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Nouvelles AED – Chrétiens d’Égypte : leur situation s’améliore

02.12.2019 in adaptation : Mario Bard, AED, Égypte, Entrevue AED, Fionn Shiner

Égypte

Chrétiens : leur situation s’améliore!  

Par Fionn Shiner, ACN-International
Adaptation française : Mario Bard, AED-Canada
Mise en ligne le 2 décembre, 2019

Malgré la menace d’attaques extrémistes qui persiste contre les chrétiens d’Égypte, leur situation s’améliore, selon Mgr Kyrillos William, évêque copte catholique d’Assiout. Interviewer par l’Œuvre catholique de 

bienfaisance Aide à l’Église en Détresse (AED), Mgr William a exprimé son espérance.

 

Il a déclaré : « Nous remercions Dieu que la situation s’améliore. Le président [el-Sisi] est de bonne volonté envers les chrétiens. Il est le président de tous les Égyptiens ».

La menace d’attaques extrémistes persiste tout de même, les islamistes voulant effrayer les chrétiens quant à leur place dans la société égyptienne. « Les attaques perpétrées par des islamistes se produisent de temps en temps », indique Mgr Kyrillos. « L’objectif est d’attaquer non seulement les chrétiens, mais aussi le gouvernement égyptien. Ils veulent ainsi dire aux chrétiens : “le gouvernement ne peut pas vous protéger. Vous devriez quitter l’Égypte”.

[Ces extrémistes] aimeraient établir un État islamique. Mais en Égypte, cela ne se concrétisera jamais », estime l’évêque. « Les Égyptiens sont proches les uns des autres — les chrétiens et les musulmans sont trop unis pour que les extrémistes causent des problèmes. »

 

La construction d’église est plus facile, toujours des enlèvements

L’évêque a ajouté : « Depuis 1952, la mentalité est de traiter les chrétiens comme des citoyens de seconde classe. Par contre, des changements se produisent présentement et les choses s’améliorent. Construire des églises est plus facile qu’avant. Nous n’avons pas à attendre des années pour en construire une ».

Selon Mgr William, il s’agit d’un changement marqué : depuis plus de 160 ans, les chrétiens devaient obtenir la permission du chef de l’État égyptien pour construire de nouveaux édifices religieux.

Il y a encore des enlèvements de jeunes chrétiennes coptes et certains rapports suggèrent que la police facilite ces enlèvements.

« Ils se produisent dans les zones où les organisations islamiques sont puissantes, mais dans notre région, il n’y a pas trop de problèmes », estime encore Mgr Kyrillos.

Dans une entrevue réalisée par l’organisme World Watch Monitor avec un ancien membre d’un réseau islamiste qui ciblait activement les jeunes filles coptes, celui-ci déclarait : « Le groupe de ravisseurs se réunit dans une mosquée pour discuter des victimes potentielles. Ils ont un œil sur les maisons chrétiennes et surveillent tout ce qui se passe. C’est à partir de cela qu’ils tissent une toile d’araignée autour des filles », a indiqué cet homme.

 

Merci à l’AED!

Mgr William a exprimé sa gratitude à l’AED et à ses bienfaiteurs qui font des offrandes de messe et financent la formation des séminaristes, la restauration d’églises et plus encore en Égypte. « Nous apprécions beaucoup ce que fait l’AED dans de nombreux pays pour que les chrétiens restent dans leurs patries. Nous remercions tous les bienfaiteurs pour leur aide et leurs dons à l’AED afin que nous puissions réaliser notre rêve de maintenir les chrétiens au Moyen-Orient. »

 

Communiqué de presse – #MercrediRouge – 20 novembre

18.11.2019 in AED, Aide à l'Église en détresse., Communications, International Catholic Charity Aid to the Church in Need, liberté religieuse, Martyrs, Mercredi Rouge, Messe pour les chrétiens persécutés, Persécution, Voyagez avec AED

Communiqué de presse – pour diffusion immédiate

#MercrediRouge, 20 novembre 2019
Pierres et prières
Soyez solidaires des chrétiens persécutés !

Les façades d’au moins cinq monuments seront illuminées en rouge cette année au Canada, dont la basilique-cathédrale Marie-Reine du monde à Montréal et la cathédrale St. Michael à Toronto.

Montréal, 18 novembre 2019 – Ce mercredi 20 novembre, Aide à l’Église en Détresse Canada invite tous les Canadiens à participer aux activités du Mercredi Rouge (#MercrediRouge). Pour l’occasion, en soirée au moins cinq monuments de pierres seront illuminés en rouge : la façade de la cathédrale-basilique Marie-Reine-du-Monde à Montréal, la cathédrale St. Michael à Toronto, la cathédrale St. Mary à Calgary, le porche d’entrée du Grand séminaire de Montréal et l’Ambassade de Hongrie à Ottawa, située dans l’édifice historique du Château Birkett.

Dans le diocèse de Calgary, on annonce déjà plus de 80 activités.
« Je crois que de plus en plus de Canadiens sont conscients des problèmes liés au manque de liberté religieuse dans le monde, et en particulier, de la situation de plus de 327 millions de chrétiens qui vivent dans un pays où sévit la
persécution », indique Marie-Claude Lalonde, directrice de l’AED Canada.

Grand mouvement international

Les activités au Canada ouvrent une semaine complète d’évènements qui auront lieu partout dans le monde jusqu’au 27 novembre. Dans au moins 15 pays, des temps de prières et de rencont

res d’informations seront organisés et des édifices seront illuminés en rouge – dont plus de 2000 aux Philippines et 120 au Royaume-Uni –, afin de sensibiliser aux questions liées à la liberté religieuse et à la persécution des chrétiens.

Au Canada, plusieurs manières d’être solidaire :

  • Participer à l’une des activités déjà annoncées – liste à l’adresse : http://acn-canada.org/fr/mercredi-rouge/ Information : 514-932-0552 ou sans frais : 1-800-585-6333.
  • S’informer et informer, grâce au rapport Persécutés et oubliés ? 2017-19
    https://acn-canada.org/fr/persecutes-et-oublies/
  • Habillez-vous de rouge
  • Priez pour les chrétiens persécutés dans le monde et toutes les personnes qui souffrent à cause du manque de liberté religieuse.

Parmi la centaine d’activités qui auront lieu partout au Canada, nous en soulignons trois qui auront lieu le mercredi 20 novembre :

  • 19 h 30 : Messe à la cathédrale-basilique Marie-Reine-du-Monde, présidée par Mgr Christian Lépine. Animation du chant assurée par la chorale de la cathédrale syriaque-catholique Saint-Éphrem.
  • 19 h 30 : Vigile œcuménique à la cathédrale St. Michael de Toronto, présidée par le Cardinal Thomas Collins, archevêque de Toronto.
  • 18 h 30 : Dans la ville touristique de Banff en Alberta, célébration de la messe à l’église St. Mary.

Pour lire le rapport Persécutés et oubliés ? 2017-19, rendez-vous sur le site web de l’AED Canada à l’adresse https://files.acn-canada.org/2019/11/persecutes-et-oublies-2019.pdf.


 

Aide à l’Église en Détresse dans l’histoire : le miracle du changement politique !

12.11.2019 in Adaptation Mario Bard, AED, Aide à l'Église en détresse., Voyager avec l'AED

Aide à l’Église en Détresse dans l’histoire

Le miracle du changement politique!

Par Tobias Lehner & Volker Niggewöhner, ACN-International
Adaptation française : Mario Bard, AED-Canada

Le 9 novembre 2019 a marqué le 30e anniversaire de la chute du mur de Berlin. C’est une étape décisive dans les événements qui ont conduit à l’effondrement du communisme en Europe. Un rêve devint réalité pour de nombreuses personnes : des chrétiens dévoués de toutes confessions et de nombreuses organisations qui ont travaillé sans relâche au cours des décennies précédentes pour provoquer ce changement politique. Parmi ces organisations figure l’œuvre pontificale Aide à l’Église en Détresse (AED) et son fondateur, le prémontré néerlandais Père Werenfried van Straaten (1913-2003).

 

42 ans d’attente et d’efforts en vue d’un changement politique

Les événements entourant la chute du Mur n’ont pas surpris l’œuvre de bienfaisance. Dès le début, c’était ce qui était visé par l’engagement de l’AED. « Après avoir attendu ce tournant pendant 42 ans, notre crédibilité est maintenant en jeu si nous n’aidons pas l’Église persécutée en redoublant notre volonté de faire des sacrifices. Même là où elle a été libérée de ses chaînes, elle reste démunie. Sans prêtres, sans programmes radiophoniques et sans livres, la libération est vaine », écrivait le Père Werenfried aux bienfaiteurs de l’AED. Les défis que l’œuvre allait alors affronter rappelaient ses débuts de pionnière.

Jetons un regard en arrière. En 1947, à l’initiative du Pape Pie XII, le Père Werenfried lance une campagne pour aider les Allemands déplacés et expulsés de l’Est. En 1952, après avoir reçu des informations qui faisaient état de violations des droits de l’homme et de persécutions contre l’Église dans les pays nouvellement placés sous le régime communiste, il étendit les opérations de secours à ces régions. Voilà pourquoi, durant les premières années, l’œuvre s’est appelée Aide aux prêtres de l’Est, pour être renommée Aide à l’Église en Détresse en 1969.

La situation dans les pays derrière le rideau de fer était différente d’un État à l’autre. L’Union soviétique était considérée comme un territoire inaccessible. Seules des émissions radiophoniques provenant de l’étranger permettaient d’y diffuser la Bonne Nouvelle de l’Évangile — ou alors il fallait recourir à la contrebande. Dans d’autres pays, en particulier en Pologne et en Yougoslavie, il était possible de soutenir davantage.

L’œuvre considérait qu’une autre de ses missions importantes résidait dans l’information du public. Il fallait que le monde occidental sache ce qui se passait à l’Est. C’est ainsi que le Père Werenfried s’est exprimé dans des centaines d’homélies sur la situation de l’Église persécutée en Europe de l’Est, devenant lui-même le porte-parole des opprimés privés de leur voix.

Derrière le Rideau de fer, en Pologne, le cardinal Karol Wojtyla, qui deviendra Jean-Paul II, visite le chantier de l’église de Nowa Huta (1977). Le régime communiste avait voulu une nouvelle ville sans Dieu : la population en a décidé autrement…

«Armés» pour la paix

À partir des années 1960, l’AED a étendu son soutien à d’autres régions du monde, comme l’Amérique latine et l’Afrique, mais l’aide à l’Europe de l’Est est demeurée l’une de ses préoccupations majeures. Ses efforts ont été inspirés par les paroles du Pape Pie XII qui avait dit un jour au Père Werenfried : « Tout le monde se prépare à la guerre, mais presque personne ne pense à préparer la paix au cas où elle arriverait soudainement ». Et c’est devenu l’objectif du Père Werenfried qui voulait être préparé pour le « jour J ».

Lorsqu’une nouvelle politique vit le jour en Union soviétique sous Mikhaïl Gorbatchev, l’AED augmenta entre 1987 et 1988 les aides allouées aux républiques soviétiques, qui passèrent alors de moins d’un million de dollars à 3,5 millions de dollars. C’est aussi dans cette période que le Père Werenfried commença des collectes de fonds pour la formation des prêtres dans les pays du bloc de l’Est. Chacune des deux initiatives s’avéra extrêmement utile, en particulier lorsqu’on regarde les événements qui surviendront par la suite.

La chute du mur de Berlin et les autres événements révolutionnaires marquèrent pour l’AED l’avènement du « Jour J ». Alors que dans le passé, l’aide devait rester secrète, elle pouvait maintenant être apportée ouvertement et parfois elle était même souhaitée par l’État. Une chose est sûre : le soutien dans ces pays restait toujours absolument indispensable. Dès 1990, les aides pour l’Europe de l’Est augmentèrent au point de dépasser les 22 millions de dollars, et atteignirent en 1994-1995 près de trente millions de dollars, ce qui équivalait à plus de 40 % de la totalité du soutien accordé à l’échelle mondiale par l’AED. Ce niveau a persisté jusqu’au passage au nouveau millénaire.

Soutien humanitaire et pastoral

Voici quelques — un des projets d’aide particulièrement remarquables réalisés dans les années qui ont suivi la chute du communisme. Pendant la Révolution roumaine, en décembre 1989, le Père Werenfried s’est rendu à Bucarest dès le lendemain de l’exécution du dictateur Ceaușescu et de son épouse. Auparavant, il avait été l’un des premiers à organiser une aide d’urgence pour atténuer la souffrance de la population roumaine.

En Ukraine, une relation particulière s’est établie entre l’AED et l’Église grecque catholique.. Lorsque son primat, le cardinal Myroslav Ivan Lioubatchivsky, a pu quitter son exil romain le 30 mars 1991 afin de retourner dans sa patrie,, il était accompagné par le Père Werenfried. Lors d’une sainte messe célébrée à Lviv, le fondateur de l’AED a fait une promesse solennelle : « Au nom de nos bienfaiteurs, je vous promets que nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour vous aider dans la nouvelle évangélisation de l’Ukraine, vous les évêques, les prêtres et les religieuses, les séminaristes et l’ensemble du peuple des fidèles. »

L’AED a tenu promesse : la construction du Grand séminaire à Lviv devint l’un des plus grands projets de l’œuvre. Aujourd’hui, le séminaire de Lviv et ses 200 étudiants compte parmi les plus grands dans le monde.

 

Au programme : formation des prêtres, couvents et proclamation de l’Évangile

Dans les autres états d’Europe de l’Est, le financement de la formation des séminaristes était également une préoccupation majeure. À cela s’ajoutait l’aide apportée aux monastères contemplatifs, dont beaucoup avaient survécu aux années du communisme dans des conditions déplorables ou bien venaient tout juste d’être fondés. Dans de nombreux pays, l’Église était au bord du gouffre et ne possédait plus rien, puisque tous ses bâtiments avaient été confisqués sous le régime communiste et qu’il n’existait plus aucune structure d’organisation cléricale. Dans ces domaines également, l’AED apporta son soutien, en particulier aux petites Églises locales en Albanie, en Bulgarie, en Roumanie ou au Kazakhstan. Dans ces pays, les catholiques sont en minorité et trouvent peu de défenseurs dans la société.

 

Un œcuménisme vivant : reconstruire les ponts

En 1991, une mission spéciale pour la reconstruction spirituelle de l’Europe de l’Est a été confiée par la plus haute autorité : le Pape Jean-Paul II exprima pour la première fois à l’AED son idée d’intensifier le dialogue avec l’Église orthodoxe russe. Une approche qui trouva un terrain fertile chez le Père Werenfried. En octobre 1992, il se rendit pour la première fois en Russie avec une délégation. Là, il rencontra le Patriarche Aleksei II et d’autres dignitaires orthodoxes. Le père Werenfried a pu faire son rapport au pape au début de 1993 et le soutien de certains projets en faveur de l’Église russe orthodoxe vint donc compléter le soutien accordé aux communautés catholiques.

L’un des fameux bateaux chapelles.

Le projet le plus célèbre devint celui des fameux bateaux chapelle — des embarcations transformées en chapelle permettant aux prêtres de se rendre dans des communes où il n’y avait plus d’église. Le Père Werenfried était convaincu que « la nouvelle évangélisation indispensable de la Russie représentait la mission fondamentale de notre Église-sœur orthodoxe ». Comme celle-ci avait également souffert de la persécution sous le communisme et qu’elle devait repartir de zéro, il fallait maintenant la soutenir.

 

De bénéficiaires à bienfaiteurs

Regina Lynch, directrice du département des projets à l’Aide à l’Église en Détresse.

Depuis 1990, l’AED a soutenu l’Église en Europe de l’Est avec plus 750 millions de dollars. Même si, de nos jours, les priorités de l’aide se sont déplacées vers le Moyen-Orient et l’Afrique, les chrétiens d’Europe de l’Est ne sont pas tombés dans l’oubli. Ainsi, la petite Église extrêmement pauvre d’Ukraine se situe toujours au quatrième rang des pays soutenus par l’AED.

Enfin, il est intéressant de souligner que les communautés des anciens pays communistes n’ont pas été que des bénéficiaires. Peu après l’effondrement du rideau de fer, des actions de solidarité ont vu le jour chez des catholiques de différents pays qui, peu de temps auparavant, souffraient eux-mêmes de la persécution. La Pologne a joué et joue toujours un rôle majeur à cet égard. L’un des 23 bureaux nationaux de l’AED y est maintenant installé et un autre a été ouvert en Slovaquie, état qui faisait partie de l’ancienne Tchécoslovaquie. Ici aussi, le miracle du changement politique est à l’œuvre.

Nouvelles de l’AED : Chrétiens du nord-est de la Syrie

04.11.2019 in Adaptation Mario Bard, AED, Par Marta Petrosillo, persécution, Syrie

Chrétiens du nord-est de la Syrie


«Nous avons besoin d’aide.»

Propos recueillis le 28 octobre dernier par Marta Petrosillo, AED-Italie
Adaptation française : Mario Bard, AED-Canada

Mise en ligne le 1er novembre, 2019

«Au moins trois cents chrétiens ont quitté les villes de Ras al-Ain, Derbasiyah, Tall Tamr et une partie d’Al-Malikiyah, et nous craignons que si les combats continuent, un exode encore plus grand de fidèles affecte Qamishli, où 2 3000 familles chrétiennes vivent actuellement». C’est l’histoire désespérée que Mgr Nidal Thomas, représentant épiscopal de l’Église chaldéenne à Hassaké, raconte à l’Aide à l’Église en Détresse.

Le prêtre décrit une situation critique. « Nous ne savons pas ce qui se passe. Chaque heure, nous entendons parler de victimes et de disparus dans les déclarations des Kurdes, des Turcs, des Américains et des Russes. Mais nous ne connaissons pas la vérité. La seule certitude est que les bombardements, et en particulier les massacres commis par les Turcs contre notre communauté, poussent de plus en plus de chrétiens à fuir ».

À l’heure actuelle, peu de familles de fidèles ont trouvé refuge au Kurdistan irakien, mais Mgr Thomas estime que les chrétiens en fuite pourraient difficilement choisir la région semi-autonome du nord de l’Irak comme destination. « La vie y est trop chère pour les chrétiens syriens qui sont pauvres. Sans compter que le peuple irakien n’a rien fait pour éviter le scénario dramatique qui s’est malheureusement concrétisé en Syrie. Dans notre pays, il y avait des milliers de familles chrétiennes. Personne n’a essayé de nous défendre ».

Les chrétiens en danger : «Nous avons besoin d’aide.»

Aujourd’hui, les chrétiens du nord-est de la Syrie, malgré la confirmation de l’assassinat d’Abou Bakr al Baghdadi, craignent encore et toujours un retour du djihadisme. « Malheureusement, c’est une éventualité que nous devons prendre en compte », affirme Mgr Thomas selon qui beaucoup d’hommes du groupe État islamique (ÉI/Daech) auraient maintenant rejoint l’Armée syrienne libre qui est entrée dans la région de Ras al-Ain.

Par l’intermédiaire de l’Aide à l’Église en Détresse, il s’adresse à la communauté internationale et demande un soutien au nom de sa communauté. « Nous avons besoin d’aide. Nous sommes, les chrétiens, la population ayant le plus souffert de ce conflit interminable. Nous sommes le maillon faible, parce que nous voulons vivre en paix et que nous rejetons la guerre. Les deux tiers des chrétiens ont quitté le pays et le tiers restant risque de ne pas survivre. Et pendant ce temps, les pays occidentaux s’affrontent pour se répartir la Syrie, qui a été mise à genoux y compris à cause des sanctions internationales ».

L’AED-Canada continue de soutenir les chrétiens en Irak et en Syrie. Dans ce dernier pays, la campagne pour les enfants de Homs, Une goutte de lait, est toujours effective. Vous pouvez donner en visitant la page web acn-canada.org et cliquer sur le bouton Dons en haut à droite. Pour plus d’information, il est aussi possible d’appeler au 1-800-585-6333.

Nouvelles de l’AED : Inde et liberté religieuse

04.10.2019 in Adaptation Mario Bard, AED, Inde, liberté religieuse

Inde et liberté religieuse

«Nous ne baisserons pas les bras dans notre lutte pour l’égalité, la justice et la fraternité».

Texte par Matthias Böhnke. ACN International
Adaptation par Mario Bard pour le bureau canadien

« Pour les chrétiens de notre diocèse, les circonstances de la vie sont difficiles », explique à l’Aide à l’Église en Détresse Mgr Stephen Antony, évêque de Tuticorin, diocèse situé au sud de l’Inde. « Pour pouvoir pratiquer notre foi, nous sommes soumis à de plus en plus de restrictions », indique également l’évêque âgé de 67 ans, qui était en visite ad limina à Rome avec 53 autres évêques indiens.

 

L’évêque affirme que le gouvernement indien s’efforce de transformer cet immense pays marqué par l’hindouisme en une nation unie, n’ayant qu’une seule langue et un seul point de vue politique. Il s’agit là d’un projet ambitieux, difficile sinon impossible à réaliser dans un pays multiple comportant 29 États fédéraux et qui, avec 1,37 milliard d’habitants, constitue le deuxième pays le plus peuplé du monde. Sur le plan démographique, l’Inde pourrait dès l’an prochain dépasser la Chine, actuellement première au classement.

 

Politiques favorisant les plus riches

Les élections parlementaires qui se sont déroulées cette année et ont été remportées haut la main — avec un résultat étonnamment élevé par le parti nationaliste BJP (Bharatiya Janata Party) du gouvernement du premier ministre Narendra Modi, ont encore exacerbé la situation : « Les circonstances dans lesquelles nous vivons actuellement ne sont pas particulièrement encourageantes. Le gouvernement prend de nombreuses décisions hâtives, de sorte que certaines choses deviennent imprévisibles. La politique ne se déploie plus qu’en faveur des gens riches dans la population. Les pauvres en pâtissent », déplore l’évêque.

 

Projet soutenu pas l’AED : moyen de transport pour le travail pastoral et social des religieuses de Saint-Charles Borromée, au couvent Saint-Charles, province de l’Est, Vilathikulam, Tutcorin District.

Environ 450 000 catholiques vivent dans le diocèse de Tuticorin, ce qui correspond à environ 17 pour cent de la population. Les attaques ciblées contre des fidèles et des groupes de pèlerins rendent la situation de plus en plus difficile. Mais elle empire surtout pour les hôpitaux et les plus de 200 établissements scolaires gérés par l’Église. Il y a un taux de chômage élevé non seulement chez les enseignants, mais aussi chez de nombreux petits paysans et ouvriers industriels à cause de l’absence de soutien de la part du gouvernement. L’évêque explique très clairement que dans cette région, beaucoup de gens sont tellement désespérés qu’ils ne voient aucune autre issue que de se suicider.

 

Néanmoins, en particulier après sa visite auprès du pape François à Rome, il perçoit un signe d’espoir : « Nous ne baisserons pas les bras dans notre lutte pour l’égalité, la justice et la fraternité », assure Mgr Stephen Antony et ajoute : « Nous espérons que bientôt, il régnera à nouveau plus de tolérance entre les hindous et les chrétiens et que la propension à la violence diminuera dans le pays. Je suis profondément reconnaissant à l’AED et à tous les bienfaiteurs qui ne cessent de nous soutenir dans tous les domaines de la pastorale en nous apportant le nécessaire et qui nous accompagnent par leurs prières. »

Histoire de succès de l’AED : Biélorussie

25.09.2019 in Adaptation Mario Bard, AED, Biélorussie, PROJETS AED, Transport, Voyager avec l'AED

Histoire de succès de l’AED… en Biélorussie
Se déplacer : essentiel pour un curé !

Cette semaine, notre histoire se déroule en Biélorussie. D’abord, on apprend que dans ce pays de près de 10 millions d’habitants, le pourcentage de catholiques est d’un peu moins de 8 %, alors que celui des orthodoxes et de près de 50 %.

Dans ce contexte, il est intéressant de constater que de nouvelles paroisses catholiques continuent à voir le jour. Ainsi, l’une d’entre elle a été fondée en 2017 dans la banlieue de Grodno, ville de 370 000 habitants. Elle est consacrée à Saint Jean-Paul II et compte de nombreuses jeunes familles avec enfants, car un grand nombre de jeunes viennent s’installer en ville. Ils y trouvent du travail et ils veulent également garantir à leurs enfants une meilleure éducation qu’à la campagne. C’est pourquoi le nombre de fidèles augmente dans les villes. Dans cette nouvelle paroisse, les édifices servant au culte, le presbytère, ceux pour la catéchèse ou tout autres types d’activités paroissiales sont en chantier ou encore dessinés sur des plans. La catéchèse est donc organisée dans les appartements ou les maisons des fidèles. La messe est célébrée en plein air, sur le terrain où l’église doit être construite.

Un curé floué !

Le curé de la paroisse, le Père Henryk Jablonski, vit encore dans un studio, dans un immeuble situé à dix kilomètres du chantier de construction. Il est toujours en déplacement – pour se rendre sur le chantier, sur les lieux de la catéchèse, et à l’hôpital où il visite régulièrement les malades. Pour son travail, il est essentiel qu’il ait une voiture. À vrai dire, il en avait acheté une d’occasion, mais elle lui a été confisquée par les autorités; le propriétaire précédent avait falsifié les documents. Et puis, l’argent avait déjà disparu : il n’avait donc plus de voiture.

Nos bienfaiteurs ont fait un don de 15 000 dollars pour que le Père Jablonski puisse acheter une voiture pour son travail. Il est heureux et reconnaissant, ravi de sa nouvelle voiture, et remercie tous ceux qui l’ont aidé !

https://secure.acn-canada.org/fr/appuyer-aed/
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Entretien AED : L’Irak, cinq ans après son invasion par l’État Islamique 

07.08.2019 in ACN-International, AED, Aide à l'Église en détresse.

Entretien AED 

L’ultime bataille : Irak, cinq ans après son invasion par l’État Islamique 

Que reste-t-il du christianisme en Irak, cinq ans après son invasion par l’État Islamique ?

Le 6 août 2014, les unités de l’État Islamique (EI) ont conquis et détruit les implantations chrétiennes de la plaine de Ninive, au nord de Mossoul. Quelque 120 000 chrétiens ont dû fuir en n’emportant que ce qu’ils avaient sur eux. Beaucoup d’entre eux ont trouvé refuge autour de la ville kurde d’Erbil. Au cours des trois années qui ont suivi, l’archevêque catholique chaldéen d’Erbil, Mgr Bashar Matti Warda, a été l’un des piliers de la communauté, permettant qu’elle subsiste jusqu’en octobre 2016, lorsque les forces irakiennes et leurs alliés ont pu reprendre les territoires et que des dizaines de milliers de chrétiens déplacés sont retournés dans les ruines de leurs villes natales. D’autres ont décidé de rester à Erbil ou de quitter le pays. Aide à l’Église en Détresse (AED), en collaboration avec les Églises locales, soutient fortement la reconstruction. Cinq ans après l’invasion de Ninive, Mgr Bashar Matti Warda, témoin de premier plan de tous ces événements historiques, a accordé un entretien à l’oeuvre pontifical AED à propos des conséquences pour les chrétiens d’Irak mais aussi pour le Proche-Orient et les pays occidentaux.

 

Par Maria Lozano, ACN International
Adapté par Amanda Griffin pour le bureau Canadien de l’AED
Publié sur le web 7 août, 2019

Ces cinq années ont été un calvaire. Avec le recul, avez-vous tiré des leçons de tout ce que vous avez vécu ?

Quand un peuple n’a plus rien à perdre, dans un certain sens, c’est très libérateur, et c’est sur cette base claire de courage renouvelé que je peux maintenant parler au nom de mon peuple et dire la vérité. Mais je tiens à préciser que nous sommes un peuple qui a enduré la persécution avec patience et foi pendant 1 400 ans et qui fait maintenant face à une lutte pour sa survie, notre ultime bataille en Irak. La cause la plus immédiate est l’attaque menée par l’État Islamique (EI), qui a entraîné le déplacement de plus de 125 000 chrétiens de leurs terres ancestrales et nous a laissés, en une seule nuit, sans abri, sans travail ni aucun bien, sans églises ni couvents, sans la possibilité de participer à l’une des choses normales de la vie qui donnent de la dignité : les visites familiales, les célébrations de mariages et de naissances, les deuils. Nos oppresseurs ont confisqué notre présent tout en essayant d’effacer notre histoire et de détruire notre avenir. Il s’agit d’une situation exceptionnelle, mais non isolée, qui s’inscrit dans le cycle récurrent de la violence au Proche-Orient depuis plus de 1 400 ans.

Donc, en fait, l’invasion par l’EI n’était que le sommet de l’iceberg ?

À chaque cycle successif, le nombre de chrétiens a diminué, jusqu’à ce que nous soyons désormais en danger d’extinction. Quel que soit le point de vue adopté, l’extinction se rapproche, et qui peut dire quand elle se produira ? Allons-nous disparaitre à cause d’une catastrophe naturelle ou d’une lente émigration ? Les attaques de l’EI étaient-elles inattendues et nous ont-elles pris par surprise ? C’est ce que diront les médias. Ou peut-être la vérité surgira-t-elle après notre disparition, à savoir que nous avons été constamment et régulièrement éliminés au cours des 1 400 dernières années par un système de croyances qui favorise des cycles réguliers et récurrents de violence contre nous, comme le génocide ottoman de 1916-1922.

Mais au cours de ces 1 400 ans d’oppression des chrétiens, y a-t-il eu des périodes de tolérance musulmane comme alternative à la violence et à la persécution ?

On ne peut nier l’existence de périodes de tolérance relative. Sous Al Rashid a été fondée à Bagdad la Maison de la Sagesse, la grande bibliothèque. Ce fut un temps de prospérité relative où l’érudition chrétienne et juive était valorisée, et où l’épanouissement des sciences, des mathématiques et de la médecine fut rendu possible grâce aux érudits chrétiens nestoriens qui ont traduit des textes grecs, déjà anciens au 9ème siècle. Nos ancêtres chrétiens ont partagé avec les arabes musulmans une profonde tradition de pensée et de philosophie, et ont maintenu avec eux un dialogue respectueux depuis le 8ème siècle. L’âge d’or arabe, comme l’historien Philip Jenkins l’a souligné, s’est construit sur la base de l’érudition chaldéenne et syriaque, une érudition chrétienne. L’imposition de la charia a signifié le déclin de ce grand transfert du savoir et la fin de l’âge d’or de la culture arabe. Un style de dialogue scolastique s’était développé, et cela n’avait pu se produire que parce qu’une succession de califes avait toléré les minorités. Au fur et à mesure que la tolérance prenait fin, la culture et la richesse qui en étaient issues disparaissaient.

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La tolérance est-elle donc la clé du développement des peuples ?

Exactement. Mais ces moments de tolérance ont été une expérience à sens unique : les dirigeants islamiques décident, à leur discrétion et selon leur bon vouloir, si et dans quelle mesure les chrétiens et les autres non-musulmans doivent être tolérés. Ce n’est pas et n’a jamais été une question d’égalité. Fondamentalement, aux yeux de l’Islam, les chrétiens ne sont pas égaux aux musulmans. Nous ne devons pas être traités sur un pied d’égalité, nous ne devons être que tolérés ou non tolérés, en fonction de l’intensité de l’esprit djihadiste du moment. Oui, la racine de tout cela est l’enseignement du djihad, qui est la justification des actes de violence.

Les chrétiens irakiens retournent dans leurs villages. La situation s’améliore-t-elle ? À quoi ressemble la vie des chrétiens et des autres minorités ?

Il y a encore des groupes extrémistes, de plus en plus nombreux, qui prétendent que tuer des chrétiens et des yézidis contribue à répandre l’Islam. En adhérant strictement aux enseignements coraniques, ils prescrivent le statut de dhimmi (citoyenneté de seconde classe) aux minorités, permettant la confiscation des biens et l’application du djizia, la taxe islamique. Mais ce n’est pas tout. Si vous étiez chrétiens en Irak ou ailleurs au Proche-Orient, vous n’accepteriez jamais un seul instant le poids qui nous écrase et que nous subissons depuis des siècles. Selon la Constitution de mon pays, nous sommes des citoyens de rang inférieur, nous sommes à la merci de ceux qui se proclament supérieurs à nous. Notre humanité ne nous procure aucun droit.

Dans les pays occidentaux, vous êtes égaux devant la loi. Ce principe fondamental de la vie européenne et américaine est le fondement de l’ordre civil chrétien, selon lequel nous sommes tous les enfants d’un Dieu aimant, créés à son image et à sa ressemblance, qui nous donne à chacun la dignité et nous exhorte au respect mutuel. La sécurité civile naît d’une vision du monde qui valorise chaque être humain non pas en raison de sa position ou de sa fonction, mais simplement parce qu’il est un être humain. Cette vision des choses a été le grand don de la tradition judéo-chrétienne. Reconstruire la société civile, c’est la reconstruire pour tous. Chacun occupe une place, et chacun a la possibilité de s’épanouir.

La vérité est qu’il y a une crise fondamentale au sein de l’Islam lui-même, et si cette crise n’est pas reconnue, traitée et résolue, alors il ne peut y avoir d’avenir pour la société civile au Proche-Orient, ni même nulle part où l’Islam l’emporte sur la nation.

 

Certains disent que la brutalité et la violence de l’EI ont également changé le monde islamique. Qu’en pensez-vous ?

Il est clair que l’EI a choqué la conscience mondiale et a également choqué la conscience des pays à majorité musulmane. La question est maintenant de savoir si l’Islam continuera ou non une trajectoire politique dans laquelle la charia est la base du droit civil, et où presque tous les aspects de la vie sont circonscrits à la religion, ou si un mouvement plus civique et tolérant va se développer.

La défaite de l’EI ne s’est pas accompagnée de la défaite de l’idée du rétablissement du califat. Cette idée a refait surface et est maintenant fermement ancrée dans les esprits dans tout le monde musulman. Et cette idée du califat porte dans son sillage toutes les structures formelles historiques d’inégalité et de discrimination à l’encontre des non-musulmans. Et à cet égard, je ne parle pas seulement de l’Irak. Nous voyons des dirigeants d’autres pays du Proche-Orient agir clairement d’une manière compatible avec la restauration du califat.

Comment pensez-vous que l’Occident va réagir face à cela ?

C’est une question cruciale, et les minorités religieuses du Proche-Orient aimeraient en connaître la réponse. L’Occident va-t-il continuer à tolérer cette persécution organisée et sans fin contre nous ? Lorsque la prochaine vague de violence commencera à nous frapper, est-ce que quelqu’un dans vos universités organisera des manifestations et portera des pancartes qui disent : « Nous sommes tous chrétiens » ? Et oui, je parle de la « prochaine vague de violence », parce qu’il s’agira tout simplement du résultat naturel d’un système de gouvernement qui prêche l’inégalité et justifie la persécution. L’équation n’est pas compliquée. Il est enseigné à un groupe qu’il est supérieur aux autres et qu’il a le droit de traiter les autres comme des êtres inférieurs, en fonction de leur foi et de leurs pratiques religieuses. Cet enseignement conduit inévitablement à la violence contre les « inférieurs » qui refusent de changer de foi. Cela résume l’histoire des chrétiens au Proche-Orient de ces 1 400 dernières années.

Mais quelle pourrait être la solution ? Comment construire un avenir meilleur ?

Le changement se produira à la suite d’un travail conscient au sein du monde musulman lui-même. Nous en voyons peut-être un début de commencement en Égypte, en Jordanie, en Asie, et même en Arabie Saoudite. Il reste certainement à voir s’il y a une réelle sincérité dans tout cela.

 

Le christianisme a-t-il une mission prophétique au Proche-Orient ?

Mon rôle est missionnaire : témoigner quotidiennement des enseignements du Christ, montrer la vérité du Christ et donner l’exemple vivant à nos voisins musulmans d’un chemin vers un monde de pardon, d’humilité, d’amour et de paix. Afin qu’il n’y ait pas de confusion, je ne suis pas en train de parler de conversion. Je parle plutôt de la vérité fondamentale du pardon que les chrétiens d’Irak peuvent partager, et que nous pouvons partager à partir d’une position de clarté morale historiquement unique. Nous pardonnons à ceux qui nous assassinent, qui nous torturent, qui nous violent, qui cherchent à détruire tout ce qui a à voir avec nous. Nous leur pardonnons. Au nom du Christ, nous leur pardonnons. Et c’est ce que nous disons à nos voisins musulmans : apprenez cela de nous. Laissez-nous vous aider à guérir. Vos blessures sont aussi profondes que les nôtres. Nous le savons. Nous prions pour votre guérison. Guérissons ensemble notre pays blessé et torturé.

Et qu’en est-il de notre société laïque en Occident ? À votre avis, quel est notre rôle ?

Nous vous demandons de considérer notre situation honnêtement, telle qu’elle est réellement, et non pas selon les interprétations d’un relativisme historique qui réduit, ou plutôt insulte, la réalité de notre souffrance, nous privant ainsi même de la dignité de notre persévérance dans la foi. Le but ultime de la lutte est de comprendre la nature de la bataille menée. Pour ce faire, vous devrez vous demander : combien de temps une société modérée et décente peut-elle survivre sans l’influence des institutions chrétiennes ? Combien de temps la tradition peut-elle durer après la mort de la foi ?  Comment le vide sera-t-il comblé ? Le rôle que les communautés chrétiennes jouent ou ont joué dans les sociétés islamiques a été négligé, de même que le fait qu’un tel rôle soit un élément important de la formation de la société civile dans la majeure partie du monde. Il faut le souligner parce que la situation en Irak a malheureusement été mal comprise par les dirigeants occidentaux. Il n’y a aucune raison de croire qu’ils comprendront mieux les mêmes signes et les mêmes présages dans leur propre pays. Pensez-vous que vous soyez loin du chaos irakien ? Laissez-moi vous dire que vous n’êtes qu’à six heures d’avion.

En parlant de dirigeants, quel devrait être le rôle des politiciens ?

Nous les appelons à unir leurs efforts pour assurer l’égalité de traitement pour toutes les minorités en Irak et ailleurs. Nous prions également pour que les politiciens aient l’humilité de reconnaître que leurs théories ont été presque universellement erronées, basées sur des appréciations fondamentalement fausses du peuple irakien et de sa situation. En raison de ces politiques malavisées, conçues dans le confort et la sécurité imputables à l’éloignement géographique, et abordées par les médias comme des questions intellectuelles partisanes, des centaines de milliers de personnes innocentes sont mortes.  Tout un pays a été détruit et laissé à la merci des chacals. Toute cette horreur a commencé au niveau politique, c’est pourquoi nous demandons à ceux d’entre vous qui continuent d’avoir accès à l’élaboration des politiques de votre pays de se rappeler tous les jours que vos choix politiques et ceux de vos alliés ont comme conséquence la vie ou la mort. S’il vous plaît, soyez humbles et assurez-vous de bien comprendre les gens que vous condamnez. Comprendre ce qui s’est passé en Irak implique d’être honnête quant à la nature et au but de l’ordre civil chrétien. Cela signifie être honnête quant à la nature et au but des lois islamiques. Cela signifie être honnête quant à ce qui se passe quand ils se rencontrent tous deux dans un seul endroit. Je comprends bien que ce soit un sujet difficile à aborder lorsqu’on vit dans le confort d’un pays pacifique, mais pour les chrétiens irakiens, ce n’est pas une question abstraite.

 

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Peut-être la question la plus douloureuse : Faisons-nous face à la fin du christianisme en Irak ?

C’est possible, admettons-le. Avant 2003, nous étions près d’un million et demi de fidèles : six pourcents de la population irakienne. Aujourd’hui, peut-être ne sommes-nous que 250 000, peut-être moins, et ceux d’entre nous qui restent doivent être prêts au martyre.

En fin de compte, tout le monde fait face à un moment de vérité. Permettra-t-on qu’un peuple pacifique et innocent soit persécuté et éliminé à cause de sa foi ? Et, parce qu’il ne veut pas dire la vérité aux persécuteurs, le monde sera-t-il complice de notre élimination ? Le monde doit comprendre qu’alors que nous sommes en danger d’extinction, nous ne resterons pas en silence. À partir de maintenant, nous dirons la vérité et vivrons la vérité, pleinement donnés à notre témoignage et à notre mission chrétienne, de sorte que si jamais nous disparaissions, personne ne puisse dire : comment cela a-t-il pu arriver ? Les chrétiens sont un peuple d’espérance. Mais le fait d’être confrontés à notre fin nous apporte aussi la clarté, et avec elle, le courage de dire enfin la vérité. L’espoir de rester dans notre antique patrie dépend maintenant de notre capacité et de celle de nos oppresseurs — et du monde entier — d’admettre ces vérités. La violence et la discrimination à l’égard des innocents doivent cesser. Ceux qui les prêchent doivent s’arrêter. Nous, chrétiens d’Irak, qui avons fait face à 1 400 ans de persécution, de violence et de génocide, sommes prêts à élever la voix et à témoigner face à nos oppresseurs et au monde, quelles que soient les conséquences.

Projet de la semaine AED – Bosnie-Herzégovine – Construction

05.06.2019 in Adaptation Mario Bard, AED, Bosnie, Construction, Europe de l'Est, PROJETS AED

Projet de la semaine AED – Bosnie-Herzégovine – Construction

Texte par ACN International
Adapté par Mario Bard 
Publié sur le web,  5 juin, 2019

Le Centre de pastorale jeunesse Saint-Jean-Paul II : un succès éclatant !

En 2015, un Centre de pastorale jeunesse a été inauguré à Sarajevo, capitale de la Bosnie-Herzégovine. Il est ouvert à tous les groupes ethniques du pays. Il a été consacré à Saint Jean-Paul II, qui avait la jeunesse particulièrement à cœur et qui a su lui redonner de l’élan, par exemple grâce aux Journées mondiales de la Jeunesse.

 

Le Centre est un succès éclatant : chaque année, 10 000 jeunes de 10 ans et plus prennent part aux rencontres, sessions de formation et activités de loisir à caractère pastoral. Les mots d’ordre sont : « Rencontre – réconciliation – construire la paix et l’avenir ensemble ». Le Centre dispose de 20 employés à temps plein qui, avec 300 bénévoles environ, accomplissent les nombreuses activités pastorales. Aide à l’Église en Détresse a soutenu la création du centre à hauteur d’environ 750 000 dollars.

Une Église fragile

Les jeunes qui sont impliqués dans le centre Saint-Jean-Paul II sont souvent aussi très actifs dans leurs paroisses. Ils démontrent ainsi que, dans ce pays, il est possible de vivre ensemble pacifiquement, de trouver du travail, fonder une famille et construire sa vie. L’objectif est également de promouvoir la coexistence des différents groupes ethniques et religieux, afin de construire des ponts pour un avenir pacifique. Pour que l’avenir soit meilleur, c’est le travail auprès de la jeunesse qui est important. Celui-ci assure aussi la survie de l’Église.

De 1992 à 1995, pendant la guerre de Bosnie, la moitié des 500 000 Croates catholiques ont été expulsés ou ont émigré. Encore aujourd’hui, environ 10 000 personnes en moyenne, dont beaucoup de catholiques, quittent le pays chaque année parce qu’ils sont désavantagés sur le marché du travail, dans les écoles et dans la vie sociale ; ils n’ont aucune perspective d’avenir. Par contre, les jeunes qui sont profondément enracinés dans leur paroisse restent et croient en l’avenir.

Comme les capacités du Centre de Sarajevo sont trop faibles par rapport à la demande, un autre centre a été ouvert dans le nord du pays. Il dispose de possibilités d’hébergement pour dix personnes et de nombreuses activités y sont organisées, telles que des séminaires pour les responsables de groupes de jeunes, des initiatives interreligieuses et œcuméniques et bien plus encore. Sur son terrain, il y a aussi une ferme avec des animaux et un verger où les jeunes trouvent du travail. Le Centre fonctionne déjà, mais les dernières réparations n’ont pas encore été effectuées, par exemple dans les salles de bains et les toilettes. 

Par ailleurs, les responsables veulent construire un amphithéâtre extérieur. Aide à l’Église en Détresse voudrait fournir une aide de 30 000 dollars afin que de soutenir la continuité des travaux.

https://secure.acn-canada.org/fr/appuyer-aed/ Vous désirez soutenir ce projet ou tout autre projet semblable ? Cliquez sur le bouton ci-dessous, et sélectionner ‘Projet de la semaine’.

AED-Entrevue – Au Venezuela, lueurs d’espoir au milieu de la crise

03.06.2019 in ACN International, Adaptation Mario Bard, AED, AED Canada, Aide à l'Église en détresse., Amérique du Sud, Venezuela, Voyager avec l'AED

AED-Entrevue – Au Venezuela, lueurs d’espoir au milieu de la crise

Entrevue et texte par Maria Lozano, ACN International
Adapté par Mario Bard 
Publié sur le web, 3 juin, 2019

Crise au Venezuela : « Une petite lueur d’espoir »

Au Venezuela, il semble qu’un premier pas vers le changement ait été franchi grâce aux premiers entretiens qui se sont déroulés à Oslo, en Norvège entre du 25 au 29 mai, précédés de contacts faits à la mi-mai.

Avec la collaboration du gouvernement de ce pays neutre, ces contacts constituent une première tentative pour résoudre la crise. Il s’agit « d’entretiens exploratoires » entre des représentants du gouvernement de Nicolás Maduro et des représentants de l’opposition, comme l’explique le Père José Virtuoso, recteur de l’Université catholique Andrés Bello à Caracas (Venezuela). Cela fait apparaître « une petite lueur d’espoir » explique le prêtre jésuite dans un entretien qu’il a accordé à l’Aide à l’Église en Détresse (AED).

 


Êtes-vous optimiste quant aux pourparlers d’Oslo ?

Oui. Nous savions que des rencontres informelles s’étaient déjà déroulées entre l’opposition et le gouvernement de Nicolás Maduro. Il s’agissait plutôt d’entretiens exploratoires – sans aucun engagement. Cette fois-ci, les contacts à Oslo impliquent l’engagement « officiel » d’un gouvernement, en l’occurrence celui de la Norvège. C’est un premier aspect positif. Le deuxième aspect positif est que cela démontre que le gouvernement du président Nicolás Maduro et celui du président Juan Guaidó sont ouverts pour chercher des possibilités d’entente. Il ne faut exclure aucune possibilité permettant de sortir de la crise vénézuélienne.

 

Ces entretiens se situent encore dans une phase très précoce. Est-ce qu’il y a Déjà des mesures concrètes qui en résultent ?

Il n’y a encore rien de concret et la manière de procéder n’a même pas encore été déterminée. Jusqu’à présent, il s’agit d’étapes exploratoires. Toutes les parties présentes – autant le gouvernement norvégien que le gouvernement Maduro ainsi que le président Guaidó – ont évoqué un processus exploratoire. En aucun cas nous ne pouvons parler d’un processus de dialogue ou de négociation. Nous sommes encore dans un processus de recherche de solutions.

 

Est-ce que ces tentatives de rapprochement sont en lien avec l’action de Juan Guaidó qui, le 30 avril dernier, a appelé l’armée à le soutenir ?

Je pense que depuis le 30 avril, nous sommes clairement dans une impasse : ni le gouvernement Maduro – qui souhaite écraser ses ennemis – ni le président par intérim Guaidó – qui veut mettre un terme à l’usurpation du pouvoir – n’ont bougé. Pour sortir de cette impasse qui est devenue manifeste le 30 avril dernier, nous devons chercher d’autres issues, nous devons explorer d’autres possibilités.

Quelle est l’attitude adoptée par l’Église ? Il y a presque deux ans, l’Église a participé à des tentatives de dialogue. Mais, se sentant instrumentalisée, elle s’est retirée…

Les tentatives précédentes, que ce soit les entretiens auxquels le Vatican a participé au début ou plus tard avec le processus entre le gouvernement et l’opposition à Saint-Domingue, ont échoué. Je pense que ces rencontres n’étaient pas bien préparées et ont été mal développées. Considérons l’exemple de la Colombie : là-bas, les entretiens et les accords entre le gouvernement colombien et les FARC reposaient sur un processus très long et très bien préparé, qui n’a été entamé qu’au moment où il existait déjà une véritable volonté de négociation. Au Venezuela, cette volonté n’existe pas encore véritablement. Elle doit d’abord être construite et renforcée. Il ne faut pas aller trop vite, parce que le processus pourrait être abandonné. Je pense que c’est ce qui s’est passé lors des tentatives précédentes. Nous devons essayer de trouver une voie stable pour parvenir à un accord éventuel. C’est pourquoi je dis que ce sera un processus lent et difficile. Mais je pense qu’au final, les Vénézuéliens le veulent.

Comparer aux tentatives antérieures, croyez-vous que cette fois sera différente, parce que Nicolás Maduro a compris que ça ne pouvait pas continuer ainsi ?

Je pense que, non seulement l’opposition, mais tous les Vénézuéliens ont des doutes considérables et surveillent avec défiance les avancées de ces processus. Le gouvernement reste déterminé à ne pas reconnaître l’opposition et la possibilité d’un accord. Pour cette raison, nous continuons d’entrevoir les choses avec un certain scepticisme. Mais d’une manière ou d’une autre, nous nous engageons sur cette voie. Comme il y a là une petite lueur d’espoir, nous devons essayer de l’entretenir afin qu’elle ne s’éteigne pas, mais qu’au contraire, elle devienne encore plus claire. Par ailleurs, l’ONU soutient ce processus, les pays du groupe de Lima le voient positivement ainsi que les pays de l’Union européenne. Je crois que la communauté internationale, y compris les États-Unis qui ont adopté une position plus dure, s’accorde pour dire qu’une solution sans violence est préférable à une solution violente. Et c’est évidemment la position de l’Église : faciliter, soutenir, créer les conditions d’une solution pacifique au conflit vénézuélien.

Évoquons maintenant la situation de la population. Les médias du monde entier ont parlé des coupures d’électricité durant plusieurs jours sur l’ensemble du Venezuela. Qu’en est-il actuellement de cette situation ainsi que du ravitaillement en denrées alimentaires dans le pays ?

L’approvisionnement énergétique s’est normalisé dans les grandes villes, en particulier dans le centre du pays, comme à Caracas et dans d’autres villes importantes du centre. En revanche, dans les régions frontalières, c’est un véritable drame. Dans l’État du Zulia, à la frontière de la Colombie, la situation est déplorable. C’est l’État le plus peuplé, comptant la deuxième plus grande ville du pays, mais l’alimentation électrique y reste toujours très irrégulière. La situation est similaire dans les deux États frontaliers de Táchira et de Mérida, à l’ouest du pays, où vit une très grande partie de la population. Ainsi, ce problème s’est résolu dans certaines parties du pays et dans d’autres, c’est toujours le même drame. C’est terrible !

 

Nicolás Maduro a maintenant permis à la Croix-Rouge d’entrer pour fournir de l’aide humanitaire. Est-ce que c’est une solution ?

En réalité, l’aide humanitaire est fortement réduite. Ainsi, certaines fournitures médicales et des groupes électrogènes ont été livrés à des hôpitaux, ce qui est une bonne chose. Mais, on a l’impression que beaucoup de pays aimeraient coopérer de manière plus active en envoyant à la population du matériel médical, des médicaments et des denrées alimentaires, mais qu’on ne leur en donne pas la possibilité.

En qualité de recteur de l’université, vous êtes particulièrement préoccupé par la question de l’éducation. Comment se présente la situation dans ce domaine ?

Je suis très inquiet à cause du système éducatif qui se détériore au Venezuela. Les enfants et les jeunes ne peuvent venir régulièrement en classe à cause des problèmes de transport ou d’alimentation. Tous nos établissements scolaires, nos lycées et nos universités souffrent des terribles conséquences de l’émigration des enseignants et des professeurs. Étudier au Venezuela devient presque un exploit.

 

 

Il y a presque deux ans que nous parlons de la situation au Venezuela. Le moment pourrait arriver où les gens diront : « Eh bien, on ne peut rien faire ! » Comment ne pas perdre courage ?

Le Venezuela a un besoin urgent de l’aide du monde entier. Après la Deuxième Guerre mondiale ainsi que dans les terribles années 1950, durant les années de la reconstruction, beaucoup d’Européens sont venus s’établir au Venezuela. Je suis moi-même fils d’un immigrant européen, d’un Italien venu de Sicile. Beaucoup de Vénézuéliens sont des enfants ou des petits-enfants d’immigrants qui ont beaucoup apporté au pays. L’Europe devrait rendre le soutien que le Venezuela lui a donné à d’autres époques. Il s’agit là d’un soutien solidaire et d’un soutien économique qui peuvent être fournis de nombreuses façons. Je voudrais encourager à persévérer dans ce soutien, car il engendre un sentiment de solidarité très important.

AED-Nouvelles : l’appel du patriarche chaldéen Sako pour que les droits des minorités soient garantis en Irak

27.05.2019 in adaptation : Mario Bard, AED, International Catholic Charity Aid to the Church in Need, Irak, Moyen-Orient, persécution

 Irak

Une « discrimination constante et l’incertitude » poussent les chrétiens à quitter l’Irak

 

Le chef de l’Église chaldéenne interpelle le gouvernement irakien à mettre en place et à faire respecter les lois « qui garantissent aux chrétiens et aux autres minorités religieuses… la pleine citoyenneté et la liberté de pratiquer leurs religions sans équivoques ».

Montréal, le 24 mai 2019 – « L’absence de mesures sérieuses » pour protéger les droits des religions minoritaires dans le pays, estime le cardinal Louis Raphaël Sako dans une déclaration dont Aide à l’Église en Détresse (AED) a obtenu copie, « poussera le reste des chrétiens et les minorités à choisir l’émigration ».

Les chrétiens et les minorités « ont joué un rôle important en enrichissant la diversité culturelle, sociale et économique de l’Irak, en faisant de précieuses contributions à l’éducation, à la santé, à l’administration publique et aux services sociaux », estime le cardinal. Sans eux, l’Irak deviendrait « un pays uniformisé [qui] pourrait s’isoler du monde et [qui] pourrait engendrer une sorte de radicalisme [et] de fanatisme ethnique et sectaire ».

 

Dans sa déclaration, le patriarche Sako énumère un certain nombre de facteurs qui poussent les chrétiens et les autres minorités à quitter le pays. Il s’agit notamment de la « fragilité de la situation en matière de sécurité » et de la « faiblesse institutionnelle de l’Irak en matière de justice », de l’incapacité de l’État à protéger les non-musulmans contre la discrimination dans les domaines de « l’éducation, l’emploi et la vie sociale », ainsi qu’au niveau politique. Le cardinal déplore que des chrétiens exceptionnellement compétents au niveau professionnel se voient refuser des postes, uniquement à cause de leur foi. Ce sont « la qualification et la compétence », insiste le cardinal, et non la religion d’un individu, qui devraient être des « critères d’embauche ».

 

Les chrétiens privés de sièges au parlement 

De plus, le patriarche fait observer que les chrétiens sont privés de leur quota légitime de cinq sièges au Parlement irakien. Il en appelle à la mise en place d’un « droit civil pour tous les Irakiens », plutôt qu’à la soumission des chrétiens et des autres minorités religieuses « à un Tribunal islamique en ce qui concerne les questions spirituelles, religieuses, de mariages, de successions, etc. ».

Le patriarche Sako propose également un certain nombre de « mesures concrètes » supplémentaires pour lutter contre « les injustices et la discrimination » subies par les minorités religieuses. Il appelle les dirigeants irakiens et les « pouvoirs politiques » à combattre « l’extrémisme religieux qui fait usage de la violence » et à prendre des mesures pour « désarmer les milices, assurer la sécurité et la stabilité, lutter contre l’extrémisme, la discrimination, le terrorisme et la corruption ».

Dans sa déclaration, le cardinal insiste pour que les dirigeants politiques irakiens promeuvent des « valeurs de citoyenneté » au soutien du bien commun, en s’inspirant des « principes de liberté, de dignité, de démocratie, de justice sociale et de véritable relation entre tous les citoyens irakiens, indépendamment de leurs affiliations religieuse, culturelle et ethnique ». De telles politiques apporteront aux minorités religieuses irakiennes une « coexistence harmonieuse avec les musulmans ».

Enfin, le patriarche appelle à l’adoption de lois qui contribuent à créer « de bonnes conditions qui garantissent aux chrétiens et aux autres minorités religieuses… la pleine citoyenneté et la liberté de pratiquer leurs religions sans équivoques, de préserver leur patrimoine, les monuments archéologiques et historiques comme une partie intégrante de la civilisation irakienne, afin de leur permettre de continuer à vivre dignement ».

Par Joop Koopman pour ACN-International
et Mario Bard, AED-Canada
Publié lundi le 27 mai, 2019