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AED-Canada

 

Histoire de succès de l’AED – Pérou : 500 Bibles pour les prisonniers

18.03.2020 in Adaptation Mario Bard, AED-Canada, Amérique du Sud, Pérou, Voyagez avec AED, Vues D'ailleurs

Histoire de succès de l’AED – Pérou
500 Bibles pour la pastorale des prisons

Texte : ACN-International
Adaptation : Mario Bard, AED Canada
Mise en ligne au Canada : 18 mars 2020

Comme dans de nombreuses régions du monde, les prisons d’Amérique latine sont surpeuplées et les conditions de vie y sont très difficiles.

 

La prison de Callao au Pérou est un bon exemple de cette situation. D’abord prévue pour 1 500 détenus, elle héberge aujourd’hui 5 600 prisonniers ! La pastorale y joue un rôle salvateur. Les détenus se réunissent deux fois par semaine pour faire de la Lectio Divina* et participent à la messe. Près de 800 prisonniers célèbrent ainsi chaque semaine en plus des fêtes de l’année liturgique.

Mgr José Luis del Palacio Peréz-Medel, évêque de Callao, s’est lui-même rendu à plusieurs reprises à la prison. Lorsqu’il est allé à Rome en 2018 voir le Pape François, il lui a remis une lettre écrite par les prisonniers. Le pape a répondu en personne et les a encouragés à croire et à avoir confiance en l’aide et en la Miséricorde du Christ, malgré toutes leurs erreurs et leurs faiblesses.

 

Les Saintes Écritures sont indispensables

Afin d’approfondir et de mieux connaître le message de l’amour et de la Miséricorde de Dieu, les Saintes Écritures sont indispensables. Par contre, les prisonniers et leurs familles sont pauvres et ne peuvent pas s’acheter de Bible. En 2017, grâce au soutien de l’Aide à l’Église en Détresse, 500 Bibles ont pu être distribuées. Grâce à nos bienfaiteurs, nous avons pu à nouveau donner 500 exemplaires de la Bible à la disposition de la pastorale des prisons, grâce à un montant de 7 500 dollars.

 

Ce fut une grande joie et un grand réconfort pour les détenus, et Mgr José nous écrit que les prêtres qui travaillent à la pastorale des prisons ont été également très heureux. Les Bibles sont utilisées pour la Lectio Divina et la catéchèse des candidats au baptême. Un grand merci à tous ceux qui ont offert leur aide !

*Lectio Divina: lecture priante des textes bibliques  (Source : interbible.org) 

 

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Récit de l’AED — Sénégal Souvenirs et vision de trois évêques

12.03.2020 in Adaptation Mario Bard, AED Canada, AED-Canada, Afrique, Robert Lalonde, Sénégal

Récit de l’AED — Sénégal
Souvenirs et vision de trois évêques

Texte écrit par Robert Lalonde en collaboration spéciale avec l’AED Canada
Publié sur le web le 12 mars, 2020

En voyage au Sénégal, Robert Lalonde, collaborateur régulier de l’Aide à l’Église en Détresse, s’est entretenu avec trois évêques qui se sont succédé dans le diocèse de Kaolack, de 1974 à 2020. Riches de 46 ans d’épiscopat dans ce diocèse, Mgr Martin Boucar Tine, actuel pasteur du diocèse, Mgr Benjamin Ndiaye, actuel archevêque de Dakar et pasteur de Kaolack de 2001 à 2015 et Mgr Théodore Adrien Sarr, cardinal à la retraite et pasteur du même diocèse de 1974 à 2001 ont partagé leurs expériences eu égard à ce diocèse, mais aussi leur vision de l’Église sénégalaise.  

 

Mgr Théodore Adrien Sarr

«Au bout du compte, c’est Dieu qui décide» 

Créé en 1965, le diocèse de Kaolack est situé au centre-ouest du Sénégal. Parmi ses deux millions d’habitants, il compte 17 000 catholiques et 200 catéchumènes. Le nombre de fidèles est en croissance constante depuis 1860, année de l’arrivée des premiers missionnaires.

 

En 1974, Mgr Sarr prend la relève, en continuité avec le travail missionnaire accompli. Son épiscopat est voué à l’approfondissement de la foi et au développement des œuvres sociales, pour une Église diocésaine « au service de tout homme et de tout l’homme », indique-t-il. En 2001, son successeur, Mgr Ndiaye consolide tout ce qui concerne le domaine de la foi par, entre autres, le biais du renforcement de la pastorale de proximité avec l’installation de nouvelles communautés religieuses et l’organisation d’un congrès eucharistique et marial.

 

«Je me suis fait tout à tous» 1 Corinthiens 9,22

Ces premières années de labeurs ont établi une pastorale diocésaine dans 18 paroisses réparties dans quatre doyennés1   Il convient de noter que certaines structures soutiennent l’œuvre d’évangélisation des paroisses, en assurant les objectifs humanitaire et spirituel poursuivis par l’Église sénégalaise.

 

D’abord, en termes d’humanitaire, la Direction des Œuvres est la plaque tournante de l’apostolat des laïcs. Elle accueille périodiquement plusieurs organisations dont l’Union diocésaine des femmes catholiques, la Jeunesse ouvrière catholique, la Jeunesse étudiante catholique, le Mouvement des adultes ruraux catholiques et quelques autres.

 

Elle coordonne également le Royaume de l’Enfance, né d’une initiative pastorale de Mgr Ndiaye. Ce centre diocésain vise à offrir aux enfants, dont plusieurs issus de la rue, un cadre sain pour qu’ils s’épanouissent et se développent, dans le respect de leurs facultés. La pastorale sociale est aussi animée par l’Association des Postes de Santé catholiques, un centre d’enfants handicapés administré par les sœurs de la Communauté de la Providence de Lisieux, l’Association pour la Promotion de la Femme et la Direction de l’Enseignement catholique. L’Église a toujours porté une attention particulière à cette association, convaincue que l’éducation est le socle de la sociabilisation de l’homme.

 

 

Vient ensuite le « pôle spirituel » diocésain qui s’appelle « Keur Mariama ». Celui-ci est constitué de plusieurs structures qui ne cessent de prendre de l’ampleur. À travers ces dernières, nous voyons quatre réalités d’église qui donnent vie à Keur Mariama, selon le charisme de chacune et dans le cadre d’une collaboration dictée par les besoins des diverses missions pastorales. On retrouve donc les Missionnaires du Sacré-Cœur au Sanctuaire, les prêtres diocésains à la formation au sacerdoce au séminaire de propédeutique Saint-Paul, les frères carmes dans la formation spirituelle et l’animation pastorale, pour terminer avec les religieuses carmélites missionnaires thérésiennes pour le dispensaire et la promotion féminine.

 

Le Sanctuaire Notre-Dame du Sacré-Cœur est un lieu de pèlerinage et de ressourcement avec Marie qui accueille chaque année le pèlerinage des enfants pour l’Épiphanie et le pèlerinage marial diocésain en mai. En janvier dernier, on y a accueilli la première édition du pèlerinage des catéchistes du Sénégal : ils étaient environ 4 500 à répondre à l’appel !

 

L’engagement que démontrent la mise en place de ces structures, en assurant des objectifs également humanitaires, et la proximité qu’ont les laïcs envers les différentes institutions de l’Église démontrent l’importance qu’accorde le clergé aux projets qui touchent non seulement les catholiques, mais aussi la société civile.

 

À cet égard, les trois évêques rappellent à l’unisson que, lorsque vient le temps de justifier le fait que l’Église est engagée dans des projets qui touchent non seulement les catholiques, mais aussi la société civile, les trois évêques rappellent à l’unisson les paroles du Christ quand Il jugera les hommes sur leur amour pour les malheureux : « Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire; j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli; j’étais nu, et vous m’avez habillé; j’étais malade, et vous m’avez visité; j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi!» Matthieu 25, 35-36

 

Mgr Benjamin Ndiaye

Le prochain n’est-il pas le lieu de vérification de l’incarnation et de l’enracinement de la charité ? Tout souriant, Mgr Ndiaye raconte qu’il dit parfois aux chrétiens qui l’entourent que « la charité est le passeport pour entrer au ciel ». Or, comme la foi sans les œuvres est une foi morte, c’est souvent à travers les défis à relever que l’on peut mesurer l’intensité de cette foi. Mais quels sont ces défis ?

 

Des défis à relever

« Comme la progression démographique est plutôt importante et qu’elle se reflète dans la physionomie de notre communauté, le premier défi à relever, soutient Mgr Ndiaye, est celui de construire des lieux de cultes et même de créer de nouvelles paroisses. Or, par nous-mêmes, nous sommes malheureusement incapables d’y répondre. »

 

 

Le second est celui de la jeunesse qui manque de perspectives d’avenir : « Même si certains ont obtenu une formation, ils n’arrivent pas forcément à trouver du travail », explique encore l’archevêque de Dakar. « Le chrétien sénégalais est un homme de devoir, mais il ne se bat pas dans l’arène pour occuper sa place. Parfois, je me demande s’il ne prêche pas une fausse conception de l’humilité. Jésus nous demande de l’ambition. Ne nous a-t-il pas donné des talents à mettre en valeur ? Je m’interroge sur la stratégie à employer pour débloquer cette situation. Il y a certes une catéchèse à transmettre sur l’engagement pour mieux prendre en charge sa vie. »

 

 

L’archevêque a tenu à exprimer sa reconnaissance envers les bienfaiteurs de l’Aide à l’Église en Détresse (AED) en rappelant certains projets pour lesquels le diocèse a été soutenu : la formation de prêtres, un véhicule pour une paroisse et plus récemment des intentions de messe qui permettent de prendre en charge les prêtres qui sont dans la brousse.

 

Mgr Martin Boucar Tine

« Mais vous savez, malgré toutes nos expectatives et avec l’expérience que j’ai vécue dans le diocèse de Kaolack qu’on a bâti avec peu de moyens, il y a des gens qui m’ont aidé tout au long de mon épiscopat. Cela a l’avantage de démontrer qu’au bout du compte, c’est Dieu qui décide de le faire de toute façon, et à Sa façon. »

 

De son côté, l’évêque actuel, Mgr Tine, après avoir d’abord manifesté sa gratitude auprès des bienfaiteurs de l’AED pour les livrets sur le Rosaire obtenu en fin d’année, a ensuite conclu en ces termes : «Maintenant âgé de 55 ans, le diocèse a atteint une certaine maturité et avec l’aide des piliers qui m’entourent, nous poursuivrons notre mission de serviteurs à la suite du Christ.»

 

1.Un doyenné est une circonscription administrative qui regroupe plusieurs paroisses.

 

 

Nouvelles de l’AED : Nigeria — quatre séminaristes enlevés

13.01.2020 in adaptation : Mario Bard, AED-Canada, Nigeria
Séminaristes au Nigeria (Image d’archive.)

Nigeria — quatre séminaristes enlevés
«Le gouvernement doit agir avant qu’il ne soit trop tard»

Par Maria Lozano, AED International
Adaptation : Mario Bard, AED Canada

Mise en ligne, le 13 janvier, 2020

 

L’œuvre pontificale Aide à l’Église en Détresse (AED) est consternée par la nouvelle de l’enlèvement de quatre jeunes séminaristes au Nigeria, survenue le 8 janvier dernier. Le président exécutif de l’organisation appelle le gouvernement nigérian à agir. Il estime que la situation y fait penser à ce qui se vivait en Irak tout juste avant l’invasion du groupe État islamique (Daech) en 2014.

 

Königstein/Montréal, 13 janvier 2020 – Selon des sources locales, les enlèvements ont eu lieu le 8 janvier 2020 au séminaire du Bon Pasteur (Good Shepherd) dans la ville de Kaduna située au nord du Nigeria. Peu après 22 h 30, les ravisseurs sont passés par-dessus la clôture qui entoure le dortoir des séminaristes et ont envahi le bâtiment. Ils ont tiré dans tous les sens, ont volé quelques objets de valeur et ont emmené de force quatre séminaristes.

Les personnes enlevées sont : Pius Kanwai (19 ans), Peter Umenukor (23 ans), Stephen Amos (23 ans) et Michael Nnadi (18 ans). Ils sont originaires de différents diocèses du nord du Nigeria et commençaient leurs études. Depuis l’enlèvement, personne ne sait où ils sont et s’ils sont toujours en vie. L’identité et les motifs des ravisseurs sont également inconnus.

 

Motifs religieux?

Selon l’AED, l’enlèvement ne semble pas avoir d’arrière-plan directement religieux et il n’est pas clair que les ravisseurs aient demandé une rançon aux familles des otages. La situation en matière de sécurité dans la région appelée la Ceinture centrale du Nigeria — dont fait partie Kaduna — est très précaire, en raison des nombreuses attaques commises par des membres de l’ethnie des nomades peuls contre des villages où vivent une majorité de chrétiens. Là-bas, d’innombrables personnes sont toujours en fuite. Par ailleurs, dans le nord-est du pays, le groupe terroriste islamiste Boko Haram continue ses atrocités.

Directrice du bureau canadien de l’Aide à l’Église en Détresse, Marie-Claude Lalonde a déclaré : « Nous sommes dévastés. Il est difficile de croire que ces enlèvements sont arrivés dans le passé et continuent d’arriver. Nous nous sentons tellement impuissants face à cette tragédie que vivent nos frères et sœurs du Nigeria et que vivent aussi les prêtres dont le rôle est de guider et de réconforter le peuple de Dieu. Pire que tout ; il semble que rien n’est fait pour mettre un terme à tout cela ! »

 

Un «État failli»

Le président exécutif de l’AED International, Thomas Heine-Geldern, est horrifié par ces enlèvements : « La situation en matière de sécurité au Nigeria est catastrophique.


À droite sur la photo, M. Thomas Heine-Geldern.

 

Les bandes de criminels profitent de la situation chaotique, ce qui aggrave la situation ». Il demande que le gouvernement prenne de toute urgence des mesures pour protéger la vie et les biens des gens. Selon lui, il est du devoir du gouvernement d’assurer la sécurité du pays et de la population. Sinon, le Nigeria risque de devenir un « État failli ».

«Les enlèvements et les meurtres me rappellent la situation en Irak avant son invasion par les troupes de l’État islamique. Déjà à l’époque, des chrétiens avaient été enlevés, volés et assassinés, parce que là-bas l’État n’assurait aucune protection des citoyens. Ce sort doit être épargné aux chrétiens du Nigeria. Le gouvernement doit agir avant qu’il ne soit trop tard».

« Cet acte de violence contre de jeunes séminaristes innocents est cruel. Deux d’entre eux n’ont même pas 20 ans. Nous en appelons à la conscience des ravisseurs, pour qu’ils libèrent ces jeunes hommes. En même temps, nous demandons au public de se joindre à nos prières afin que les quatre séminaristes soient sains et saufs et puissent être rapidement libérés ». Thomas Heine-Geldern a également évoqué les familles des personnes enlevées et les quelque 270 autres élèves et enseignants du séminaire de Kaduna. « Ils traversent une période terrible. Les chrétiens nigérians traversent l’enfer depuis des années, mais leur foi ne faiblit pas », a déclaré Thomas Heine-Geldern.

 

 

 

Mme Marie-Claude Lalonde et M. Thomas Heine-Geldern
sont disponibles pour des entrevues.

 

Communiqué Campagne de Noël et Mercredi rouge

13.12.2019 in ACN Canada, AED-Canada, Mercredi Rouge
Photo: Chorale chaldéenne, cathédrale St. Michael, Toronto : célébration du Mercredi Rouge
(Courtoisie : Michael Swan/The Catholic Register)

Communiqué Campagne de Noël et Mercredi rouge

Projet de la semaine AED – Besoin de rénovations sur l’Ile de Puna, Équateur

01.11.2019 in Adaptation Mario Bard, AED-Canada, Amérique Latine, Construction, Equateur, PROJETS AED, Voyagez avec AED

Projet de la semaine AED – Équateur

Rénovation d’un presbytère sur l’île de Puná

Mis-en-ligne le 1er novembre, 2019

 

L’île de Puná fait environ 900 kilomètres carrés et est située au sud de la côte équatorienne. Elle compte 7 000 habitants. C’est une région pauvre où le tourisme a tout récemment été encouragé. Les habitants y vivent donc non seulement de la pêche traditionnelle pratiquée à petite échelle, mais aussi de l’artisanat touristique.

 

Cette île est importante dans l’histoire de l’Église en Amérique latine, car elle a été le lieu où, en 1541, le premier évêque de Cusco, qui fut aussi l’un des premiers évêques d’Amérique latine, a souffert le martyre. L’évangélisation de l’île revêt donc un sens particulier pour l’histoire de l’Église locale.

 

Mais, malgré cette longue histoire de présence chrétienne, une paroisse n’y a été érigée qu’en 2018 ! Elle couvre les 13 villages de l’île. Le curé, le père Celso Miguel Montesdeoca Robles, souhaite y raviver la vie ecclésiale. Un certain nombre de choses ont déjà été accomplies. Ainsi, il y a maintenant la catéchèse pour les enfants, les adolescents et les adultes, la pastorale des jeunes, et des groupes qui rendent visite aux malades.

 

Le curé voudrait maintenant que les chefs de groupe soient mieux formés, et que d’autres personnes se joignent encore à eux. Les religieuses de la Congrégation des « Filles de Marie » aident aussi le curé dans son travail.

 

Hélas, le presbytère est dans un état pitoyable : les rénovations y sont devenues urgentes. Il faut savoir que la région est régulièrement touchée par des secousses sismiques, ce qui endommage les murs. Puis, le tremblement de terre dévastateur de 2016 a causé des dommages encore plus graves. Sans compter l’air marin, chargé en nitrates, qui abîme aussi le vieux bâtiment. Et, comme si ce n’était pas assez, il est mal protégé contre les bandits qui maraudent dans la région. Enfin, il faut aussi remplacer les anciennes canalisations d’eau et les vieux câbles électriques.

L’Aide à l’Église en Détresse voudrait donc offrir une aide de 21 900 dollars afin de répondre à l’urgence des travaux de rénovation. 

 

https://secure.acn-canada.org/fr/appuyer-aed/

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Nigeria — diocèse de Maiduguri Terminer la cathédrale Saint-Patrick

07.10.2019 in Nigeria, Par Amanda Bridget Griffin et Mario Bard

Nigeria — diocèse de Maiduguri

Terminer la cathédrale Saint-Patrick : mission accomplie!

Texte :  Amanda Bridget Griffin et Mario Bard, AED Canada

Au cours de l’été 2018, l’équipe de l’Aide à l’Église en Détresse Canada (AED) a décidé de réaliser une collecte de fonds pour le Nigeria mise en place plus tard cette année-là. Pourquoi?

Retour en arrière : début juin 2018, l’AED-Canada a reçu le très charismatique Mgr Ignatius Kaigama, alors archevêque du diocèse de Jos, ville située dans la région appelée la ceinture du milieu (the Middle Belt), localisée au cœur du Nigeria. À cette occasion, nous avons approfondi ce que nous savions déjà et nous avons appris encore plus à propos de la situation très difficile à laquelle nos frères et sœurs chrétiens font face dans ce pays. Nous avons également découvert l’esprit de détermination qu’ils ont quand il est question de la pratique du dialogue interreligieux et du désir fort de vivre sa foi, et ce, malgré la persécution, le terrorisme et les tensions dignes d’une guerre civile.

De ces rencontres avec Mgr Kaigama, une grande volonté d’agir est née : donner de l’espérance aux Nigérians ! C’est que nous avons fait, et la réponse de nos bienfaiteurs a été émouvante; alors que l’espérance est d’abord venue par le biais de centaines des lettres d’encouragements qui ont ensuite été transmises à Mgr Kaigama, notre boîte aux lettres et notre site web se sont révélés être les lieux de l’espérance sous la forme de dons. Près de 300 500 dollars, et ce, dans une période de moins de six mois, ont été amassés !

L’un des projets que nous avons été capables de soutenir pour l’Église au Nigeria est situé dans le diocèse de Maiduguri (nord-est du pays). Le formulaire de demande d’aide pour terminer la construction de la cathédrale Saint-Patrick était accompagné de photos de la vieille construction. L’une d’elles montre le plancher de la cathédrale totalement inondé, une situation qui se répétait à chacune des saisons des pluies. De plus, une explosion terroriste survenue en 2011 avait aussi affecté toute la structure du complexe d’édifices diocésains dont la cathédrale fait partie. Puis, d’autres photos montraient une nouvelle structure en construction : le sol sans aucun recouvrement de plancher, le toit à moitié terminé. Ces travaux ont pu être réalisés grâce à un « soutien purement local », sans aucune autre assistance. Le diocèse a fait des demandes auprès d’autres organisations, mais n’a essuyé que des refus.

Connaissant les précédents projets soutenus par l’AED, Mgr Oliver Daeshe s’est tourné vers nous. Dans sa lettre de demande, il écrit : « Nous sommes conscients du fait que nous devrions “construire” les gens et rendre des services humanitaires, mais le besoin pour des endroits comme des lieux de culte est trop important [pour être ignoré], alors que la foi de l’Église persécutée grandit. »  Il y indique également que « le projet de cathédrale est un miracle pour nous et un témoignage [puisqu’au] milieu des difficultés et des défis, nos gens démontrent une telle foi, une telle résilience et un tel engagement. »

 

Finir la construction de la cathédrale : un projet réussi!

En moins d’un an, le projet pour terminer la construction de la cathédrale — débutée le 26 août 2015 — a finalement été réalisé. Cette cathédrale — dont l’historique remonte en 1945 — a pu bénéficier d’une nouvelle dédicace et d’une nouvelle vie ! La générosité des bienfaiteurs de l’AED a déjà un impact formidable. Tout d’abord, la nouvelle cathédrale a un jubé qui peut contenir 1 300 personnes et le plancher de la nef peut en contenir 1 200. Puis, parmi bien d’autres éléments, se trouvent une chapelle dédiée à l’adoration perpétuelle, deux pièces qui sont situées au-dessus de la sacristie principale et qui sont destinées aux lecteurs et aux servants d’autels et quatre confessionnaux dans la cage d’escalier.

Dans son discours de dédicace, le père John Bogna Bakeni a dit : « À la gloire de Dieu et pour la sanctification de toute la création. Le projet de construction de la cathédrale est finalement réussi. Grâce à la générosité et le soutien des paroissiens et d’amis ici et ailleurs, spécialement ceux de l’Aide à l’Église en Détresse (AED), sans qui compléter et célébrer la dédicace n’aurait pas été possible. »

Mgr Doeme nous écrit : « Les choses ne se sont pas nécessairement déroulées selon ce que nous avions planifié et estimé, et ce, à cause d’une économie instable et au ralenti, mais nous sommes parvenus à terminer le projet. Cela n’aurait pas été possible sans le soutien et la générosité de vos bienfaiteurs. »

 

Du fond du cœur, merci d’avoir donné un peu d’espoir à l’Église au Nigeria ! 

Communiqué de l’AED : Bénédiction papale d’une icône pour la Syrie

16.09.2019 in AED Canada, AED-Canada, Mario Bard, PAIX, Pape François, Syrie

Bénédiction papale d’une icône pour la Syrie
Marie-Claude Lalonde parmi les délégués de l’AED

Par Mario Bard, AED Canada

Lundi 16 septembre 2019 — Marie-Claude Lalonde, directrice nationale de l’Aide à l’Église en Détresse Canada (AED), a participé ce dimanche 15 septembre à la bénédiction d’une icône de la Vierge des Douleurs, Consolatrice des Syriens, par le pape François, à la Maison Sainte-Marthe au Vatican. Par la suite, l’icône sera transportée dans 34 diocèses de Syrie — on parle ici du pèlerinage de l’icône — offerte à la vénération des fidèles, et devrait terminer son périple à Damas en mai 2020.

 

« C’est une très grande joie pour moi d’avoir pris part à cet événement qui a eu lieu juste un peu avant l’Angélus de ce dimanche », indique fébrile Marie-Claude Lalonde au bout du fil. « Cette bénédiction est un pur bonheur, puisque nous étions au cœur même de la mission de l’AED : soutenir pastoralement les chrétiens qui en ont le plus besoin. » Elle ajoute : « Cette initiative rejoint tous les autres appels à la paix que le pape François a lancés pour que cesse ce conflit abominable et dont les civils syriens ont terriblement souffert. Par ce geste, il redit avec force tout son soutien à la population syrienne brisée par la guerre ».

Pèlerinage de l’icône : pour la guérison des cœurs

 L’Icône de la Vierge des Douleurs, Consolatrice des Syriens, a été écrite en août dernier par le père Spiridon Kabbash de Homs et sera présentée à la vénération des fidèles dans 34 diocèses de Syrie, fort probablement jusqu’à la fin du mois de mai 2020.

« Enfin, j’ai salué le pape au nom de tous les bienfaiteurs canadiens de l’Aide à l’Église en Détresse », termine Mme Lalonde

« Un projet comme celui de la bénédiction d’une icône peut paraître anodin et sans importance pour des sociétés sécularisées comme les nôtres », explique Mme Lalonde.
« Mais, en Syrie, les traditions religieuses sont encore très présentes dans l’espace social et ces gestes — écrire une icône, la bénir et la proposer à la vénération des fidèles — sont considérés comme un véritable baume, immense et pratiquement essentiel pour tous les chrétiens, blessés par cette guerre, eux qui ont survécu à plus de huit ans de conflit fratricide. »

« Enfin, j’ai salué le pape au nom de tous les bienfaiteurs canadiens de l’Aide à l’Église en Détresse », termine Mme Lalonde.

Le message du pape aux familles qui accompagne l’icône est : « Vous n’êtes pas seul, nous sommes avec vous. » Par ailleurs, au même moment en Syrie, les 6 000 chapelets bénis par le pape il y a un mois ont été distribués dans les paroisses syriennes.

Vatican, 15 septembre 2019 : le pape bénie l’icône de la Vierge des Douleurs, Consolatrice des Syriens. Le père Spiridon Kabbash de Homs, qui a écrit l’icône, se tient à côté. (© ACN/AED)

 

Le tout fait partie d’une grande campagne de prière pour et avec le peuple syrien, Consolez mon peuple, promue par l’Aide à l’Église en Détresse et des Églises syriennes.

 

Une goutte de lait à Homs en Syrie

Par ailleurs, Aide à l’Église en Détresse Canada est toujours en campagne de financement et espère collecter plus de 378 000 dollars afin de donner quotidiennement du lait à plus de 6 000 enfants âgés de 0 à 10 ans dans la ville de Homs, et ce, pendant une période de six mois.

Il y a trois manières faciles et sécuritaires de donner pour ces enfants :

  •         Le site sécurisé : acn-canada.org/fr/gouttedelait
  •          Par téléphone : 1-800-585-6333, poste 222
  •          Par la poste :

Une goutte de lait pour Homs
Aide à l’Église en Détresse Canada

C.P. 670, Succursale H
Montréal (Québec) H3G 2M6

Succès de l’AED – République centrafricaine (RCA)

17.07.2019 in ACN International, AED-Canada, Centrafrique, Formation, Pères Capucins, PROJETS AED, Violences

Succès de l’AED – République centrafricaine (RCA)

 

Formation continue dans le diocèse de Bouar

Publié sur le web Mercredi le 17 juillet, 2019

Grâce à l’aide de nos bienfaiteurs, qui ont fait don de 4 500 dollars, près de 40 prêtres diocésains et religieux du diocèse de Bouar en République centrafricaine ont pu participer à une formation en mars dernier. Dans ce pays qui souffre de violences et de problèmes extrêmes, il est important de fortifier les prêtres, car ils sont souvent les seuls capables d’aider les gens à ne pas perdre espoir.

 

Le programme portait sur des sujets importants de la pastorale, tels que la préparation au mariage, la préparation aux sacrements, le baptême des adultes et le rôle des catéchistes dans les petits villages isolés. Les prêtres ont également réfléchi à leur propre vocation et à l’importance du sacerdoce. Ils ont aussi pu se former sur des sujets pratiques tels que la comptabilité, l’administration et l’archivage, qui sont nécessaires – et même obligatoires –  dans une paroisse ou un établissement, mais auxquels de nombreux prêtres sont insuffisamment préparés quand ils acceptent un poste qui requiert de telles connaissances.

Les prêtres du diocèse ont grandement bénéficié de ces journées d’échanges et de formation continue : ils remercient tous les bienfaiteurs qui ont rendu cela possible.

 

Un formateur assassiné

Malheureusement, après ces belles et stimulantes journées, quelque chose de terrible s’est passé : le père Capucin Toussaint Zoumalde, 47 ans, qui avait donné une conférence sur le sacerdoce et la vocation à la prêtrise, a été assassiné alors qu’il rentrait chez lui.

Ce prêtre, lui-même originaire du diocèse de Bouar mais qui était devenu le supérieur provincial de son ordre au Tchad, avait voulu passer la nuit à Ngaoundere, au Cameroun, lorsqu’il a été poignardé par des inconnus.

« Frère Toussaint, ce prêtre riche des subtilités de l’Évangile et de la beauté du sacerdoce ».

Le père Toussaint était un homme instruit, ayant lui-même étudié à Rome et travaillé à la formation des prêtres. Ses amis et confrères le décrivent comme un homme fin, aux multiples talents, doté d’une âme profonde et d’un grand amour pour l’Église et surtout pour la prêtrise. Il avait écrit des chants et des poèmes, savait facilement parler aux jeunes auxquels il enseignait l’Évangile, et avait été responsable de la radio catholique à Bouar. Au Tchad, parmi ses nombreuses autres tâches, il dirigeait un musée de la culture de l’ethnie Mboum.

 

On peut lire dans la nécrologie de ce capucin : « La main lâche du meurtrier, lorsqu’il l’a assassiné dans la nuit du 19 mars, ne savait rien de la beauté et de l’élégance du Frère Toussaint, ce prêtre riche des subtilités de l’Évangile et de la beauté du sacerdoce ».

 

Quelques jours après la rencontre des prêtres à Bouar, au cours de laquelle Toussaint Zoumalde avait inspiré ses confrères et leur avait donné à réfléchir sur le sacerdoce, ces derniers l’ont enterré, suscitant la compassion de la population et de toute l’Église du diocèse. Les mots prononcés lors de la rencontre des prêtres sont maintenant devenus son héritage.

***

Communiqué : Saisie « brutale » en Érythrée des institutions de santé gérées par l’Église

11.07.2019 in Adaptation Mario Bard, AED-Canada, Communiqué, liberté religieuse, Par John Pontifex

Érythrée

Saisie « brutale » des institutions de santé gérées par l’Église

Par Tobias Lehner, pour ACN International
adapté par Mario Bard pour AED-Canada
publié sur le web le 11 juillet, 2019

Commencée à la mi-juin, la saisie des 21 établissements de santé tenus par l’Église catholique en Érythrée s’est déroulée de manière « brutale », a expliqué en entrevue la semaine dernière à l’Aide à l’Église en Détresse (AED) le père Mussie Zerai, lui-même originaire d’Érythrée, mais présentement en service pastoral à Rome. « Les patients ont littéralement été jetés hors de leurs lits. L’armée a détruit des portes et des fenêtres et fait pression sur les employés […] Une religieuse franciscaine, directrice d’un hôpital du nord du pays, a même été emprisonnée parce qu’elle résistait. »

 

«Rien ne justifie l’action du régime. Elle sanctionne ceux qui s’occupent des plus pauvres », estime le Père Zerai. Sans compter la souffrance qu’elle fait vivre aux 200 000 personnes qui reçoivent chaque année des soins de la part de ces institutions maintenant fermées.  Car, pour l’instant, le gouvernement n’a annoncé aucune nouvelle mesure de remplacement. Sa volonté première est de « nationaliser » les institutions de santé pour favoriser « la séparation des pouvoirs » et contrôler tout le secteur social, selon une loi qui date de 1995, mais qui n’avait jamais été appliquée de manière aussi brutale. Le père Zerai indique que « la plupart des patients n’étaient pas des catholiques, mais des chrétiens orthodoxes, des musulmans et des membres d’autres religions. Souvent, les établissements sont situés dans des régions très isolées [et pauvres] ». En 2018, huit dispensaires avaient été fermés de force.

 

Des observateurs étrangers supposent que cette nouvelle escalade de violence étatique vient du fait que le président Isaias Aferweki prend ombrage de la trop grande assurance qu’exprime ces derniers mois l’Église catholique dans le processus de paix avec l’Éthiopie. Pour le Père Zerai, la situation est très claire : « Le gouvernement est obsédé à vouloir contrôler tout un chacun. Il considère l’Église catholique comme une menace parce qu’elle dispose d’un réseau international et [qu’elle ose] poser des questions. »

Tous les croyants souffrent dans cet État marqué par l’athéisme

Il est estimé que de 120 000 à 160 000 catholiques vivent en Érythrée, alors que la moitié de la population est chrétienne et appartient aux Églises orthodoxes ou évangéliques luthériennes. Ce sont d’ailleurs les seules Églises chrétiennes qui soient tolérées par le régime, avec l’Islam sunnite. Une situation qui présente des similitudes avec celle observée dans certains régimes communistes, où les traditions religieuses officielles cohabitent en parallèle avec celles qui refusent toute ingérence étatique dans leurs affaires. Ou bien pire, quand elles sont honnies ou carrément interdites par le régime, et doivent donc rentrer donc dans la clandestinité.

 

 

De plus, contrairement à de nombreux pays d’Afrique du Nord, l’islam n’est pas la religion d’État en Érythrée. Le pays est « marqué par l’athéisme. Si cela ne dépendait que du gouvernement, il n’y aurait aucune religion. En fin de compte, cela procède du même type de pensée qu’en Chine », estime le père Zerai. En tous les cas, ce sont tous les croyants qui souffrent d’une pareille situation.

Pas de Constitution, pas de droits fondamentaux

« La raison pour laquelle de plus en plus de jeunes Érythréens partent pour l’étranger réside dans l’absence d’État de droit », estime le Père Zerai. Il n’existe aucune constitution, et ce, malgré l’indépendance du pays proclamée en 1993. « Les gens peuvent donc être arrêtés et emmenés de chez eux sans raison. Le service militaire s’est transformé en esclavage légalisé. Les jeunes gens sont privés de toute possibilité de se construire un avenir », déplore-t-il. Certes, à l’heure actuelle, « les États tentent d’impliquer plus fortement l’Érythrée à l’échelle internationale pour déclencher une certaine ouverture », explique-t-il. Mais, bien que le pays ait été élu au Conseil des droits de l’homme des Nations unies en octobre 2018, la situation y demeure critique et le pays reste isolé. Rapporteur spécial des Nations unies pour les droits de l’homme en Érythrée, Mme Daniela Kravetz considère que les actions des dernières semaines contre les institutions médicales tenues par l’Église catholique « montrent que, et bien qu’il y ait eu une amélioration du climat de sécurité et de paix dans la région, la situation des droits de la personne demeure inchangée. » Une situation qui s’applique également à la liberté de religion.

 

 

Cependant, et ce malgré les violences actuelles, le prêtre est convaincu que « l’Église catholique poursuivra ses activités pastorales, mais aussi sociales. Comme il est écrit dans la Bible : la foi n’est rien sans véritable engagement, sans œuvre. Retirer à l’Église la possibilité de pratiquer la charité, c’est comme si on lui amputait un bras. »

 

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Rien que depuis 2016, l’œuvre pontificale de charité Aide à l’Église en Détresse (AED) a soutenu en Érythrée 44 projets, allouant environ 1,35 millions de dollars. Ces fonds ont permis de financer des aides à la construction de chapelles et d’institutions de l’église, des bourses, des automobiles assurant la mobilité des prêtres ainsi que l’aide à la subsistance de religieuses.

 

AED – Récit : Les islamistes enlèvent les chrétiens en Égypte

17.06.2019 in Adaptation Mario Bard, AED-Canada, Par Engy Magdy

AED – Récit : Les islamistes enlèvent les chrétiens en Égypte
 

En janvier dernier, Adeeb Nakhla, un chrétien copte, a été enlevé par un groupe affilié à l’État islamique (ÉI) dans le Sinaï en Égypte. Depuis lors, aucune nouvelle n’a été donnée de l’endroit où il se trouve ou de sa situation. Un parent d’Addeb Nakhla raconte la tragédie à Engy Magdy, de l’œuvre pontificale de charité, Aide à l’Église en Détresse (AED).

Egypte

« Nous craignons la torture et une mort violente ».

Par Engy Magdy, pour l’AED International
Adaptatation du texte pour l’AED Canada, Mario Bard
Publié sur le web le 17 juin, 2019

 

Le 17 janvier 2019, vers 9 heures du matin, Adeeb Nakhla (55 ans) voyageait d’Ismaïlia à Al-Arish pour rendre visite à des parents, quand un groupe de miliciens islamistes a arrêté le minibus dans lequel il se trouvait et a vérifié les cartes d’identité des personnes à bord. En Égypte, les cartes d’identité portent obligatoirement la mention de l’appartenance religieuse; quand les islamistes ont vu qu’Adeeb Nakhla était chrétien, ils lui ont demandé de sortir du véhicule et l’ont emmené.

 

Une ville assiégée

 

Adeeb Nakhla

Il y a deux ans, Adeeb Nakhla avait fui Al-Arish, comme des dizaines de familles chrétiennes qui ont déménagé à Ismaïlia après avoir reçu des menaces de mort. Un proche parent, qui a parlé à l’Aide à l’Église en Détresse à la condition que son anonymat soit préservé, a déclaré que de nombreux chrétiens coptes qui avaient choisi de rester ont été abattus : « Nous avons quitté Al-Arish en 2017, après que les terroristes ont tué sept de nos voisins. Parmi les morts se trouvaient un père et son fils. Les terroristes ont brûlé leurs corps et leur maison. L’épouse et mère de famille, Nabila, a été obligée de regarder ; ça l’a gravement traumatisée ».

 

L’année dernière, la famille d’Adeeb Nakhla est retournée à Al-Arish, où des membres de la famille travaillent et possèdent des biens. Adeeb Nakhla est resté à Ismaïlia pour son travail. Le parent d’Adeeb Nakhla a déclaré : « Nous devions retourner chez nous et travailler. Nous étions au chômage à Ismaïlia, et nous vivions de l’aide de l’Église. La situation en ville s’est améliorée grâce à l’intensification de la campagne de l’armée égyptienne contre les groupes terroristes, même si les routes sont encore dangereuses ».

 

Il a poursuivi : « Les militants affiliés à l’État islamique ont monté des embuscades sur les routes et lancé des attaques contre les civils et les forces de sécurité. Le chauffeur musulman du bus dans lequel se trouvait  Adeeb a dit que les miliciens  avaient arrêté le véhicule et quand ils ont vu qu’Adeeb  Adeeb était chrétien, ils lui ont demandé de sortir. Notre plus grande crainte est qu’ils puissent lui infliger de mauvais traitements, le torturer et le tuer, tout aussi sauvagement qu’ils l’ont fait à d’autres Coptes ».

 

La violence envers les chrétiens coptes en Égypte a augmenté depuis la chute du Président Hosni Moubarak en 2011. La plupart des attaques se sont produites dans le nord du Sinaï, où, selon la tradition copte, la Sainte Famille est entrée en Égypte. En 2012, des assaillants inconnus ont publié une déclaration manuscrite exigeant que tous les Coptes encore présents quittent la ville frontalière de Rafah. Depuis lors, un certain nombre de Coptes de la région ont été enlevés et tués par des groupes terroristes.

 

Égypte : le paradoxe

 

Les groupes terroristes sont toujours très présents en Égypte. Par contre, le paradoxe – qui se révèle finalement être une bonne nouvelle –, est que, depuis 2016, les autorités ont régularisés, restaurés ou bien construits 984 lieux de cultes chrétiens. (Source : L’Église dans le monde)