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Par Marta Petrosillo

 

Communiqué : Rapport annuel 2018 Aide à l’Église en Détresse (AED)

20.06.2019 in Adaptation Mario Bard, MONDE, Par Marta Petrosillo, PROJETS AED

RAPPORT ANNUEL 2018 DE L’AIDE À L’ÉGLISE EN DÉTRESSE 

Aide à l’Église en Détresse (AED)
Plus de 166,5 millions de dollars pour soutenir l’Église du monde entier

Plus de 166,5 millions de dollars pour l’Église souffrante, opprimée et persécutée dans le monde entier. C’est le total des dons collectés en 2018 par l’Aide à l’Église en Détresse (désignée au niveau international par le sigle ACN ou bien AED dans les pays francophones), grâce à ses 23 bureaux et son bureau international situé en Allemagne.

Par Marta Petrosillo pour ACN International

adapté par Mario Bard pour AED-Canada

publié le 20 juin 2019.

 

Une telle collecte obtenue grâce aux dons de plus de 330 000 bienfaiteurs, a permis de réaliser 5 019 projets dans 139 pays.

Une telle collecte, obtenue grâce aux dons de plus de 330 000 bienfaiteurs compte dans le monde, a permis de réaliser 5 019 projets dans 139 pays.

« Nous sommes émus par la générosité de nos bienfaiteurs du monde entier », a déclaré Thomas Heine-Geldern, président exécutif de l’œuvre, lors de la présentation du rapport. « Leur sacrifice et leur foi ont une fois de plus déplacé des montagnes ! »

« Chaque année, je me réjouis de la générosité des bienfaiteurs qui ne cessent de soutenir les projets qui nous sont confiés. En même temps, il nous faut relever le défi de mieux faire connaître cette Église pauvre et persécutée aux générations les plus jeunes », souligne quant à elle la directrice nationale au Canada, Marie-Claude Lalonde. « Ainsi, nous explorons de nouvelles manières de rejoindre les gens et de leur parler de l’Église d’ailleurs et de ses besoins et de sa grande vivacité. »

L’an dernier, le bureau canadien a reçu près de 2,6 millions de dollars pour soutenir une foule de projets, dont plusieurs au Nigeria. « La visite de Mgr Ignatius Kaigama, acteur pour la paix et le dialogue dans son pays, a été un moment fort de notre année. Aujourd’hui, l’un des fruits de cet événement sera la tenue d’expositions photo de l’AED sur la persécution dans le diocèse de Vancouver. Sans compter le Mercredi rouge qui pour cette deuxième édition le 20 novembre prochain, se déroulera de nouveau dans plusieurs diocèses, dont ceux de Toronto, Montréal et Calgary. »

Un soutien sur tous les continents

Un enfant en Éthiopie tient une image de l’Évangile, distribuée grâce à l’AED.

La réalité fondamentale qui se dégage des chiffres du rapport annuel (voir plus bas) est le soutien à l’Église universelle. Celui-ci s’exerce aussi – et surtout ! – en étant proche de l’Église opprimée et persécutée, et en étant capable de réagir concrètement aux attaques qui visent de plus en plus, dans le monde, les communautés chrétiennes. À l’occasion d’attentats tragiques tels que les récents massacres au Sri Lanka le jour de Pâques, ou des attaques fréquentes dans des pays comme le Pakistan et le Nigeria, l’Aide à l’Église en Détresse a toujours réagi rapidement en permettant aux communautés blessées de se relever et de renforcer leur présence, même dans les pays où les chrétiens représentent une petite minorité opprimée. Elle démontre ainsi que la foi a le pouvoir de vaincre la haine.

Soutenir les religieuses qui travaillent en situation de conflit : ici en Syrie.

Les faits saillants

Comme par les années passées, une grande partie des dons a été affectée à des projets en Afrique (27%) et au Moyen Orient (25%). Ces dernières années, l’aide attribuée à la région du Moyen Orient a connu une augmentation significative. Depuis le début du « printemps arabes » en 2011, l’œuvre pontificale de charité y a en effet réalisé des projets pour un montant total de, dont plus de 27 millions de dollars rien qu’en 2018. L’aide d’urgence aux milliers de chrétiens et de réfugiés déplacés, en particulier au Moyen Orient, a représenté plus de 12 % des aides accordées l’année dernière. Il est particulièrement important de souligner l’excellent travail de reconstruction des maisons de chrétiens, rendu possible grâce au soutien de l’AED en Syrie et en Irak. En effet, il y a eu 1 479 habitations de chrétiens reconstruites au Moyen Orient grâce à l’intervention de l’œuvre de charité.

Dans cette partie du monde, se trouve le pays qui, en 2018, a le plus bénéficié du soutien de l’AED. Il s’agit de la Syrie, où des interventions ont été réalisées pour pas moins de 12,9 millions dollars, soit plus de 4,35 millions de dollars de plus qu’en 2017. Un autre pays moyen oriental se trouve dans la liste des bénéficiaires, l’Irak, où des projets d’un total de 9,75 millions de dollars ont été financés l’année dernière. Viennent ensuite l’Inde (7,8), l’Ukraine (4,8) et la République Démocratique du Congo (4,2).

Un diacre entre de nouveau dans une église d’Alep en Syrie, lourdement endommagée par les bombes et les tirs de mortiers. L’espoir est au rendez-vous, grâce à nos bienfaiteurs ! 

Une messe toutes les 22 secondes !

En ce qui concerne les domaines d’intervention, les projets de construction et de reconstruction se retrouvent toujours à la première place (31,9% de l’aide) avec plus de 34,8 millions de dollars au total, pour la construction de 2 470 maisons, chapelles, églises, couvents, séminaires et centres pastoraux.

Viennent ensuite les offrandes de messe (16,4%). En 2018, 40 569 prêtres ont bénéficié de ce soutien particulier et ce sont au total, l’an dernier, 1 421 001 messes qui ont été célébrées aux intentions des bienfaiteurs de l’AED, c’est-à-dire une messe toutes les 22 secondes.

Viennent ensuite les offrandes de messe (16,4%). En 2018, 40 569 prêtres ont bénéficié de ce soutien particulier, fondamental dans les régions pauvres où les prêtres ne peuvent compter sur aucune autre forme de subsistance. Cela représente un prêtre sur dix dans le monde. Au total, l’an dernier, 1 421 001 messes ont été célébrées aux intentions des bienfaiteurs de l’AED, c’est-à-dire une messe toutes les 22 secondes.

Parmi les types d’aide, ce sont les aides d’urgences qui arrivent en troisième position, au même niveau que les interventions en faveur de la formation des prêtres et des religieuses (12,4%). En 2018, la formation de 11 817 séminaristes a été soutenue, ce qui représente un séminariste sur dix dans le monde, et les études complémentaires de 4 370 prêtres ont été financées. Les intentions de messe ont également permis de soutenir 1 383 prêtres qui enseignent dans les grands séminaires.

Une très grand importance est également accordée à l’éducation à la foi des laïcs, qui arrive en cinquième position et a représenté 11,2% de l’aide. L’an dernier, la formation de 14 169 catéchistes et laïcs engagés a été financée.

La sixième catégorie d’intervention est liée aux moyens de transport pour la pastorale (6,8%), avec 907 véhicules offerts, dont 370 voitures, 189 motos, 342 vélos, 2 camions, 2 autocars et 2 bateaux. Vient ensuite le soutien aux médias chrétiens et à la publication de Bibles et d’autres textes religieux (4,6 %). En 2018, a permis la publication et la diffusion de 1 103 480 textes sacrés et publications religieuses.

Le désespoir – ici dans l’État du Bihar en Inde. Discrimination et persécution religieuse sont le lot dans bien des pays, même démocratiques.

Nouvelles de l’AED : Nigeria « Carnage » dans l’État de Kaduna

01.04.2019 in ACN International, ACN-International, Adaptation Mario Bard, AFRIQUE, Nigéria, Par Marta Petrosillo

Nigeria
« Carnage » dans l’État de Kaduna

 

Depuis février dans l’État de Kaduna, 130 morts et 10 000 personnes déplacées à cause des bergers peuls

Montréal, 27 mars 2019 – « Aux violences de Boko Haram se sont jointes celles causées par les bergers islamistes peuls. Si le groupe État islamique a perdu du terrain en Irak et en Syrie, le Nigeria est actuellement le pays qui enregistre la plus grande activité terroriste au niveau mondial. Notre pays représente le futur “espoir ” du fondamentalisme islamique ». C’est ce qu’a déclaré hier Don Joseph Bature Fidelis, prêtre du diocèse de Maiduguri, en s’exprimant lors d’une rencontre organisée par l’Aide à l’Église en Détresse (AED) avec quelques membres des représentations diplomatiques européennes près le Saint-Siège.

Les rapports qui parviennent à l’AED ces jours-ci sont dramatiques. Depuis le début du mois de février, rien que dans l’État de Kaduna, plus de 130 personnes – principalement de l’ethnie Adara – auraient été tuées par des bergers islamistes de l’ethnie peule. Il s’agit d’une vague de violence qui a également provoqué le déplacement de 10 000 personnes et la destruction d’environ 150 habitations. « Ces dernières attaques ont anéanti diverses communautés et porté la crise humanitaire à des niveaux de gravité très élevés », écrit à l’AED le Père Williams Kaura Abba, un prêtre du diocèse de Kaduna.

« La vague actuelle de meurtres a débuté le dimanche 10 février 2019, lorsque les bergers peuls ont tué 10 chrétiens, dont une femme enceinte à Ungwar Barde, dans le district de Maro (région de Kajuru) ».

Attaques particulièrement cruelles

Le prêtre a raconté à l’œuvre pontificale de charité la situation dramatique de l’hôpital de Kajuru, évoquant en particulier le cas d’un enfant de 5 ans gravement blessé. « Ils ont d’abord essayé de le tuer avec des fusils, puis avec une machette, mais heureusement Dieu l’a protégé ». Insatisfaits, les bergers peuls l’ont ensuite violemment frappé à la colonne vertébrale avec des bâtons. Maintenant, il est paralysé. « Ce pauvre enfant a également perdu une de ses sœurs pendant l’attaque, tandis que sa mère lutte pour sa survie dans un autre hôpital ».

La cruauté avec laquelle les Peuls agissent est horrible. « Même les animaux ne tuent pas comme ça », ajoute le Père Kaura Abba, qui note également l’inefficacité de la réponse des autorités locales. « Ni le gouverneur de Kaduna ni aucun représentant du gouvernement fédéral n’a daigné rendre visite aux victimes ou consoler leurs proches. Seules les communautés chrétiennesse chargent de fournir des soins et des médicaments aux blessés ».

Le 19 mars, une manifestation pacifique a été organisée dans la capitale Abuja. À cette occasion, le Père Kaura Abba a lancé un appel à la communauté internationale, désormais relayé par l’AED : « Nous vous demandons de faire pression sur le gouvernement nigérian pour qu’il vienne en aide à notre peuple. Nous ne pouvons pas rester silencieux face à ce carnage. Si nous voulons sauver ce qui reste de notre humanité, les organismes gouvernementaux compétents doivent s’acquitter de leurs obligations sans avoir peur ».

 

Article de Marta Petrosillo pour ACN-International
Révision en français pour le Canada : Mario Bard, AED-Canada

Irak – La Lamborghini du pape pour reconstruire ! – AED-Infos

26.02.2019 in ACN International, adaptation : Mario Bard, Communications, Communiqué, Construction, International Catholic Charity Aid to the Church in Need, Irak, Moyen-Orient, Pape, Pape François, Par Marta Petrosillo, PROJETS AED, Voyagez avec AED

Aide à l’Église en Détresse en Irak

La Lamborghini du pape pour reconstruire

Montréal, 26 février 2019 – Grâce au don de 300 000 dollars reçu à la suite de la vente aux enchères de la Lamborghini offerte au Pape François, Aide à l’Église en Détresse (AED) pourra financer deux nouveaux projets au profit des familles chrétiennes et d’autres minorités revenues s’installer dans la plaine de Ninive.

Par Marta Petrosillo pour ACN-International et Mario Bard, AED-Canada

« Il est heureux que le pape François ait choisi de redistribuer les profits de ce qui est d’abord un cadeau. Bien sûr, notre organisme est honoré de participer à la redistribution des fruits de la vente », indique Marie-Claude Lalonde, directrice nationale de l’AED-Canada. « Ce projet pour le retour des chrétiens dans la plaine de Ninive était audacieux il y a deux ans, car l’insécurité était encore très grande. Finalement, l’AED a eu raison d’aller de l’avant avec d’autres partenaires, afin d’assurer ce retour des chrétiens en Irak : ils reviennent de plus en plus nombreux. »

Le 15 novembre 2017, le Saint-Père a décidé de faire don à l’AED d’une partie du montant de la vente de la Lamborghini Huracan qui lui avait été offerte par le constructeur automobile. Aujourd’hui, l’AED permet au geste du pape François de se concrétiser à travers le financement de la reconstruction de deux bâtiments de l’Église syro-catholique qui avaient été détruits par la guerre : le jardin d’enfants « Vierge Marie » et le centre polyvalent de la paroisse du même nom.

La destruction du centre paroissial a été totale.

Le 15 novembre 2017, le Saint-Père a décidé de faire don à l’AED d’une partie du montant de la vente de la Lamborghini Huracan qui lui avait été offerte par le constructeur automobile. Aujourd’hui, l’AED permet au geste du pape François de se concrétiser à travers le financement de la reconstruction de deux bâtiments de l’Église syro-catholique qui avaient été détruits par la guerre : le jardin d’enfants « Vierge Marie » et le centre polyvalent de la paroisse du même nom.

Les deux bâtiments sont situés à Bashiqa, à seulement 30 kilomètres de Mossoul. Le village a été gravement touché par la guerre, mais la communauté chrétienne est revenue en grand nombre. De fait, 405 des 580 habitations détruites ont déjà été réparées, et 50 % des chrétiens sont revenus, soit 1 585 personnes.

Les deux opérations financées grâce au produit de la vente de la Lamborghini bénéficieront également aux autres minorités de la ville, car le centre polyvalent, capable d’accueillir plus de 1 000 personnes, sera utilisé pour les mariages et les fêtes religieuses des différentes communautés. Ce sera le plus grand centre de la région, et il sera à la disposition de plus de 30 000 personnes, appartenant à différentes ethnies et confessions.

Le retour : un succès inespéré !

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Un peu plus de deux ans après la libération des villages de la plaine de Ninive, le nombre de chrétiens ayant pu rentrer chez eux a dépassé les prévisions les plus optimistes. Le 11 janvier dernier, le nombre de familles ayant regagné leurs villages s’élevait à 9 108, soit près de 46 % des 19 832 familles qui y vivaient en 2014 avant l’arrivée de l’État islamique. Cela est dû à l’immense travail de reconstruction – largement financé par l’AED – qui a jusqu’ici permis de reconstruire ou de réparer 41 % des 14 035 habitations détruites ou endommagées par l’État islamique.

L’œuvre pontificale de charité ainsi que les Églises locales ont été à l’avant-garde de cette opération qui a trouvé dans le Saint-Père un bienfaiteur assidu. En 2016, le Pape François avait déjà financé à hauteur de 150 000 dollars la clinique Saint-Joseph d’Erbil, qui donne une assistance médicale gratuite.

Ce don supplémentaire du Saint-Père permettra aux chrétiens de vivre leur foi et d’assurer un avenir en Irak à leurs enfants. Il constituera en même temps un message fort et une invitation à une coexistence pacifique entre les religions, dans une région où le fondamentalisme a malheureusement détérioré les relations interreligieuses.

Depuis 2014, l’AED a déjà fait don de plus de 60 millions de dollars pour soutenir les chrétiens irakiens. Dans la plaine de Ninive, l'espoir est plus que jamais présent!  Merci de continuer à nous aider à soutenir l'Église en Irak dans ses efforts de reconstruction!

Irak : enfin, une porte ouverte vers l’espérance!


Pakistan – Les nombreux cas « Asia Bibi » ignorés du monde – AED-Informations

16.02.2019 in ACN International, Adaptation Mario Bard, Asie, Chrétiens Catholique, Informations, International Catholic Charity Aid to the Church in Need, liberté religieuse, Maria Lozano, Pakistan, Par Marta Petrosillo, Persécution, Voyagez avec AED

Pakistan : « Mon mari est innocent ! »

La Colony Jospeh. En mars 2013, plus de 3000 personnes ont détruit près de 300 maisons et deux églises. Elles étaient en colère après l’accusation de blasphème contre Sawan Masih.

 Les nombreux cas « Asia Bibi » ignorés du monde

Au Pakistan, 224 chrétiens ont été victimes de la loi contre le blasphème depuis son adoption en 1986. C’est ce qu’a déclaré Cecil Shane Chaudhry, directeur exécutif de la Commission nationale Justice et Paix du Pakistan (NCJP), à une délégation de l’Aide à l’Église en Détresse en visite au Pakistan.

Par Marta Petrosillo et Maria Lozano, ACN-International 

Alors qu’’Asia Bibi, une mère chrétienne accusée de blasphème, a définitivement été libérée le 29 janvier, une étude de la commission présentée à l’AED indique qu’il y aurait actuellement 25 cas de chrétiens qui souffrent encore en prison. Et 23 chrétiens ont également été tués pour blasphème entre 1990 et 2017.

Les deux paragraphes B et C de l’article 295 du Code pénal pakistanais constituent la Loi contre le blasphème. Le paragraphe 295B stipule la peine d’emprisonnement à perpétuité pour ceux qui diffament le Coran ; en vertu de l’article 295C, la peine de mort sanctionne toute profanation du nom du prophète Mahomet.

« Pour les fondamentalistes, la loi contre le blasphème constitue une arme puissante afin d’exercer le pouvoir, utilisée au dépend des minorités, et elle est souvent utilisée à des fins de vengeance personnelle » explique Cecil Chaudhry. « Et lorsque c’est un chrétien qui est accusé, les conséquences concernent l’ensemble de la communauté. »

Cecil Chaudhry, Directeur de la Commission nationale pour la justice et la paix du Pakistan. 

C’est exactement ce qui s’est passé en mars 2013 dans le quartier chrétien Joseph Colony à Lahore. Le jeune chrétien Sawan Masih avait été accusé d’avoir offensé le prophète Mahomet. « Après la prière du vendredi 9 mars, une foule en furie composée de 3 000 musulmans a incendié et brûlé tout le quartier, détruisant presque 300 habitations et deux églises », raconte le Père Emmanuel Yousaf, président du NCJP à la délégation de l’AED lors de sa visite du quartier. Entre-temps, grâce à l’aide du gouvernement, le quartier a pu être reconstruit et restitué aux chrétiens.

Alors que les 83 meneurs de l’incendie criminel ont tous été acquittés et remis en liberté, Sawan Masih a été condamné à la peine de mort en 2014 et attend toujours son audience e

n appel. « Les audiences sont sans cesse repoussées à plus tard », déclare l’avocat Me Tahir Bashir. « La dernière audience avait été fixée au 28 janvier, mais le juge n’est simplement pas venu. Maintenant, la prochaine audience est prévue le 27 février. »

Comme dans l’affaire Asia Bibi, nombreuses sont les irrégularités dans le cas de Sawan Masih. Les accusations portées contre lui ont été faites par un de ses amis musulmans, Shahid Imran, suite à une dispute entre les deux hommes. Ce n’est que deux jours plus tard que deux témoins ont comparu, qui n’étaient même pas présents au moment de la prétendue offense envers Mahomet. « Les accusations contre Sawan Masih sont instrumentalisées », affirme le Père Yousaf  à l’AED. « En vérité, il s’agit d’évincer les chrétiens de ce quartier très prisé de la ville, apprécié parce qu’il est à proximité des aciéries. »

Des membres de la Commission nationale pour la justice et la paix (NCJP), créée en 1985 par la Conférence des évêques catholiques du Pakistan. Elle fournit des services dans le domaine de la défense des droits de l’homme. Depuis 1990, la Commission défend les cas de blasphème contre les musulmans, les chrétiens et les hindous et fait campagne pour l’abolition des lois sur le blasphème. L’équipe de la Commission nationale pour la justice et la paix (NCJP).

Entre-temps, Sobia, l’épouse de Sawan Masih, élève ses trois enfants toute seule. « Je ne sais pas pourquoi ils accusent mon mari », dit-elle à l’AED. « Tout ce que je sais, c’est que l’homme qui a porté plainte contre lui était de l’un de ses amis, avec lequel il s’était disputé. Sawan est innocent ! »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Union de prière avec Pape François pour les petits enfants de la Syrie

03.12.2018 in Adaptation Mario Bard, PAIX, Pape, Pape François, Par Marta Petrosillo, Prière

 Initiative de l’AED
50 000 bougies pour la paix en Syrie !

Aide à l’Église en Détresse (AED) lance pour Noël une campagne de prière, de solidarité intitulée des « Bougies pour la paix en Syrie ». La campagne a commencé ce dimanche 2 décembre, premier dimanche de l’Avent, par l’allumage symbolique d’une bougie par le Saint-Père à la fin de l’Angélus.

Ces derniers jours, cette initiative a permis l’implication de plus de 50 000 enfants de différentes religions, originaires de nombreuses villes syriennes fortement touchées par la guerre, dont Alep, Damas, Homs, Marmarita, Hassaké, Tartus et Lattaquié. Les enfants ont prié et peint des dessins sur le thème de la paix pour décorer leurs bougies : des croix, des colombes et des messages d’espérance à travers lesquels les petits Syriens, qui sont les premières victimes du conflit encore en cours, ont adressé au monde leur appel à la paix.

 

L’œuvre pontificale de charité Aide à l’Église en Détresse invite toute personne dans le monde à répondre au cri de paix des enfants de Syrie en allumant une bougie, comme l’a fait le Saint-Père, et ce, afin de répandre le message des petits Syriens et d’insuffler de l’espérance pendant le temps de l’avent.

 

La bougie que le Saint-Père a allumée a été fabriquée par un artisan du quartier de Bab Touma, dans la vieille ville de Damas, et comporte des photos d’une quarantaine d’enfants, originaires d’Alep pour la plupart, le logo de la campagne (une colombe dont les ailes ont la forme d’une main d’enfant, avec l’inscription « la paix pour les enfants – Syrie 2018 [Peace for the Children Syria 2018] ») et le logo de l’AED.

L’AED avait déjà donné la parole aux petits Syriens en 2016, en apportant leurs dessins pour la paix au Parlement européen.

 

Canada : une réponse de prière et de petits gestes solidaires

« Au Canada, les bienfaiteurs qui reçoivent le Bulletin pourront faire directement un cadeau de Noël pour la Syrie », indique Marie-Claude Lalonde, directrice nationale de l’AED. « Nous les invitons plus spécialement à prier afin que les familles de Syrie puissent pleinement goûter à la joie d’un Noël pacifique. Nous espérons que les Noëls à venir se vivent aussi dans la paix. » Aide à l’Église en Détresse a déjà fait parvenir 22,5 millions de dollars pour la reconstruction en Syrie, qui s’ajoutent aux 44 millions de dollars déjà donnés depuis le début du conflit en 2011.

De plus, depuis deux ans à Montréal, une activité permet d’amasser des fonds pour le programme La goutte de lait.

Pakistan : Asia Bibi s’inquiète pour sa famille

30.11.2018 in Adaptation Mario Bard, Asie, liberté religieuse, Pakistan, Par Marta Petrosillo

Pakistan

Asia Bibi s’inquiète pour sa famille

« Nous avons peur ! » C’est ce qu’a déclaré Joseph Nadeem, l’homme qui s’occupe de la famille d’Asia Bibi, lors d’un court entretien avec l’Aide à l’Église en Détresse. « Ces derniers jours, les islamistes ont tiré sur la porte d’entrée de notre maison. Nous espérons être bientôt en sécurité, et peut-être déjà à Rome pour Noël. »

 

Eisham Ashiq, 19 ans, fille d’Asia Bibi.

« Nous sommes constamment menacés et, à plus d’une occasion, j’ai été suivi ». Telle est la situation dramatique de la famille d’Asia Bibi, décrite à l’Aide à l’Église en Détresse par Joseph Nadeem. Depuis la condamnation de la femme chrétienne pour blasphème, il a pris soin de ses filles. Asia et son mari étant presque analphabètes, c’est aussi lui qui les a aidés avec les avocats et qui a accompagné Ashiq, son mari et sa fille la plus jeune, Eisham, dans leurs voyages à l’étranger afin qu’ils témoignent de la situation d’Asia Bibi.

Aujourd’hui, Joseph Nadeem et sa famille sont également en danger et vivent avec les filles d’Asia Bibi. « Dès qu’Asia a été acquittée, nous avons dû fuir – elle et son mari sont dans un endroit sûr protégés par le gouvernement. Mais nous, ne pouvions pas être avec eux ». Depuis lors, la famille Nadeem et les deux filles d’Asia ont dû changer de logement à quatre reprises. « Les islamistes nous traquent, et chaque fois que nous nous rendons compte que nous sommes en danger, nous fuyons immédiatement. Nous ne pouvons même pas aller acheter à manger. Je ne sors que la nuit, le visage couvert ».

 

Elle parle tous les jours à ses filles

Asia est consciente de la difficulté de la situation. « Je l’ai rencontrée lors de sa libération et depuis, nous parlons au téléphone avec elle chaque jour. Elle est très inquiète pour ses filles ». Pour Esha et Eisham, il est encore impossible de serrer leur mère dans leurs bras. Au moins, par téléphone, elles ont pu retrouver un minimum de relations au quotidien. « Je n’oublierai jamais leur premier appel téléphonique – ajoute Nadeem – Esha et Eisham ont pleuré de joie pendant des heures. Asia est impatiente de les retrouver et espère quitter bientôt le pays avec elles et son mari ».
Bien que son cauchemar ne soit pas encore fini, Asia Bibi fait preuve d’une foi et d’une force extraordinaires. « C’est une femme incroyable ! Elle a conservé une foi inébranlable et une confiance infinie dans le Seigneur. Cela peut paraître étrange, mais c’est elle qui nous soutient en ces temps difficiles. Elle nous invite à ne pas nous décourager et dit que, par rapport à ce qu’elle a traversé jusqu’à présent, ce n’est qu’un bref moment qui passera vite ».

Pakistan : un homme assis dans un quartier chrétien de Multan, ville où Asia Bibi a été emprisonnée.

Joseph Nadeem et les filles d’Asia sont bien conscients du flux d’informations et de l’intérêt suscité dans le monde entier par le cas d’Asia, et ils ont eu l’occasion d’en parler avec Asia elle-même. « L’attention et la solidarité internationales nous réconfortent. Eisham a été émue en voyant son message vidéo projeté à Venise illuminée en rouge. Nous tous, y compris Asia, sommes reconnaissants envers ceux qui élèvent la voix pour dénoncer notre situation ».
« Nous espérons que, bientôt, nous allons pouvoir quitter le Pakistan pour vivre dans un endroit sûr. Aide à l’Église en Détresse a été le premier organisme à nous offrir l’hospitalité et nous espérons que nos deux familles pourront passer ce Noël à Rome, avec vous ».

Propos recueillis par Marta Petrosillo, AED-Italie

Actualités AED: Niger – Un missionnaire enlevé depuis le 17 septembre dernier

28.09.2018 in ACN International, adaptation : Mario Bard, AED-Canada, AFRIQUE, Niger, Par Marta Petrosillo, Persécution

Image d’archive : en 2016, les populations de la région de Diffa fuient la violence de Boko Haram et doivent trouver refuge plus loin.

Niger
Un missionnaire enlevé depuis le 17 septembre dernier

Son confrère déclare à l’AED : « S’ils parviennent à rejoindre le Mali, nous craignons une longue séquestration, comme celle de Sœur Gloria »

« Ce fut une attaque bien ciblée et rapide. Les ravisseurs connaissaient les déplacements du Père Pierluigi et l’avaient choisi comme victime ». C’est ainsi que le Père Mauro Armanino, missionnaire de la Société des missions africaines au Niger, raconte à l’Aide à l’Église en Détresse l’enlèvement de son confrère le Père Pierluigi Maccalli, qui a eu lieu le lundi 17 septembre à la mission où travaillait le missionnaire italien, à 125 kilomètres de la capitale Niamey.

Comme l’a rapporté le Père John, un confrère indien qui vit dans la même mission que le Père Maccalli, l’attaque, bien planifiée, n’a pris que quelques minutes. Le Père Armanino raconte à l’AED : « Lundi soir, le Père John, très traumatisé, est arrivé dans notre maison régionale de Niamey. Il se trouvait dans une autre petite maison à quelques mètres de celle du Père Pierluigi et raconte que les ravisseurs ont tout simplement frappé à la porte, ont enlevé le prêtre, puis sont partis en tirant des coups de feu en l’air. Il est clair d’après les faits que la cible était ce prêtre occidental, sinon ils n’auraient pas laissé derrière eux son confrère indien ». Le Père Maccalli venait tout juste de rentrer d’une période de repos en Italie. « Je suis allé moi-même le chercher à l’aéroport samedi dernier. Les ravisseurs le savaient et c’est pour cela qu’ils ont agi à ce moment-là. Le fait que le gouvernement n’ait rien fait même s’il savait qu’il y avait des gangs armés dans la région n’a certainement pas aidé.

« Le fait que, pour la première fois, un prêtre catholique ait été attaqué montre qu’il n’y a plus de limites à la violence »

Selon le Père Armanino, parmi les diverses raisons liées à l’enlèvement – en plus d’une demande probable de rançon qui n’est pas encore arrivée, et du désir d’attirer l’attention des médias internationaux – il y a l’intention d’effrayer les communautés chrétiennes dans l’une des rares régions du Niger où le christianisme est la religion majoritaire. « Le fait que, pour la première fois, un prêtre catholique ait été attaqué montre qu’il n’y a plus de limites à la violence ».

Image d’archive : en janvier 2015, une vague de violence islamiste s’est abattue sur le diocèse de Niamey. Ici, trois voitures appartenant aux religieuses de l’Assomption ont été brûlées.

La présomption qu’il s’agit d’un acte délibérément anti-chrétien est renforcée par le fait qu’un autre petit groupe de ravisseurs a attaqué peu après les Sœurs Franciscaines de Marie. Les religieuses ont réussi à s’échapper, certaines ont fui tandis que d’autres se sont cachées dans la maison. « Ce sont elles qui ont pu fournir des informations importantes sur les ravisseurs qui, tout en pillant la maison, se parlaient dans la langue de l’ethnie Peul ». Ceux qu’on appelle « peuls » en français sont aussi appelés « foulanis » au Niger. Le Père Maccalli est donc probablement entre les mains de ces bergers islamistes qui ont fait des milliers de victimes au Nigeria, où ils ont été les auteurs de nombreuses attaques anti-chrétiennes et du meurtre de deux prêtres en avril dernier.

Image d’archive : en janvier 2015, une vague de violence islamiste s’est abattue sur le diocèse de Niamey. Ici, les dégâts causés dans un édifice appartenant à l’Église.

Le Père Armanino explique qu’à l’heure actuelle, on peut supposer que les ravisseurs n’ont pas réussi à faire passer l’otage au Burkina Faso parce que la frontière est strictement contrôlée. Le Père Maccalli serait donc encore au Niger, mais il y a lieu de craindre que les ravisseurs n’atteignent le Mali où ils ont plus de soutien. « Notre confrère a été enlevé par un petit groupe. S’ils parviennent à se rendre au Mali, sa situation va empirer ».

En effet, là-bas, il y a beaucoup d’autres membres de la communauté peule qui fourniraient de l’aide aux ravisseurs. « C’est justement au Mali qu’a été enlevée en février 2017 Sœur Gloria Cecilia Narvaez Argoti, religieuse colombienne, qui est encore en captivité aujourd’hui. Et nous craignons que la séquestration du Père Pierluigi ne dure longtemps ».