans leurs soucis quotidiens, les prêtres et les catéchètes qui, tous les jours, se rendent auprès des gens dans les camps de réfugiés et les quartiers pauvres afin de les aider sur le plan spirituel autant que matériel. Une partie des fonds de soutien accordés par l’AED est attribuée à l’éducation et la formation ainsi qu’à l’approvisionnement et pour assurer la subsistance des travailleurs humanitaires.

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©Aide à l’Église en Détresse – Mgr Chibly Langlois

Regina Lynch rappelle que Sa Sainteté le pape François a souligné, lors de la rencontre romaine consacrée à Haïti, le 10 janvier dernier, que l’attention de l’Église était mise sur chaque individu, et que la solidarité des Églises à travers le monde entier était censée renforcer encore l’Église locale.

Une fois de plus, l’ampleur du tremblement de terre de 2010 ainsi que celle de l’aide apportée par l’Église ont été clairement mises en lumière lors de cette réunion. Son Éminence le cardinal Chibly Langlois, président de la conférence épiscopale d’Haïti et évêque des Cayes, a rappelé que plus de 230 000 personnes ont trouvé la mort lors de ce cataclysme, 300 000 ont été blessées et environ 1,2 millions de personnes se sont retrouvés sans abri.

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©Aide à l’Église en Détresse

Actuellement, 200 projets gérés par l’Église sont en phase d’études et on prévoit reconstruire 70 églises, chapelles et établissements scolaires. Les coûts s’élèveront à environ 56 millions de dollars dont plus de la moitié de cette somme est déjà disponible. Depuis le tremblement de terre de 2010, l’AED a apporté son soutien au diocèse d’Haïti en accordant 8 millions de dollars.

 

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Irak – Au péril de leur vie

12.01.2015 in AED, Aide à l'Église en détresse., Irak, Persécution, PROJETS AED

Le couvent de Sœur Sanaa et de ses consœurs a été détruit par l’État islamique (EI) – Aide à l’Église en Détresse soutient les religieuses et les prêtres pour leur nouveau départ

Oliver Maksan, AED International

Adaptation Robert Lalonde, AED Canada

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©Aide à l’Église en Détresse

En 2014, plus de 120 000 chrétiens, dont des douzaines de prêtres et de religieuses, ont dû fuir devant les troupes de l’EI. Après avoir tout perdu, comme sœur Sanaa, ils ont été nombreux à trouver refuge dans les régions autonomes kurdes de l’Irak. Sœur Sanaa est supérieure de la Congrégation des sœurs du Sacré-Cœur. « Le 24 novembre 2014, notre couvent à Mossoul a été dynamité par l’EIIL. Ils ont d’abord tenté de faire exploser les quatre croix sur le toit avant de détruire tout le bâtiment. Nous ne savons pas exactement pourquoi, mais nous en avons éprouvé une grande tristesse. C’était un bâtiment important pour notre communauté. En fait, c’était notre foyer spirituel depuis de longues années. J’y suis pour la première fois en 1985 alors j’entrais dans notre communauté. À Mossoul, nous assurions des activités pastorales très animées. Nous y gérions notamment une maison de retraite. »

Sauver les archives

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©Aide à l’Église en Détresse

Toutefois, la souffrance des sœurs avait déjà commencé des mois avant l’explosion de leur couvent. À ce moment-là, sœur Sanaa n’était pas dans la ville. Au terme d’un voyage, elle voulait absolument retourner chez ses consœurs. Mais à cette époque – début juin 2014 -, cela faisait longtemps que toutes les voies d’accès étaient déjà bloquées. « Quelques jours avant que la ville tombe entièrement aux mains de l’EI, il y a eu de violents combats entre l’armée et les djihadistes. Notre couvent se trouvait exactement entre les deux fronts. Il y avait des fusillades nourries et des tirs incessants. Les sœurs avaient très peur et ont donc quitté le couvent pour un autre bâtiment situé à Mossoul. Peu avant que l’EI ne s’empare de la ville, elles ont pu fuir.  Vraiment à la dernière minute et elles ont amené le Saint-Sacrement avant de s’enfuir. Elles ne voulaient pas qu’il tombe entre les mains des djihadistes. Malheureusement, elles ont dû laisser le tabernacle sur place. Il n’y avait plus suffisamment de place dans l’automobile. »

Ensuite, les sœurs de la communauté se sont enfuies à Tell Kef, une localité partiellement chrétienne à proximité de Mossoul où elles y tenaient une imprimerie pour livres liturgiques. Peu après, elles ont dû fuit à nouveau, car l’EI a aussi conquis Tell Kef.

Après la chute de Mossoul, Sœur Sanaa a trouvé à trois reprises le courage de retourner dans la ville entre-temps devenue totalement entre les mains des guerriers islamiques. « Nous avons en fait été obligées d’y laisser toutes nos archives. En tant que supérieure, il était de ma responsabilité de les sauver, puisque avec leurs documents importants, elles constituent notre mémoire centenaire. »

Des volontaires l’ont accompagnée lors de ce voyage extrêmement dangereux. « Je ne voulais engager personne à me suivre, puisque c’était très dangereux. D’autres religieuses ont été enlevées par l’EI. » Sœur Sanaa est parvenue trois fois à passer les postes de contrôle des combattants barbus de l’EI, qui avaient dressé à côté d’eux le drapeau noir du califat. Les archives ont finalement pu être sauvées.

Célébrer la messe malgré tout

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©Aide à l’Église en Détresse

Aujourd’hui, la religieuse vit à Ankawa, un district chrétien de la capitale régionale kurde d’Erbil. L’AED soutient financièrement les vingt religieuses concernées pour leur nouveau départ. En outre, une école provisoire pour les enfants chrétiens réfugiés sera installée. Les sœurs y enseigneront et percevront donc ainsi un revenu défrayé par l’État. Cela leur permettra d’assurer leur avenir. Une machine pour fabriquer des hosties, également achetée grâce au soutien de l’AED, permet de contribuer à leur subsistance. Les sœurs confectionnent aussi des soutanes et des chasubles qu’elles fournissent aux ecclésiastiques ayant été obligés de tout abandonner lorsqu’ils ont pris la fuite devant les troupes de l’EI, comme le Père Janan.

Ce religieux syriaque catholique vit maintenant avec ses confrères dans un lotissement près d’Erbil. Avec le soutien de l’AED, l’Église a loué de très nombreux logements. « Nous nous sommes enfuis le 6 août de Karakosh. Nous y avons même laissé nos cartes d’identité parce que tout est allé tellement vite. Nous pensions que les combattants kurdes nous protégeraient, mais lorsqu’ils se sont soudainement retirés, nous avons pris les jambes à notre cou. »

Ils n’ont rien pu emporter, ni les objets liturgiques, ni même les livres ou les vêtements. « Nos confrères nous ont fourni des chasubles et des missels afin que nous puissions célébrer la liturgie. Autant que possible, nous poursuivons ici notre vie monacale », dit-il en désignant la chapelle provisoire installée au rez-de-chaussée de la maison mitoyenne. « Le matin, à midi et le soir, les offices religieux divisent notre journée. Bien entendu, nous célébrons l’Eucharistie. »

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©Aide à l’Église en Détresse

Cette Sainte Messe se déroule dans une tente servant d’église aux réfugiés. Des chaises en plastique sont disposées sous une bâche blanche. Des douzaines de femmes se sont rassemblées pour prier le Rosaire. Une icône du Sauveur et de la Vierge Marie constituent la seule décoration. « C’est ici que nous célébrons l’Eucharistie. Nous y avons aussi déjà baptisé des enfants. Il est essentiel que ce lotissement de réfugiés ait un cœur spirituel. Mais même si nous avons perdu nos maisons, Dieu est présent partout avec nous. »

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Sri Lanka – Le parcours difficile du Sri Lanka vers la réconciliation

08.01.2015 in AED, Aide à l'Église en détresse., Formation religieuse

Reinhard Backes, AED International

Adaptation Robert Lalonde, AED Canada

Les blessures ne sont pas guéries. Il n’y a que quelques années que la terrible guerre civile au Sri Lanka a pris fin, en mai 2009. Selon des estimations, plus de 100 000 personnes y ont trouvé la mort, la plupart d’entre elles au cours des derniers mois du conflit. En 2010, une commission de réconciliation gouvernementale appelée « Lessons Learnt and Reconciliation Commission » (LLRC) a été nommée pour mener des enquêtes sur les crimes de guerre commis au nord et à l’est de l’île. Une série de propositions a été élaborée.

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©Aide à l’Église en Détresse/Aid to the Church in Need

Il ne s’est toutefois pas passé grand-chose après. Il y a même longtemps qu’il n’est plus certain que le gouvernement du président Mahinda Rajapaksa souhaite vraiment un éclaircissement du passé. Après la victoire de l’armée remportée contre les « Tigres Tamouls » (LTTE) en 2009, un nouveau nationalisme cinghalais bouddhiste a gagné du terrain au Sri Lanka. C’est aussi la raison pour laquelle Mgr Joseph Rayappu, évêque de Manar, au nord-ouest du Sri Lanka, considère avec énormément de scepticisme la situation actuelle du pays. « Cela correspond à une certaine mentalité bouddhiste que de laisser le passé derrière soi et de vouloir l’oublier. Ainsi, il est difficile de conclure des accords », comme il l’a souligné lors d’un entretien avec des collaborateurs de l’œuvre internationale de bienfaisance catholique Aide à l’Église en Détresse.

La visite du Pape

Sans volonté de réconciliation, le conflit entre Cinghalais et Tamouls, qui n’a été résolu que de manière militaire en 2009, ne pourra pas trouver de solution pacifique, selon Mgr Rayappu. Déjà, de nouvelles tensions surgissent. L’espoir de l’évêque de Manar repose sur la visite du Pape François, qui a l’intention de se rendre du 12 au 15 janvier 2015 dans cet État insulaire de l’Océan indien. L’annonce du président Rajapaksa de vouloir avancer les élections présidentielles au 8 janvier 2015 a suscité des interrogations. L’Église catholique avait en effet demandé que la date des élections ne soit pas fixée trop près de celle de la visite pontificale.

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©Aide à l’Église en Détresse/Aid to the Church in Need

Selon Mgr Rayappu, la lettre pastorale « Sur la voie de la réconciliation et du renouvellement de notre nation » émise par la conférence épiscopale catholique le 8 décembre 2013 fournirait une orientation sur la voie difficile de la réconciliation. Les quinze évêques du Sri Lanka y exigent une transformation et un nouveau départ fondamentaux : « En ce sens, les propositions de la commission de réconciliation visant l’intégration progressive des différentes communautés de tout le pays, mais surtout dans le nord et l’est, doivent être prises très au sérieux. »

En sus d’un engagement au trilinguisme – cinghalais, tamoul et anglais – dans les établissements scolaires et les universités, les évêques exhortent notamment à une coopération étroite entre les différents groupes ethniques et religieux du pays, et insistent sur la mise en lumière des côtés sombres de la guerre civile.

Un rôle-clé pour l’Église

Environ 70 % des 21 millions de Sri-lankais sont bouddhistes, 12 % sont hindouistes, à peine 10 %  musulmans et quelque 8 % chrétiens, dont 6 % de catholiques. Au point de vue ethnique, le pays est moins diversifié : 75 % des habitants sont Cinghalais, environ 15 % Tamouls et quelque 10 % Maures sri-lankais, dont la grand majorité se compose de musulmans de langue tamoule. Bien que l’Église catholique ne représente qu’une minorité, elle détient un rôle-clé, étant la seule communauté dont les adeptes appartiennent à différents groupes ethniques.

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©Aide à l’Église en Détresse/Aid to the Church in Need

Les paroles des évêques, qui s’engagent inlassablement en faveur de la paix et de la réconciliation, sont entendues. Dans leur lettre pastorale, ils soulignent que « la dignité infinie de l’être humain est fondée sur le fait qu’il a été créé par Dieu », et que « chaque être humain est plus important et plus précieux que tout le reste de la création. Il porte cette dignité en soi, indépendamment de toutes les différences. »

Depuis longtemps, Aide à l’Église en Détresse soutient les activités pastorales de l’Église catholique au Sri Lanka qui, directement ou indirectement, s’efforcent surtout de promouvoir la réconciliation. Le volume des projets actuellement en cours et lancés entre 2012 et 2014 se situe aux alentours de 2,25 million de dollars. Ces projets sont surtout dédiés à de la formation continue ainsi qu’à divers projets de construction.

Jordanie – Soutien aux jeunes Jordaniens, chrétiens autant que musulmans

07.01.2015 in AED, Aide à l'Église en détresse., Irak, Jordanie, PROJETS AED, Syrie

Reinhard Backes, AED International

Adaptation Robert Lalonde, AED Canada

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©Aide à l’Église en Détresse/Aid to the Church in Need

Depuis des années, le royaume hachémite est une terre de refuge pour les gens ayant fui l’Irak. Mais ils arrivent aussi par milliers de Syrie, fuyant la guerre et les violences, les conséquences des récentes évolutions politiques et d’un islamisme de plus en plus militant. Entre-temps, toute la région est menacée, car des centaines de milliers de chrétiens autant que de musulmans ont déracinés et le sont toujours.

Parmi ceux ayant été forcés de fuir leur patrie, il y a beaucoup de chrétiens « qui ont tout perdu, mais qui n’ont pas renoncé à leur foi », comme l’affirme le Père Rifat Bader. En Jordanie, ce prêtre catholique assure la pastorale, mais le Patriarcat latin de Jérusalem, qui couvre Israël, la Jordanie, la Palestine et Chypre, l’a également chargé des relations avec les médias et des relations publiques en général.

Promouvoir le dialogue

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©Aide à l’Église en Détresse/Aid to the Church in Need

Questionné sur son évaluation concernant la situation actuelle des chrétiens en Jordanie, il répond par un exemple concret : « Dans ma paroisse de Naour, qui appartient au Patriarcat latin, nous vivons et nous prions tous les jours en commun avec quarante réfugiés. Momentanément, l’avenir est sombre et les chrétiens d’Irak ne veulent pas retourner dans leur patrie. Tout ce qu’ils souhaitent, c’est de partir vers d’autres pays. Certes, la Jordanie est sûre, mais ils n’ont pas le droit de rester ici. »

Grâce au soutien financier de l’œuvre internationale de bienfaisance catholique Aide à l’Église en Détresse (AED), le Père Rifat Bader a édifié à Amman un centre des médias, et développé le site Internet en langue anglaise et arabe « abouna.org ». Il souligne que les deux projets ne sont pas censés « privilégier une religion aux dépens de l’autre, mais bien promouvoir le dialogue, surtout entre les chrétiens et les musulmans ». Et il ajoute : « Nous voulons qu’une coexistence pacifique soit possible et que les chrétiens puissent rester au Proche-Orient. Si les Nations unies aident à travers des établissements scolaires, des logements, des emplois, pourquoi les chrétiens ne resteraient-ils pas ? »

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©Aide à l’Église en Détresse/Aid to the Church in Need

Selon le Père Rifat Bader, environ 180 000 Jordaniens chrétiens vivraient actuellement en Jordanie et il estime qu’environ 70 000 Jordaniens chrétiens vivraient à l’étranger. Des dizaines de milliers de réfugiés chrétiens qui se sont enfuis de l’Irak et de la Syrie, tout comme des centaines de milliers de leurs compatriotes musulmans, sont venus s’y ajouter.

Donner la parole aux jeunes

« De nombreux chrétiens attendent des visas pour poursuivre leur voyage dans des pays tiers. Nous les aidons, tout en voulant leur apporter plus que de la nourriture, c’est-à-dire la dignité, et renforcer leur identité. » Les réfugiés trouvent d’abord un point de chute dans les centres qui leur sont dédiés. Actuellement, l’Église gère sept de ces centres d’accueil, mais leurs capacités sont insuffisantes. « Nous avons besoin de davantage de centres, car malheureusement, il y aura encore plus de réfugiés à l’avenir », assure le Père Rifat Bader. En sus du travail lié aux relations publiques, l’AED soutient également différentes actions humanitaires pour des familles de réfugiés ainsi que des activités pour les enfants, les adolescents et d’autres relatives à la pastorale.

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©Aide à l’Église en Détresse/Aid to the Church in Need

Selon le Père Rifat Bader, la jeune génération doit faire face à d’énormes défis. À son avis, il serait particulièrement important pour l’avenir de la Jordanie de prendre les adolescents beaucoup plus au sérieux : « Nous sommes en dialogue avec des dirigeants musulmans. Nous nous réunissons lors de conférences dans des hôtels cinq étoiles, mais nous devons aussi accepter que l’on nous pose des questions concernant les résultats concrets de ces rencontres ! 70 % des Jordaniens sont jeunes. Nous ne devons pas rester indifférents à leurs soucis. Nous devons aller plus à leur rencontre. »

Selon le prêtre catholique, les extrémistes mettent à profit à des fins de propagande, également sur Internet, le manque de perspectives professionnelles et les graves problèmes sociaux du pays. Le Père Rifat Bader conclut : « Nous ne devons pas abandonner le terrain à ceux-là. Voilà pourquoi il faut donner la parole aux jeunes gens même. Nous voulons réunir des musulmans et des chrétiens de différentes confessions religieuses, ouvrir des portes et chercher des solutions. Nous voulons descendre dans les rues, nous rendre dans les périphéries de l’existence, comme l’a exprimé Sa Sainteté le Pape François. »

Irak – « L’amour chrétien ne connaît pas de frontières »

22.12.2014 in AED, Aide à l'Église en détresse., AMOUR, Irak, Persécution, PROJETS AED

Les enfants de réfugiés chrétiens d’Irak ont tout perdu. Ils recevront tout de même des cadeaux de Noël. Cela est possible grâce à Aide à l’Église en Détresse (AED).

Oliver Maksan, AED International

Adaptation Robert Lalonde, AED Canada

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©Aide à l’Église en Détresse

Les sœurs et leurs assistantes ouvrent sans relâche les cartons qui s’entassent autour d’elles à hauteur d’homme. Elles sortent les vêtements de leurs caisses. Les emballages en plastique font un bruit de papier froissé. Des montagnes de vêtements gisent sur le sol. Sœur Angela, de l’ordre chaldéen des Filles de Marie, fait de petits paquets pour les enfants chrétiens avec l’aide d’autres religieuses et de bénévoles. Cette opération, destinée aux enfants âgés de deux à douze ans, est en préparation depuis des semaines. Elle est financée par l’Œuvre internationale catholique de bienfaisance « Aide à l’Église en Détresse ».

« L’année qui s’achève a été très triste pour les enfants. Pendant l’été, ils ont dû fuir devant l’État islamique et sont devenus des réfugiés. Nous voulons leur offrir un peu de joie et quelques cadeaux de Noël », dit la jeune sœur, qui elle-même a dû fuir. « Nous avions un orphelinat à Karamles. En août, nous avons dû partir en catastrophe. Au milieu de la nuit, nous nous sommes entassés à huit dans une petite voiture. Nous étions terrifiés. »

Les sœurs préparent 15 000 paquets. Les cadeaux de Noël seront surtout distribués aux enfants de réfugiés chrétiens de Mossoul et de la plaine de Ninive. « En plus de vêtements tels que des survêtements, les enfants recevront la petite Bible de l’AED et, bien sûr, des sucreries. Une petite crèche de Noël fait également partie du lot », explique Sœur Angela, tout en ouvrant une nouvelle boîte. « Chaque petit paquet a une valeur approximative de 25 $ et contient également une carte de nos bienfaiteurs, en anglais et en arabe », explique le Père Andrzej Halemba, le responsable des projets en Irak pour l’AED. Il ajoute : « Cela permet de s’adresser personnellement aux enfants. Il faut qu’ils voient qu’on pense à eux partout dans le monde, et que l’amour chrétien ne connaît pas de frontières. »

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©Aide à l’Église en Détresse

Et les enfants dans tout ça…

Le fait d’avoir été expulsés et d’avoir dû fuir a beaucoup affecté les enfants, avoue Douglas Bazi. Ce prêtre chaldéen dirige le Centre Mar Elia à Ankawa, une banlieue chrétienne d’Erbil au Kurdistan irakien. Ici, des centaines de personnes de la plaine de Ninive ont trouvé refuge sous des tentes depuis août. Ils sont arrivés chez nous complètement affolée. Beaucoup d’entre eux ont fait des cauchemars, relate le prêtre. Nous leur avons tout de suite distribué des jouets. Nous voulions rendre les enfants heureux. Ils étaient vraiment dépourvus de tout. Mon collègue est ensuite revenu très choqué, disant que les enfants avaient détruit tous les jouets. Chacun d’eux voulait avoir quelque chose pour lui-même, pensant qu’il n’y en aurait pas assez. Du coup, tout a été cassé. Cela nous a démontré la peur du manque qui régnait chez ces enfants, et toute l’agressivité qui se trouvait en eux. Les choses sont maintenant très différentes. Grâce à Dieu, ils sont devenus bien plus calmes. »

À Schaklawa, dans les montagnes du Kurdistan, des réfugiés chrétiens vivent entre autres dans une grande salle. Des centaines de personnes vivent aujourd’hui dans une salle normalement destinée aux mariages et grandes fêtes familiales des familles chrétiennes. « Ce n’est pas facile. Il n’y a aucune intimité. Et il y a aussi beaucoup de bruit. Le soir, la lumière est éteinte à 11 heures, mais ça ne veut pas dire que le silence règne ensuite. Nous essayons de tirer le meilleur parti de la situation. »

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©Aide à l’Église en Détresse

Hanna est mère de quatre enfants. Son petit dernier est âgé d’à peine six mois. Avec eux et son mari, cette chrétienne syro-catholique a dû fuir Qaraqosh en août. « Nous n’avons plus rien. Tout est resté là-bas. Noël, raconte-t-elle, était traditionnellement une grande fête dans les villages chrétiens de la plaine de Ninive. Les gens se rendaient visite mutuellement. Nous jeunions avant Noël. La joie du festin de Noël en était d’autant plus grande. Nous, les femmes, préparions des plats spéciaux et des sucreries. Mais cette année, nous ne le ferons pas. Nous n’avons pas les ingrédients, et très franchement, l’ambiance n’y est pas non plus. »

Cependant, pour elle et sa famille, c’est tout de même Noël. « Les chrétiens autochtones de Schaklawa ont apporté des bonbons et des pâtisseries. Et l’Église organise une grande fête pour nous, les réfugiés. Les enfants se réjouissent d’avance. » Mais sa fille de dix ans, Tamara, veut une chose avant tout : « Mon plus grand souhait pour Noël est de pouvoir rentrer à la maison, et jouer à nouveau avec mes amis. Je veux rentrer à la maison. C’est le plus important. »

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COMMUNIQUÉ: Rome – Mgr Christian Lépine au sein de l’AED

19.12.2014 in AED, Aide à l'Église en détresse., Persécution

Robert Lalonde, AED Canada

Montréal, le vendredi 19 décembre, 2014 – Hier, la directrice d’Aide à l’Église en Détresse (AED), Marie-Claude Lalonde, apprenait que le Cardinal Beniamino Stella, préfet de la Congrégation pour le Clergé, avait nommé Mgr Christian Lépine, archevêque de Montréal, au sein du Conseil d’administration international de l’AED.

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« Mgr Lépine, nous rapporte Marie-Claude Lalonde, qui a rapidement communiqué avec l’archevêque de Montréal, était très heureux de cette nomination et a démontré beaucoup d’enthousiasme quant à de nouvelles collaborations pour venir en aide aux chrétiens pauvres et persécutés partout dans le monde. »

Lépine-2Rappelons que Mgr Lépine, en partenariat avec l’AED Canada, avait participé, en novembre dernier, à une campagne pour venir en aide aux chrétiens du Moyen-Orient. Il avait alors célébré une messe à la cathédrale Marie-Reine du Monde dont la collecte avait été versée entièrement à l’AED.

Dans une lettre qu’il avait alors adressée à tous les prêtres, diacres, personnes consacrées et fidèles laïques du diocese de Montréal, Mgr Lépine avait rappelé, en parlant des 200 millions de chrétiens persécutés dans le monde, « qu’il y a une responsabilité de s’informer et de trouver des chemins de soutien. »  Il avait aussi ajouté que l’AED, qui exerce la triple tâche de prier, d’informer et d’agir, « est un organisme dont le chemin de soutien pour aider les églises locales où les chrétiens sont persécutés, existe depuis 1947. »

 

COMMUNIQUÉ: Pakistan – « Désormais, les Talibans ne reculeront plus devant rien »

18.12.2014 in AED, Aide à l'Église en détresse., Persécution, Prière, PROJETS AED

Mgr Coutts met en garde contre la menace grandissante qui pèse sur des personnes innocences et il demande aux écoles d’organiser une minute de silence pour les victimes de Peshawar

John Pontifex, AED Royaume-Uni

Adaptation Robert Lalonde, AED Canada

Montréal, lundi  décembre 2014 – Au Pakistan, des personnes innocentes – jeunes et moins jeunes – courent maintenant un risque accru d’attaques terroristes, selon Mgr Joseph Coutts, archevêque de Karachi qui a exhorté le gouvernement à renforcer la sécurité à la suite d’un massacre dans une école de Peshawar. Mgr Coutts a déclaré que l’incident terroriste d’hier, survenu dans l’école militaire publique, était une « attaque de représailles » contre l’armée pakistanaise, et que les talibans « ne reculeront désormais devant rien » pour causer du tort à la population.

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Prenant la parole hier, le mercredi 17 décembre, à Karachi, Mgr Joseph Coutts, président de la Conférence des évêques catholiques du Pakistan, a déclaré à l’Œuvre internationale catholique de bienfaisance Aide à l’Église en Détresse (AED) que la menace pesant sur les écoles, les hôpitaux, les églises, les mosquées et les autres lieux publics avait augmenté et qu’il était crucial de renforcer la sécurité.

Prier et fêter Noël pour les victimes

Dans une déclaration publiée hier dans laquelle il condamnait vivement l’attaque, le prélat invite les quelque 300 écoles et universités catholiques du Pakistan à organiser des prières et une minute de silence en mémoire des 141 personnes décédées. Dans son entretien avec l’AED, Mgr Coutts a dit : « Ce qui s’est passé hier était un signe de désespoir. Les talibans sont prêts à perpétrer des attaques brutales, tuant de jeunes écoliers en leur tirant dans la tête. Désormais, ils ne reculeront plus devant rien. »

Puis l’évêque de poursuivre : « Les services de sécurité devraient accroître la sécurité dans les lieux publics. Nous avons ici affaire à des gens qui n’ont pas de conscience. Leur haine est tout simplement aveugle. » Soulignant que l’attaque de Peshawar était la réponse des Taliban aux infractions commises par l’armée pakistanaise dans la région de Khyber et le Waziristân du Nord, régions proches de la frontière afghane, Mgr Coutts a dit : « Les talibans sont désireux de montrer à l’armée qu’ils peuvent atteindre les enfants des militaires et toutes leurs familles. Leur message est : Nous pouvons vous atteindre sur votre propre territoire. »

Mais l’archevêque a précisé que le massacre de Peshawar n’était pas un signe d’accroissement de la puissance militaire des talibans : « Je ne pense pas qu’il s’agisse d’une démonstration de force. Il est plus probable qu’il s’agisse d’une ultime tentative pour montrer ce qu’ils peuvent faire. »

PAKISTAN-2Dans sa déclaration, l’archevêque invite les communautés chrétiennes à fêter Noël de manière sobre, comme une marque de respect pour toutes les victimes des attentats terroristes : « Lors de l’anniversaire de Jésus Christ, Prince de la paix, tous les chrétiens doivent prier avec ferveur pour la paix. Il est du devoir de tout chrétien d’être un promoteur de la paix, de la réconciliation, de l’harmonie et de l’unité… collaborant avec ses concitoyens, pour que le Pakistan soit libéré du fléau de la violence et du terrorisme. »

Il a demandé à ses fidèles de prier non seulement pour les personnes tuées hier, mais aussi pour les autres victimes des Talibans, y compris les agents de vaccination contre la poliomyélite, ainsi que les 127 personnes tuées lors de l’attaque de septembre 2013 contre l’église de la Toussaint. Mgr Coutts a également exhorté la population à prier pour des employés d’une briqueterie, Shama Bibi, 24 ans, et Sajjad Maseeh, 27 ans, le jeune couple chrétien brûlé à mort ce mois-ci, à la suite d’allégations de blasphème.

Accroître la sécurité

Dans son entretien avec l’AED, Mgr Coutts a invité les amis et bienfaiteurs de l’Œuvre à prier pour les chrétiens et les autres personnes souffrant de la violence au Pakistan : « Il est très important pour nous de savoir qu’il existe d’autres personnes qui prient pour nous, qui désirent nous aider et veulent se tenir à nos côtés dans la foi. En dépit de toutes nos difficultés, nous trouvons beaucoup de force dans les prières de tous ceux qui s’inquiètent pour nous, et je remercie tous ceux qui se souviennent de nous, surtout en ce moment de grande tragédie et de tristesse. »

Pendant ce temps, la Commission Nationale du Pakistan pour la Justice et la Paix (NCJP), un organisme de défense des droits de la Conférence des évêques catholiques qui soutient les victimes de persécutions, a également condamné le massacre de Peshawar. Dans un message signé par le Père Emmanuel Mani, directeur du NCJP, et Cecil Chaudhry, directeur exécutif, l’organisme a déclaré : « Nous nous épuisons à demander le respect des droits de l’homme et maintenant nous plaidons auprès des gouvernements, de tous les partis politiques, des chefs religieux, des organisations de la société civile et du pouvoir judiciaire pour qu’ils mettent de côté leurs différences personnelles et politiques et s’unissent pour mettre collectivement un terme à cette menace terroriste. Le gouvernement, tant fédéral que provincial, ainsi que les agences de renseignement, devraient prendre des mesures sérieuses et efficaces pour prévenir de telles atrocités, de même que demander à accroître la sécurité de tous les enfants et citoyens du Pakistan. »

PAKISTAN-3Le Pakistan est un pays prioritaire pour l’AED qui, dans ce pays de 3 millions de fidèles, aide les chrétiens à échapper à la persécution, fournit des Bibles de l’enfant, construit des édifices religieux et soutient les sœurs, les séminaristes et les catéchistes ainsi que des projets multimédias.