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Adaptation Mario Bard

 

Projet de la semaine AED : Ukraine – des novices en formation

24.07.2019 in ACN Canada, Adaptation Mario Bard, Aide à l'Église en détresse., Formation, PROJETS AED, Religieuses, Ukraine

Projet de la semaine – Ukraine

Soutien à la formation de 13 religieuses novices 

La Congrégation des Servantes du Seigneur et de la Vierge de Matarà se réjouit d’avoir de nombreuses vocations en Ukraine. Treize jeunes novices sont actuellement en formation à Ivano-Frankivsk, en vue de la consécration définitive de leur vie au service de Dieu et des êtres humains.  La plupart d’entre elles ont environ 20 ans.

Les religieuses  accompagnent les jeunes, organisent des retraites, font la catéchèse et s’occupent des orphelins ainsi que des personnes âgées et malades, qui sont souvent en grande détresse en Ukraine.

Des religieuses reçoivent et nourrissent la foi

En été, les jeunes novices aident à organiser des camps de vacances pour les enfants et adolescents, au cours desquels ces derniers peuvent se détendre et s’amuser, tout en approfondissant leur foi en Dieu. Cela permet aux jeunes religieuses de bien s’exercer à la catéchèse.

De plus, l’année dernière, certaines d’entre elles se sont rendues en Italie avec un groupe de 50 jeunes pour une rencontre de la jeunesse. Bien que le trajet en bus ait été long et épuisant, tout le monde était ravi. Sœur Maria Cristiana, la maîtresse des novices, raconte : « Je n’ai encore jamais vu des jeunes aussi enthousiasmés par la vérité et l’expérience communautaire ».

Au pays, la congrégation organise également des pèlerinages au sanctuaire de Krylos. Les pèlerins prient et chantent pendant les 25 kilomètres de marche. Cependant, les sœurs sont également disponibles pour des conversations personnelles au cours desquelles les jeunes peuvent parler librement et poser toutes leurs questions sur la foi ou leurs problèmes personnels. L’année dernière, 400 jeunes y ont participé.

 

L’AED soutient régulièrement la formation des jeunes religieuses et souhaite encore les aider cette année, avec un montant de 11 700 dollars.

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Récit AED : Irak Semer l’espoir pour plus de familles chrétiennes

03.07.2019 in ACN International, Adaptation Mario Bard, Aide à l'Église en détresse., par Xavier Bisits & Iban de la Sota, PROJETS AED

Irak

Semer l’espoir pour plus de familles chrétiennes

Par Xavier Bisits & Iban de la Sota, ACN International
adapté par Mario Bard pour AED-Canada
publié le 3 juillet 2019

Dans le cadre de son programme de reconstruction dans les plaines de Ninive, en Irak, l’œuvre pontificale de charité Aide à l’Église en Détresse (AED) a commencé à restaurer les maisons de 41 familles chrétiennes dans la ville de Bartella. Environ 220 personnes supplémentaires bénéficieront de ce projet, le plus récent d’un programme de l’AED qui a déjà permis la rénovation de plus de 2000 maisons dans la région.

 

Avant l’invasion du groupe État islamique (ÉI) en 2014, Bartella était une ville comptant 3 500 familles chrétiennes (soit environ 17 500 personnes, dont 12 300 Syriens orthodoxes et 5 200 catholiques syriaques). En 2016, lorsque les habitants sont revenus après la libération de la ville, leurs églises avaient été profanées, le drapeau noir de l’ÉI était fixé aux murs de l’église et leurs maisons avaient été incendiées, pillées et endommagées afin d’empêcher à jamais les chrétiens de revenir. D’autres maisons ont plutôt été détruites pendant la libération, par des raids aériens.

 

Une cérémonie marquant le début des travaux a eu lieu le 5 juin dernier, débutant par des lectures de l’Évangile et des prières chantées en syriaque, un dialecte néo-araméen. Le père Benham Lallo, représentant le père Benham Benoka, curé de la paroisse n’ayant pu se rendre à l’événement, a dirigé la cérémonie et servi d’interprète pour le père Andrzej Halemba, responsable de la section Moyen-Orient de l’AED.

 

Ce dernier, dans un message adressé aux familles, a comparé les chrétiens irakiens aux « familles de l’Ancien Testament », chargées de reconstruire Jérusalem à l’époque du Second Temple. Il a également demandé aux personnes présentes de prier pour les bienfaiteurs de l’AED. Ensuite, les oliviers ont été bénis et distribués à chaque famille, symbolisant l’espoir que la paix reviendra dans la région, après de nombreuses années de guerre, et que ces arbres, plantés dans les jardins de ces familles, porteront leurs fruits.

 

 

À la suite de l’invasion de Mossoul et des plaines de Ninive au cours de l’été 2014, l’œuvre pontificale de l’AED a fourni de la nourriture, des abris, des médicaments et une éducation aux chrétiens déplacés et aux autres personnes arrivant à Erbil et ailleurs. Quand les communautés ont commencé à rentrer chez elles après l’expulsion de l’ÉI, l’organisme de bienfaisance a entrepris de reconstruire des maisons, des couvents, des églises et d’autres structures. Les bienfaiteurs de l’AED ont versé 63,933,318 millions de dollars en aide à l’Irak, de 2014 à mai 2019.

AED-Entrevue – Au Venezuela, lueurs d’espoir au milieu de la crise

03.06.2019 in ACN International, Adaptation Mario Bard, AED, AED Canada, Aide à l'Église en détresse., Amérique du Sud, Venezuela, Voyager avec l'AED

AED-Entrevue – Au Venezuela, lueurs d’espoir au milieu de la crise

Entrevue et texte par Maria Lozano, ACN International
Adapté par Mario Bard 
Publié sur le web, 3 juin, 2019

Crise au Venezuela : « Une petite lueur d’espoir »

Au Venezuela, il semble qu’un premier pas vers le changement ait été franchi grâce aux premiers entretiens qui se sont déroulés à Oslo, en Norvège entre du 25 au 29 mai, précédés de contacts faits à la mi-mai.

Avec la collaboration du gouvernement de ce pays neutre, ces contacts constituent une première tentative pour résoudre la crise. Il s’agit « d’entretiens exploratoires » entre des représentants du gouvernement de Nicolás Maduro et des représentants de l’opposition, comme l’explique le Père José Virtuoso, recteur de l’Université catholique Andrés Bello à Caracas (Venezuela). Cela fait apparaître « une petite lueur d’espoir » explique le prêtre jésuite dans un entretien qu’il a accordé à l’Aide à l’Église en Détresse (AED).

 


Êtes-vous optimiste quant aux pourparlers d’Oslo ?

Oui. Nous savions que des rencontres informelles s’étaient déjà déroulées entre l’opposition et le gouvernement de Nicolás Maduro. Il s’agissait plutôt d’entretiens exploratoires – sans aucun engagement. Cette fois-ci, les contacts à Oslo impliquent l’engagement « officiel » d’un gouvernement, en l’occurrence celui de la Norvège. C’est un premier aspect positif. Le deuxième aspect positif est que cela démontre que le gouvernement du président Nicolás Maduro et celui du président Juan Guaidó sont ouverts pour chercher des possibilités d’entente. Il ne faut exclure aucune possibilité permettant de sortir de la crise vénézuélienne.

 

Ces entretiens se situent encore dans une phase très précoce. Est-ce qu’il y a Déjà des mesures concrètes qui en résultent ?

Il n’y a encore rien de concret et la manière de procéder n’a même pas encore été déterminée. Jusqu’à présent, il s’agit d’étapes exploratoires. Toutes les parties présentes – autant le gouvernement norvégien que le gouvernement Maduro ainsi que le président Guaidó – ont évoqué un processus exploratoire. En aucun cas nous ne pouvons parler d’un processus de dialogue ou de négociation. Nous sommes encore dans un processus de recherche de solutions.

 

Est-ce que ces tentatives de rapprochement sont en lien avec l’action de Juan Guaidó qui, le 30 avril dernier, a appelé l’armée à le soutenir ?

Je pense que depuis le 30 avril, nous sommes clairement dans une impasse : ni le gouvernement Maduro – qui souhaite écraser ses ennemis – ni le président par intérim Guaidó – qui veut mettre un terme à l’usurpation du pouvoir – n’ont bougé. Pour sortir de cette impasse qui est devenue manifeste le 30 avril dernier, nous devons chercher d’autres issues, nous devons explorer d’autres possibilités.

Quelle est l’attitude adoptée par l’Église ? Il y a presque deux ans, l’Église a participé à des tentatives de dialogue. Mais, se sentant instrumentalisée, elle s’est retirée…

Les tentatives précédentes, que ce soit les entretiens auxquels le Vatican a participé au début ou plus tard avec le processus entre le gouvernement et l’opposition à Saint-Domingue, ont échoué. Je pense que ces rencontres n’étaient pas bien préparées et ont été mal développées. Considérons l’exemple de la Colombie : là-bas, les entretiens et les accords entre le gouvernement colombien et les FARC reposaient sur un processus très long et très bien préparé, qui n’a été entamé qu’au moment où il existait déjà une véritable volonté de négociation. Au Venezuela, cette volonté n’existe pas encore véritablement. Elle doit d’abord être construite et renforcée. Il ne faut pas aller trop vite, parce que le processus pourrait être abandonné. Je pense que c’est ce qui s’est passé lors des tentatives précédentes. Nous devons essayer de trouver une voie stable pour parvenir à un accord éventuel. C’est pourquoi je dis que ce sera un processus lent et difficile. Mais je pense qu’au final, les Vénézuéliens le veulent.

Comparer aux tentatives antérieures, croyez-vous que cette fois sera différente, parce que Nicolás Maduro a compris que ça ne pouvait pas continuer ainsi ?

Je pense que, non seulement l’opposition, mais tous les Vénézuéliens ont des doutes considérables et surveillent avec défiance les avancées de ces processus. Le gouvernement reste déterminé à ne pas reconnaître l’opposition et la possibilité d’un accord. Pour cette raison, nous continuons d’entrevoir les choses avec un certain scepticisme. Mais d’une manière ou d’une autre, nous nous engageons sur cette voie. Comme il y a là une petite lueur d’espoir, nous devons essayer de l’entretenir afin qu’elle ne s’éteigne pas, mais qu’au contraire, elle devienne encore plus claire. Par ailleurs, l’ONU soutient ce processus, les pays du groupe de Lima le voient positivement ainsi que les pays de l’Union européenne. Je crois que la communauté internationale, y compris les États-Unis qui ont adopté une position plus dure, s’accorde pour dire qu’une solution sans violence est préférable à une solution violente. Et c’est évidemment la position de l’Église : faciliter, soutenir, créer les conditions d’une solution pacifique au conflit vénézuélien.

Évoquons maintenant la situation de la population. Les médias du monde entier ont parlé des coupures d’électricité durant plusieurs jours sur l’ensemble du Venezuela. Qu’en est-il actuellement de cette situation ainsi que du ravitaillement en denrées alimentaires dans le pays ?

L’approvisionnement énergétique s’est normalisé dans les grandes villes, en particulier dans le centre du pays, comme à Caracas et dans d’autres villes importantes du centre. En revanche, dans les régions frontalières, c’est un véritable drame. Dans l’État du Zulia, à la frontière de la Colombie, la situation est déplorable. C’est l’État le plus peuplé, comptant la deuxième plus grande ville du pays, mais l’alimentation électrique y reste toujours très irrégulière. La situation est similaire dans les deux États frontaliers de Táchira et de Mérida, à l’ouest du pays, où vit une très grande partie de la population. Ainsi, ce problème s’est résolu dans certaines parties du pays et dans d’autres, c’est toujours le même drame. C’est terrible !

 

Nicolás Maduro a maintenant permis à la Croix-Rouge d’entrer pour fournir de l’aide humanitaire. Est-ce que c’est une solution ?

En réalité, l’aide humanitaire est fortement réduite. Ainsi, certaines fournitures médicales et des groupes électrogènes ont été livrés à des hôpitaux, ce qui est une bonne chose. Mais, on a l’impression que beaucoup de pays aimeraient coopérer de manière plus active en envoyant à la population du matériel médical, des médicaments et des denrées alimentaires, mais qu’on ne leur en donne pas la possibilité.

En qualité de recteur de l’université, vous êtes particulièrement préoccupé par la question de l’éducation. Comment se présente la situation dans ce domaine ?

Je suis très inquiet à cause du système éducatif qui se détériore au Venezuela. Les enfants et les jeunes ne peuvent venir régulièrement en classe à cause des problèmes de transport ou d’alimentation. Tous nos établissements scolaires, nos lycées et nos universités souffrent des terribles conséquences de l’émigration des enseignants et des professeurs. Étudier au Venezuela devient presque un exploit.

 

 

Il y a presque deux ans que nous parlons de la situation au Venezuela. Le moment pourrait arriver où les gens diront : « Eh bien, on ne peut rien faire ! » Comment ne pas perdre courage ?

Le Venezuela a un besoin urgent de l’aide du monde entier. Après la Deuxième Guerre mondiale ainsi que dans les terribles années 1950, durant les années de la reconstruction, beaucoup d’Européens sont venus s’établir au Venezuela. Je suis moi-même fils d’un immigrant européen, d’un Italien venu de Sicile. Beaucoup de Vénézuéliens sont des enfants ou des petits-enfants d’immigrants qui ont beaucoup apporté au pays. L’Europe devrait rendre le soutien que le Venezuela lui a donné à d’autres époques. Il s’agit là d’un soutien solidaire et d’un soutien économique qui peuvent être fournis de nombreuses façons. Je voudrais encourager à persévérer dans ce soutien, car il engendre un sentiment de solidarité très important.

Récit de l’AED : Continuer pour des femmes qui n’ont plus rien au Cap-Vert

16.05.2019 in Adaptation Mario Bard, Adaptation Mario Bard, AED Canada, Cap-Vert, Texte par Robert Lalonde

Cap-Vert, Afrique

Continuer pour des femmes qui n’ont plus rien

Lors d’un voyage à l’archipel du Cap-Vert en février 2019, Robert Lalonde, collaborateur régulier de l’Aide à l’Église en Détresse (AED), s’est entretenu avec Sœur Romualda Tavares, responsable provinciale de la Congrégation des Filles du Saint-Cœur de Marie pour le Cap-Vert, qui compte également en son territoire la Guinée Bissau. L’archipel du Cap-Vert est un petit pays situé au large de la côte nord-ouest de l’Afrique, constitué de dix îles, dont neuf sont habitées.

***

Le pays comprend deux diocèses, celui de Santiago – le plus vieux de l’Afrique moderne – et celui de Mindelo, qui dessert une population de 535 000 habitants, dont plus de 90% sont chrétiens. Parmi les nombreuses congrégations présentent auprès de la population, celle des Filles du Saint-Cœur de Marie (FSCM) possède le plus grand nombre de communautés : neuf sur l’ensemble de l’archipel. C’est aussi la plus ancienne congrégation autochtone de l’Afrique.

En plus de me permettre d’apprécier le décor époustouflant de l’île de Santiago, ma visite en compagnie de sœur Romualda m’a fourni l’occasion de rencontrer presque la totalité de la quarantaine de religieuses faisant partie des six communautés sur l’île qui les englobent: Calcheta (2), Praia – la capitale –, Santiago, Somada et Tarrafal. À ces religieuses, toutes Cap-Verdiennes, s’ajoutent les aspirantes, les postulantes et les novices qui assureront l’avenir de la congrégation.

Pendant notre parcours, sœur Romualda m’a partagé les soucis qu’elle entretient pour chacune d’elles, sans jamais perdre de vue la gratitude qui l’anime envers celles qui l’ont précédée : « Je suis arrivée comme aspirante dans la communauté de Calcheta en 1976, la première fondée par les FSCM au Cap-Vert, et j’ai été accueillie par sœur Régina, une pionnière qui nous a tout donné. »

Cette religieuse visionnaire sait que, pour produire des fruits, il est essentiel de nourrir ses racines, mais aussi l’espoir d’un monde meilleur en se donnant corps et âme. Soucieuse de préserver l’unité exemplaire régnant au sein de ses communautés, c’est avec autant d’enthousiasme qu’elle m’a parlé de l’une que de l’autre. Et s’il y a plusieurs projets pressants à réaliser, quand il s’est agi d’en privilégier un, c’est sur celui de Terrafal, une petite localité située au bord de la mer, que son choix s’est arrêté.

Les conséquences

Il y a quelques années, les FSCM ont planifié construire un édifice qui devait inclure un centre social et une résidence d’hébergement pour les religieuses. Ce centre, dont la vocation est d’accueillir des enfants en garderie, ainsi que des femmes pour, d’une part leur apprendre diverses activités manuelles, et d’autre part pour les sortir d’un milieu de violence conjugale, est aujourd’hui partiellement en fonctionnement.
Par contre, bien que la communauté ait un terrain, le projet de construction d’une résidence d’hébergement n’a pu être réalisé. Ainsi les religieuses doivent-elles habiter dans le centre qui constitue leur lieu de travail. Cette situation devient problématique pour plusieurs raisons, dont certaines fondamentales, puisque la vie en communauté n’est pas vécue selon les règles même de la constitution par laquelle elles sont régies.

« Si occupées que nous soyons par des travaux professionnels ou apostoliques, prônait notre fondateur, nous préservons à tout prix des temps forts de prière, gage de notre force, de notre vitalité et de notre efficacité apostolique ». Cette vie de prière est la source où elles puisent leur dynamisme apostolique.

Or, en restant en permanence sur les lieux du travail, non seulement les religieuses ne prennent-elles pas de recul quant à leur apostolat quotidien, mais de plus, elles n’ont pas de lieu privilégié pour vivre ensemble l’essence même de leur spiritualité. Qui plus est, les locaux qui leur servent de chambres se situent au deuxième étage. Cela représente un inconvénient majeur pour les sœurs vieillissantes dont la santé physique est en régression.

De plus, elles doivent actuellement s’accommoder d’une chapelle de dépannage, puisque celle-ci est aménagée dans une petite pièce qui devrait tenir lieu de local pour l’une ou l’autre des activités liées à la vocation du centre. Cette situation n’est assurément pas propice à un recueillement de qualité.

Enfin, que penser des conséquences subies par les personnes visées par le projet? Les chambres utilisées par les religieuses enlèvent de l’espace pour les activités prévues pour les femmes. Par exemple, ces espaces devraient plutôt servir à des salles de couture et autres travaux manuels, ou encore à des lieux de transition lorsqu’elles sont victimes de violence conjugale. Cela signifie que des femmes, privées d’un tel lieu, vivent actuellement une situation précaire tant physiquement que psychologiquement. Conséquemment, elles sont donc empêchées de s’engager dans un processus de mieux-être.

Malgré les difficultés, les religieuses continuent d’assurer un travail formidable. Elles sont le moteur de tant de changements chez des femmes qui, autrement, se sentiraient totalement dépourvues et sans protection. Le courage des religieuses de Tarrafal est ancré dans la mise en action des valeurs de l’Évangile. Grâce à Dieu!

La situation des chrétiens dans le monde – 2019

06.05.2019 in Adaptation Mario Bard, Adaptation Mario Bard, MONDE, Persécution, Voyager avec l'AED, Voyagez avec AED

MONDE

 

2019 s’annonce sanglante pour les chrétiens

 

L’œuvre pontificale Aide à l’Église en Détresse (AED) s’inquiète de l’augmentation des attaques perpétrées dans le monde entier contre des chrétiens. « Les attentats à l’explosif commis avec une extrême brutalité contre des églises et des hôtels au Sri Lanka le matin du dimanche de Pâques montrent que dès à présent, 2019 s’avère être l’une des années les plus sanglantes pour les chrétiens », a déclaré Thomas Heine-Geldern, président de l’AED-International.

Rien que durant les quatre premiers mois de cette année, l’œuvre de bienfaisance qui s’engage en faveur des chrétiens persécutés et en détresse dans plus de 140 pays a parlé publiquement des exactions suivantes :

    • – Attaques des islamistes de la Séléka contre une mission dans l’évêché de Bangassou en République centrafricaine au tournant de l’année, avec des douzaines de morts et environ 20 000 personnes déplacées qui ont fui les violences ;

 

    • – Attentat islamiste contre la cathédrale de Jolo, au sud des Philippines, qui a fait vingt morts et environ 90 blessés fin janvier ;

 

    • – Attentats commis à la mi-mars contre des villageois chrétiens par des membres de la tribu majoritairement musulmane des Foulani, dans l’État fédéral nigérian de Kaduna, et qui ont coûté la vie à plus de 130 personnes ;

 

  • – Exactions de nationalistes extrémistes hindous commises fins mars contre un établissement scolaire catholique dans l’État fédéral indien du Tamil Nadu, lors desquelles s’est déroulée une véritable chasse aux religieuses qui y travaillent.

 

Jesus

La persécution chrétienne ne connaît plus de limite

Heine-Geldern

 

« Les attentats au Sri Lanka constituent l’apogée sanglant d’une évolution qui dure depuis quelques années déjà : la persécution des chrétiens ne connaît aucune limite », estime M. Heine-Geldern. « Elle ne s’arrête jamais, même durant les plus grandes fêtes de la chrétienté. Elle se montre sans pitié envers les innocents, qui sont souvent considérés comme boucs émissaires des évolutions mondiales ». Après les attentats au Sri Lanka, le groupe État islamique (ÉI) a revendiqué ces violences. Les services de sécurité supposent que les attentats à la bombe ont pu avoir été organisés et commis en tant qu’actes de vengeance du massacre de Christchurch, en Nouvelle-Zélande. À la mi-mars, un homme âgé de 28 ans y a tué 49 personnes, dans deux mosquées.

Aide à l’Église en Détresse insiste sur le fait que la menace islamiste persiste au Moyen-Orient, ainsi qu’en Afrique, avec la violence exercée par Boko Haram au nord du Nigéria. « C’est une fausse idée de croire que le groupe ÉI est vaincu sur le plan militaire et n’existe donc plus. En effet, l’idéologie est bien vivante, les adeptes sont toujours en vie, les voies de communication semblent fonctionner. Nos partenaires de projet au Moyen-Orient restent toujours extrêmement préoccupés », poursuit Thomas Heine-Geldern.

 

La religion, utilisée pour créer le chaos. Plus récemment, la situation dans des pays du continent américain comme le Mexique, le Nicaragua et le Venezuela a également suscité des inquiétudes à l’AED. À la suite des turbulences politiques, des évêques et des prêtres sont sans cesse victimes d’exactions. « Il s’agit ici d’un mélange d’idéologies politiques et de reproches selon lesquellesl’Église interviendrait de manière injustifiée parce qu’elle appelle à la résistance contre des gouvernements autoritaires ou contre la corruption. L’Église devient la cible d’agressions et de violences », explique Monsieur Heine-Geldern.

La religion : une arme utilisée à tort

Dans de nombreuses régions du monde, la religion est utilisée comme une arme politique afin de déséquilibrer des pays et de les entraîner dans le chaos. Actuellement, c’est exactement ce qui se passe au Sri Lanka. Là, l’Église s’efforce de manière intensive d’empêcher que la douleur causée par les actes de violence n’engendre un cercle vicieux. « L’équilibre de la société repose en grande partie sur la coexistence pacifique des différentes religions. C’est l’objectif en faveur duquel s’engagent nos partenaires de projet », assure le président de l’AED.

Malheureusement, il est rare que le grand public obtienne des informations sur les exactions antichrétiennes. Le cas d’Asia Bibi, cette mère de famille chrétienne pakistanaise initialement condamnée à la peine de mort pour blasphème et acquittée en dernier recours, est un bon exemple. Grâce à ce cas, Le monde a pu entendre parler de la situation dangereuse et parfois mortelle dans laquelle vit la minorité chrétienne du Pakistan. Conjointement avec d’autres organisations, l’AED s’était engagé en faveur de sa libération. Cependant, le destin d’Asia Bibi reste incertain.

Les extrémismes religieux et politiques : causes principales de la persécution

L’islamisme fondamentaliste, les nationalismes exacerbés et les idéologies autoritaires restent les moteurs principaux de la persécution des chrétiens et d’autres minorités religieuses. Tel est le constat du Rapport sur la liberté religieuse dans le monde (Religious Freedom Report), que l’AED a présenté en novembre 2018 et qui met en lumière la situation dans 196 pays.

« C’est avec une très grande préoccupation que nous observons que ces trois évolutions ne décroissent malheureusement pas – bien au contraire. Ce peut être observé actuellement dans des États africains tels que le Burkina Faso, le Niger et le Bénin. Les hostilités contre les missions, les prêtres et les religieuses y prennent des proportions dramatiques. La population a de plus en plus peur », constate Thomas Heine-Geldern.

Il est impératif de donner un nom à cette évolution amère. « Il appartient aux gouvernements du monde et à l’ONU d’être des artisans de la paix, de garantir la liberté religieuse et d’assurer la défense des minorités contre les exactions antireligieuses », a dit Thomas Heine-Geldern. Du côté des pouvoirs religieux, il s’agit de soutenir les chrétiens persécutés, à travers la prière et des aides actives, ainsi que de leur donner une voix et un visage, demande Thomas Heine-Geldern.

« C’est l’objectif en faveur duquel l’AED s’engage depuis plus de 70 ans. Et compte tenu de la violence croissante contre les chrétiens, cela mérite tout type de soutien et tous les efforts possibles. »

Le Rapport sur la liberté religieuse 2018 est disponible à l’adresse suivante : www.religious-freedom-report.org.
Pour les gens pressés, une version abrégée existe en format PDF sur le site web de l’AED-Canada : Rapport 2018

Nicaragua : une Église aux côtés de son peuple

16.04.2019 in Adaptation Mario Bard, Adaptation Mario Bard, AED, Aide à l'Église en détresse., Nicaragua, PAIX, Voyager avec l'AED

Nicaragua : une Église aux côtés de son peuple

« Nous portons un petit bout de la Croix du Christ. Nous ne pourrions pas la porter en entier. Il nous y aide ».

Par Ines San Martin, ACN-International Révision canadienne-française : Mario Bard Mise en ligne : 16 avril 2019

Le Nicaragua est aujourd’hui un pays coincé entre deux identités : d’une part une nation dirigée par un gouvernement qui représente à bien des égards un long passé dictatorial, à l’image de la dynastie des Somoza qui gouverna le pays pendant près de six décennies au cours du 20e siècle.

D’autre part, c’est aussi un pays dont la population a exprimé son exaspération. Un pays qui est sorti de sa léthargie et qui veut aller de l’avant, avec une Église catholique dirigée par dix évêques qui n’ont pas peur de guider leurs ouailles et d’être cette Église « en sortie » que demande le pape François, qui ouvre les portes des cathédrales pour être littéralement un « hôpital de campagne ». Sans drapeaux politiques et sans faire de distinction dans l’attention portée aux blessés, l’Église soutient ceux qui souffrent et nourrit les affamés tant physiquement que spirituellement.

« Vous êtes venus à un moment compliqué… où les gens souffrent beaucoup, parce qu’ils ont peur de sortir dans la rue », a déclaré un prêtre du diocèse de Matagalpa – qui pour des raisons de sécurité, préfère rester anonyme – à une délégation de l’œuvre pontificale Aide à l’Église en Détresse (AED), venue en visite dans le pays à la fin du mois de novembre pour manifester sa solidarité, compte tenu de la situation que traverse le pays.

 

Population sous tension

Malgré les affiches municipales qui parlent d’une Matagalpa « chrétienne, socialiste et solidaire », la tension est palpable, avec des policiers et des forces paramilitaires dans les rues pour dissuader la population civile de manifester, en grande partie pacifiquement. Ces manifestations ont commencé en avril 2018, mais dans le cas de Matagalpa, les forces de l’État ont même interdit à un groupe de femmes d’honorer la mémoire de leurs enfants tués lors de la guerre civile, alors que ça fait près de 20 ans qu’elles mènent cette marche.

« Je suis l’un des chanceux; beaucoup de prêtres ont dû fuir », dit-il. « Mais on ne peut pas rester les bras croisés quand des gens font irruption dans l’église pendant la messe parce qu’on essaie de les tuer. En effet, les militaires et les policiers ne leur jetaient pas des bonbons. Ils tiraient sur eux pour les tuer, en visant la tête, le cou et la poitrine ».

« L’Évangile nous enseigne que nous devons ouvrir les portes à ceux qui sont persécutés, et c’est ce que nous avons fait. Nos églises sont devenues des refuges, et non des maisons de planification, comme le gouvernement le prétend ».

Et le prêtre sait de quoi il parle : le 15 mai 2018, dans une voiture du diocèse surnommée « l’ambulance », il a sauvé 19 manifestants blessés qui avaient été touchés par des balles d’AK-47. Sur ordre du régime, les hôpitaux publics n’ont pas été autorisés à aider les blessés, en grande partie des étudiants.

« Ces jours-là, les gens assis sur les bancs de nos églises n’écoutaient pas l’Évangile, ils le vivaient », dit-il avec émotion.

L’Église défend le droit de manifester pacifiquement

Depuis septembre, et avec l’aide d’organismes internationaux, l’Église diocésaine a ouvert cinq bureaux pastoraux de Droits de l’homme, où elle vient en aide aux familles qui ont perdu des enfants pendant les manifestations, ainsi qu’aux personnes qui sont aujourd’hui persécutées pour avoir manifesté. Une cinquantaine de personnes sont actuellement emprisonnées sans procès équitable, et il y a des centaines de « disparus », tandis que 30.000 personnes se sont exilées au Costa Rica, et autant dans d’autres pays.

« Nous avons été accusés de cacher des armes, ce que nous n’avons jamais fait », déclare le prêtre. « Notre seule arme, c’était Jésus dans l’Eucharistie ».

Le nombre de personnes qui dépendent aujourd’hui de l’Église pour leur survie a triplé depuis le mois d’avril.

« Nous portons un petit bout de la Croix du Christ », dit-il. « Nous ne pourrions pas la porter en entier. Il nous y aide ».

La situation des évêques et de nombreux religieux au Nicaragua n’est pas simple. Leur attitude qui a consisté à ouvrir les portes des églises pour s’occuper des blessés, tant des étudiants que des policiers, ainsi que leur volonté de collaborer à un processus de dialogue national qui a échoué, a conduit à ce que beaucoup d’entre eux soient qualifiés par le parti au pouvoir de « putschistes » et de « terroristes ».

L’un d’eux est le Cardinal Leopoldo Brenes, archevêque de Managua, la capitale du pays. En dépit des difficultés, il n’a perdu ni son sourire ni sa foi.

Et, malgré son sourire, Mgr Brenes ne peut cacher son inquiétude pour l’avenir du Nicaragua, un pays qui a connu suffisamment de révolutions pour savoir que nombre des grandes idées qui convainquent les masses, tôt ou tard, finissent par être brisées par les abus de pouvoir d’une minorité.

La dernière révolution a commencé le 18 avril, même si beaucoup de Nicaraguayens s’accordent à dire que ça n’a été rien de plus que « l’étincelle qui a déclenché un feu qui couvait depuis longtemps ».

« L’Église accompagne le processus de dialogue mis en place après les manifestations, mais comme un service rendu au pays », affirme Mgr Brenes. « Ce qui nous intéresse, ce n’est pas le pouvoir, mais accompagner les efforts sans en attendre autre chose que le bien de la patrie. Lorsque les affrontements entre les forces nationales et les manifestants ont eu lieu, nous avons protégé tout le monde ».

Plus d’une fois, le cardinal a dû servir de médiateur entre le gouvernement et les manifestants, tant pour secourir les policiers qui avaient été enlevés, que pour que demander aux militaires qu’ils cessent de tirer sur les étudiants.

« Nous ne leur avons jamais demandé à quel camp ils appartenaient, nous avons simplement aidé tous ceux qui nous demandaient de l’aide », a-t-il dit, reconnaissant toutefois qu’ils auraient pu dénoncer l’usage de la violence par certains manifestants.

« À un moment, les deux parties ont fait preuve de violence, mais le gouvernement a fait un usage disproportionné de la violence », déclare-t-il. « La police antiémeute avait des fusils, tandis que les jeunes avaient des lance-pierres et des explosifs fait maison ».

Prier le Rosaire pour la paix

Le défi consiste maintenant à œuvrer à la réconciliation nationale, ce qui pourra prendre des générations, c’est pourquoi il ne s’attend pas à en être témoin. « Mais nous devons en jeter les bases ».

Malgré le défi, Mgr Brenes décide de s’accrocher à sa foi au lieu de perdre espoir, en étant de plus en plus convaincu du prophétisme de la phrase prononcée par le Pape Pie X qui a dit : « Donnez-moi une armée qui prie le rosaire tous les jours et nous changerons le monde ».

« Moi, je prie tous les jours. Le premier mystère pour le Nicaragua, le second pour la conversion du gouvernement, le troisième pour les mères qui ont perdu leurs enfants ou dont les enfants sont en prison, le quatrième pour les prisonniers politiques, et le cinquième pour le clergé ».

« Si nous croyons que la foi peut déplacer des montagnes, la prière du chapelet peut convertir les cœurs à la vraie réconciliation, guérir les cœurs blessés et chercher le bien de tous », dit Mgr Brenes. « Pouvez-vous prier pour le Nicaragua? »

Récit de l’AED – Burkina Faso: Des religieuses fuient leur couvent

11.04.2019 in Adaptation Mario Bard, Adaptation Mario Bard, AED-Canada, Par Emmanuelle Ollivry, Persécution

Burkina Faso

Des religieuses fuient leur couvent

Après leur départ précipité de Kompienbiga, au sud-est du Burkina Faso, les religieuses membres de la congrégation des Campagnes trouvèrent refuge chez leurs frères de la branche masculine, à Pama, et ce dès janvier 2019, juste avant l’assassinat du père César Fernandez. Sœur Thérèse, la mère supérieure, et le père Soubeiga, curé de Pama, racontent à L’Aide à l’Église en Détresse la flambée de violence qui embrase le pays, pourtant réputé plus calme que ses tumultueux voisins malien et nigérien.

« Soit tu nous donnes les médicaments, soit on t’explose la tête », raconte le père F. Soubeiga, curé de Pama et Frère missionnaire des Campagnes. Il décrit l’agression de janvier 2019 contre sœur Victorine, infirmière au Centre de Santé et de Promotion sociale de Kompienbiga et membre de sa congrégation. Elle « … était de service au dispensaire, seule. Vers 16 h, huit à dix individus cagoulés et armés lui ont demandé de quoi soigner leurs combattants blessés, mais la religieuse n’avait pas accès à la pharmacie. Ils lui ont alors tenu des propos insupportables et ont tout cassé pour se servir eux-mêmes. »

Cet événement est devenu un élément déclencheur pour les religieuses de Kompienbiga :  en effet, l’accumulation de faits violents les a décidées à fuir chez les frères, à seulement 15 km, pour ne plus rester isolées.

« La tension monte et la peur saisit les gens »

« La nuit du 14 septembre 2018, deux attaques terroristes sont perpétrées dans les villages de Diabiga et Kompienbiga (respectivement à 60 et 15 km de Pama) dans la région de l’est », indique le gouvernorat de la région. Selon le père Soubeiga, « à Pama, les exactions ont commencé dès mars 2017 et les explosions de mines, visant les gendarmes, se sont multipliées. Puis, au moins 3 ou 4 depuis août 2018. »

Sœur Thérèse, mère supérieure des Sœurs des Campagnes de Kompienbiga, précise : « La tension monte surtout depuis août 2018 à Kompienbiga. Des assaillants entrent régulièrement dans les villages, rassemblent la population et leur crient des instructions. La peur saisit les gens. »

Ensuite, un peu plus au nord, le père César Fernandez est assassiné en février 2019 et le 17 mars 2019 le père Joël Yougbaré « vraisemblablement enlevé par des individus
armés »
rapporte l’Église locale. Les religieuses cherchent donc la protection des frères à Pama. Pourtant, le calme y est bien relatif…

Les religieuses se sont dispersées

« C’est la première fois que nous devons tout quitter dans l’urgence, lâche sœur Thérèse qui résidait à Kompienbiga depuis 2001. Sur les sept religieuses de la communauté, quatre sont réfugiées à Pama et trois ont quitté le pays pour le Togo où elles finissent leur formation. On ne sait pas quand elles pourront revenir. C’est dur. » Leur prieuré est implanté à Kompienbiga depuis 25 ans. Grâce à une école maternelle qu’elles ont elles-mêmes mise sur pied, les religieuses s’occupaient d’une quarantaine d’enfants de 3 à 6 ans, souvent livrés à eux-mêmes. Et elles venaient tout juste d’ouvrir un centre de couture pour apprendre le métier à cinq jeunes.

« Notre désir est de repartir au plus vite pour continuer ce que nous avons commencé, martèle sœur Thérèse. S’il vous plaît, priez pour nous. »

« Les catholiques sont les plus exposés »

Pour l’instant, même à Pama « où c’est plus calme », le couvre-feu est de rigueur. « Nous vivons dans un climat délétère, confirme le père Soubeiga. En tant que catholiques, nous sommes les plus exposés, car nous représentons une institution centralisée, facilement identifiable. Frapper un curé, c’est pénaliser tout un territoire. Les conséquences ne seraient pas les mêmes pour les protestants ou les musulmans, aux communautés plus morcelées, encadrées par de nombreux pasteurs et imams locaux. »

Interdits de veillée pascale 

La gendarmerie impose donc des règles strictes de sécurité. « Certaines zones me sont interdites, se désole le curé de Pama. Au mois de janvier, en 15 jours, j’ai dû faire évacuer les catéchistes de Diabiga, de Kompenbiga et d’un autre village à 78 km de Pama. Quant à l’avenir proche, il est très probable que nous ne puissions pas célébrer la veillée pascale ! »

À la question de savoir qui est responsable des exactions de ces derniers mois, le prêtre est formel : « Impossible de comprendre. Aucun groupe ne revendique les attaques. On parle de mercenaires, mais certains terroristes sont clairement Burkinabés, car ils parlent parfaitement les langues locales. »

Récit recueilli par Emmanuelle Ollivry pour ACN-International
Révision franco-canadienne : Mario Bard, AED-Canada 
Mise en ligne au Canada : jeudi 11 avril 2019

AED : Huitième anniversaire de la guerre en Syrie

25.03.2019 in Adaptation Mario Bard, Syrie, Voyager avec l'AED

Aid to the Church in Need has supported 308 urgent projects since 2011

Eighth Anniversary of Civil War outbreak in Syria

Friday, March 15 marked the eighth anniversary of the beginning of the war in Syria. Aid to the Church in Need (ACN International) has continued to support the ongoing emergency situation in the country, especially the plight of the 127,185 Christian families registered in Syria..

The war in Syria has unleashed the greatest humanitarian catastrophe since the Second World War, with some 12 million refugees and internally displaced as a result of the 8-year conflict.

Moreover, Christians in Syria now represent only 3% of the population, whereas before the war they were 10%. In addition to all the consequences of the hostilities and the economic embargo, they have also suffered religious persecution at the hands of the jihadist groups involved in the conflict. In fact, during these eight years of war, 1,707 Christians were murdered and 677 abducted; 1,309 Christian churches and other Church properties were destroyed and 7,802 Christian houses and homes damaged or destroyed.

44.2 Million Dollars in Aid

Since the March 2011 onset of the conflict, and up to the end in 2018, ACN allocated 44.2 million dollars to 738 projects to fulfil its mission of supporting the Church in need throughout the country. The projects were implemented by 9 different Christian Churches, thanks to the cooperation of 130 project partners on the ground.

Of the 738 projects funded, some 80% (35.2 million dollars) were given in the form of emergency aid, among them some 308 for the basic necessities of Christian families who have not left the country. To now, 10% of the aid has been for the reconstruction of people’s homes and Church properties. An additional 6% went to supporting priests in the country, in the form of Mass Offerings and pastoral aid.

Emergency Aid, Reconstruction and Pastoral Aid

In Canada, a project aimed to supporting the A Drop of Milk program for children has been active for two years. An initiative showcasing small classical music concerts given by local pianist and ACN supporter, Chantal Roussety, has brought $3,364 to the cause. “The amount may seem very modest if we compare it to the grand total,” says Marie-Claude Lalonde, National Director of ACN. “But, for two years now, this personal project developed by Mrs. Roussety, is a reflection of the great sense of solidarity that the Syrians, particularly the children, are in need of. We are so very grateful for it.” In all, donations from Canadians rose to at $17,179. Destined for children under the age of 10, A Drop of Milk represented 15% of the overall budget of all emergency aid given. Finally, over three million dollars were attributed to paying the rents of displaced Christian families, and over 1.4 million dollars have served for the reconstruction of family homes.

The 13 main emergency aid projects funded during these eight years of war include the following: direct emergency aid for the most basic necessities; food parcels, financial support for students, medical aid, support with rent, heating, electricity, gas and water; milk and nappies for babies and small children, essential medicines, Christmas gifts for the children, warm clothing, educational materials and vocational counselling.

An Appeal from Pope Francis

Throughout these eight years of war, Pope Francis has continually denounced the injustice of the war in Syria and has continued to draw attention to the suffering of the Christians. “Let us pray and let us help the Christians to remain in Syria and the Middle East as witnesses to mercy, pardon and reconciliation,” he has stated. “May, the prayers of the Church, help them to experience the closeness of the faithful God and touch every human conscience to seek a sincere compromise for the sake of peace. And may God our Lord pardon those who are waging war, those who manufacture arms to destroy one another, and may he convert their hearts. Let us pray for peace in our beloved Syria,” he concluded.

Projet de la semaine AED – Togo – soutien à l’association des familles catholiques

07.03.2019 in ACN International, Adaptation Mario Bard, AFRIQUE, Famille, Formation, Formation, Pastorale familiale, PROJETS AED, Togo, Voyagez avec AED

Il se trouve au sein de la Fédération Africaine d’Action Familiale (FAAF), des médecins de diverses disciplines, des théologiens, des prêtres, des laïcs au service de la pastorale et des religieux qui œuvrent à la formation de familles saines et à la protection de la vie. Ils proposent des solutions respectueuses de la vie et de la famille qui de plus, conviennent aux peuples d’Afrique, sans propager les modèles occidentaux étrangers dans lesquels de nombreux Africains reconnaissent une « culture de mort ». Ils favorisent plutôt la « culture de la vie » dont le Pape Jean-Paul II a parlé à maintes reprises.<

Au Togo, pays situé en Afrique de l’Ouest, les programmes de la FAAF sont en place depuis 2005. Au sud-est du pays, dans le diocèse d’Aneho, il y a jusqu’à présent cinq personnes qui proposent, en paroisse, des événements destinés à sensibiliser un plus grand nombre de personnes au thème du mariage et de la famille, et qui accompagnent ensuite les couples et les familles. On traite de différentes questions : « Quel est le plan de Dieu pour le mariage ? » ou encore « Qu’est-ce que signifie être mère ou père ? ».

Les conjoints sont soutenus dans l’approfondissement de leur amour mutuel et le respect qu’ils ont l’un pour l’autre. Ils apprennent aussi à se parler avec respect et égalité, une approche de partenariat homme-femme qui n’est pas évidente dans de nombreuses cultures.

Un aspect important est aussi la planification familiale naturelle, basée sur l’observation et le respect du cycle de fertilité naturelle des femmes. La FAAF estime et observe que les maris apprennent ainsi à mieux respecter et à prendre en considération leurs épouses et le corps de celles-ci. De manière générale, une éducation sexuelle qui souligne la valeur et la beauté de la sexualité et du corps humain, conduit à la fidélité, la responsabilisation et

l’acceptation des périodes de fertilité telle qu’elle est vécue par la femme. La FAAF estime également que cela permet de lutter concrètement contre l’avortement et la propagation du sida. Enfin, les couples et les familles sont également conseillés et accompagnés dans les situations de conflit et de crise.

***

Les réunions qui abordent ces démarches ainsi que les conseils personnels sont très populaires, et au moins dix autres conseillères féminines doivent être formées. La production de documents d’information est également nécessaire. Aide à l’Église en Détresse a promis 17 500 dollars pour soutenir ce précieux travail.

 

 

 

 

 

Donnez en ligne dès maintenant pour soutenir l’éducation familiale au Togo.
Merci de votre générosité !


 

Syrie – L’AED soutient un plan « crucial » pour l’avenir de la communauté chrétienne

25.02.2019 in ACN International, Adaptation Mario Bard, Construction, International Catholic Charity Aid to the Church in Need, Moyen-Orient, PROJETS AED, Syrie, Voyagez avec AED

Syrie

Un plan d’action qui veut permettre à des milliers de chrétiens de retourner chez eux dans la ville syrienne de Homs a été approuvé dans le cadre d’un programme de réparation de maisons impliquant des responsables ecclésiaux et une œuvre de charité catholique de premier plan : Aide à l’Église en Détresse (AED).

Par John Pontifex pour ACN-International

Lors de la réunion à Homs, les dirigeants de cinq communautés ecclésiales ont signé l’Accord du Comité de Reconstruction de Homs qui prévoit que l’AED répare 300 maisons dans le cadre de la première étape du plan.

L’AED participera également en partie à la deuxième phase de reconstruction lors de laquelle 980 maisons supplémentaires doivent être reconstruites – 80 pour la communauté gréco-catholique melkite, 600 pour la communauté grecque orthodoxe et 300 pour des familles syriaques orthodoxes.

Soulignant l’importance de cet accord, le coordonnateur des projets de l’AED au Moyen-Orient, le Père Andrzej Halemba, a déclaré : « Cet accord est l’une des étapes les plus importantes dans le rétablissement de la communauté chrétienne à Homs. L’engagement à reconstruire autant de maisons apporte aux gens désespérés une lueur d’espoir ; celle de pouvoir revenir dans cette ville qui est l’une des plus importantes pour les chrétiens de toute la Syrie ».

Le père Andrzej Halemba, responsable de projet pour le Moyen-Orient et Mgr Nicolas Sawaf, archevêque grecque catholique melkite de Lattaquié.

Lueur d’espoir pour la communauté chrétienne de Homs

Des chrétiens heureux de retrouver leur ville et de pouvoir y habiter de nouveau.

L’évêque grec orthodoxe de Homs, Mgr Georges Abou Zakhem, a déclaré : « Les gens ont besoin de revenir dans leurs maisons, mais ils ne le peuvent pas sans l’aide de l’AED ».

Un prêtre melkite, le Père Bolos Manhal, a déclaré : « Je suis très heureux que les gens aient cette merveilleuse occasion de retourner chez eux. Ils ont tant souffert, et pour beaucoup d’entre eux, revenir à la maison sera la réalisation d’un rêve.

« Ils ont dû dépenser tant d’argent pour louer un endroit où vivre que la reconstruction de leurs maisons représente une pression énorme sur les budgets familiaux. Mais comme il y a plus de possibilités d’emploi en ville qu’à la campagne, ils pourront maintenant en profiter ».

L’AED contribuera aux frais à hauteur de 4 600 dollars par maison réparée.

Avec plus de 12 500 maisons détruites à Homs et 37 500 gravement endommagées, de nombreux chrétiens vivent depuis sept ans dans la vallée des chrétiens toute proche.

Au plus fort du conflit en 2014, il restait moins de 100 chrétiens dans la vieille ville de Homs, et les attaques ciblées des extrémistes islamistes avaient obligé près de 250 000 chrétiens à partir.

L’année dernière, l’AED a piloté un programme de réparation de 100 maisons appartenant à des familles melkites et syro-orthodoxes, dont 85 sont déjà à nouveau habitées, tandis que les autres devront être restituées au début de la nouvelle année scolaire, à l’automne.

En 2018, le plan de rénovation de Homs faisait partie d’un programme qui a déjà permis la réparation de près de 500 maisons à travers la Syrie, dont beaucoup à Alep. (25-02-2019)

Depuis le début de la crise en Syrie en 2011, l’AED a achevé 750 projets impliquant 150 partenaires.