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#Mercredi Rouge 2019 – le 20 novembre, soyez solidaires !

12.11.2019 in Actualités, AED Canada, Communiqué, liberté religieuse, Mario Bard, Mercredi Rouge, Messe pour les chrétiens persécutés, Voyagez avec AED

 #Mercredi Rouge 2019
Le 20 novembre, partout au Canada
Soyez solidaire!

 

Montréal, 12 novembre 2019 – Pour une deuxième année consécutive, Aide à l’Église en Détresse Canada (AED) organise et coordonne des activités dans le cadre du Mercredi Rouge — # MercrediRouge —, journée de sensibilisation et d’action destinée à faire connaître le sort de plus de 300 millions de chrétiens dans le monde qui vivent dans des pays où sévit la persécution religieuse.
Le 20 novembre prochain, soyez solidaire
!

« J’invite les gens qui organisent une activité dans le cadre de cette journée à nous contacter afin que l’on puisse l’annoncer sur le site web de l’AED Canada », indique Marie-Claude Lalonde, directrice nationale. L’une des activités proposées est d’illuminer en rouge un édifice emblématique, qu’il soit religieux ou civil. « Cette année, on compte de nouveaux participants dont le Grand séminaire de Montréal et la pro-cathédrale of The Assumption de North Bay, où l’on priera spécialement, à la messe de 12 h 05, en solidarité avec les chrétiens persécutés ». En plus des liturgies qui y seront célébrées, la Basilique-Cathédrale Marie-Reine du monde de Montréal, le Grand séminaire de Montréal, ainsi que la cathédrale St. Michael de Toronto seront illuminés. Enfin, dans le diocèse de Calgary, les activités devraient être annoncées sous peu. Dans ce diocèse l’an dernier, plus de 50 activités avaient été inscrites au calendrier. Pour en savoir plus sur l’édition 2019 et trouver du matériel pour participer  : http://acn-canada.org/fr/mercredi-rouge/.

 

Persécutés et oubliés? 2017-19 : une crise qui s’aggrave

 

Au Canada, le mois de novembre correspond également à la sortie d’un rapport bisannuel de l’AED, concernant la liberté religieuse dans le monde. « Le rapport de cette année, qui documente exclusivement la situation des chrétiens, n’annonce rien de bon. Dans Persécutés et oubliés ? 2017-19, on craint pour la survie des communautés chrétiennes historiques de Syrie, mais plus particulièrement de celles d’Irak », explique Mme Lalonde. Depuis 2003, le nombre de chrétiens y a diminué de 90 %, passant de 1,5 million à moins de 150 000. Les plus pessimistes parlent plutôt de 120 000.

 

Croix désacralisée dans les restes d’une église incendiée (Égypte).

« Makgré les efforts de notre organisation afin de reconstruire les villes et villages chrétiens dans la plaine de Ninive, nous craignons que la présence chrétienne en Irak ne soit plus qu’une chose du passé dans quelques années seulement. Nous en parlons depuis des années, mais on dirait que la communauté internationale ne donne aucune réponse concrète à cette menace d’extinction », s’indigne Mme Lalonde.

 Elle souligne par ailleurs qu’entre 2017-19, c’est en Asie du Sud et de l’Est que la situation s’est la plus détériorée. « En Inde, des attaques contre des chrétiens ont eu lieu dans 24 des 29 états du sous-continent et l’on retrouve des lois anti-conversion dans neuf États. L’hindûtva — le nationalisme hindou — en est en partie responsable. Celui-ci prône le retour d’une Inde purement hindoue où ne seraient reconnues que les traditions religieuses qui en sont issues (bouddhisme, jaïn, sikh). Au contraire, le christianisme et l’Islam sont vus par les promoteurs de l’hindûtva comme des éléments étrangers qui ne peuvent participer à la construction du pays. »

Enfin, l’Afrique subsaharienne est plus que jamais sous attaque. « Chrétiens et musulmans modérés sont victimes de groupes qui se revendiquent de l’État islamique (Daech). Ainsi, au Nigeria, 19 personnes qui participaient à la messe — dont deux prêtres — ont été tuées par des hommes armés et la responsabilité de l’attaque a été revendiquée par des bergers peuls islamistes », explique Mme Lalonde.

Elle conclut : « Cela fera 20 ans en 2020 que je suis directrice nationale, et je n’ai vu aucune diminution de la persécution contre les chrétiens. C’est très difficile. Toutefois, des événements comme le Mercredi Rouge, et l’intérêt solidaire dont font preuve de plus en plus de communautés chrétiennes au Canada en organisant une activité me permettent d’espérer. Cela ne règle rien tout de suite, mais c’est peut-être déjà le début d’une meilleure connaissance qu’auront les gens d’ici sur ce phénomène mondial. »

Nigeria : déjà en 2015, le diocèse de Maidaguri était visé par Boko Haram. Sur cette photo, Mgr Oliver Dashe Doeme visite une église qui a été brûlée par les terroristes.  

 

Pour lire le rapport Persécutés et oubliés ? 2017-19, rendez-vous sur le site web de l’AED Canada à l’adresse https://files.acn-canada.org/2019/11/persecutes-et-oublies-2019.pdf.

 

 

Soudan du Sud : accomplir une mission extraordinaire en dépit de tout.

29.10.2019 in ACN International, Actualités, AFRIQUE, by Tobias Lehner, Persécution, Soudan du Sud, Soudan du Sud, Voyagez avec AED

Soudan du Sud

Mission extraordinaire au milieu de la persécution, de la pauvreté et de la guerre


L’Église catholique célèbre actuellement le Mois missionnaire extraordinaire, et ce jusqu’à jeudi. L’œuvre missionnaire de l’Église est souvent menée dans des conditions difficiles, telles que la persécution, la pauvreté et la guerre.

C’est également le cas au Soudan du Sud. La guerre civile qui a éclaté en 2013, deux ans seulement après la création du pays, a laissé sur les routes des centaines de millions de personnes et fait des centaines de milliers de morts. Et, malgré le cessez-le-feu signé en juin 2018, le pays demeure dans un grand état de désolation. C’est du moins ce que déclare le Père Boniface Isenge, du diocèse de Rumbek — centre du pays —, lors de sa visite au siège de l’œuvre pontificale de l’Aide à l’Église en Détresse.

Comme l’explique père Boniface, environ 38 pour cent des plus de 13 millions de Sud-Soudanais sont chrétiens. Son diocèse compte quelque 180 000 catholiques. En ce moment, il est bon de noter que plusieurs personnes considèrent que l’Église catholique est la seule institution du pays qui fonctionne.

Ce membre de la congrégation du Saint-Esprit a tout d’abord passé huit ans dans le pays voisin, l’Éthiopie, alors qu’il était jeune prêtre, avant de décider de s’installer au Soudan du Sud en 2013 : « Après l’indépendance du pays, mon ordre a lancé un appel aux prêtres et missionnaires volontaires pour œuvrer ici. Je souhaitais faire quelque chose de nouveau et j’étais prêt pour cette nouvelle mission », se souvient Père Boniface. À ses yeux, il est de son devoir de ramener la paix dans cette région déchirée par la guerre.

 

Soif d’éducation

Peu de temps après son arrivée, l’ecclésiastique s’est rendu compte que ses fidèles avaient soif d’éducation. « Les écoles sont parfois très éloignées les unes des autres au Soudan du Sud », déplore-t-il. « Elles sont en sureffectif et les enseignants font généralement la classe à une soixantaine d’élèves, avec parfois jusqu’à une centaine de personnes dans la même salle. » Selon les autorités, environ les trois quarts des habitants du Soudan du Sud de plus de 15 ans sont analphabètes. Le curé n’a pas tardé à s’en rendre compte : « L’instruction est essentielle pour faire disparaître les tensions récurrentes au sein de la population. L’instruction est la clé de la paix ! »

Outre son travail pastoral, Père Boniface s’attache à convaincre les parents de l’importance de l’instruction pour leurs enfants, non seulement parce que celle-ci leur permet d’avoir de meilleures opportunités que la génération précédente, et ce, malgré les conditions difficiles et les problèmes qui règnent dans le pays, mais aussi parce qu’elle consolide l’indépendance. « Il faut savoir que 17 pour cent des mariages dans ce pays sont conclus avec des filles mineures. C’est malheureusement encore une pratique courante », explique-t-il.

Le Soudan du Sud a beau être le troisième pays le plus pauvre au monde, les prix y sont relativement élevés. « Pour beaucoup, même les denrées les plus élémentaires sont inabordables et ces personnes ont besoin d’aide et d’assistance pour survivre. » De nombreuses maladies telles que la malaria viennent peser encore davantage sur le pays.

L’espoir, en dépit de l’adversité

Malgré tous ces problèmes, père Boniface est confiant : « Je remercie du fond du cœur tous ceux et toutes celles qui nous soutiennent et qui sont réunis avec nous dans la prière. J’ai espoir qu’à l’avenir, les habitants pourront bien vivre au Soudan du Sud. »

 

Rien que depuis 2015, l’œuvre pontificale de l’Aide à l’Église en Détresse a soutenu l’Église du Soudan du Sud grâce à un montant de plus de 5,1 millions de dollars, notamment pour la reconstruction d’églises et d’établissements pastoraux, la formation des prêtres et des intentions de messe.

Communiqué – l’AED soutient un rapport gouvernemental sur la persécution des chrétiens

16.07.2019 in ACN International, Actualités, adaptation : Mario Bard, Communiqué, MONDE, Persécution, Persecution of Christians

Persécution des chrétiens
Aide à l’Église en Détresse soutient la publication d’un rapport gouvernemental en Grande-Bretagne

Montréal/Londres/Königstein, lundi 15 juillet 2019Un rapport indépendant sur la persécution des chrétiens dans le monde commandé par le ministre britannique des Affaires étrangères est publié aujourd’hui. C’est la première étude du genre à être menée par un gouvernement national. Elle a été commandée par Jeremy Hunt, Secrétaire d’État des Affaires étrangères du Royaume uni, et a été supervisée par le Révérend Philip Mounstephen, évêque anglican de Truro. Le bureau britannique de l’Aide à l’Église en Détresse (AED) a soutenu sa publication.

Dans l’introduction du rapport, Mgr Mounstephen souligne que la persécution religieuse des chrétiens n’est pas un événement isolé, mais un « phénomène mondial ». Selon lui, l’accent mis dans le rapport sur le christianisme « n’est pas une plaidoirie particulière en faveur des chrétiens, mais compense plutôt un déficit important », étant donné que les chrétiens forment le groupe qui, dans le monde, subit le plus d’attaques basées sur des raisons religieuses. L’évêque anglican regrette que les pays occidentaux « ferment les yeux sur cette réalité » et souhaite que le rapport soit un appel à « cesser d’être de simples spectateurs et à devenir des acteurs ». Il souligne en même temps le fait que la persécution des chrétiens est une question de droits universels de la personne et doit être considérée comme telle.

Les 176 pages du document analysent les tendances mondiales, détaillent la situation dans des pays tels que l’Irak, le Nigeria, la Chine, le Sri Lanka, le Pakistan ou la Syrie, et finissent par une liste de 22 recommandations adressées au Ministère des Affaires étrangères. Le document appelle le gouvernement à agir davantage pour répondre à la violence contre les chrétiens, qui a parfois atteint « des niveaux proches du génocide ». Il appelle le gouvernement britannique à s’assurer que « la liberté de religion ou de croyance reste au cœur des priorités de la politique étrangère du Royaume-Uni » et l’encourage à « être le leader mondial dans la défense de la liberté religieuse ».

Sri Lanka : enterrement de victimes des attentats antichrétiens de Pâques 2019

 

Le rapport a été préparé par une commission de fonctionnaires du Ministère des Affaires étrangères, des membres d’ONG ayant de l’expérience dans le domaine de la liberté religieuse, et d’autres membres indépendants. L’œuvre pontificale Aide à l’Église en Détresse (AED ou ACN au niveau international) y a participé. Depuis plus de 70 ans, l’AED soutient les chrétiens persécutés dans le monde et a été étroitement impliquée dans la préparation de la première partie du document, grâce à un travail d’enquête essentiel sur l’ampleur des persécutions en Afrique, au Proche-Orient et en Asie du Sud.

L’ADN de l’AED : dire et redire l’importance de la liberté religieuse

« Nous sommes heureux comme organisme international de pouvoir donner une voix aux sans voix » indique Marie-Claude Lalonde, directrice de l’AED au Canada. « Dès le départ, notre fondateur le père Werenfried a averti les pays occidentaux dans les années 50 de la terrible tragédie que vivaient les chrétiens sous des Régimes autoritaires, dont le communisme. Et, encore aujourd’hui, notre travail avec nos partenaires dans 139 pays nous permet de constater l’ampleur de la discrimination et de la persécution exercée contre les chrétiens. J’espère que cette action du gouvernement britannique inspirera d’autres gouvernements dans le monde à oser se pencher sur la question – plus vaste – des libertés religieuses. »

Neville Kyrke-Smith, directeur du bureau britannique de l’AED, a souligné quant à lui l’importance de ce type de rapport : « Nous sommes heureux d’avoir été impliqués dans ce rapport. Le fait que ces problèmes soient enfin reconnus au niveau politique est un encouragement pour notre travail ». Il souligne en même temps l’importance de protéger les minorités chrétiennes dans les pays où elles sont victimes de persécutions et d’oppressions : « Il est essentiel de soutenir cette présence chrétienne, car les chrétiens sont souvent des bâtisseurs de ponts et des instruments de paix dans de nombreux pays ».

 

Image créée pour les réseaux sociaux en Grande-Bretagne qui dit: ne fermez pas les yeux sur la persécution religieuse.


 

AED-Nouvelle – Les résultats électoraux en Inde inspirent la crainte

30.05.2019 in ACN International, Actualités, Inde, Mario Bard

AED-Nouvelle – Les résultats électoraux en Inde inspirent la crainte

Élections en Inde

La nouvelle victoire de Narendra Modi inspire la crainte aux minorités religieuses

 

Les élections législatives en Inde ont pris fin il y a quelques jours. Le parti nationaliste au pouvoir, le BJP (Bharatiya Janata Party) du premier ministre Narendra Modi, a de nouveau remporté la victoire de la plus grande élection démocratique au monde avec près de 900 millions d’électeurs. Selon cette source proche de l’Église, la victoire du BJP « suscite la frustration et la peur des minorités en Inde ».

 

« Les cinq dernières années avec Modi au pouvoir ont suscité de nombreuses inquiétudes et ont été très difficiles pour nous. Nous craignons que les cinq prochaines années ne soient pires », souligne cette source qui souhaite rester anonyme pour des raisons de sécurité.

 

« Le fait que le parti nationaliste hindou BJP ait remporté une telle victoire nous inquiète. Tout d’abord, parce que le nationalisme hindou se développe et les minorités, tant chrétiennes que musulmanes, sont souvent abandonnées à l’injustice sociale et sont ouvertement discriminées pour des motifs religieux. Mais aussi parce que l’économie est en chute libre depuis quelques années et que les pauvres sont maintenant plus pauvres qu’auparavant. Les classes modestes sont négligées et les riches sont les seuls gagnants. »

 

Manipulation du vote

 

Comme il l’a déclaré à l’œuvre pontificale de charité Aide à l’Église en Détresse (AED), « le nationalisme hindou ne veut pas de changements dans la structure sociale et de nombreux Indiens vivent dans un état de semi-esclavage. Les gens des classes inférieures sont utilisés et exploités. » Parmi les rares institutions qui tentent de changer cela, il y a l’Église et « c’est l’une des raisons pour lesquelles nous faisons l’objet de discrimination et d’oppression ».

 

Cette source ajoute que beaucoup de gens sont sous le choc : « Nous ne pouvons pas croire ce qui est arrivé. Même dans les états et les circonscriptions où les sondages donnaient des prévisions moins favorables à Modi, son parti a finalement remporté beaucoup plus de sièges que prévu ». En plus d’informations de certains médias selon lesquels il y aurait eu des cas de manipulation du système électronique de vote, il existe également des accusations portant sur l’achat de voix. Ainsi notre source témoigne :
« J’ai vu comment des centaines de pauvres journaliers qui avaient été rassemblés quelques jours avant les élections ont reçu 3 000 roupies (près de 60 $) du Parti nationaliste populaire [BJP].»

 

Demandant de prier pour son pays, cette source conclut: « Il est très dangereux de parler contre le gouvernement. Presque personne n’ose aujourd’hui : c’est devenu un parti autoritaire. Mais je veux que vous sachiez comment nous allons. Le monde doit savoir que la situation est mauvaise et que nous avons peur. Nous avons déjà eu cinq ans de peur et nous nous demandons à quoi ressemblera l’avenir ».

 

Nous vous invitons à prier pour les peuples de l’Inde, à prier pour les minorités religieuses menacées de discrimination et de persécution dans certains États, et à prier pour nos sœurs et frères chrétiens. Amen.

 

 

Par Maria Lozano, AED International
Adapté par Amanda Bridget Griffin, ACN Canada
Publication sur le web : jeudi le 30 mai, 2019

Visite du pape Aux ÉAU – La graine est semée – AED-Information

11.02.2019 in Abou Dhabi, ACN Canada, Actualités, Adaptation Mario Bard, By Oliver Maksan, Dialogue interreligieux, Dialogue interreligieux, Voyagez avec AED

Visite du pape Aux ÉAU

« La graine est semée »

 Les responsables des Églises du Moyen-Orient espèrent que la visite historique du pape à Abu Dhabi sera source d’un nouvel élan.

Texte de Oliver Maksan, collaborateur 

Mgr Pierbattista Pizzaballa, administrateur apostolique du Patriarcat latin de Jérusalem. « Nous espérons que le message de fraternité et de dialogue que le pape a apporté dans la péninsule arabique, sera une graine qui germera aussi en Terre Sainte ».

Les responsables des Églises catholiques du Moyen-Orient ont souligné l’importance de la visite de Sa Sainteté le pape François aux Émirats arabes unis. Le patriarche Ibrahim Isaac Sidrak, primat de l’Église catholique copte, déclare : «  Je crois que c’est un signe très positif pour les relations entre l’islam et le christianisme dans cette région du monde ». Dans un entretien accordé lundi à l’Aide à l’Église en Détresse à Abou Dhabi, il a poursuivi : « Nous, les chrétiens d’Égypte, pouvons retrouver un nouvel espoir. Les fruits de cette visite ne seront pas directement visibles, mais le message de tolérance et de fraternité a été semé ». La rencontre qui a eu lieu lundi à Abu Dhabi entre le Pape François et Ahmed Al Tayeb, Grand imam de l’Université Al Azhar au Caire, – l’une des principales autorités religieuses sunnites – a une grande importance, a expliqué le patriarche Sidrak. « Cette visite contribuera à corriger la fausse image que de nombreux musulmans se font du christianisme », affirme le primat de l’Église catholique copte unie à Rome. « À l’inverse, de nombreux chrétiens verront que la majorité des musulmans ne sont pas des terroristes. Les autorités islamiques veulent montrer qu’elles n’ont rien à voir avec le terrorisme. »

En Terre Sainte également, on espère que la visite pontificale sera source d’un nouvel élan. Interviewé lundi à Abu Dhabi par L’Aide à l’Église en Détresse, l’archevêque Mgr Pierbattista Pizzaballa a dit : « Nous espérons que le message de fraternité et de dialogue que le pape a apporté dans la péninsule arabique, sera une graine qui germera aussi en Terre Sainte ». L’administrateur apostolique du Patriarcat latin de Jérusalem séjournait dans l’État du Golfe persique à l’occasion de la visite du pape François. Dans l’histoire de l’Église, c’est la première fois qu’un pape foule le sol de la péninsule arabique, berceau de l’Islam. Mgr Pizzaballa a ajouté : « À l’issue d’une telle visite, nous ne devons pas attendre de solutions concrètes. Il ne peut y avoir que des déclarations générales. Néanmoins, la rencontre en soi est significative, car elle réunit des chefs religieux dans une région qui est le berceau des religions monothéistes, mais qui est également bouleversée par des conflits religieux. Dans ce contexte, une rencontre entre le pape et le Grand imam constitue un signe important. »

 

Le patriarche Ibrahim Sidrak, copte catholique discute avec Mgr Camillo Ballinà, vicaire épiscopale d’Arabie du nord, lors de  la conférence interreligieuse d’Abu Dhabi (5 février 2019). 

L’archevêque Mgr Pizzaballa a constaté par ailleurs que le dialogue islamo-chrétien était entré dans une nouvelle phase. « Il y a un avant et un après Daesh », a expliqué le Franciscain italien pour poursuivre : « Le dialogue islamo-chrétien a commencé il y a longtemps. Cependant, il était très formel et général. Avec l’apparition de Daesh, le dialogue est devenu plus concret et plus réaliste. L’objectif de tous les participants est de stopper les aberrations et d’empêcher les tueries et les massacres commis au nom de la religion. » Comme les religions du Proche et du Moyen-Orient ont également une dimension politique et sociale, poursuit l’archevêque, il s’agit à présent de trouver comment construire au quotidien des relations mutuelles positives.

***

Lundi le 5 février dernier, Sa Sainteté le pape François a participé à une rencontre interreligieuse dans la capitale des Émirats arabes unis. La rencontre de lundi avec le Grand imam de l’université du Caire, ainsi que la messe du mardi 6 février auquel ont participé quelque 130 000 chrétiens, ont constitué le point d’orgue d’un voyage de trois jours. Le prochain voyage du pape en pays musulman aura lieu les 30 et 31 mars prochain et François se rendra au Maroc. Cette année marque le 800e anniversaire de la visite de saint François d’Assise au Grand Sultan d’Égypte et les voyages du pape sont une manière de souligner cet anniversaire.


 

Centrafrique – Massacre d’Alindao – Envoi d’aide d’urgence

01.02.2019 in ACN Canada, Actualités, Adaptation Mario Bard, AED-Canada, AFRIQUE, Aide d'urgence, Intentions de messe, International Catholic Charity Aid to the Church in Need, prêtres, République centrafricaine, Voyagez avec AED

Centrafrique – Massacre d’Alindao

Le bilan dépasse les 80 morts

Aide à l’Église en Détresse (AED) lance deux projets pour soutenir les chrétiens de retour dans un lieu totalement dévasté.

Le nombre de personnes tuées lors des attaques terroristes du 15 novembre dernier dans le diocèse centrafricain d’Alindao (centre-sud du pays) est encore à la hausse. Selon un rapport dont l’Aide à l’Église en Détresse a obtenu copie, le nombre de personnes tuées lors de l’attaque d’un camp de personnes déplacées et contre la cathédrale du Sacré-Cœur située tout près, dépasse maintenant 80. Pourquoi une telle flambée de violence survient-elle contre les chrétiens au sud de la Centrafrique? Le rapport revient sur les faits et explique les conséquences de ces terribles événements.

« La population qui s’était massivement enfuie dans la brousse revient sur le site dans l’espoir de trouver quelques grains de riz pour se nourrir. Elle fouille les cendres pour ramasser les haricots superficiellement brûlés. » Telle est la situation dramatique que décrit Mgr Cyr-Nestor Yapaupa, évêque d’Alindao, suite aux attentats du 15 novembre. Le nombre de victimes tuées dépasse les 80 morts, dont 2 prêtres et 2 pasteurs, selon des sources hospitalières.

Malgré la menace constante sur l’Église qui aide la population, les vocations sont nombreuses! Ici, ordination chez les moines Carmes Déchaux.

L’Église locale l’affirme, le camp de déplacés dont s’occupaient les prêtres du diocèse et qui abritait plus de 26 000 personnes, a été complètement dévasté. « Des vieillards et des personnes handicapées ont été brûlés vifs, fusillés ou décapités », poursuit Mgr Yapaupa. « Pris de panique, des parents ont dû abandonner des enfants dans leur course folle pour survivre. Une maman avec des jumeaux a dû en lâcher un pour sauver l’autre. Les assaillants tiraient à bout portant. » Outre les pertes humaines, « le site a été incendié et plusieurs bâtiments de l’Église brûlés. La cathédrale a perdu son plafond. Des véhicules et des motos ont été volés ainsi que les panneaux solaires, les réserves de nourriture, d’argent, le carburant… »

Pays déchiré

Aujourd’hui, 14 groupes armés se partagent la Centrafrique. Le président du pays, Faustin Touadéra, n’a pas les moyens de contrôler ce véritable reliquat de la guerre civile débutée en 2013. Elle opposait les Séleka – une coalition islamiste – aux anti-Balaka, une milice animiste souhaitant se défendre contre « les balles des fusils AK47 ». Issue des Séleka, l’Unité pour la Paix en Centrafrique (UPC), et d’autres milices musulmanes ont été identifiées comme les auteurs des événements du 15 novembre. Pourquoi les tensions ont-elles monté d’un cran, précisément à Alindao?

Alindao, « la vache à lait »

Selon l’UPC, il s’agit de légitime défense, car des anti-balatas d’Alindao auraient assassiné deux musulmans les 14 et 15 novembre. De son côté, le rapport de l’évêché pointe plutôt du côté du manque de ressources de l’UPC, qui considère Alindao comme un « centre commercial florissant, une vraie vache à lait ». Chassée de Bambari en octobre, l’UPC avait dû abandonner le commerce local de bétail et les mines (or, diamants). Les « collectes hebdomadaires auprès des commerçants pour nourrir les troupes » soulevant de vives protestations, il fallait trouver un moyen de subsistance : Alindao et ses « butins de guerre ».

L’Église, une cible : elle demande une enquête internationale

« Organisée et structurée, l’Église catholique est un interlocuteur incontournable dans la crise locale », avance encore l’évêque d’Alindao, Mgr Yapaupa. Elle entretient des relations avec tous les acteurs humanitaires, le président, la MINUSCA (Mission des Nations Unies), et « elle fait l’objet de convoitise ». Elle devient donc une institution à abattre pour les chefs de guerre. Cela explique-t-il l’immobilisme des forces onusiennes mauritaniennes « libérant le passage aux assaillants » lors des attaques à Alindao, « sans assumer leur mission de protection des populations déplacées » ?

Le rapport note que « deux jours avant le drame, le responsable de l’UPC avait été reçu par le contingent mauritanien ». Le diocèse qualifie cette rencontre de « planification consensuelle ». Les trois leaders des confessions religieuses de Centrafrique – le Cardinal Nzapalaïnga, le Pasteur Guerekoyame Gbangou et l’Imam Omar Kobine Layama – ont demandé une enquête de la communauté internationale.

« Tout perdu sauf la foi »

« Nous avons tout perdu, sauf la foi », conclut Mgr Yapaupa. Mais d’ajouter : « Nous pouvons regarder l’ennemi dans les yeux et lui offrir un pardon sincère, sans céder à l’esprit de vengeance ni à la peur. »

Aide à l’Église en Détresse s’engage à soutenir le clergé local et la communauté paroissiale en situation d’abandon total, à hauteur de 60 000 dollars. Merci de votre générosité! 


 

AED : Un aperçu de la persécution et de la loi sur le blasphème au Pakistan

04.12.2018 in Actualités, Adaptation Mario Bard, Asie, Pakistan, Par Amanda Griffin, Persécution

Des chrétiens qui habitent ‘7 lanes’ un quartier de Gulshan Iqbal, a été victime de violence des extrémistes Musulman déplacé dans le quartier de leur terre tribal sur la frontière du Pakistan. La communauté chrétienne a construit des murs pour bloquer l’accès à 7 ruelles pour assurer leur sécurité après les violences et les meurtres.

Un aperçu de la persécution et de la loi sur le blasphème au Pakistan

Le Pakistan est un pays où la minorité chrétienne est victime d’une terrible persécution et de discrimination à cause de sa foi.

La « loi sur le blasphème », adoptée au Pakistan en 1986, est l’un des outils de discrimination utilisés contre les chrétiens et les autres minorités. En principe, elle protège toutes les religions contre les attaques, mais prévoit des sanctions sévères et draconiennes pour les attaques et les blasphèmes perpétrés contre l’Islam, ainsi que pour les 1 300 personnes qui ont été accusées de transgresser les lois sur le blasphème depuis leur entrée en vigueur. Un simple soupçon ou une déclaration suffit pour emprisonner un individu et le fardeau de la preuve repose sur l’accusé (e) à qui incombe la responsabilité de prouver son innocence. À ce jour, personne n’a encore été trouvé coupable de blasphème, condamné à mort ou exécuté. L’irréparable a cependant bien failli être commis dans un cas important ayant attiré l’attention du monde entier et qui mettait en cause une femme nommée Asia Bibi.

 

Asia Bibi, chrétienne, mère de cinq enfants  

Madame Bibi, une simple chrétienne habitant un petit village, menait une vie sans histoire auprès de ses cinq enfants. Elle n’avait jamais quitté son patelin auparavant, même pour se rendre dans la capitale d’Islamabad. Un jour, un simple geste de sa part bouleversa sa vie; il entraîna des accusations de blasphème à son endroit, lesquelles furent suivies par l’attaque d’une foule contre elle et sa jeune fille. Elles furent battues, puis madame Bibi fut arrêtée. En tant que femme et chrétienne, elle n’a jouit d’aucune crédibilité devant le système de justice pakistanais et fut reconnue coupable de blasphème, condamnée à mort et gardée en isolement dans des conditions atroces pendant près de 10 ans.

Jusqu’à tout récemment.

Le 31 octobre 2018, après que l’appel pour renverser sa peine de mort soit repoussé plusieurs fois – les juges étant réticents à entendre la cause (on pense par crainte de représailles). Elle a été finalement, et joyeusement pour sa famille et ceux qui l’ont soutenue à travers le monde, acquittée du crime et reconnue non coupable.
Mais elle ne pouvait pas être libérée de prison, ni même laissée pour être avec sa famille, car des manifestants ont demandé de la mettre à mort pour son crime, lors d’émeutes et de troubles qui s’ensuivirent dans le pays.

 

Eisham Ashiq, fille de 19 ans d’ Asia Bibi, & Ashiq Masih, le mari d’Asia Bibi de passage a l’AED au Royaume Uni en octobre dernier

Malheureusement, même si elle est maintenant sortie de prison, elle n’a pas pu encore rejoindre sa famille, car des émeutes et un désordre civil demandant qu’elle soit mise à mort pour son crime ont été déclenchés dans le pays. Et même avec l’arrestation récente des leaders de ces manifestations, sa vie est toujours en danger.

 

Comme à d’autres moments dans l’histoire récente du Pakistan, cette réaction en masse pour maintenir la condamnation à mort, démontre toute la gravité de la situation dans laquelle les chrétiens du Pakistan se trouvent. Par le passé, et lors du procès d’Asia Bibi, d’autres personnes courageuses se sont exprimées en faveur de la liberté et pour les droits des minorités. Plusieurs d’entre elles furent ensuite forcées de se taire et d’autres furent même assassinées. Cela nous rappelle le cas d’un brave chrétien nommé Shahbaz Bhatti.

 

Shahbaz Bhatti, chrétien et ministre fédéral aux affaires des minorités

Sa poursuite courageuse vers la réalisation de son rêve de liberté et d’égalité religieuses pour tous l’a mené à être nommé ministre fédéral aux affaires des minorités en 2008. Dans un court laps de temps, il a réussi à présenter une loi garantissant aux minorités un partage de cinq pour cent des postes publics, dont ceux au parlement. Il s’est personnellement impliqué au cœur d’enjeux difficiles affectant les gens ordinaires et qui touchent particulièrement la communauté chrétienne minoritaire, qui compte pour deux pour cent de la population. Il s’est fait le porte-parole de ceux et celles qui n’ont pas de voix, dont Asia Bibi. Sa critique ouverte du mauvais usage de la loi sur le blasphème a entraîné un nombre grandissant de menaces et, bien que conscient du danger imminent, il a fait preuve d’un grand courage en refusant de renier son engagement à aider les minorités religieuses victimes de discrimination.

 

La cimetière à Gojra, dans le diocèse de Faisalabad – tombe de Shahbaz Bhatti – au Pakistan 2011.  Photo: Magdalena Wolnik

Deux ans avant sa mort, dans un livre qui est par la suite devenu son testament spirituel, Bhatti écrivait : « Mon corps humain est blessé, mais ces blessures ne sont pas physiques. Ce sont des blessures de crainte, de deuil, de peine et de douleur pour les chrétiens persécutés du Pakistan, des chrétiens dans le besoin et opprimés. Les gens dans le besoin sont notre famille et en tant que famille, nous partageons leurs peines, leurs deuils et leurs souffrances, comme ils partagent les nôtres. »  Je suis profondément convaincue que ces mots demeurent tout aussi pertinents aujourd’hui, pour moi comme pour nous tous.

Aujourd’hui cardinal, l’archevêque Joseph Coutts de Karachi a dit de lui qu’il était « un homme avec un rêve et une vision d’espoir afin que les gens de fois différentes puissent vivre ici tous ensemble ».

 

Salmaan Taseer, gouverneur du Punjab

Un autre brave homme assassiné pour s’être opposé à la loi sur le blasphème. Le 4 janvier 2011, Salmaan Taseer, gouverneur du Punjab, fut assassiné à Islamabad par son garde du corps, qui n’était pas d’accord avec l’opposition de Taseer à la loi sur le blasphème du Pakistan.

 

Pakistan, en mai 2017 – Des femmes et des enfants pendant la messe au Cathédrale du Sacré  coeur à Lahore. 

L’enlèvement et le viol des femmes comme outil de persécution

L’enlèvement de femmes issues de minorités, un autre outil qui, selon le Rapport sur la liberté religieuse dans le monde récemment publié par Aide à l’Église en Détresse Internationale*, est employé pour discriminer et persécuter les chrétiens, et surtout les chrétiennes, est aussi en augmentation en 2018. Il arrive souvent que les autorités affirment aux parents que leur fille s’est convertie et mariée de son propre gré. Plusieurs familles ne rapportent pas le crime ou retirent leur plainte au tribunal à cause de menaces proférées à l’endroit d’autres femmes et filles de la famille.

 

Ces enlèvements font partie d’un modèle plus large de violence sexuelle à l’égard des femmes issues de minorités religieuses. Étant plus impuissantes que les musulmanes devant la loi, elles deviennent une cible facile, car les violeurs savent que des poursuites judiciaires sont improbables. Si une femme ne peut pas prouver une relation sexuelle contre son gré, elle peut être accusée d’adultère et être arrêtée, flagellée ou même lapidée à mort. Pour cette raison, plusieurs femmes ont peur de rapporter des actes de violence sexuelle commis contre elles ou leurs proches.

 

L’appel à la prière de M. Bhatti pour la liberté de religion et l’égalité, en plus de celui de plusieurs autres braves âmes, a finalement fait une différence pour Asia Bibi et sa famille, qui n’ont jamais cessé de la défendre, de se battre et de prier pour elle. Ils sont aujourd’hui réunis, mais demeurent dans l’attente d’une invitation d’un pays sécuritaire, comme le Canada.

 

Pakistan, mai 2017 – La colonie de Saint Joseph. Trouvé dans un quartier majoritairement chrétien à Lahore, ou une foule enragé a mis en feu des douzaines de maisons après des accusations de blasphème contre un homme chrétien en mars 2013. Il semble que l’homme a été faussement accusé de blasphème. 

Pour en savoir plus sur la situation volatile et de plus en plus dangereuse des chrétiens du Pakistan, le Code pénal pakistanais et les lois sur le blasphème introduites en 1986, veuillez consulter le Rapport 2018 sur la liberté religieuse dans son entièreté sur le site web international en faisant une recherche par pays : Pakistan. Le rapport est accompagné de nombreuses données sur le sujet.

Texte: Amanda Griffin, AED Canada  Traduction : Julie Bourbeau
Sources : AED CANADA, Rapport 2016 et 2018 de l’AED sur la liberté religieuse, The Catholic Register et divers articles de presse de l’AED
*Autres sources : Human Rights Council of Pakistan et le Movement for Solidarity and Peace in Pakistan

Actualités AED : Rapport 2018 sur la liberté religieuse dans le monde

22.11.2018 in ACN Canada, ACN International, Actualités, AED-Canada

Les nationalismes agressifs attisent la haine religieuse…
et l’Occident reste les bras croisés

Selon le dernier Rapport sur la liberté religieuse (RFR 2018) produit par l’organisme international Aide à l’Église en Détresse (AED), l’Occident ne prend pas suffisamment de mesures pour contrer ce qui est considéré comme une nouvelle crise du nationalisme répressif.

Dans des régions importantes du monde, une vague de nationalisme agressif provoque une montée de la violence et d’autres formes d’intimidation contre les minorités religieuses. Et, face à ces phénomènes, l’Occident ne parvient pas à traduire ses inquiétudes en actes.

Telle est la conclusion du « Rapport 2018 sur la liberté religieuse dans le monde » publié aujourd’hui, qui évalue les 196 pays du monde. On le trouve à l’adresse http://religious-freedom-report.org/fr/home-fr/. La version abrégée est disponible en format PDF à l’adresse www.acn-canada.org/fr.

Dans différents pays, l’ultranationalisme exercé autant par des gouvernements que par des acteurs non gouvernementaux a contribué à accroître la haine envers les minorités religieuses. Cela vaut également pour de grandes puissances régionales comme l’Inde, la Chine et le Myanmar.

Publié tous les deux ans par l’œuvre pontificale Aide à l’Église en Détresse (AED), le rapport dresse d’abord le constat que « l’analphabétisme religieux » – également propagé par les médias et l’absence d’actions politiques en Occident – ont aggravé le problème. Par ailleurs, de nombreuses minorités religieuses souffrent derrière un « rideau d’indifférence ».

« Nous croyons que cette situation est un réel défi pour le Canada », estime Marie-Claude Lalonde, directrice nationale de l’AED au Canada. « D’expérience, nous savons que plus les gens savent et sont informés à propos d’une situation, et plus ils peuvent agir pour changer ce qui semblait d’abord impossible à changer. La liberté religieuse doit devenir une préoccupation essentielle pour les Canadiens si nous voulons voir un réel changement dans le nombre de pays où se vit une hausse de la discrimination et de la persécution, lesquelles peuvent – ultimement – causer la mort de tant de gens. »

Photo: © Catholic Secretariat of Nigeria (CSN) Directorate of Social Communications

Bergers peuls et agriculteurs chrétiens s’affrontent. Les raisons, au départ économiques, sont devenues progressivement autres. Une tradition veut s’imposer sur l’autre. (Photo: © Catholic Secretariat of Nigeria (CSN) Directorate of Social Communications)

L’Occident manque à l’appel

Le rapport critique également le fait que la plupart des gouvernements occidentaux ont négligé le fait « de faire parvenir le plus rapidement possible aux minorités religieuses le soutien dont celles-ci ont besoin d’urgence ». Ce constat concerne particulièrement les communautés déplacées qui souhaitent retourner dans leur pays d’origine.

Selon les conclusions du rapport, la majorité des gouvernements n’ont pas offert aux minorités religieuses expulsées l’aide promise pour retourner dans le nord de l’Irak ou dans d’autres pays, après l’expulsion de l’État islamique (ÉI) et d’autres groupes militants.

Les résultats de l’étude de l’AED permettent de déduire que les informations fournies par les médias sur l’islam militant, au cours de la période de référence (2016-2018), se limitent presque exclusivement aux luttes contre l’ÉI et ses groupes affiliés, mais l’expansion continue des mouvements islamistes militants dans les régions d’Afrique, du Moyen-Orient et d’Asie est pratiquement ignorée.

Le conflit qui s’intensifie entre sunnites et chiites, les deux principaux courants rivaux de l’islam, constitue la force motrice derrière la montée de l’extrémisme.

Au cours de la période de référence de deux ans, la situation des minorités religieuses s’est détériorée dans près de la moitié des pays classés comme nations où des violations importantes de la liberté religieuse ont été commises. Cela s’applique à 18 pays sur un total de 38.

Pour la première fois depuis la création du rapport il y a 19 ans, l’intolérance croissante envers les minorités religieuses a mené au classement de deux nouveaux pays – la Russie et le Kirghizistan – dans la catégorie « discrimination ». De plus, dans certains cas, comme en Arabie Saoudite et en Corée du Nord, la situation était déjà si grave qu’il était littéralement impossible qu’elle se détériore encore plus durant la période de référence.

« Cette détérioration rapide des droits dans des pays où la situation était déjà classée comme critique, comme le droit de professer sa foi en toute liberté et sécurité, tel quel le stipule l’Article 18 de la Charte universelle des Droits de l’Homme des Nations unies, devrait être source d’une grande préoccupation pour les personnes de toutes croyances », estime Marie-Claude Lalonde.

En ce qui concerne l’Occident, il est fait référence à une vague d’attaques extrémistes perpétrées par des combattants militants contre des cibles occidentales. Un tel terrorisme qui frappe au cœur des démocraties libérales signifie que cette menace peut être considérée comme « terrorisme de voisinage ». Selon le rapport, le danger émanant de ces terroristes « est universel, imminent et omniprésent ».

Dans ce contexte, le Rapport 2018 sur la liberté religieuse dans le monde insiste également sur l’augmentation de l’islamophobie et de l’antisémitisme en Occident.

En résumant les principaux résultats du rapport, son rédacteur en chef John Pontifex déclare : « La conséquence de l’ultranationalisme agressif – que ce soit de la part de gouvernements intransigeants ou de groupes extrémistes violents – fait en sorte que les minorités religieuses ont le sentiment d’être des étrangers dans leur propre pays. Elles constituent des cibles faciles dans une nouvelle ère marquée par l’ignorance et l’intolérance. »

Il existe certes des minorités comme les Rohingya musulmans, dont la détresse a reçu « l’attention qu’elle mérite » en Occident. Mais d’autres en revanche, comme les chrétiens au Nigéria, les Ahmadiyya in Pakistan et les Baha’i en Iran – se sont « sentis abandonnés par l’Occident, où la liberté religieuse est retombée dans les dernières places sur la liste des priorités. »

Dans le cadre la vigile de prière interreligieuse tenue à Toronto pour le Mercredi Rouge (21 novembre), événement organisé par l’Aide à l’Église en Détresse pour faire connaître la situation des chrétiens persécutés dans le monde, Mme Lalonde disait :
« Nous devons lutter contre cette ignorance omniprésente en informant, comme nous le faisons avec ce rare rapport mondial sur la liberté religieuse, et contre l’intolérance par des actes d’unité, comme nous le faisons aujourd’hui, en priant ensemble en tant que frères et sœurs, comme membre de nombreuses religions.»