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Récit de l’AED — le « Miracle de Vinkt »

04.06.2020 in ACN-International, Adaptation Mario Bard, AED

Récit de l’AED — les 80 ans du «Miracle de Vinkt»

Vaincre la haine par l’amour

Par Volker Niggewöhner, pour l’AED Internationale
Adaptation : Mario Bard, AED Canada
Publié sur le web le 4 juin, 2020

Le 27 mai 1940, le village de Vinkt, situé près de la ville de Gand en Belgique, a été le théâtre de l’un des plus grands crimes de guerre commis par la Wehrmacht allemande sur le front Ouest pendant la Seconde Guerre mondiale. Les troupes allemandes y ont massacré 86 civils. Le Père Werenfried van Straaten, chanoine prémontré néerlandais et fondateur de l’œuvre internationale de bienfaisance catholique l’Aide à l’Église en Détresse, perçut la menace d’une Europe divisée par la haine. Depuis, son engagement de vie consista à travailler à la restauration de l’amour, également à Vinkt. Quatre-vingts années plus tard, l’œuvre de charité se souvient.

 

C’était à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Suite aux accords convenus entre les puissances victorieuses lors de la Conférence de Yalta et de la Conférence de Potsdam, 14 millions d’Allemands furent expulsés à partir de 1945 des anciens territoires de l’Allemagne se trouvant à l’Est. En Allemagne de l’Ouest, ces Allemands déplacés vivaient — pour la plupart —, dans des conditions inhumaines dans des bunkers ou des camps. Parmi eux, il y avait six millions de catholiques. Le Père Werenfried van Straaten, né en 1913 à Mijdrecht aux Pays-Bas, s’émut de la détresse de ces millions de déplacés. Elle lui rappelait l’épisode de la Nativité de Jésus, alors qu’il n’y avait pas de place à l’auberge pour la Sainte Famille, parce que l’être humain, qui qu’il soit, manque parfois d’amour.

 

Pas de place à l’auberge

Le jeune prêtre fit alors appel à la conscience chrétienne de ses compatriotes et les invita à aimer leurs ennemis et leurs prochains. Dans un article intitulé Pas de place à l’auberge, rédigé pour le numéro de Noël 1947 de la revue de son abbaye de Tongerlo en Belgique, il demanda un geste de réconciliation à ses compatriotes, pourtant toujours endeuillés par la perte de leurs proches fusillés par les Allemands.

L’incroyable se produisit : l’article rencontra un écho exceptionnel et souleva une vague de solidarité parmi les Flamands. Parmi les personnes expulsées se trouvaient quelque 3 000 prêtres catholiques, qui s’occupèrent de distribuer de l’aide aux nécessiteux, et la nouvelle œuvre de charité fut baptisée « L’aide aux prêtres de l’Est ».

 

«Puisse Dieu nous préserver de la haine»

Le prénom Werenfried choisi par le religieux prémontré signifie « combattant pour la paix », et devint très rapidement un programme en soi. En 1948, le religieux organisa une collecte de lard parmi les paysans flamands. Elle se révéla être un immense succès et lui valut le surnom de « Père au lard ».

 

En 1950, dix ans exactement après le massacre de Vinkt, le Père Van Straaten s’est rendu dans le village pour prêcher. Dans ses mémoires, le prêtre avoua avoir eu peur de prêcher : « Dans ma vie, je n’ai jamais eu peur, mais à cette époque-là j’ai eu peur. » Une crainte qui n’était d’ailleurs que trop fondée, quand on pense que la rancune et la haine semées dans les cœurs de la population n’avaient toujours pas été surmontées. La victime la plus âgée du massacre de Vinkt avait 89 ans, tandis que la plus jeune avait 13 ans. Presque toutes les familles avaient perdu un proche. Même le curé local déconseilla cet exercice périlleux au père Werenfried.

 

«La veille du prêche, je suis allé à Vinkt pour explorer le terrain. Le samedi soir, je suis arrivé au presbytère. Le prêtre de la paroisse leva les mains dans un geste de désespoir et me dit : “Ça ne fonctionnera pas, les gens ne le veulent pas. Ils disent : quoi donc? Ce prêtre vient ici pour nous demander d’aider les Allemands? D’aider ces scélérats qui ont fusillé nos hommes et nos fils? Jamais de la vie! Aucune âme vivante ne viendra l’écouter. Il pourra prêcher devant des chaises vides s’il en a envie. Et encore, il a de la chance d’être un prêtre. Sinon, nous le tabasserions!”»

 

«Que devais-je faire? En concertation avec le curé, je décidai de préparer le discours du lendemain soir en assurant toutes les homélies des messes célébrées ce dimanche. Le lendemain matin, à la surprise générale, je suis donc monté en chaire et un quart d’heure durant, j’ai prêché sur l’amour. De tous les prêches que j’ai tenus dans ma vie, c’était le plus difficile, mais il a abouti», se souviendra plus tard le père Werenfried.

 

«L’homme est meilleur que nous ne le pensons!»

«Et alors que je rendais grâce après la messe et que l’église était vide — car les gens ont honte de montrer leur bonté! , une femme s’approcha timidement de l’autel. Elle n’a rien dit, mais me donna 1000 francs (une quarantaine de dollars canadiens aujourd’hui), et s’éclipsa avant que je ne puisse lui demander quelque chose. Heureusement, le prêtre sortait juste à ce moment de la sacristie et vit la femme quitter l’église. Il me raconta : c’est une simple paysanne. Mais son mari, son fils et son frère ont été assassinés par les Allemands en 1940. Et cette femme a été la première à venir», poursuivit-il.

 

«Le soir, la salle était pleine de monde. Deux heures durant, j’ai parlé de la détresse des ̎prêtres-sac-au-dos̎ et de la désolation de leurs fidèles. Je n’ai pas mendié du lard, de l’argent, des vêtements. Je n’ai mendié que de l’amour, et tout à la fin, j’ai demandé à l’assemblée s’ils voulaient prier avec moi pour leurs frères et sœurs en détresse en Allemagne. Ils ont prié les larmes aux yeux. Tard le soir, vers 23 h, alors qu’il faisait déjà nuit, et que personne ne pouvait les reconnaître, l’un après l’autre, ils sont venus dans le presbytère pour y laisser qui une enveloppe avec 100 francs, qui 500 francs, avec une lettre. Et le lendemain matin, très tôt, avant que je ne reparte, ils se tenaient à nouveau devant le presbytère (…) On m’y a donné 17 enveloppes avec de l’argent. Ils ont viré de l’argent sur mon compte postal. Ils ont collecté du lard. Ils ont adopté un prêtre allemand. C’était ça, Vinkt! L’homme est meilleur que nous ne le pensons!»

 

Le « navire Europe » : seul notre être chrétien nous sauvera

Werenfried van Straaten avait compris qu’il n’y aurait jamais de paix ni de réconciliation en Europe si la haine n’était pas éradiquée du cœur des êtres humains : «Nous sommes tous embarqués à bord d’un navire, et ce navire s’appelle l’Europe! […] Plus rien n’a d’importance si le navire prend l’eau. Et en vérité, le navire Europe prend l’eau. Cela veut dire qu’il nous faut retrousser les manches et écoper, sinon nous sombrerons tous, quelle que soit notre situation.» Et «ni la bombe atomique ni un plan Marshall ne nous sauveront, mais seulement le véritable être chrétien. L’ordre ne pourra être rétabli qu’à travers l’amour, caractéristique distinctive du chrétien.»

 

Nouvelle de l’AED – COVID-19 : au Pakistan, les chrétiens sont privés de l’aide pour contrer le virus

25.05.2020 in ACN-International, Adaptation Mario Bard, PROJETS AED

Nouvelle de l’AED – COVID-19
Au Pakistan, les chrétiens sont privés de l’aide pour contrer le virus

Par John Pontifex, AED Royaume uni
Adaptation par Mario Bard, AED Canada
Publié sur le web le 25 mai, 2020

 

Un appel est lancé au gouvernement, pour qu’il donne des gants et des masques aux agents de propreté et d’hygiène ainsi qu’aux employés domestiques.

Les chrétiens et d’autres minorités religieuses du Pakistan n’ont pas accès à de l’aide d’urgence de protection provenant d’ONG et de leaders musulmans, et ce, même s’ils sont parmi les plus touchés par la pandémie.

Christians living in '7 lanes' district of Gulshan Iqbal Town, a slum area of Pakistan, came under fire from Muslim extremists (Taliban) displaced to the neighbourhood from the tribal area bordering Pakistan. The Christian community erected walls blocking the seven lanes for security after a spate of killings and other violence.Cecil Shane Chaudhry, directeur exécutif de la Commission Nationale pour la Justice et la Paix (CNJP), une organisation de défense des droits de l’Homme dirigée par des catholiques, a rapporté à la branche britannique de l’œuvre de charité Aide à l’Église en Détresse (AED) que des des organisations religieuses et des mosquées refusent de donner de l’aide d’urgence aux chrétiens et aux autres minorités religieuses. On leur aurait dit de ne pas se présenter dans ces endroits pour demander de la nourriture ou tout autre soutien d’urgence.

 

S’adressant M. Chaudhry a déclaré que les chrétiens et les autres minorités religieuses avaient particulièrement besoin d’aide, car beaucoup d’entre eux occupent les emplois les moins bien rémunérés dans la société pakistanaise. Ils dépendent de salaires journaliers et se retrouvent dans l’indigence compte tenu de la raréfaction du travail causée par le confinement obligatoire. Il a également souligné à quel point les femmes des communautés minoritaires étaient particulièrement en danger. M. Chadhry interpelle le gouvernement pakistanais et lui demande de fournir des masques, des gants et d’autres équipements de protection contre la COVID-19 aux agents de propreté et d’hygiène ainsi qu’aux employés domestiques, dont beaucoup sont chrétiens.

Christians living in '7 lanes' district of Gulshan Iqbal Town, a slum area of Pakistan, came under fire from Muslim extremists (Taliban) displaced to the neighbourhood from the tribal area bordering Pakistan. The Christian community erected walls blocking the seven lanes for security after a spate of killings and other violenceAlors que le gouvernement pakistanais commence à assouplir le confinement, M. Chaudhry a aussi déclaré qu’il craignait une augmentation du nombre de cas de COVID-19, en particulier parmi les chrétiens et les autres minorités dont les emplois, a-t-il dit, les rendent particulièrement exposés au risque d’infection. M. Chaudhry a rapporté comment les chrétiens d’un village près de Lahore, sur la route de Raiwind, s’étaient vu refuser de l’aide alimentaire et comment, au cours d’un autre incident, une centaine de familles chrétiennes avaient été exclues de la distribution de nourriture dans le  village de Sandha Kalan, au Pendjab. Il a déclaré qu’on lui avait raconté que du personnel d’aide d’urgence avait refusé, sur le terrain, d’accorder de l’aide aux non-musulmans, dans la mesure où les dons avaient été faits au titre de la Zakat (aumône légale), conformément à la charia (loi islamique).

 

« La COVID-19 ne connaît pas de frontières – tout le monde est en danger, quelle que soit sa religion, alors comment peut-il être juste de refuser de la nourriture ou toute autre aide d’urgence aux chrétiens et autres minorités, surtout quand ils font partie des personnes qui souffrent le plus en ce moment ? ». Le chef de la CNJP a cité un imam d’une mosquée de la ville modèle de Lahore qui, a-t-il dit, avait annoncé au cours d’un récent prêche : « Il y aura une distribution de rations alimentaires demain matin pour les personnes dans le besoin, mais seulement pour les musulmans. »

 

Selon les derniers rapports, le Pakistan compte plus de 48 000 cas confirmés de coronavirus et 1 017 décès., Par contre,  de nombreux cas n’ont pas été signalés, souligne M. Chaudhry.

Brick kilns near Faisalabad: Many Christians do this job which earns very little money and results in them becoming in effect bonded labourers at the mercy of brick kiln owners/landlords

Le chef de la CNJP a interpellé le gouvernement et lui demande de consulter les groupes minoritaires sur les initiatives de réponses à la crise de la COVID-19, ainsi qu’à faire un meilleur usage des données du recensement afin de cibler l’aide pour les plus vulnérables. Il a déclaré : « Bien que des plans soient en cours d’élaboration, pour l’instant nous n’avons pas connaissance d’initiatives destinées à inclure les membres des minorités religieuses, afin d’assurer que leurs besoins ne soient pas ignorés. »

 

L’Aide à l’Église en Détresse a mis en place un programme d’aide d’urgence d’un peu plus de 7,5 millions de dollars afin de soutenir le travail des Églises locales dans le monde entier, et ce, pour contrer les effets de la pandémie,

 

Nous devons être présent pour eux ! Aidons nos frères et sœurs dans la foi.

https://secure.acn-canada.org/fr/appuyer-aed/

Communiqué AED – COVID-19 – Soutien indéfectible à l’Église en détresse

09.04.2020 in ACN-International, COVID19

Pour Diffusion immédiate

COVID-19
Soutien indéfectible à l’Église en détresse

Montréal/Königstein – 9 avril 2020 – Aide à l’Église en Détresse (AED) s’engage à verser 7,5 millions de dollars pour soutenir les prêtres et les religieuses qui sont au service des communautés les plus fragiles à la pandémie de COVID-19.

Pour aider à atténuer l’impact de la pandémie de COVID-19, l’Aide à l’Église en Détresse (AED), Œuvre pontificale internationale de charité au service de l’Église persécutée et souffrante dans le monde entier, va fournir 7,5 millions de dollars de financement d’urgence aux prêtres et aux religieuses qui s’occupent des communautés les plus vulnérables dans le monde.

« Alors qu’un accroissement des souffrances humaines liées au COVID-19 se fait sentir dans le monde entier, la demande pour des soins sociaux et spirituels monte en flèche », a déclaré Thomas Heine-Geldern, président international de l’AED. « Nous souhaitons que cette aide, rendue possible grâce à nos bienfaiteurs, contribue à alléger le fardeau de nos courageux religieux qui sont au front, apportant l’amour et la compassion de Dieu à nos frères et sœurs souffrants. Maintenant plus que jamais, la Lumière et l’Espérance du Seigneur sont nécessaires ».

 

Ukraine : la soupe populaire continue, malgré la pandémie.

 

Tandis que le monde entier fait face aux ravages de la pandémie, d’innombrables communautés dans les pays en développement — déjà appauvries et ne disposant que de ressources limitées — sont particulièrement vulnérables dans cette crise. Elles dépendent souvent de l’Église locale pour les services sociaux, dont les soins de santé.

Cette initiative vitale aidera donc les religieux qui ont perdu les moyens de subvenir à leurs besoins fondamentaux, afin qu’ils puissent continuer à exercer leurs ministères spirituels et sociaux, tels que l’administration des sacrements, l’enseignement de la foi, la prise en charge des malades et des personnes âgées, l’aide aux pauvres et les visites aux prisonniers. Le soutien de l’AED permettra un large spectre d’intervention, au Moyen-Orient, en Europe centrale et orientale, en Amérique latine, en Asie et en Afrique, en soutenant différents projets.

 

Venezuela : l’Église soutien les plus pauvres en période de pandémie.

« Dans la prière, nous sommes unis aux prêtres et religieuses courageux et dévoués qui se donnent sans compter pour servir les communautés les plus vulnérables du monde, et à tous ceux qui souffrent dans le monde entier », a poursuivi Thomas Heine-Geldern. « Il s’agit d’une goutte d’eau par rapport aux besoins actuels et futurs, mais l’Église joue un rôle spirituel et pastoral particulièrement vital dans la vie quotidienne des communautés chrétiennes les plus pauvres de la planète, et nous devons contribuer à renforcer le filet de sécurité qu’elle fournit. Je suis très reconnaissant à nos bienfaiteurs qui, souvent en dépit de leurs propres douleurs et difficultés, tendent la main à leurs coreligionnaires. C’est un beau geste qui aide à maintenir la foi vivante ».

 

Pour donner en ligne sur le site web du bureau national
de l’Aide à l’Église en Détresse Canada,
www.acn-canada.org/fr.

Inde : travaille de l’Église pour soutenir les plus pauvres d’entre les pauvres.

Projet de la semaine AED – soutenir ceux qui sont dans le besoin au Liban

04.03.2020 in ACN-International, AED, Aide d'urgence, Liban, Moyen-Orient, PROJETS AED, Syrie

Projet de la semaine AED —
Liban
Aider les personnes pauvres qui cherchent refuge à Zahlé.

Par le Service international de projets de l’AED
Adaptation : AED Canada
Mise en ligne : 4 mars 2020

 

Saint-Jean-le-Miséricordieux s’est rendu célèbre par son amour extraordinaire pour les personnes pauvres. Partout où il voyait un besoin urgent, une détresse, il tentait de toutes ses forces et par tous les moyens de l’alléger. Quand il est devenu patriarche d’Alexandrie, on raconte qu’il a nourrissait quotidiennement 7900 pauvres! Il est mort vers l’an 619 et est vénéré en tant que saint par les chrétiens catholiques et orthodoxes.

 

Dans la ville de Zahlé au Liban, située non loin de la frontière avec la Syrie, un projet d’aide humanitaire initié par l’Église gréco-catholique melkite porte son nom. Depuis décembre 2015, la Table de Saint-Jean-le-Miséricordieux est un lieu d’accueil pour les personnes qui n’ont pas les moyens de se payer un repas chaud tous les jours — dont de nombreux réfugiés syriens —, mais aussi pour de plus en plus de citoyens libanais.

 

Nourrir à la fois le corps et l’esprit

Chaque jour, 1 000 personnes y reçoivent un repas chaud. Environ 800 viennent aux locaux de la Table alors que 200 autres personnes handicapées, fragiles ou malades, reçoivent la visite d’employés, leur nourriture étant livrée, non sans qu’ils reçoivent également un peu de consolation morale et de compassion humaine.

 

En plus de la nourriture pour le corps, les gens reçoivent également une nourriture spirituelle et un soutien moral. Ce projet est une contribution importante pour empêcher l’exode des chrétiens de la région, dont plusieurs souhaitent émigrer afin d’assurer une vie et un avenir meilleurs à leur famille. À nouveau cette année, nous soutenons ce projet avec un montant de 1 320 000 dollars pour toute l’année.

Vous désirez soutenir ce projet ou tout autre projet semblable ? Cliquez sur le bouton ci-dessous, et sélectionner Projet de la semaine. 


 

Inde : Rencontre de l’AED — Un chrétien libéré après 11 ans de prison

02.03.2020 in adaptation : Mario Bard, Adaptation Mario Bard, AED États Unis, Asie, Inde, liberté religieuse, Persécution, Voyagez avec AED

Inde
Un chrétien libéré après 11 ans de prison
Les accusations sont mensongères

Propos recueillis par Anto Akkara, ACN USA
Adaptation au Canada : Mario Bard, AED Canada
Publié sur le web le 2 mars, 2020

BHASKAR SUNAMAJHI  (43 ans) est l’un des sept chrétiens accusés à tort et condamnés pour le meurtre en août 2008 d’un dirigeant hindou dans le district de Kandhamal, dans l’État indien d’Odisha, qui s’appelait à l’époque Orissa. Le meurtre a déclenché la pire vague de persécution antichrétienne de l’histoire récente de l’Inde. Près de 100 chrétiens ont été tués, tandis que 300 églises et 6000 maisons ont été détruites. En décembre 2019, après 11 ans de prison, Bhaskar, avec six autres accusés chrétiens, a été libéré sous caution.

Bhaskar et son fils Daud

Bhaskar, qui est membre d’une Église pentecôtiste, s’est confié à l’Aide à l’Église en Détresse (AED).

 

« Je jouais aux cartes avec mes amis dans le village de Kotagarh lorsque la police est arrivée dans ma maison au toit de chaume vers midi, le 13 décembre 2008. Je n’ai pas été surpris. En tant que gram rakhi (protecteur du village), j’étais habitué à ce que la police débarque, même à des heures bizarres, en me demandant de l’accompagner pour les besoins de son enquête ou autres choses.

“Venez maintenant. Vous pourrez rentrer demain”, m’a dit la police. Sans aucune hésitation, je me suis préparé. Cependant, j’ai été surpris quand ils m’ont dit de prendre de l’argent pour mes dépenses. C’était il y a 11 ans. Aujourd’hui, je suis heureux et ravi d’être de retour chez moi.

La prière, seul réconfort

Au début, je n’avais aucune idée de la raison pour laquelle on me jetait en prison. C’était comme si je me trouvais en pleine obscurité. Peu à peu, j’ai fait la connaissance des six autres chrétiens qui avaient été arrêtés comme moi. Nous avons décidé de prier ensemble en faisant confiance au Seigneur, car nous n’avions rien fait de mal.

Au départ, d’autres prisonniers (hindous) nous ont traités comme des meurtriers et se sont montrés hostiles envers nous. C’était une situation désespérée. Nous étions tellement affligés que la prière était notre seul réconfort. En plus de nos prières communes, je commençais chaque journée par une prière et je terminais par une prière.

Certains soirs, j’étais en larmes et tellement désemparé ! Je continuais donc à prier tard dans la nuit jusqu’à ce que je m’endorme. Mais sans prière, j’aurais été une épave mentale.

La seule chose positive qui me soit arrivée en prison, c’est d’apprendre à écrire correctement. Je n’avais jamais été à l’école — comme la plupart des gens de notre région éloignée. En prison, j’ai utilisé mon temps libre pour apprendre à écrire.

En plus de lire la Bible, j’écrivais dans un carnet des hymnes que nous utilisions pendant les prières. J’écrivais dans une couleur différente chaque strophe de ces hymnes de piété.

Un long chemin tissé d’actes solidaires

Chaque mois, je ressentais un grand soulagement quand ma femme Debaki me rendait visite. Il lui fallait une journée entière de voyage pour atteindre la prison de Phulbani à partir de notre village, éloigné de 160 km, en changeant plusieurs fois de bus. Elle atteignait la porte de la prison le matin et attendait “l’heure des visites”, qui était souvent l’après-midi.

Un homme heureux d’être enfin libre!

Lorsque notre fils unique Daud a eu quatre ans, Debaki a décidé de le laisser chez un pasteur, à Phulbani, où plusieurs autres enfants se réfugiaient. Comme il n’y avait pas d’école près de notre village, nous ne voulions pas que notre fils soit analphabète comme nous. Parfois, elle emmenait Daud avec elle dans la prison. Ces jours-là, j’étais ravi. Daud n’avait que six mois quand j’ai été mis derrière les barreaux.

Pendant les visites, Debaki fondait souvent en larmes, parce qu’elle était seule et déprimée. Au fil des ans, elle a commencé à me dire à quel point de bons samaritains avaient aidé nos familles. À partir de 2014, elle a commencé à paraître plus optimiste. Elle parlait avec enthousiasme des travailleurs sociaux et d’autres personnes qui venaient visiter nos villages et rassembler des témoignages, y compris de voisins hindous.

En 2015, j’ai été ravi que certaines de ces personnes qui se consacraient à m’aider viennent me rendre visite en prison. J’étais très heureux et j’ai commencé à prier avec ferveur pour ceux qui travaillaient pour notre libération.

Quelques mois plus tard, Debaki est arrivée avec la bonne nouvelle qu’elle allait à New Delhi en mars 2016, avec les épouses des six autres détenus, pour le lancement de la campagne en ligne de demande de notre libération.

Ça nous a tous excités et remplis d’espérance. Nous avons intensifié nos prières et attendu le grand jour. Nous savions que la liberté faisait son chemin. Mais nous avons dû attendre trois ans de plus.

Lorsque Gornath Chalenseth est sorti en mai 2019, nous étions ravis. Nous savions que Dieu travaillait pour nous. Enfin, le 5 décembre, j’ai été libéré sous caution — avec l’accord de la Cour suprême indienne.

Je me suis senti très heureux lorsque tous les sept, nous avons été libérés, la Bible à la main, la veille de Noël dans notre village natal de Kotagarh. J’ai été tout aussi ravi de constater que mon fils, âgé de 11 ans, était devenu plus grand que moi. Je suis heureux d’être de retour auprès de ma femme Debaki, de mes proches et des habitants de mon village. Je remercie Dieu pour la liberté.

J’exhorte tout le monde à prier pour nous sept. Nous ne sommes en liberté que sous caution. Nous continuons d’être reconnus coupables d’un meurtre que nous n’avons pas commis. Nous prions pour que la Haute Cour d’Odisha annule le verdict de condamnation afin que nous puissions vivre en paix ».

Nouvelles AED – Chrétiens d’Égypte : leur situation s’améliore

02.12.2019 in adaptation : Mario Bard, AED, Égypte, Entrevue AED, Fionn Shiner

Égypte

Chrétiens : leur situation s’améliore!  

Par Fionn Shiner, ACN-International
Adaptation française : Mario Bard, AED-Canada
Mise en ligne le 2 décembre, 2019

Malgré la menace d’attaques extrémistes qui persiste contre les chrétiens d’Égypte, leur situation s’améliore, selon Mgr Kyrillos William, évêque copte catholique d’Assiout. Interviewer par l’Œuvre catholique de 

bienfaisance Aide à l’Église en Détresse (AED), Mgr William a exprimé son espérance.

 

Il a déclaré : « Nous remercions Dieu que la situation s’améliore. Le président [el-Sisi] est de bonne volonté envers les chrétiens. Il est le président de tous les Égyptiens ».

La menace d’attaques extrémistes persiste tout de même, les islamistes voulant effrayer les chrétiens quant à leur place dans la société égyptienne. « Les attaques perpétrées par des islamistes se produisent de temps en temps », indique Mgr Kyrillos. « L’objectif est d’attaquer non seulement les chrétiens, mais aussi le gouvernement égyptien. Ils veulent ainsi dire aux chrétiens : “le gouvernement ne peut pas vous protéger. Vous devriez quitter l’Égypte”.

[Ces extrémistes] aimeraient établir un État islamique. Mais en Égypte, cela ne se concrétisera jamais », estime l’évêque. « Les Égyptiens sont proches les uns des autres — les chrétiens et les musulmans sont trop unis pour que les extrémistes causent des problèmes. »

 

La construction d’église est plus facile, toujours des enlèvements

L’évêque a ajouté : « Depuis 1952, la mentalité est de traiter les chrétiens comme des citoyens de seconde classe. Par contre, des changements se produisent présentement et les choses s’améliorent. Construire des églises est plus facile qu’avant. Nous n’avons pas à attendre des années pour en construire une ».

Selon Mgr William, il s’agit d’un changement marqué : depuis plus de 160 ans, les chrétiens devaient obtenir la permission du chef de l’État égyptien pour construire de nouveaux édifices religieux.

Il y a encore des enlèvements de jeunes chrétiennes coptes et certains rapports suggèrent que la police facilite ces enlèvements.

« Ils se produisent dans les zones où les organisations islamiques sont puissantes, mais dans notre région, il n’y a pas trop de problèmes », estime encore Mgr Kyrillos.

Dans une entrevue réalisée par l’organisme World Watch Monitor avec un ancien membre d’un réseau islamiste qui ciblait activement les jeunes filles coptes, celui-ci déclarait : « Le groupe de ravisseurs se réunit dans une mosquée pour discuter des victimes potentielles. Ils ont un œil sur les maisons chrétiennes et surveillent tout ce qui se passe. C’est à partir de cela qu’ils tissent une toile d’araignée autour des filles », a indiqué cet homme.

 

Merci à l’AED!

Mgr William a exprimé sa gratitude à l’AED et à ses bienfaiteurs qui font des offrandes de messe et financent la formation des séminaristes, la restauration d’églises et plus encore en Égypte. « Nous apprécions beaucoup ce que fait l’AED dans de nombreux pays pour que les chrétiens restent dans leurs patries. Nous remercions tous les bienfaiteurs pour leur aide et leurs dons à l’AED afin que nous puissions réaliser notre rêve de maintenir les chrétiens au Moyen-Orient. »

 

Communiqué de presse – #MercrediRouge – 20 novembre

18.11.2019 in AED, Aide à l'Église en détresse., Communications, International Catholic Charity Aid to the Church in Need, liberté religieuse, Martyrs, Mercredi Rouge, Messe pour les chrétiens persécutés, Persécution, Voyagez avec AED

Communiqué de presse – pour diffusion immédiate

#MercrediRouge, 20 novembre 2019
Pierres et prières
Soyez solidaires des chrétiens persécutés !

Les façades d’au moins cinq monuments seront illuminées en rouge cette année au Canada, dont la basilique-cathédrale Marie-Reine du monde à Montréal et la cathédrale St. Michael à Toronto.

Montréal, 18 novembre 2019 – Ce mercredi 20 novembre, Aide à l’Église en Détresse Canada invite tous les Canadiens à participer aux activités du Mercredi Rouge (#MercrediRouge). Pour l’occasion, en soirée au moins cinq monuments de pierres seront illuminés en rouge : la façade de la cathédrale-basilique Marie-Reine-du-Monde à Montréal, la cathédrale St. Michael à Toronto, la cathédrale St. Mary à Calgary, le porche d’entrée du Grand séminaire de Montréal et l’Ambassade de Hongrie à Ottawa, située dans l’édifice historique du Château Birkett.

Dans le diocèse de Calgary, on annonce déjà plus de 80 activités.
« Je crois que de plus en plus de Canadiens sont conscients des problèmes liés au manque de liberté religieuse dans le monde, et en particulier, de la situation de plus de 327 millions de chrétiens qui vivent dans un pays où sévit la
persécution », indique Marie-Claude Lalonde, directrice de l’AED Canada.

Grand mouvement international

Les activités au Canada ouvrent une semaine complète d’évènements qui auront lieu partout dans le monde jusqu’au 27 novembre. Dans au moins 15 pays, des temps de prières et de rencont

res d’informations seront organisés et des édifices seront illuminés en rouge – dont plus de 2000 aux Philippines et 120 au Royaume-Uni –, afin de sensibiliser aux questions liées à la liberté religieuse et à la persécution des chrétiens.

Au Canada, plusieurs manières d’être solidaire :

  • Participer à l’une des activités déjà annoncées – liste à l’adresse : http://acn-canada.org/fr/mercredi-rouge/ Information : 514-932-0552 ou sans frais : 1-800-585-6333.
  • S’informer et informer, grâce au rapport Persécutés et oubliés ? 2017-19
    https://acn-canada.org/fr/persecutes-et-oublies/
  • Habillez-vous de rouge
  • Priez pour les chrétiens persécutés dans le monde et toutes les personnes qui souffrent à cause du manque de liberté religieuse.

Parmi la centaine d’activités qui auront lieu partout au Canada, nous en soulignons trois qui auront lieu le mercredi 20 novembre :

  • 19 h 30 : Messe à la cathédrale-basilique Marie-Reine-du-Monde, présidée par Mgr Christian Lépine. Animation du chant assurée par la chorale de la cathédrale syriaque-catholique Saint-Éphrem.
  • 19 h 30 : Vigile œcuménique à la cathédrale St. Michael de Toronto, présidée par le Cardinal Thomas Collins, archevêque de Toronto.
  • 18 h 30 : Dans la ville touristique de Banff en Alberta, célébration de la messe à l’église St. Mary.

Pour lire le rapport Persécutés et oubliés ? 2017-19, rendez-vous sur le site web de l’AED Canada à l’adresse https://files.acn-canada.org/2019/11/persecutes-et-oublies-2019.pdf.


 

Aide à l’Église en Détresse dans l’histoire : le miracle du changement politique !

12.11.2019 in Adaptation Mario Bard, AED, Aide à l'Église en détresse., Voyager avec l'AED

Aide à l’Église en Détresse dans l’histoire

Le miracle du changement politique!

Par Tobias Lehner & Volker Niggewöhner, ACN-International
Adaptation française : Mario Bard, AED-Canada

Le 9 novembre 2019 a marqué le 30e anniversaire de la chute du mur de Berlin. C’est une étape décisive dans les événements qui ont conduit à l’effondrement du communisme en Europe. Un rêve devint réalité pour de nombreuses personnes : des chrétiens dévoués de toutes confessions et de nombreuses organisations qui ont travaillé sans relâche au cours des décennies précédentes pour provoquer ce changement politique. Parmi ces organisations figure l’œuvre pontificale Aide à l’Église en Détresse (AED) et son fondateur, le prémontré néerlandais Père Werenfried van Straaten (1913-2003).

 

42 ans d’attente et d’efforts en vue d’un changement politique

Les événements entourant la chute du Mur n’ont pas surpris l’œuvre de bienfaisance. Dès le début, c’était ce qui était visé par l’engagement de l’AED. « Après avoir attendu ce tournant pendant 42 ans, notre crédibilité est maintenant en jeu si nous n’aidons pas l’Église persécutée en redoublant notre volonté de faire des sacrifices. Même là où elle a été libérée de ses chaînes, elle reste démunie. Sans prêtres, sans programmes radiophoniques et sans livres, la libération est vaine », écrivait le Père Werenfried aux bienfaiteurs de l’AED. Les défis que l’œuvre allait alors affronter rappelaient ses débuts de pionnière.

Jetons un regard en arrière. En 1947, à l’initiative du Pape Pie XII, le Père Werenfried lance une campagne pour aider les Allemands déplacés et expulsés de l’Est. En 1952, après avoir reçu des informations qui faisaient état de violations des droits de l’homme et de persécutions contre l’Église dans les pays nouvellement placés sous le régime communiste, il étendit les opérations de secours à ces régions. Voilà pourquoi, durant les premières années, l’œuvre s’est appelée Aide aux prêtres de l’Est, pour être renommée Aide à l’Église en Détresse en 1969.

La situation dans les pays derrière le rideau de fer était différente d’un État à l’autre. L’Union soviétique était considérée comme un territoire inaccessible. Seules des émissions radiophoniques provenant de l’étranger permettaient d’y diffuser la Bonne Nouvelle de l’Évangile — ou alors il fallait recourir à la contrebande. Dans d’autres pays, en particulier en Pologne et en Yougoslavie, il était possible de soutenir davantage.

L’œuvre considérait qu’une autre de ses missions importantes résidait dans l’information du public. Il fallait que le monde occidental sache ce qui se passait à l’Est. C’est ainsi que le Père Werenfried s’est exprimé dans des centaines d’homélies sur la situation de l’Église persécutée en Europe de l’Est, devenant lui-même le porte-parole des opprimés privés de leur voix.

Derrière le Rideau de fer, en Pologne, le cardinal Karol Wojtyla, qui deviendra Jean-Paul II, visite le chantier de l’église de Nowa Huta (1977). Le régime communiste avait voulu une nouvelle ville sans Dieu : la population en a décidé autrement…

«Armés» pour la paix

À partir des années 1960, l’AED a étendu son soutien à d’autres régions du monde, comme l’Amérique latine et l’Afrique, mais l’aide à l’Europe de l’Est est demeurée l’une de ses préoccupations majeures. Ses efforts ont été inspirés par les paroles du Pape Pie XII qui avait dit un jour au Père Werenfried : « Tout le monde se prépare à la guerre, mais presque personne ne pense à préparer la paix au cas où elle arriverait soudainement ». Et c’est devenu l’objectif du Père Werenfried qui voulait être préparé pour le « jour J ».

Lorsqu’une nouvelle politique vit le jour en Union soviétique sous Mikhaïl Gorbatchev, l’AED augmenta entre 1987 et 1988 les aides allouées aux républiques soviétiques, qui passèrent alors de moins d’un million de dollars à 3,5 millions de dollars. C’est aussi dans cette période que le Père Werenfried commença des collectes de fonds pour la formation des prêtres dans les pays du bloc de l’Est. Chacune des deux initiatives s’avéra extrêmement utile, en particulier lorsqu’on regarde les événements qui surviendront par la suite.

La chute du mur de Berlin et les autres événements révolutionnaires marquèrent pour l’AED l’avènement du « Jour J ». Alors que dans le passé, l’aide devait rester secrète, elle pouvait maintenant être apportée ouvertement et parfois elle était même souhaitée par l’État. Une chose est sûre : le soutien dans ces pays restait toujours absolument indispensable. Dès 1990, les aides pour l’Europe de l’Est augmentèrent au point de dépasser les 22 millions de dollars, et atteignirent en 1994-1995 près de trente millions de dollars, ce qui équivalait à plus de 40 % de la totalité du soutien accordé à l’échelle mondiale par l’AED. Ce niveau a persisté jusqu’au passage au nouveau millénaire.

Soutien humanitaire et pastoral

Voici quelques — un des projets d’aide particulièrement remarquables réalisés dans les années qui ont suivi la chute du communisme. Pendant la Révolution roumaine, en décembre 1989, le Père Werenfried s’est rendu à Bucarest dès le lendemain de l’exécution du dictateur Ceaușescu et de son épouse. Auparavant, il avait été l’un des premiers à organiser une aide d’urgence pour atténuer la souffrance de la population roumaine.

En Ukraine, une relation particulière s’est établie entre l’AED et l’Église grecque catholique.. Lorsque son primat, le cardinal Myroslav Ivan Lioubatchivsky, a pu quitter son exil romain le 30 mars 1991 afin de retourner dans sa patrie,, il était accompagné par le Père Werenfried. Lors d’une sainte messe célébrée à Lviv, le fondateur de l’AED a fait une promesse solennelle : « Au nom de nos bienfaiteurs, je vous promets que nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour vous aider dans la nouvelle évangélisation de l’Ukraine, vous les évêques, les prêtres et les religieuses, les séminaristes et l’ensemble du peuple des fidèles. »

L’AED a tenu promesse : la construction du Grand séminaire à Lviv devint l’un des plus grands projets de l’œuvre. Aujourd’hui, le séminaire de Lviv et ses 200 étudiants compte parmi les plus grands dans le monde.

 

Au programme : formation des prêtres, couvents et proclamation de l’Évangile

Dans les autres états d’Europe de l’Est, le financement de la formation des séminaristes était également une préoccupation majeure. À cela s’ajoutait l’aide apportée aux monastères contemplatifs, dont beaucoup avaient survécu aux années du communisme dans des conditions déplorables ou bien venaient tout juste d’être fondés. Dans de nombreux pays, l’Église était au bord du gouffre et ne possédait plus rien, puisque tous ses bâtiments avaient été confisqués sous le régime communiste et qu’il n’existait plus aucune structure d’organisation cléricale. Dans ces domaines également, l’AED apporta son soutien, en particulier aux petites Églises locales en Albanie, en Bulgarie, en Roumanie ou au Kazakhstan. Dans ces pays, les catholiques sont en minorité et trouvent peu de défenseurs dans la société.

 

Un œcuménisme vivant : reconstruire les ponts

En 1991, une mission spéciale pour la reconstruction spirituelle de l’Europe de l’Est a été confiée par la plus haute autorité : le Pape Jean-Paul II exprima pour la première fois à l’AED son idée d’intensifier le dialogue avec l’Église orthodoxe russe. Une approche qui trouva un terrain fertile chez le Père Werenfried. En octobre 1992, il se rendit pour la première fois en Russie avec une délégation. Là, il rencontra le Patriarche Aleksei II et d’autres dignitaires orthodoxes. Le père Werenfried a pu faire son rapport au pape au début de 1993 et le soutien de certains projets en faveur de l’Église russe orthodoxe vint donc compléter le soutien accordé aux communautés catholiques.

L’un des fameux bateaux chapelles.

Le projet le plus célèbre devint celui des fameux bateaux chapelle — des embarcations transformées en chapelle permettant aux prêtres de se rendre dans des communes où il n’y avait plus d’église. Le Père Werenfried était convaincu que « la nouvelle évangélisation indispensable de la Russie représentait la mission fondamentale de notre Église-sœur orthodoxe ». Comme celle-ci avait également souffert de la persécution sous le communisme et qu’elle devait repartir de zéro, il fallait maintenant la soutenir.

 

De bénéficiaires à bienfaiteurs

Regina Lynch, directrice du département des projets à l’Aide à l’Église en Détresse.

Depuis 1990, l’AED a soutenu l’Église en Europe de l’Est avec plus 750 millions de dollars. Même si, de nos jours, les priorités de l’aide se sont déplacées vers le Moyen-Orient et l’Afrique, les chrétiens d’Europe de l’Est ne sont pas tombés dans l’oubli. Ainsi, la petite Église extrêmement pauvre d’Ukraine se situe toujours au quatrième rang des pays soutenus par l’AED.

Enfin, il est intéressant de souligner que les communautés des anciens pays communistes n’ont pas été que des bénéficiaires. Peu après l’effondrement du rideau de fer, des actions de solidarité ont vu le jour chez des catholiques de différents pays qui, peu de temps auparavant, souffraient eux-mêmes de la persécution. La Pologne a joué et joue toujours un rôle majeur à cet égard. L’un des 23 bureaux nationaux de l’AED y est maintenant installé et un autre a été ouvert en Slovaquie, état qui faisait partie de l’ancienne Tchécoslovaquie. Ici aussi, le miracle du changement politique est à l’œuvre.

Nouvelles de l’AED : Chrétiens du nord-est de la Syrie

04.11.2019 in Adaptation Mario Bard, AED, Par Marta Petrosillo, persécution, Syrie

Chrétiens du nord-est de la Syrie


«Nous avons besoin d’aide.»

Propos recueillis le 28 octobre dernier par Marta Petrosillo, AED-Italie
Adaptation française : Mario Bard, AED-Canada

Mise en ligne le 1er novembre, 2019

«Au moins trois cents chrétiens ont quitté les villes de Ras al-Ain, Derbasiyah, Tall Tamr et une partie d’Al-Malikiyah, et nous craignons que si les combats continuent, un exode encore plus grand de fidèles affecte Qamishli, où 2 3000 familles chrétiennes vivent actuellement». C’est l’histoire désespérée que Mgr Nidal Thomas, représentant épiscopal de l’Église chaldéenne à Hassaké, raconte à l’Aide à l’Église en Détresse.

Le prêtre décrit une situation critique. « Nous ne savons pas ce qui se passe. Chaque heure, nous entendons parler de victimes et de disparus dans les déclarations des Kurdes, des Turcs, des Américains et des Russes. Mais nous ne connaissons pas la vérité. La seule certitude est que les bombardements, et en particulier les massacres commis par les Turcs contre notre communauté, poussent de plus en plus de chrétiens à fuir ».

À l’heure actuelle, peu de familles de fidèles ont trouvé refuge au Kurdistan irakien, mais Mgr Thomas estime que les chrétiens en fuite pourraient difficilement choisir la région semi-autonome du nord de l’Irak comme destination. « La vie y est trop chère pour les chrétiens syriens qui sont pauvres. Sans compter que le peuple irakien n’a rien fait pour éviter le scénario dramatique qui s’est malheureusement concrétisé en Syrie. Dans notre pays, il y avait des milliers de familles chrétiennes. Personne n’a essayé de nous défendre ».

Les chrétiens en danger : «Nous avons besoin d’aide.»

Aujourd’hui, les chrétiens du nord-est de la Syrie, malgré la confirmation de l’assassinat d’Abou Bakr al Baghdadi, craignent encore et toujours un retour du djihadisme. « Malheureusement, c’est une éventualité que nous devons prendre en compte », affirme Mgr Thomas selon qui beaucoup d’hommes du groupe État islamique (ÉI/Daech) auraient maintenant rejoint l’Armée syrienne libre qui est entrée dans la région de Ras al-Ain.

Par l’intermédiaire de l’Aide à l’Église en Détresse, il s’adresse à la communauté internationale et demande un soutien au nom de sa communauté. « Nous avons besoin d’aide. Nous sommes, les chrétiens, la population ayant le plus souffert de ce conflit interminable. Nous sommes le maillon faible, parce que nous voulons vivre en paix et que nous rejetons la guerre. Les deux tiers des chrétiens ont quitté le pays et le tiers restant risque de ne pas survivre. Et pendant ce temps, les pays occidentaux s’affrontent pour se répartir la Syrie, qui a été mise à genoux y compris à cause des sanctions internationales ».

L’AED-Canada continue de soutenir les chrétiens en Irak et en Syrie. Dans ce dernier pays, la campagne pour les enfants de Homs, Une goutte de lait, est toujours effective. Vous pouvez donner en visitant la page web acn-canada.org et cliquer sur le bouton Dons en haut à droite. Pour plus d’information, il est aussi possible d’appeler au 1-800-585-6333.

Nouvelles de l’AED : Inde et liberté religieuse

04.10.2019 in Adaptation Mario Bard, AED, Inde, liberté religieuse

Inde et liberté religieuse

«Nous ne baisserons pas les bras dans notre lutte pour l’égalité, la justice et la fraternité».

Texte par Matthias Böhnke. ACN International
Adaptation par Mario Bard pour le bureau canadien

« Pour les chrétiens de notre diocèse, les circonstances de la vie sont difficiles », explique à l’Aide à l’Église en Détresse Mgr Stephen Antony, évêque de Tuticorin, diocèse situé au sud de l’Inde. « Pour pouvoir pratiquer notre foi, nous sommes soumis à de plus en plus de restrictions », indique également l’évêque âgé de 67 ans, qui était en visite ad limina à Rome avec 53 autres évêques indiens.

 

L’évêque affirme que le gouvernement indien s’efforce de transformer cet immense pays marqué par l’hindouisme en une nation unie, n’ayant qu’une seule langue et un seul point de vue politique. Il s’agit là d’un projet ambitieux, difficile sinon impossible à réaliser dans un pays multiple comportant 29 États fédéraux et qui, avec 1,37 milliard d’habitants, constitue le deuxième pays le plus peuplé du monde. Sur le plan démographique, l’Inde pourrait dès l’an prochain dépasser la Chine, actuellement première au classement.

 

Politiques favorisant les plus riches

Les élections parlementaires qui se sont déroulées cette année et ont été remportées haut la main — avec un résultat étonnamment élevé par le parti nationaliste BJP (Bharatiya Janata Party) du gouvernement du premier ministre Narendra Modi, ont encore exacerbé la situation : « Les circonstances dans lesquelles nous vivons actuellement ne sont pas particulièrement encourageantes. Le gouvernement prend de nombreuses décisions hâtives, de sorte que certaines choses deviennent imprévisibles. La politique ne se déploie plus qu’en faveur des gens riches dans la population. Les pauvres en pâtissent », déplore l’évêque.

 

Projet soutenu pas l’AED : moyen de transport pour le travail pastoral et social des religieuses de Saint-Charles Borromée, au couvent Saint-Charles, province de l’Est, Vilathikulam, Tutcorin District.

Environ 450 000 catholiques vivent dans le diocèse de Tuticorin, ce qui correspond à environ 17 pour cent de la population. Les attaques ciblées contre des fidèles et des groupes de pèlerins rendent la situation de plus en plus difficile. Mais elle empire surtout pour les hôpitaux et les plus de 200 établissements scolaires gérés par l’Église. Il y a un taux de chômage élevé non seulement chez les enseignants, mais aussi chez de nombreux petits paysans et ouvriers industriels à cause de l’absence de soutien de la part du gouvernement. L’évêque explique très clairement que dans cette région, beaucoup de gens sont tellement désespérés qu’ils ne voient aucune autre issue que de se suicider.

 

Néanmoins, en particulier après sa visite auprès du pape François à Rome, il perçoit un signe d’espoir : « Nous ne baisserons pas les bras dans notre lutte pour l’égalité, la justice et la fraternité », assure Mgr Stephen Antony et ajoute : « Nous espérons que bientôt, il régnera à nouveau plus de tolérance entre les hindous et les chrétiens et que la propension à la violence diminuera dans le pays. Je suis profondément reconnaissant à l’AED et à tous les bienfaiteurs qui ne cessent de nous soutenir dans tous les domaines de la pastorale en nous apportant le nécessaire et qui nous accompagnent par leurs prières. »