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AED-Canada

 

Nouvelles de l’AED : Nigeria — quatre séminaristes enlevés

13.01.2020 in adaptation : Mario Bard, AED-Canada, Nigeria
Séminaristes au Nigeria (Image d’archive.)

Nigeria — quatre séminaristes enlevés
«Le gouvernement doit agir avant qu’il ne soit trop tard»

Par Maria Lozano, AED International
Adaptation : Mario Bard, AED Canada

Mise en ligne, le 13 janvier, 2020

 

L’œuvre pontificale Aide à l’Église en Détresse (AED) est consternée par la nouvelle de l’enlèvement de quatre jeunes séminaristes au Nigeria, survenue le 8 janvier dernier. Le président exécutif de l’organisation appelle le gouvernement nigérian à agir. Il estime que la situation y fait penser à ce qui se vivait en Irak tout juste avant l’invasion du groupe État islamique (Daech) en 2014.

 

Königstein/Montréal, 13 janvier 2020 – Selon des sources locales, les enlèvements ont eu lieu le 8 janvier 2020 au séminaire du Bon Pasteur (Good Shepherd) dans la ville de Kaduna située au nord du Nigeria. Peu après 22 h 30, les ravisseurs sont passés par-dessus la clôture qui entoure le dortoir des séminaristes et ont envahi le bâtiment. Ils ont tiré dans tous les sens, ont volé quelques objets de valeur et ont emmené de force quatre séminaristes.

Les personnes enlevées sont : Pius Kanwai (19 ans), Peter Umenukor (23 ans), Stephen Amos (23 ans) et Michael Nnadi (18 ans). Ils sont originaires de différents diocèses du nord du Nigeria et commençaient leurs études. Depuis l’enlèvement, personne ne sait où ils sont et s’ils sont toujours en vie. L’identité et les motifs des ravisseurs sont également inconnus.

 

Motifs religieux?

Selon l’AED, l’enlèvement ne semble pas avoir d’arrière-plan directement religieux et il n’est pas clair que les ravisseurs aient demandé une rançon aux familles des otages. La situation en matière de sécurité dans la région appelée la Ceinture centrale du Nigeria — dont fait partie Kaduna — est très précaire, en raison des nombreuses attaques commises par des membres de l’ethnie des nomades peuls contre des villages où vivent une majorité de chrétiens. Là-bas, d’innombrables personnes sont toujours en fuite. Par ailleurs, dans le nord-est du pays, le groupe terroriste islamiste Boko Haram continue ses atrocités.

Directrice du bureau canadien de l’Aide à l’Église en Détresse, Marie-Claude Lalonde a déclaré : « Nous sommes dévastés. Il est difficile de croire que ces enlèvements sont arrivés dans le passé et continuent d’arriver. Nous nous sentons tellement impuissants face à cette tragédie que vivent nos frères et sœurs du Nigeria et que vivent aussi les prêtres dont le rôle est de guider et de réconforter le peuple de Dieu. Pire que tout ; il semble que rien n’est fait pour mettre un terme à tout cela ! »

 

Un «État failli»

Le président exécutif de l’AED International, Thomas Heine-Geldern, est horrifié par ces enlèvements : « La situation en matière de sécurité au Nigeria est catastrophique.


À droite sur la photo, M. Thomas Heine-Geldern.

 

Les bandes de criminels profitent de la situation chaotique, ce qui aggrave la situation ». Il demande que le gouvernement prenne de toute urgence des mesures pour protéger la vie et les biens des gens. Selon lui, il est du devoir du gouvernement d’assurer la sécurité du pays et de la population. Sinon, le Nigeria risque de devenir un « État failli ».

«Les enlèvements et les meurtres me rappellent la situation en Irak avant son invasion par les troupes de l’État islamique. Déjà à l’époque, des chrétiens avaient été enlevés, volés et assassinés, parce que là-bas l’État n’assurait aucune protection des citoyens. Ce sort doit être épargné aux chrétiens du Nigeria. Le gouvernement doit agir avant qu’il ne soit trop tard».

« Cet acte de violence contre de jeunes séminaristes innocents est cruel. Deux d’entre eux n’ont même pas 20 ans. Nous en appelons à la conscience des ravisseurs, pour qu’ils libèrent ces jeunes hommes. En même temps, nous demandons au public de se joindre à nos prières afin que les quatre séminaristes soient sains et saufs et puissent être rapidement libérés ». Thomas Heine-Geldern a également évoqué les familles des personnes enlevées et les quelque 270 autres élèves et enseignants du séminaire de Kaduna. « Ils traversent une période terrible. Les chrétiens nigérians traversent l’enfer depuis des années, mais leur foi ne faiblit pas », a déclaré Thomas Heine-Geldern.

 

 

 

Mme Marie-Claude Lalonde et M. Thomas Heine-Geldern
sont disponibles pour des entrevues.

 

Communiqué Campagne de Noël et Mercredi rouge

13.12.2019 in ACN Canada, AED-Canada, Mercredi Rouge
Photo: Chorale chaldéenne, cathédrale St. Michael, Toronto : célébration du Mercredi Rouge
(Courtoisie : Michael Swan/The Catholic Register)

Communiqué Campagne de Noël et Mercredi rouge

Projet de la semaine AED – Besoin de rénovations sur l’Ile de Puna, Équateur

01.11.2019 in Adaptation Mario Bard, AED-Canada, Amérique Latine, Construction, Equateur, PROJETS AED, Voyagez avec AED

Projet de la semaine AED – Équateur

Rénovation d’un presbytère sur l’île de Puná

Mis-en-ligne le 1er novembre, 2019

 

L’île de Puná fait environ 900 kilomètres carrés et est située au sud de la côte équatorienne. Elle compte 7 000 habitants. C’est une région pauvre où le tourisme a tout récemment été encouragé. Les habitants y vivent donc non seulement de la pêche traditionnelle pratiquée à petite échelle, mais aussi de l’artisanat touristique.

 

Cette île est importante dans l’histoire de l’Église en Amérique latine, car elle a été le lieu où, en 1541, le premier évêque de Cusco, qui fut aussi l’un des premiers évêques d’Amérique latine, a souffert le martyre. L’évangélisation de l’île revêt donc un sens particulier pour l’histoire de l’Église locale.

 

Mais, malgré cette longue histoire de présence chrétienne, une paroisse n’y a été érigée qu’en 2018 ! Elle couvre les 13 villages de l’île. Le curé, le père Celso Miguel Montesdeoca Robles, souhaite y raviver la vie ecclésiale. Un certain nombre de choses ont déjà été accomplies. Ainsi, il y a maintenant la catéchèse pour les enfants, les adolescents et les adultes, la pastorale des jeunes, et des groupes qui rendent visite aux malades.

 

Le curé voudrait maintenant que les chefs de groupe soient mieux formés, et que d’autres personnes se joignent encore à eux. Les religieuses de la Congrégation des « Filles de Marie » aident aussi le curé dans son travail.

 

Hélas, le presbytère est dans un état pitoyable : les rénovations y sont devenues urgentes. Il faut savoir que la région est régulièrement touchée par des secousses sismiques, ce qui endommage les murs. Puis, le tremblement de terre dévastateur de 2016 a causé des dommages encore plus graves. Sans compter l’air marin, chargé en nitrates, qui abîme aussi le vieux bâtiment. Et, comme si ce n’était pas assez, il est mal protégé contre les bandits qui maraudent dans la région. Enfin, il faut aussi remplacer les anciennes canalisations d’eau et les vieux câbles électriques.

L’Aide à l’Église en Détresse voudrait donc offrir une aide de 21 900 dollars afin de répondre à l’urgence des travaux de rénovation. 

 

https://secure.acn-canada.org/fr/appuyer-aed/

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Nigeria — diocèse de Maiduguri Terminer la cathédrale Saint-Patrick

07.10.2019 in Nigeria, Par Amanda Bridget Griffin et Mario Bard

Nigeria — diocèse de Maiduguri

Terminer la cathédrale Saint-Patrick : mission accomplie!

Texte :  Amanda Bridget Griffin et Mario Bard, AED Canada

Au cours de l’été 2018, l’équipe de l’Aide à l’Église en Détresse Canada (AED) a décidé de réaliser une collecte de fonds pour le Nigeria mise en place plus tard cette année-là. Pourquoi?

Retour en arrière : début juin 2018, l’AED-Canada a reçu le très charismatique Mgr Ignatius Kaigama, alors archevêque du diocèse de Jos, ville située dans la région appelée la ceinture du milieu (the Middle Belt), localisée au cœur du Nigeria. À cette occasion, nous avons approfondi ce que nous savions déjà et nous avons appris encore plus à propos de la situation très difficile à laquelle nos frères et sœurs chrétiens font face dans ce pays. Nous avons également découvert l’esprit de détermination qu’ils ont quand il est question de la pratique du dialogue interreligieux et du désir fort de vivre sa foi, et ce, malgré la persécution, le terrorisme et les tensions dignes d’une guerre civile.

De ces rencontres avec Mgr Kaigama, une grande volonté d’agir est née : donner de l’espérance aux Nigérians ! C’est que nous avons fait, et la réponse de nos bienfaiteurs a été émouvante; alors que l’espérance est d’abord venue par le biais de centaines des lettres d’encouragements qui ont ensuite été transmises à Mgr Kaigama, notre boîte aux lettres et notre site web se sont révélés être les lieux de l’espérance sous la forme de dons. Près de 300 500 dollars, et ce, dans une période de moins de six mois, ont été amassés !

L’un des projets que nous avons été capables de soutenir pour l’Église au Nigeria est situé dans le diocèse de Maiduguri (nord-est du pays). Le formulaire de demande d’aide pour terminer la construction de la cathédrale Saint-Patrick était accompagné de photos de la vieille construction. L’une d’elles montre le plancher de la cathédrale totalement inondé, une situation qui se répétait à chacune des saisons des pluies. De plus, une explosion terroriste survenue en 2011 avait aussi affecté toute la structure du complexe d’édifices diocésains dont la cathédrale fait partie. Puis, d’autres photos montraient une nouvelle structure en construction : le sol sans aucun recouvrement de plancher, le toit à moitié terminé. Ces travaux ont pu être réalisés grâce à un « soutien purement local », sans aucune autre assistance. Le diocèse a fait des demandes auprès d’autres organisations, mais n’a essuyé que des refus.

Connaissant les précédents projets soutenus par l’AED, Mgr Oliver Daeshe s’est tourné vers nous. Dans sa lettre de demande, il écrit : « Nous sommes conscients du fait que nous devrions “construire” les gens et rendre des services humanitaires, mais le besoin pour des endroits comme des lieux de culte est trop important [pour être ignoré], alors que la foi de l’Église persécutée grandit. »  Il y indique également que « le projet de cathédrale est un miracle pour nous et un témoignage [puisqu’au] milieu des difficultés et des défis, nos gens démontrent une telle foi, une telle résilience et un tel engagement. »

 

Finir la construction de la cathédrale : un projet réussi!

En moins d’un an, le projet pour terminer la construction de la cathédrale — débutée le 26 août 2015 — a finalement été réalisé. Cette cathédrale — dont l’historique remonte en 1945 — a pu bénéficier d’une nouvelle dédicace et d’une nouvelle vie ! La générosité des bienfaiteurs de l’AED a déjà un impact formidable. Tout d’abord, la nouvelle cathédrale a un jubé qui peut contenir 1 300 personnes et le plancher de la nef peut en contenir 1 200. Puis, parmi bien d’autres éléments, se trouvent une chapelle dédiée à l’adoration perpétuelle, deux pièces qui sont situées au-dessus de la sacristie principale et qui sont destinées aux lecteurs et aux servants d’autels et quatre confessionnaux dans la cage d’escalier.

Dans son discours de dédicace, le père John Bogna Bakeni a dit : « À la gloire de Dieu et pour la sanctification de toute la création. Le projet de construction de la cathédrale est finalement réussi. Grâce à la générosité et le soutien des paroissiens et d’amis ici et ailleurs, spécialement ceux de l’Aide à l’Église en Détresse (AED), sans qui compléter et célébrer la dédicace n’aurait pas été possible. »

Mgr Doeme nous écrit : « Les choses ne se sont pas nécessairement déroulées selon ce que nous avions planifié et estimé, et ce, à cause d’une économie instable et au ralenti, mais nous sommes parvenus à terminer le projet. Cela n’aurait pas été possible sans le soutien et la générosité de vos bienfaiteurs. »

 

Du fond du cœur, merci d’avoir donné un peu d’espoir à l’Église au Nigeria ! 

Communiqué de l’AED : Bénédiction papale d’une icône pour la Syrie

16.09.2019 in AED Canada, AED-Canada, Mario Bard, PAIX, Pape François, Syrie

Bénédiction papale d’une icône pour la Syrie
Marie-Claude Lalonde parmi les délégués de l’AED

Par Mario Bard, AED Canada

Lundi 16 septembre 2019 — Marie-Claude Lalonde, directrice nationale de l’Aide à l’Église en Détresse Canada (AED), a participé ce dimanche 15 septembre à la bénédiction d’une icône de la Vierge des Douleurs, Consolatrice des Syriens, par le pape François, à la Maison Sainte-Marthe au Vatican. Par la suite, l’icône sera transportée dans 34 diocèses de Syrie — on parle ici du pèlerinage de l’icône — offerte à la vénération des fidèles, et devrait terminer son périple à Damas en mai 2020.

 

« C’est une très grande joie pour moi d’avoir pris part à cet événement qui a eu lieu juste un peu avant l’Angélus de ce dimanche », indique fébrile Marie-Claude Lalonde au bout du fil. « Cette bénédiction est un pur bonheur, puisque nous étions au cœur même de la mission de l’AED : soutenir pastoralement les chrétiens qui en ont le plus besoin. » Elle ajoute : « Cette initiative rejoint tous les autres appels à la paix que le pape François a lancés pour que cesse ce conflit abominable et dont les civils syriens ont terriblement souffert. Par ce geste, il redit avec force tout son soutien à la population syrienne brisée par la guerre ».

Pèlerinage de l’icône : pour la guérison des cœurs

 L’Icône de la Vierge des Douleurs, Consolatrice des Syriens, a été écrite en août dernier par le père Spiridon Kabbash de Homs et sera présentée à la vénération des fidèles dans 34 diocèses de Syrie, fort probablement jusqu’à la fin du mois de mai 2020.

« Enfin, j’ai salué le pape au nom de tous les bienfaiteurs canadiens de l’Aide à l’Église en Détresse », termine Mme Lalonde

« Un projet comme celui de la bénédiction d’une icône peut paraître anodin et sans importance pour des sociétés sécularisées comme les nôtres », explique Mme Lalonde.
« Mais, en Syrie, les traditions religieuses sont encore très présentes dans l’espace social et ces gestes — écrire une icône, la bénir et la proposer à la vénération des fidèles — sont considérés comme un véritable baume, immense et pratiquement essentiel pour tous les chrétiens, blessés par cette guerre, eux qui ont survécu à plus de huit ans de conflit fratricide. »

« Enfin, j’ai salué le pape au nom de tous les bienfaiteurs canadiens de l’Aide à l’Église en Détresse », termine Mme Lalonde.

Le message du pape aux familles qui accompagne l’icône est : « Vous n’êtes pas seul, nous sommes avec vous. » Par ailleurs, au même moment en Syrie, les 6 000 chapelets bénis par le pape il y a un mois ont été distribués dans les paroisses syriennes.

Vatican, 15 septembre 2019 : le pape bénie l’icône de la Vierge des Douleurs, Consolatrice des Syriens. Le père Spiridon Kabbash de Homs, qui a écrit l’icône, se tient à côté. (© ACN/AED)

 

Le tout fait partie d’une grande campagne de prière pour et avec le peuple syrien, Consolez mon peuple, promue par l’Aide à l’Église en Détresse et des Églises syriennes.

 

Une goutte de lait à Homs en Syrie

Par ailleurs, Aide à l’Église en Détresse Canada est toujours en campagne de financement et espère collecter plus de 378 000 dollars afin de donner quotidiennement du lait à plus de 6 000 enfants âgés de 0 à 10 ans dans la ville de Homs, et ce, pendant une période de six mois.

Il y a trois manières faciles et sécuritaires de donner pour ces enfants :

  •         Le site sécurisé : acn-canada.org/fr/gouttedelait
  •          Par téléphone : 1-800-585-6333, poste 222
  •          Par la poste :

Une goutte de lait pour Homs
Aide à l’Église en Détresse Canada

C.P. 670, Succursale H
Montréal (Québec) H3G 2M6

Succès de l’AED – République centrafricaine (RCA)

17.07.2019 in ACN International, AED-Canada, Centrafrique, Formation, Pères Capucins, PROJETS AED, Violences

Succès de l’AED – République centrafricaine (RCA)

 

Formation continue dans le diocèse de Bouar

Publié sur le web Mercredi le 17 juillet, 2019

Grâce à l’aide de nos bienfaiteurs, qui ont fait don de 4 500 dollars, près de 40 prêtres diocésains et religieux du diocèse de Bouar en République centrafricaine ont pu participer à une formation en mars dernier. Dans ce pays qui souffre de violences et de problèmes extrêmes, il est important de fortifier les prêtres, car ils sont souvent les seuls capables d’aider les gens à ne pas perdre espoir.

 

Le programme portait sur des sujets importants de la pastorale, tels que la préparation au mariage, la préparation aux sacrements, le baptême des adultes et le rôle des catéchistes dans les petits villages isolés. Les prêtres ont également réfléchi à leur propre vocation et à l’importance du sacerdoce. Ils ont aussi pu se former sur des sujets pratiques tels que la comptabilité, l’administration et l’archivage, qui sont nécessaires – et même obligatoires –  dans une paroisse ou un établissement, mais auxquels de nombreux prêtres sont insuffisamment préparés quand ils acceptent un poste qui requiert de telles connaissances.

Les prêtres du diocèse ont grandement bénéficié de ces journées d’échanges et de formation continue : ils remercient tous les bienfaiteurs qui ont rendu cela possible.

 

Un formateur assassiné

Malheureusement, après ces belles et stimulantes journées, quelque chose de terrible s’est passé : le père Capucin Toussaint Zoumalde, 47 ans, qui avait donné une conférence sur le sacerdoce et la vocation à la prêtrise, a été assassiné alors qu’il rentrait chez lui.

Ce prêtre, lui-même originaire du diocèse de Bouar mais qui était devenu le supérieur provincial de son ordre au Tchad, avait voulu passer la nuit à Ngaoundere, au Cameroun, lorsqu’il a été poignardé par des inconnus.

« Frère Toussaint, ce prêtre riche des subtilités de l’Évangile et de la beauté du sacerdoce ».

Le père Toussaint était un homme instruit, ayant lui-même étudié à Rome et travaillé à la formation des prêtres. Ses amis et confrères le décrivent comme un homme fin, aux multiples talents, doté d’une âme profonde et d’un grand amour pour l’Église et surtout pour la prêtrise. Il avait écrit des chants et des poèmes, savait facilement parler aux jeunes auxquels il enseignait l’Évangile, et avait été responsable de la radio catholique à Bouar. Au Tchad, parmi ses nombreuses autres tâches, il dirigeait un musée de la culture de l’ethnie Mboum.

 

On peut lire dans la nécrologie de ce capucin : « La main lâche du meurtrier, lorsqu’il l’a assassiné dans la nuit du 19 mars, ne savait rien de la beauté et de l’élégance du Frère Toussaint, ce prêtre riche des subtilités de l’Évangile et de la beauté du sacerdoce ».

 

Quelques jours après la rencontre des prêtres à Bouar, au cours de laquelle Toussaint Zoumalde avait inspiré ses confrères et leur avait donné à réfléchir sur le sacerdoce, ces derniers l’ont enterré, suscitant la compassion de la population et de toute l’Église du diocèse. Les mots prononcés lors de la rencontre des prêtres sont maintenant devenus son héritage.

***

Communiqué : Saisie « brutale » en Érythrée des institutions de santé gérées par l’Église

11.07.2019 in Adaptation Mario Bard, AED-Canada, Communiqué, liberté religieuse, Par John Pontifex

Érythrée

Saisie « brutale » des institutions de santé gérées par l’Église

Par Tobias Lehner, pour ACN International
adapté par Mario Bard pour AED-Canada
publié sur le web le 11 juillet, 2019

Commencée à la mi-juin, la saisie des 21 établissements de santé tenus par l’Église catholique en Érythrée s’est déroulée de manière « brutale », a expliqué en entrevue la semaine dernière à l’Aide à l’Église en Détresse (AED) le père Mussie Zerai, lui-même originaire d’Érythrée, mais présentement en service pastoral à Rome. « Les patients ont littéralement été jetés hors de leurs lits. L’armée a détruit des portes et des fenêtres et fait pression sur les employés […] Une religieuse franciscaine, directrice d’un hôpital du nord du pays, a même été emprisonnée parce qu’elle résistait. »

 

«Rien ne justifie l’action du régime. Elle sanctionne ceux qui s’occupent des plus pauvres », estime le Père Zerai. Sans compter la souffrance qu’elle fait vivre aux 200 000 personnes qui reçoivent chaque année des soins de la part de ces institutions maintenant fermées.  Car, pour l’instant, le gouvernement n’a annoncé aucune nouvelle mesure de remplacement. Sa volonté première est de « nationaliser » les institutions de santé pour favoriser « la séparation des pouvoirs » et contrôler tout le secteur social, selon une loi qui date de 1995, mais qui n’avait jamais été appliquée de manière aussi brutale. Le père Zerai indique que « la plupart des patients n’étaient pas des catholiques, mais des chrétiens orthodoxes, des musulmans et des membres d’autres religions. Souvent, les établissements sont situés dans des régions très isolées [et pauvres] ». En 2018, huit dispensaires avaient été fermés de force.

 

Des observateurs étrangers supposent que cette nouvelle escalade de violence étatique vient du fait que le président Isaias Aferweki prend ombrage de la trop grande assurance qu’exprime ces derniers mois l’Église catholique dans le processus de paix avec l’Éthiopie. Pour le Père Zerai, la situation est très claire : « Le gouvernement est obsédé à vouloir contrôler tout un chacun. Il considère l’Église catholique comme une menace parce qu’elle dispose d’un réseau international et [qu’elle ose] poser des questions. »

Tous les croyants souffrent dans cet État marqué par l’athéisme

Il est estimé que de 120 000 à 160 000 catholiques vivent en Érythrée, alors que la moitié de la population est chrétienne et appartient aux Églises orthodoxes ou évangéliques luthériennes. Ce sont d’ailleurs les seules Églises chrétiennes qui soient tolérées par le régime, avec l’Islam sunnite. Une situation qui présente des similitudes avec celle observée dans certains régimes communistes, où les traditions religieuses officielles cohabitent en parallèle avec celles qui refusent toute ingérence étatique dans leurs affaires. Ou bien pire, quand elles sont honnies ou carrément interdites par le régime, et doivent donc rentrer donc dans la clandestinité.

 

 

De plus, contrairement à de nombreux pays d’Afrique du Nord, l’islam n’est pas la religion d’État en Érythrée. Le pays est « marqué par l’athéisme. Si cela ne dépendait que du gouvernement, il n’y aurait aucune religion. En fin de compte, cela procède du même type de pensée qu’en Chine », estime le père Zerai. En tous les cas, ce sont tous les croyants qui souffrent d’une pareille situation.

Pas de Constitution, pas de droits fondamentaux

« La raison pour laquelle de plus en plus de jeunes Érythréens partent pour l’étranger réside dans l’absence d’État de droit », estime le Père Zerai. Il n’existe aucune constitution, et ce, malgré l’indépendance du pays proclamée en 1993. « Les gens peuvent donc être arrêtés et emmenés de chez eux sans raison. Le service militaire s’est transformé en esclavage légalisé. Les jeunes gens sont privés de toute possibilité de se construire un avenir », déplore-t-il. Certes, à l’heure actuelle, « les États tentent d’impliquer plus fortement l’Érythrée à l’échelle internationale pour déclencher une certaine ouverture », explique-t-il. Mais, bien que le pays ait été élu au Conseil des droits de l’homme des Nations unies en octobre 2018, la situation y demeure critique et le pays reste isolé. Rapporteur spécial des Nations unies pour les droits de l’homme en Érythrée, Mme Daniela Kravetz considère que les actions des dernières semaines contre les institutions médicales tenues par l’Église catholique « montrent que, et bien qu’il y ait eu une amélioration du climat de sécurité et de paix dans la région, la situation des droits de la personne demeure inchangée. » Une situation qui s’applique également à la liberté de religion.

 

 

Cependant, et ce malgré les violences actuelles, le prêtre est convaincu que « l’Église catholique poursuivra ses activités pastorales, mais aussi sociales. Comme il est écrit dans la Bible : la foi n’est rien sans véritable engagement, sans œuvre. Retirer à l’Église la possibilité de pratiquer la charité, c’est comme si on lui amputait un bras. »

 

***

 

Rien que depuis 2016, l’œuvre pontificale de charité Aide à l’Église en Détresse (AED) a soutenu en Érythrée 44 projets, allouant environ 1,35 millions de dollars. Ces fonds ont permis de financer des aides à la construction de chapelles et d’institutions de l’église, des bourses, des automobiles assurant la mobilité des prêtres ainsi que l’aide à la subsistance de religieuses.

 

AED – Récit : Les islamistes enlèvent les chrétiens en Égypte

17.06.2019 in Adaptation Mario Bard, AED-Canada, Par Engy Magdy

AED – Récit : Les islamistes enlèvent les chrétiens en Égypte
 

En janvier dernier, Adeeb Nakhla, un chrétien copte, a été enlevé par un groupe affilié à l’État islamique (ÉI) dans le Sinaï en Égypte. Depuis lors, aucune nouvelle n’a été donnée de l’endroit où il se trouve ou de sa situation. Un parent d’Addeb Nakhla raconte la tragédie à Engy Magdy, de l’œuvre pontificale de charité, Aide à l’Église en Détresse (AED).

Egypte

« Nous craignons la torture et une mort violente ».

Par Engy Magdy, pour l’AED International
Adaptatation du texte pour l’AED Canada, Mario Bard
Publié sur le web le 17 juin, 2019

 

Le 17 janvier 2019, vers 9 heures du matin, Adeeb Nakhla (55 ans) voyageait d’Ismaïlia à Al-Arish pour rendre visite à des parents, quand un groupe de miliciens islamistes a arrêté le minibus dans lequel il se trouvait et a vérifié les cartes d’identité des personnes à bord. En Égypte, les cartes d’identité portent obligatoirement la mention de l’appartenance religieuse; quand les islamistes ont vu qu’Adeeb Nakhla était chrétien, ils lui ont demandé de sortir du véhicule et l’ont emmené.

 

Une ville assiégée

 

Adeeb Nakhla

Il y a deux ans, Adeeb Nakhla avait fui Al-Arish, comme des dizaines de familles chrétiennes qui ont déménagé à Ismaïlia après avoir reçu des menaces de mort. Un proche parent, qui a parlé à l’Aide à l’Église en Détresse à la condition que son anonymat soit préservé, a déclaré que de nombreux chrétiens coptes qui avaient choisi de rester ont été abattus : « Nous avons quitté Al-Arish en 2017, après que les terroristes ont tué sept de nos voisins. Parmi les morts se trouvaient un père et son fils. Les terroristes ont brûlé leurs corps et leur maison. L’épouse et mère de famille, Nabila, a été obligée de regarder ; ça l’a gravement traumatisée ».

 

L’année dernière, la famille d’Adeeb Nakhla est retournée à Al-Arish, où des membres de la famille travaillent et possèdent des biens. Adeeb Nakhla est resté à Ismaïlia pour son travail. Le parent d’Adeeb Nakhla a déclaré : « Nous devions retourner chez nous et travailler. Nous étions au chômage à Ismaïlia, et nous vivions de l’aide de l’Église. La situation en ville s’est améliorée grâce à l’intensification de la campagne de l’armée égyptienne contre les groupes terroristes, même si les routes sont encore dangereuses ».

 

Il a poursuivi : « Les militants affiliés à l’État islamique ont monté des embuscades sur les routes et lancé des attaques contre les civils et les forces de sécurité. Le chauffeur musulman du bus dans lequel se trouvait  Adeeb a dit que les miliciens  avaient arrêté le véhicule et quand ils ont vu qu’Adeeb  Adeeb était chrétien, ils lui ont demandé de sortir. Notre plus grande crainte est qu’ils puissent lui infliger de mauvais traitements, le torturer et le tuer, tout aussi sauvagement qu’ils l’ont fait à d’autres Coptes ».

 

La violence envers les chrétiens coptes en Égypte a augmenté depuis la chute du Président Hosni Moubarak en 2011. La plupart des attaques se sont produites dans le nord du Sinaï, où, selon la tradition copte, la Sainte Famille est entrée en Égypte. En 2012, des assaillants inconnus ont publié une déclaration manuscrite exigeant que tous les Coptes encore présents quittent la ville frontalière de Rafah. Depuis lors, un certain nombre de Coptes de la région ont été enlevés et tués par des groupes terroristes.

 

Égypte : le paradoxe

 

Les groupes terroristes sont toujours très présents en Égypte. Par contre, le paradoxe – qui se révèle finalement être une bonne nouvelle –, est que, depuis 2016, les autorités ont régularisés, restaurés ou bien construits 984 lieux de cultes chrétiens. (Source : L’Église dans le monde)

Projet de la semaine AED : Projet de transport en RDC

22.05.2019 in ACN Canada, ACN International, Adaptation Mario Bard, AED-Canada, Afrique, Congo, Motorisation, PROJETS AED

République Démocratique du Congo (RDC)

Réparation un outil essentiel pour voyager sur le fleuve Congo

Le diocèse de Lisala est l’un des plus anciens et représente – avec une superficie de plus de 67 600 kilomètres carrés –, l’un des plus grands diocèses de République Démocratique du Congo. Il se situe dans le nord du pays et est sillonné par le fleuve Congo et plusieurs de ses bras.

Les voies navigables sont très importantes pour la vie de l’Église. En fait, on peut dire que le bateau appelé Magnificat est un moyen de transport vital pour la pastorale. Cependant, il a été gravement endommagé en septembre 2018 alors qu’il voguait vers Kinshasa, surpris par une tempête à un endroit où il ne pouvait pas faire escale. La tempête a projeté le bateau contre un arbre qui dépassait au-dessus de l’eau. Il a été éventré et a presque complètement coulé. Les gens qui étaient à bord ont réussi à se sauver, mais les dégâts matériels étant importants. Un prêtre et d’autres personnes ont dû se rendre en pirogue jusqu’au lieu de l’accident. 

Besoin d’expertise

Après des tentatives de réparation, il est vite devenu clair que cela serait beaucoup plus difficile qu’initialement prévu. Il faut plus de matériel et de compétences techniques, deux moteurs sont défectueux en plus d’une expertise technique pour réparer les brèches.

Pour que ce bateau missionnaire essentiel à la pastorale soit rapidement remis en service, nous avons promis une aide de 13 200 dollars.

Récit de l’AED – Burkina Faso: Des religieuses fuient leur couvent

11.04.2019 in Adaptation Mario Bard, Adaptation Mario Bard, AED-Canada, Par Emmanuelle Ollivry, Persécution

Burkina Faso

Des religieuses fuient leur couvent

Après leur départ précipité de Kompienbiga, au sud-est du Burkina Faso, les religieuses membres de la congrégation des Campagnes trouvèrent refuge chez leurs frères de la branche masculine, à Pama, et ce dès janvier 2019, juste avant l’assassinat du père César Fernandez. Sœur Thérèse, la mère supérieure, et le père Soubeiga, curé de Pama, racontent à L’Aide à l’Église en Détresse la flambée de violence qui embrase le pays, pourtant réputé plus calme que ses tumultueux voisins malien et nigérien.

« Soit tu nous donnes les médicaments, soit on t’explose la tête », raconte le père F. Soubeiga, curé de Pama et Frère missionnaire des Campagnes. Il décrit l’agression de janvier 2019 contre sœur Victorine, infirmière au Centre de Santé et de Promotion sociale de Kompienbiga et membre de sa congrégation. Elle « … était de service au dispensaire, seule. Vers 16 h, huit à dix individus cagoulés et armés lui ont demandé de quoi soigner leurs combattants blessés, mais la religieuse n’avait pas accès à la pharmacie. Ils lui ont alors tenu des propos insupportables et ont tout cassé pour se servir eux-mêmes. »

Cet événement est devenu un élément déclencheur pour les religieuses de Kompienbiga :  en effet, l’accumulation de faits violents les a décidées à fuir chez les frères, à seulement 15 km, pour ne plus rester isolées.

« La tension monte et la peur saisit les gens »

« La nuit du 14 septembre 2018, deux attaques terroristes sont perpétrées dans les villages de Diabiga et Kompienbiga (respectivement à 60 et 15 km de Pama) dans la région de l’est », indique le gouvernorat de la région. Selon le père Soubeiga, « à Pama, les exactions ont commencé dès mars 2017 et les explosions de mines, visant les gendarmes, se sont multipliées. Puis, au moins 3 ou 4 depuis août 2018. »

Sœur Thérèse, mère supérieure des Sœurs des Campagnes de Kompienbiga, précise : « La tension monte surtout depuis août 2018 à Kompienbiga. Des assaillants entrent régulièrement dans les villages, rassemblent la population et leur crient des instructions. La peur saisit les gens. »

Ensuite, un peu plus au nord, le père César Fernandez est assassiné en février 2019 et le 17 mars 2019 le père Joël Yougbaré « vraisemblablement enlevé par des individus
armés »
rapporte l’Église locale. Les religieuses cherchent donc la protection des frères à Pama. Pourtant, le calme y est bien relatif…

Les religieuses se sont dispersées

« C’est la première fois que nous devons tout quitter dans l’urgence, lâche sœur Thérèse qui résidait à Kompienbiga depuis 2001. Sur les sept religieuses de la communauté, quatre sont réfugiées à Pama et trois ont quitté le pays pour le Togo où elles finissent leur formation. On ne sait pas quand elles pourront revenir. C’est dur. » Leur prieuré est implanté à Kompienbiga depuis 25 ans. Grâce à une école maternelle qu’elles ont elles-mêmes mise sur pied, les religieuses s’occupaient d’une quarantaine d’enfants de 3 à 6 ans, souvent livrés à eux-mêmes. Et elles venaient tout juste d’ouvrir un centre de couture pour apprendre le métier à cinq jeunes.

« Notre désir est de repartir au plus vite pour continuer ce que nous avons commencé, martèle sœur Thérèse. S’il vous plaît, priez pour nous. »

« Les catholiques sont les plus exposés »

Pour l’instant, même à Pama « où c’est plus calme », le couvre-feu est de rigueur. « Nous vivons dans un climat délétère, confirme le père Soubeiga. En tant que catholiques, nous sommes les plus exposés, car nous représentons une institution centralisée, facilement identifiable. Frapper un curé, c’est pénaliser tout un territoire. Les conséquences ne seraient pas les mêmes pour les protestants ou les musulmans, aux communautés plus morcelées, encadrées par de nombreux pasteurs et imams locaux. »

Interdits de veillée pascale 

La gendarmerie impose donc des règles strictes de sécurité. « Certaines zones me sont interdites, se désole le curé de Pama. Au mois de janvier, en 15 jours, j’ai dû faire évacuer les catéchistes de Diabiga, de Kompenbiga et d’un autre village à 78 km de Pama. Quant à l’avenir proche, il est très probable que nous ne puissions pas célébrer la veillée pascale ! »

À la question de savoir qui est responsable des exactions de ces derniers mois, le prêtre est formel : « Impossible de comprendre. Aucun groupe ne revendique les attaques. On parle de mercenaires, mais certains terroristes sont clairement Burkinabés, car ils parlent parfaitement les langues locales. »

Récit recueilli par Emmanuelle Ollivry pour ACN-International
Révision franco-canadienne : Mario Bard, AED-Canada 
Mise en ligne au Canada : jeudi 11 avril 2019