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AED-Canada

 

Communiqué de l’AED : Bénédiction papale d’une icône pour la Syrie

16.09.2019 in AED Canada, AED-Canada, Mario Bard, PAIX, Pape François, Syrie

Bénédiction papale d’une icône pour la Syrie
Marie-Claude Lalonde parmi les délégués de l’AED

Par Mario Bard, AED Canada

Lundi 16 septembre 2019 — Marie-Claude Lalonde, directrice nationale de l’Aide à l’Église en Détresse Canada (AED), a participé ce dimanche 15 septembre à la bénédiction d’une icône de la Vierge des Douleurs, Consolatrice des Syriens, par le pape François, à la Maison Sainte-Marthe au Vatican. Par la suite, l’icône sera transportée dans 34 diocèses de Syrie — on parle ici du pèlerinage de l’icône — offerte à la vénération des fidèles, et devrait terminer son périple à Damas en mai 2020.

 

« C’est une très grande joie pour moi d’avoir pris part à cet événement qui a eu lieu juste un peu avant l’Angélus de ce dimanche », indique fébrile Marie-Claude Lalonde au bout du fil. « Cette bénédiction est un pur bonheur, puisque nous étions au cœur même de la mission de l’AED : soutenir pastoralement les chrétiens qui en ont le plus besoin. » Elle ajoute : « Cette initiative rejoint tous les autres appels à la paix que le pape François a lancés pour que cesse ce conflit abominable et dont les civils syriens ont terriblement souffert. Par ce geste, il redit avec force tout son soutien à la population syrienne brisée par la guerre ».

Pèlerinage de l’icône : pour la guérison des cœurs

 L’Icône de la Vierge des Douleurs, Consolatrice des Syriens, a été écrite en août dernier par le père Spiridon Kabbash de Homs et sera présentée à la vénération des fidèles dans 34 diocèses de Syrie, fort probablement jusqu’à la fin du mois de mai 2020.

« Enfin, j’ai salué le pape au nom de tous les bienfaiteurs canadiens de l’Aide à l’Église en Détresse », termine Mme Lalonde

« Un projet comme celui de la bénédiction d’une icône peut paraître anodin et sans importance pour des sociétés sécularisées comme les nôtres », explique Mme Lalonde.
« Mais, en Syrie, les traditions religieuses sont encore très présentes dans l’espace social et ces gestes — écrire une icône, la bénir et la proposer à la vénération des fidèles — sont considérés comme un véritable baume, immense et pratiquement essentiel pour tous les chrétiens, blessés par cette guerre, eux qui ont survécu à plus de huit ans de conflit fratricide. »

« Enfin, j’ai salué le pape au nom de tous les bienfaiteurs canadiens de l’Aide à l’Église en Détresse », termine Mme Lalonde.

Le message du pape aux familles qui accompagne l’icône est : « Vous n’êtes pas seul, nous sommes avec vous. » Par ailleurs, au même moment en Syrie, les 6 000 chapelets bénis par le pape il y a un mois ont été distribués dans les paroisses syriennes.

Vatican, 15 septembre 2019 : le pape bénie l’icône de la Vierge des Douleurs, Consolatrice des Syriens. Le père Spiridon Kabbash de Homs, qui a écrit l’icône, se tient à côté. (© ACN/AED)

 

Le tout fait partie d’une grande campagne de prière pour et avec le peuple syrien, Consolez mon peuple, promue par l’Aide à l’Église en Détresse et des Églises syriennes.

 

Une goutte de lait à Homs en Syrie

Par ailleurs, Aide à l’Église en Détresse Canada est toujours en campagne de financement et espère collecter plus de 378 000 dollars afin de donner quotidiennement du lait à plus de 6 000 enfants âgés de 0 à 10 ans dans la ville de Homs, et ce, pendant une période de six mois.

Il y a trois manières faciles et sécuritaires de donner pour ces enfants :

  •         Le site sécurisé : acn-canada.org/fr/gouttedelait
  •          Par téléphone : 1-800-585-6333, poste 222
  •          Par la poste :

Une goutte de lait pour Homs
Aide à l’Église en Détresse Canada

C.P. 670, Succursale H
Montréal (Québec) H3G 2M6

Succès de l’AED – République centrafricaine (RCA)

17.07.2019 in ACN International, AED-Canada, Centrafrique, Formation, Pères Capucins, PROJETS AED, Violences

Succès de l’AED – République centrafricaine (RCA)

 

Formation continue dans le diocèse de Bouar

Publié sur le web Mercredi le 17 juillet, 2019

Grâce à l’aide de nos bienfaiteurs, qui ont fait don de 4 500 dollars, près de 40 prêtres diocésains et religieux du diocèse de Bouar en République centrafricaine ont pu participer à une formation en mars dernier. Dans ce pays qui souffre de violences et de problèmes extrêmes, il est important de fortifier les prêtres, car ils sont souvent les seuls capables d’aider les gens à ne pas perdre espoir.

 

Le programme portait sur des sujets importants de la pastorale, tels que la préparation au mariage, la préparation aux sacrements, le baptême des adultes et le rôle des catéchistes dans les petits villages isolés. Les prêtres ont également réfléchi à leur propre vocation et à l’importance du sacerdoce. Ils ont aussi pu se former sur des sujets pratiques tels que la comptabilité, l’administration et l’archivage, qui sont nécessaires – et même obligatoires –  dans une paroisse ou un établissement, mais auxquels de nombreux prêtres sont insuffisamment préparés quand ils acceptent un poste qui requiert de telles connaissances.

Les prêtres du diocèse ont grandement bénéficié de ces journées d’échanges et de formation continue : ils remercient tous les bienfaiteurs qui ont rendu cela possible.

 

Un formateur assassiné

Malheureusement, après ces belles et stimulantes journées, quelque chose de terrible s’est passé : le père Capucin Toussaint Zoumalde, 47 ans, qui avait donné une conférence sur le sacerdoce et la vocation à la prêtrise, a été assassiné alors qu’il rentrait chez lui.

Ce prêtre, lui-même originaire du diocèse de Bouar mais qui était devenu le supérieur provincial de son ordre au Tchad, avait voulu passer la nuit à Ngaoundere, au Cameroun, lorsqu’il a été poignardé par des inconnus.

« Frère Toussaint, ce prêtre riche des subtilités de l’Évangile et de la beauté du sacerdoce ».

Le père Toussaint était un homme instruit, ayant lui-même étudié à Rome et travaillé à la formation des prêtres. Ses amis et confrères le décrivent comme un homme fin, aux multiples talents, doté d’une âme profonde et d’un grand amour pour l’Église et surtout pour la prêtrise. Il avait écrit des chants et des poèmes, savait facilement parler aux jeunes auxquels il enseignait l’Évangile, et avait été responsable de la radio catholique à Bouar. Au Tchad, parmi ses nombreuses autres tâches, il dirigeait un musée de la culture de l’ethnie Mboum.

 

On peut lire dans la nécrologie de ce capucin : « La main lâche du meurtrier, lorsqu’il l’a assassiné dans la nuit du 19 mars, ne savait rien de la beauté et de l’élégance du Frère Toussaint, ce prêtre riche des subtilités de l’Évangile et de la beauté du sacerdoce ».

 

Quelques jours après la rencontre des prêtres à Bouar, au cours de laquelle Toussaint Zoumalde avait inspiré ses confrères et leur avait donné à réfléchir sur le sacerdoce, ces derniers l’ont enterré, suscitant la compassion de la population et de toute l’Église du diocèse. Les mots prononcés lors de la rencontre des prêtres sont maintenant devenus son héritage.

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Communiqué : Saisie « brutale » en Érythrée des institutions de santé gérées par l’Église

11.07.2019 in Adaptation Mario Bard, AED-Canada, Communiqué, liberté religieuse, Par John Pontifex

Érythrée

Saisie « brutale » des institutions de santé gérées par l’Église

Par Tobias Lehner, pour ACN International
adapté par Mario Bard pour AED-Canada
publié sur le web le 11 juillet, 2019

Commencée à la mi-juin, la saisie des 21 établissements de santé tenus par l’Église catholique en Érythrée s’est déroulée de manière « brutale », a expliqué en entrevue la semaine dernière à l’Aide à l’Église en Détresse (AED) le père Mussie Zerai, lui-même originaire d’Érythrée, mais présentement en service pastoral à Rome. « Les patients ont littéralement été jetés hors de leurs lits. L’armée a détruit des portes et des fenêtres et fait pression sur les employés […] Une religieuse franciscaine, directrice d’un hôpital du nord du pays, a même été emprisonnée parce qu’elle résistait. »

 

«Rien ne justifie l’action du régime. Elle sanctionne ceux qui s’occupent des plus pauvres », estime le Père Zerai. Sans compter la souffrance qu’elle fait vivre aux 200 000 personnes qui reçoivent chaque année des soins de la part de ces institutions maintenant fermées.  Car, pour l’instant, le gouvernement n’a annoncé aucune nouvelle mesure de remplacement. Sa volonté première est de « nationaliser » les institutions de santé pour favoriser « la séparation des pouvoirs » et contrôler tout le secteur social, selon une loi qui date de 1995, mais qui n’avait jamais été appliquée de manière aussi brutale. Le père Zerai indique que « la plupart des patients n’étaient pas des catholiques, mais des chrétiens orthodoxes, des musulmans et des membres d’autres religions. Souvent, les établissements sont situés dans des régions très isolées [et pauvres] ». En 2018, huit dispensaires avaient été fermés de force.

 

Des observateurs étrangers supposent que cette nouvelle escalade de violence étatique vient du fait que le président Isaias Aferweki prend ombrage de la trop grande assurance qu’exprime ces derniers mois l’Église catholique dans le processus de paix avec l’Éthiopie. Pour le Père Zerai, la situation est très claire : « Le gouvernement est obsédé à vouloir contrôler tout un chacun. Il considère l’Église catholique comme une menace parce qu’elle dispose d’un réseau international et [qu’elle ose] poser des questions. »

Tous les croyants souffrent dans cet État marqué par l’athéisme

Il est estimé que de 120 000 à 160 000 catholiques vivent en Érythrée, alors que la moitié de la population est chrétienne et appartient aux Églises orthodoxes ou évangéliques luthériennes. Ce sont d’ailleurs les seules Églises chrétiennes qui soient tolérées par le régime, avec l’Islam sunnite. Une situation qui présente des similitudes avec celle observée dans certains régimes communistes, où les traditions religieuses officielles cohabitent en parallèle avec celles qui refusent toute ingérence étatique dans leurs affaires. Ou bien pire, quand elles sont honnies ou carrément interdites par le régime, et doivent donc rentrer donc dans la clandestinité.

 

 

De plus, contrairement à de nombreux pays d’Afrique du Nord, l’islam n’est pas la religion d’État en Érythrée. Le pays est « marqué par l’athéisme. Si cela ne dépendait que du gouvernement, il n’y aurait aucune religion. En fin de compte, cela procède du même type de pensée qu’en Chine », estime le père Zerai. En tous les cas, ce sont tous les croyants qui souffrent d’une pareille situation.

Pas de Constitution, pas de droits fondamentaux

« La raison pour laquelle de plus en plus de jeunes Érythréens partent pour l’étranger réside dans l’absence d’État de droit », estime le Père Zerai. Il n’existe aucune constitution, et ce, malgré l’indépendance du pays proclamée en 1993. « Les gens peuvent donc être arrêtés et emmenés de chez eux sans raison. Le service militaire s’est transformé en esclavage légalisé. Les jeunes gens sont privés de toute possibilité de se construire un avenir », déplore-t-il. Certes, à l’heure actuelle, « les États tentent d’impliquer plus fortement l’Érythrée à l’échelle internationale pour déclencher une certaine ouverture », explique-t-il. Mais, bien que le pays ait été élu au Conseil des droits de l’homme des Nations unies en octobre 2018, la situation y demeure critique et le pays reste isolé. Rapporteur spécial des Nations unies pour les droits de l’homme en Érythrée, Mme Daniela Kravetz considère que les actions des dernières semaines contre les institutions médicales tenues par l’Église catholique « montrent que, et bien qu’il y ait eu une amélioration du climat de sécurité et de paix dans la région, la situation des droits de la personne demeure inchangée. » Une situation qui s’applique également à la liberté de religion.

 

 

Cependant, et ce malgré les violences actuelles, le prêtre est convaincu que « l’Église catholique poursuivra ses activités pastorales, mais aussi sociales. Comme il est écrit dans la Bible : la foi n’est rien sans véritable engagement, sans œuvre. Retirer à l’Église la possibilité de pratiquer la charité, c’est comme si on lui amputait un bras. »

 

***

 

Rien que depuis 2016, l’œuvre pontificale de charité Aide à l’Église en Détresse (AED) a soutenu en Érythrée 44 projets, allouant environ 1,35 millions de dollars. Ces fonds ont permis de financer des aides à la construction de chapelles et d’institutions de l’église, des bourses, des automobiles assurant la mobilité des prêtres ainsi que l’aide à la subsistance de religieuses.

 

AED – Récit : Les islamistes enlèvent les chrétiens en Égypte

17.06.2019 in Adaptation Mario Bard, AED-Canada, Par Engy Magdy

AED – Récit : Les islamistes enlèvent les chrétiens en Égypte
 

En janvier dernier, Adeeb Nakhla, un chrétien copte, a été enlevé par un groupe affilié à l’État islamique (ÉI) dans le Sinaï en Égypte. Depuis lors, aucune nouvelle n’a été donnée de l’endroit où il se trouve ou de sa situation. Un parent d’Addeb Nakhla raconte la tragédie à Engy Magdy, de l’œuvre pontificale de charité, Aide à l’Église en Détresse (AED).

Egypte

« Nous craignons la torture et une mort violente ».

Par Engy Magdy, pour l’AED International
Adaptatation du texte pour l’AED Canada, Mario Bard
Publié sur le web le 17 juin, 2019

 

Le 17 janvier 2019, vers 9 heures du matin, Adeeb Nakhla (55 ans) voyageait d’Ismaïlia à Al-Arish pour rendre visite à des parents, quand un groupe de miliciens islamistes a arrêté le minibus dans lequel il se trouvait et a vérifié les cartes d’identité des personnes à bord. En Égypte, les cartes d’identité portent obligatoirement la mention de l’appartenance religieuse; quand les islamistes ont vu qu’Adeeb Nakhla était chrétien, ils lui ont demandé de sortir du véhicule et l’ont emmené.

 

Une ville assiégée

 

Adeeb Nakhla

Il y a deux ans, Adeeb Nakhla avait fui Al-Arish, comme des dizaines de familles chrétiennes qui ont déménagé à Ismaïlia après avoir reçu des menaces de mort. Un proche parent, qui a parlé à l’Aide à l’Église en Détresse à la condition que son anonymat soit préservé, a déclaré que de nombreux chrétiens coptes qui avaient choisi de rester ont été abattus : « Nous avons quitté Al-Arish en 2017, après que les terroristes ont tué sept de nos voisins. Parmi les morts se trouvaient un père et son fils. Les terroristes ont brûlé leurs corps et leur maison. L’épouse et mère de famille, Nabila, a été obligée de regarder ; ça l’a gravement traumatisée ».

 

L’année dernière, la famille d’Adeeb Nakhla est retournée à Al-Arish, où des membres de la famille travaillent et possèdent des biens. Adeeb Nakhla est resté à Ismaïlia pour son travail. Le parent d’Adeeb Nakhla a déclaré : « Nous devions retourner chez nous et travailler. Nous étions au chômage à Ismaïlia, et nous vivions de l’aide de l’Église. La situation en ville s’est améliorée grâce à l’intensification de la campagne de l’armée égyptienne contre les groupes terroristes, même si les routes sont encore dangereuses ».

 

Il a poursuivi : « Les militants affiliés à l’État islamique ont monté des embuscades sur les routes et lancé des attaques contre les civils et les forces de sécurité. Le chauffeur musulman du bus dans lequel se trouvait  Adeeb a dit que les miliciens  avaient arrêté le véhicule et quand ils ont vu qu’Adeeb  Adeeb était chrétien, ils lui ont demandé de sortir. Notre plus grande crainte est qu’ils puissent lui infliger de mauvais traitements, le torturer et le tuer, tout aussi sauvagement qu’ils l’ont fait à d’autres Coptes ».

 

La violence envers les chrétiens coptes en Égypte a augmenté depuis la chute du Président Hosni Moubarak en 2011. La plupart des attaques se sont produites dans le nord du Sinaï, où, selon la tradition copte, la Sainte Famille est entrée en Égypte. En 2012, des assaillants inconnus ont publié une déclaration manuscrite exigeant que tous les Coptes encore présents quittent la ville frontalière de Rafah. Depuis lors, un certain nombre de Coptes de la région ont été enlevés et tués par des groupes terroristes.

 

Égypte : le paradoxe

 

Les groupes terroristes sont toujours très présents en Égypte. Par contre, le paradoxe – qui se révèle finalement être une bonne nouvelle –, est que, depuis 2016, les autorités ont régularisés, restaurés ou bien construits 984 lieux de cultes chrétiens. (Source : L’Église dans le monde)

Projet de la semaine AED : Projet de transport en RDC

22.05.2019 in ACN Canada, ACN International, Adaptation Mario Bard, AED-Canada, Afrique, Congo, Motorisation, PROJETS AED

République Démocratique du Congo (RDC)

Réparation un outil essentiel pour voyager sur le fleuve Congo

Le diocèse de Lisala est l’un des plus anciens et représente – avec une superficie de plus de 67 600 kilomètres carrés –, l’un des plus grands diocèses de République Démocratique du Congo. Il se situe dans le nord du pays et est sillonné par le fleuve Congo et plusieurs de ses bras.

Les voies navigables sont très importantes pour la vie de l’Église. En fait, on peut dire que le bateau appelé Magnificat est un moyen de transport vital pour la pastorale. Cependant, il a été gravement endommagé en septembre 2018 alors qu’il voguait vers Kinshasa, surpris par une tempête à un endroit où il ne pouvait pas faire escale. La tempête a projeté le bateau contre un arbre qui dépassait au-dessus de l’eau. Il a été éventré et a presque complètement coulé. Les gens qui étaient à bord ont réussi à se sauver, mais les dégâts matériels étant importants. Un prêtre et d’autres personnes ont dû se rendre en pirogue jusqu’au lieu de l’accident. 

Besoin d’expertise

Après des tentatives de réparation, il est vite devenu clair que cela serait beaucoup plus difficile qu’initialement prévu. Il faut plus de matériel et de compétences techniques, deux moteurs sont défectueux en plus d’une expertise technique pour réparer les brèches.

Pour que ce bateau missionnaire essentiel à la pastorale soit rapidement remis en service, nous avons promis une aide de 13 200 dollars.

Récit de l’AED – Burkina Faso: Des religieuses fuient leur couvent

11.04.2019 in Adaptation Mario Bard, Adaptation Mario Bard, AED-Canada, Par Emmanuelle Ollivry, Persécution

Burkina Faso

Des religieuses fuient leur couvent

Après leur départ précipité de Kompienbiga, au sud-est du Burkina Faso, les religieuses membres de la congrégation des Campagnes trouvèrent refuge chez leurs frères de la branche masculine, à Pama, et ce dès janvier 2019, juste avant l’assassinat du père César Fernandez. Sœur Thérèse, la mère supérieure, et le père Soubeiga, curé de Pama, racontent à L’Aide à l’Église en Détresse la flambée de violence qui embrase le pays, pourtant réputé plus calme que ses tumultueux voisins malien et nigérien.

« Soit tu nous donnes les médicaments, soit on t’explose la tête », raconte le père F. Soubeiga, curé de Pama et Frère missionnaire des Campagnes. Il décrit l’agression de janvier 2019 contre sœur Victorine, infirmière au Centre de Santé et de Promotion sociale de Kompienbiga et membre de sa congrégation. Elle « … était de service au dispensaire, seule. Vers 16 h, huit à dix individus cagoulés et armés lui ont demandé de quoi soigner leurs combattants blessés, mais la religieuse n’avait pas accès à la pharmacie. Ils lui ont alors tenu des propos insupportables et ont tout cassé pour se servir eux-mêmes. »

Cet événement est devenu un élément déclencheur pour les religieuses de Kompienbiga :  en effet, l’accumulation de faits violents les a décidées à fuir chez les frères, à seulement 15 km, pour ne plus rester isolées.

« La tension monte et la peur saisit les gens »

« La nuit du 14 septembre 2018, deux attaques terroristes sont perpétrées dans les villages de Diabiga et Kompienbiga (respectivement à 60 et 15 km de Pama) dans la région de l’est », indique le gouvernorat de la région. Selon le père Soubeiga, « à Pama, les exactions ont commencé dès mars 2017 et les explosions de mines, visant les gendarmes, se sont multipliées. Puis, au moins 3 ou 4 depuis août 2018. »

Sœur Thérèse, mère supérieure des Sœurs des Campagnes de Kompienbiga, précise : « La tension monte surtout depuis août 2018 à Kompienbiga. Des assaillants entrent régulièrement dans les villages, rassemblent la population et leur crient des instructions. La peur saisit les gens. »

Ensuite, un peu plus au nord, le père César Fernandez est assassiné en février 2019 et le 17 mars 2019 le père Joël Yougbaré « vraisemblablement enlevé par des individus
armés »
rapporte l’Église locale. Les religieuses cherchent donc la protection des frères à Pama. Pourtant, le calme y est bien relatif…

Les religieuses se sont dispersées

« C’est la première fois que nous devons tout quitter dans l’urgence, lâche sœur Thérèse qui résidait à Kompienbiga depuis 2001. Sur les sept religieuses de la communauté, quatre sont réfugiées à Pama et trois ont quitté le pays pour le Togo où elles finissent leur formation. On ne sait pas quand elles pourront revenir. C’est dur. » Leur prieuré est implanté à Kompienbiga depuis 25 ans. Grâce à une école maternelle qu’elles ont elles-mêmes mise sur pied, les religieuses s’occupaient d’une quarantaine d’enfants de 3 à 6 ans, souvent livrés à eux-mêmes. Et elles venaient tout juste d’ouvrir un centre de couture pour apprendre le métier à cinq jeunes.

« Notre désir est de repartir au plus vite pour continuer ce que nous avons commencé, martèle sœur Thérèse. S’il vous plaît, priez pour nous. »

« Les catholiques sont les plus exposés »

Pour l’instant, même à Pama « où c’est plus calme », le couvre-feu est de rigueur. « Nous vivons dans un climat délétère, confirme le père Soubeiga. En tant que catholiques, nous sommes les plus exposés, car nous représentons une institution centralisée, facilement identifiable. Frapper un curé, c’est pénaliser tout un territoire. Les conséquences ne seraient pas les mêmes pour les protestants ou les musulmans, aux communautés plus morcelées, encadrées par de nombreux pasteurs et imams locaux. »

Interdits de veillée pascale 

La gendarmerie impose donc des règles strictes de sécurité. « Certaines zones me sont interdites, se désole le curé de Pama. Au mois de janvier, en 15 jours, j’ai dû faire évacuer les catéchistes de Diabiga, de Kompenbiga et d’un autre village à 78 km de Pama. Quant à l’avenir proche, il est très probable que nous ne puissions pas célébrer la veillée pascale ! »

À la question de savoir qui est responsable des exactions de ces derniers mois, le prêtre est formel : « Impossible de comprendre. Aucun groupe ne revendique les attaques. On parle de mercenaires, mais certains terroristes sont clairement Burkinabés, car ils parlent parfaitement les langues locales. »

Récit recueilli par Emmanuelle Ollivry pour ACN-International
Révision franco-canadienne : Mario Bard, AED-Canada 
Mise en ligne au Canada : jeudi 11 avril 2019

Centrafrique – Massacre d’Alindao – Envoi d’aide d’urgence

01.02.2019 in ACN Canada, Actualités, Adaptation Mario Bard, AED-Canada, AFRIQUE, Aide d'urgence, Intentions de messe, International Catholic Charity Aid to the Church in Need, prêtres, République centrafricaine, Voyagez avec AED

Centrafrique – Massacre d’Alindao

Le bilan dépasse les 80 morts

Aide à l’Église en Détresse (AED) lance deux projets pour soutenir les chrétiens de retour dans un lieu totalement dévasté.

Le nombre de personnes tuées lors des attaques terroristes du 15 novembre dernier dans le diocèse centrafricain d’Alindao (centre-sud du pays) est encore à la hausse. Selon un rapport dont l’Aide à l’Église en Détresse a obtenu copie, le nombre de personnes tuées lors de l’attaque d’un camp de personnes déplacées et contre la cathédrale du Sacré-Cœur située tout près, dépasse maintenant 80. Pourquoi une telle flambée de violence survient-elle contre les chrétiens au sud de la Centrafrique? Le rapport revient sur les faits et explique les conséquences de ces terribles événements.

« La population qui s’était massivement enfuie dans la brousse revient sur le site dans l’espoir de trouver quelques grains de riz pour se nourrir. Elle fouille les cendres pour ramasser les haricots superficiellement brûlés. » Telle est la situation dramatique que décrit Mgr Cyr-Nestor Yapaupa, évêque d’Alindao, suite aux attentats du 15 novembre. Le nombre de victimes tuées dépasse les 80 morts, dont 2 prêtres et 2 pasteurs, selon des sources hospitalières.

Malgré la menace constante sur l’Église qui aide la population, les vocations sont nombreuses! Ici, ordination chez les moines Carmes Déchaux.

L’Église locale l’affirme, le camp de déplacés dont s’occupaient les prêtres du diocèse et qui abritait plus de 26 000 personnes, a été complètement dévasté. « Des vieillards et des personnes handicapées ont été brûlés vifs, fusillés ou décapités », poursuit Mgr Yapaupa. « Pris de panique, des parents ont dû abandonner des enfants dans leur course folle pour survivre. Une maman avec des jumeaux a dû en lâcher un pour sauver l’autre. Les assaillants tiraient à bout portant. » Outre les pertes humaines, « le site a été incendié et plusieurs bâtiments de l’Église brûlés. La cathédrale a perdu son plafond. Des véhicules et des motos ont été volés ainsi que les panneaux solaires, les réserves de nourriture, d’argent, le carburant… »

Pays déchiré

Aujourd’hui, 14 groupes armés se partagent la Centrafrique. Le président du pays, Faustin Touadéra, n’a pas les moyens de contrôler ce véritable reliquat de la guerre civile débutée en 2013. Elle opposait les Séleka – une coalition islamiste – aux anti-Balaka, une milice animiste souhaitant se défendre contre « les balles des fusils AK47 ». Issue des Séleka, l’Unité pour la Paix en Centrafrique (UPC), et d’autres milices musulmanes ont été identifiées comme les auteurs des événements du 15 novembre. Pourquoi les tensions ont-elles monté d’un cran, précisément à Alindao?

Alindao, « la vache à lait »

Selon l’UPC, il s’agit de légitime défense, car des anti-balatas d’Alindao auraient assassiné deux musulmans les 14 et 15 novembre. De son côté, le rapport de l’évêché pointe plutôt du côté du manque de ressources de l’UPC, qui considère Alindao comme un « centre commercial florissant, une vraie vache à lait ». Chassée de Bambari en octobre, l’UPC avait dû abandonner le commerce local de bétail et les mines (or, diamants). Les « collectes hebdomadaires auprès des commerçants pour nourrir les troupes » soulevant de vives protestations, il fallait trouver un moyen de subsistance : Alindao et ses « butins de guerre ».

L’Église, une cible : elle demande une enquête internationale

« Organisée et structurée, l’Église catholique est un interlocuteur incontournable dans la crise locale », avance encore l’évêque d’Alindao, Mgr Yapaupa. Elle entretient des relations avec tous les acteurs humanitaires, le président, la MINUSCA (Mission des Nations Unies), et « elle fait l’objet de convoitise ». Elle devient donc une institution à abattre pour les chefs de guerre. Cela explique-t-il l’immobilisme des forces onusiennes mauritaniennes « libérant le passage aux assaillants » lors des attaques à Alindao, « sans assumer leur mission de protection des populations déplacées » ?

Le rapport note que « deux jours avant le drame, le responsable de l’UPC avait été reçu par le contingent mauritanien ». Le diocèse qualifie cette rencontre de « planification consensuelle ». Les trois leaders des confessions religieuses de Centrafrique – le Cardinal Nzapalaïnga, le Pasteur Guerekoyame Gbangou et l’Imam Omar Kobine Layama – ont demandé une enquête de la communauté internationale.

« Tout perdu sauf la foi »

« Nous avons tout perdu, sauf la foi », conclut Mgr Yapaupa. Mais d’ajouter : « Nous pouvons regarder l’ennemi dans les yeux et lui offrir un pardon sincère, sans céder à l’esprit de vengeance ni à la peur. »

Aide à l’Église en Détresse s’engage à soutenir le clergé local et la communauté paroissiale en situation d’abandon total, à hauteur de 60 000 dollars. Merci de votre générosité! 


 

Actualités AED : Rapport 2018 sur la liberté religieuse dans le monde

22.11.2018 in ACN Canada, ACN International, Actualités, AED-Canada

Les nationalismes agressifs attisent la haine religieuse…
et l’Occident reste les bras croisés

Selon le dernier Rapport sur la liberté religieuse (RFR 2018) produit par l’organisme international Aide à l’Église en Détresse (AED), l’Occident ne prend pas suffisamment de mesures pour contrer ce qui est considéré comme une nouvelle crise du nationalisme répressif.

Dans des régions importantes du monde, une vague de nationalisme agressif provoque une montée de la violence et d’autres formes d’intimidation contre les minorités religieuses. Et, face à ces phénomènes, l’Occident ne parvient pas à traduire ses inquiétudes en actes.

Telle est la conclusion du « Rapport 2018 sur la liberté religieuse dans le monde » publié aujourd’hui, qui évalue les 196 pays du monde. On le trouve à l’adresse http://religious-freedom-report.org/fr/home-fr/. La version abrégée est disponible en format PDF à l’adresse www.acn-canada.org/fr.

Dans différents pays, l’ultranationalisme exercé autant par des gouvernements que par des acteurs non gouvernementaux a contribué à accroître la haine envers les minorités religieuses. Cela vaut également pour de grandes puissances régionales comme l’Inde, la Chine et le Myanmar.

Publié tous les deux ans par l’œuvre pontificale Aide à l’Église en Détresse (AED), le rapport dresse d’abord le constat que « l’analphabétisme religieux » – également propagé par les médias et l’absence d’actions politiques en Occident – ont aggravé le problème. Par ailleurs, de nombreuses minorités religieuses souffrent derrière un « rideau d’indifférence ».

« Nous croyons que cette situation est un réel défi pour le Canada », estime Marie-Claude Lalonde, directrice nationale de l’AED au Canada. « D’expérience, nous savons que plus les gens savent et sont informés à propos d’une situation, et plus ils peuvent agir pour changer ce qui semblait d’abord impossible à changer. La liberté religieuse doit devenir une préoccupation essentielle pour les Canadiens si nous voulons voir un réel changement dans le nombre de pays où se vit une hausse de la discrimination et de la persécution, lesquelles peuvent – ultimement – causer la mort de tant de gens. »

Photo: © Catholic Secretariat of Nigeria (CSN) Directorate of Social Communications

Bergers peuls et agriculteurs chrétiens s’affrontent. Les raisons, au départ économiques, sont devenues progressivement autres. Une tradition veut s’imposer sur l’autre. (Photo: © Catholic Secretariat of Nigeria (CSN) Directorate of Social Communications)

L’Occident manque à l’appel

Le rapport critique également le fait que la plupart des gouvernements occidentaux ont négligé le fait « de faire parvenir le plus rapidement possible aux minorités religieuses le soutien dont celles-ci ont besoin d’urgence ». Ce constat concerne particulièrement les communautés déplacées qui souhaitent retourner dans leur pays d’origine.

Selon les conclusions du rapport, la majorité des gouvernements n’ont pas offert aux minorités religieuses expulsées l’aide promise pour retourner dans le nord de l’Irak ou dans d’autres pays, après l’expulsion de l’État islamique (ÉI) et d’autres groupes militants.

Les résultats de l’étude de l’AED permettent de déduire que les informations fournies par les médias sur l’islam militant, au cours de la période de référence (2016-2018), se limitent presque exclusivement aux luttes contre l’ÉI et ses groupes affiliés, mais l’expansion continue des mouvements islamistes militants dans les régions d’Afrique, du Moyen-Orient et d’Asie est pratiquement ignorée.

Le conflit qui s’intensifie entre sunnites et chiites, les deux principaux courants rivaux de l’islam, constitue la force motrice derrière la montée de l’extrémisme.

Au cours de la période de référence de deux ans, la situation des minorités religieuses s’est détériorée dans près de la moitié des pays classés comme nations où des violations importantes de la liberté religieuse ont été commises. Cela s’applique à 18 pays sur un total de 38.

Pour la première fois depuis la création du rapport il y a 19 ans, l’intolérance croissante envers les minorités religieuses a mené au classement de deux nouveaux pays – la Russie et le Kirghizistan – dans la catégorie « discrimination ». De plus, dans certains cas, comme en Arabie Saoudite et en Corée du Nord, la situation était déjà si grave qu’il était littéralement impossible qu’elle se détériore encore plus durant la période de référence.

« Cette détérioration rapide des droits dans des pays où la situation était déjà classée comme critique, comme le droit de professer sa foi en toute liberté et sécurité, tel quel le stipule l’Article 18 de la Charte universelle des Droits de l’Homme des Nations unies, devrait être source d’une grande préoccupation pour les personnes de toutes croyances », estime Marie-Claude Lalonde.

En ce qui concerne l’Occident, il est fait référence à une vague d’attaques extrémistes perpétrées par des combattants militants contre des cibles occidentales. Un tel terrorisme qui frappe au cœur des démocraties libérales signifie que cette menace peut être considérée comme « terrorisme de voisinage ». Selon le rapport, le danger émanant de ces terroristes « est universel, imminent et omniprésent ».

Dans ce contexte, le Rapport 2018 sur la liberté religieuse dans le monde insiste également sur l’augmentation de l’islamophobie et de l’antisémitisme en Occident.

En résumant les principaux résultats du rapport, son rédacteur en chef John Pontifex déclare : « La conséquence de l’ultranationalisme agressif – que ce soit de la part de gouvernements intransigeants ou de groupes extrémistes violents – fait en sorte que les minorités religieuses ont le sentiment d’être des étrangers dans leur propre pays. Elles constituent des cibles faciles dans une nouvelle ère marquée par l’ignorance et l’intolérance. »

Il existe certes des minorités comme les Rohingya musulmans, dont la détresse a reçu « l’attention qu’elle mérite » en Occident. Mais d’autres en revanche, comme les chrétiens au Nigéria, les Ahmadiyya in Pakistan et les Baha’i en Iran – se sont « sentis abandonnés par l’Occident, où la liberté religieuse est retombée dans les dernières places sur la liste des priorités. »

Dans le cadre la vigile de prière interreligieuse tenue à Toronto pour le Mercredi Rouge (21 novembre), événement organisé par l’Aide à l’Église en Détresse pour faire connaître la situation des chrétiens persécutés dans le monde, Mme Lalonde disait :
« Nous devons lutter contre cette ignorance omniprésente en informant, comme nous le faisons avec ce rare rapport mondial sur la liberté religieuse, et contre l’intolérance par des actes d’unité, comme nous le faisons aujourd’hui, en priant ensemble en tant que frères et sœurs, comme membre de nombreuses religions.»

Communiqué de presse : #MercrediRouge Une première au Canada

19.11.2018 in AED Canada, AED-Canada, liberté religieuse, Mario Bard, PAIX, persécution

Communiqué de presse

#MercrediRouge

Une première au Canada

Montréal, 16 novembre 2018 – Toronto, Montréal, Calgary, Rimouski, Hearst, Saint-Jérôme et Québec : le mercredi 21 novembre, près d’une cinquantaine d’activités toutes liées au Mercredi Rouge (#MercrediRouge) se dérouleront dans ces diocèses du Canada. Initiée il y a quelques années par l’organisme international Aide à l’Église en Détresse (AED), cette activité permet de sensibiliser et d’informer sur la situation des 200 millions de chrétiens qui vivent régulièrement de la persécution et la discrimination à cause de leur foi, et ce, de manière particulièrement aiguë dans près d’une quarantaine de pays.

À Montréal, la messe pour les chrétiens persécutés en est à sa cinquième édition : Mgr Christian Lépine présidera la liturgie qui commencera à 19 h 30 et sera précédée d’un 5 à 7 pour la liberté religieuse, conçu pour les jeunes de 18-35 ans, au sous-sol de la cathédrale. À Toronto, le cardinal archevêque Thomas Collins présidera une vigile de prière interreligieuse dès 18 h 30, tandis que dans la métropole de l’Alberta, Calgary, différentes activités auront lieu dans la ville et à travers le diocèse. Sans compter les activités tenues au Versant-la-Noël chez Robert Lebel (accueil dès 18 h 15), et par la Famille Myriam-Bethléem à la Maison de mon Père de Rimouski! Enfin, se sont ajoutés dernièrement des activités dans les villes de Banff, Medecine Hat en Alberta, et Kapuskasing dans le nord de l’Ontario.

 

« Pour nous, c’est une première expérience qui démarre en lion! », indique Marie-Claude Lalonde, directrice du bureau canadien de l’AED. « Nous sommes très heureux que tant de gens acceptent de prendre part à l’événement et partagent ainsi avec nous cette préoccupation concernant la situation des chrétiens persécutés et victimes de discrimination dans le monde. C’est aussi une façon de montrer sa solidarité avec ces gens qui souffrent. »

 

Quelques éléments d’édifices – les portails d’entrées des cathédrales de Montréal et Toronto par exemple –, ainsi que l’intérieur de la cathédrale de Toronto seront illuminés de rouge, couleur du sang des martyrs. Le pavillon œcuménique du Versant-la-Noël devrait être aussi entièrement habillé de cette couleur.

 

Plusieurs nations privées d’un droit élémentaire

Dans sa lettre invitant les fidèles de son diocèse à participer au Mercredi Rouge, l’évêque de Calgary, Mgr William T. McGrattan, a d’abord souligné que, bien que les Canadiens soient devant « davantage de défi dans la pratique de la foi… nous devons continuer à exprimer notre gratitude pour les nombreuses libertés que notre pays assure. Malheureusement, plusieurs nations à travers le monde continuent de priver leurs citoyens de la liberté religieuse la plus élémentaire. »   Présentement, plus de 30 activités sont organisées dans ce diocèse, principalement des messes et des temps de prières, préparées en solidarité avec les chrétiens persécutés et souffrants de discrimination sévère.

 

Le rapport 2018 de l’AED sur la liberté religieuse : sortie 22 novembre

« Ce Mercredi Rouge concorde également avec la publication de notre Rapport sur la liberté religieuse, 2016-2018, qui aura lieu le lendemain jeudi 22 novembre, d’abord au Vatican », rappelle Mme Lalonde pour qui cette activité marque un tournant dans la compréhension qu’ont les catholiques d’ici de la persécution religieuse que vivent les chrétiens. « Je pense que les gens commencent à saisir l’ampleur du problème et réalisent que l’article 18 de la Charte universelle des droits de l’Homme qui devrait assurer la liberté religieuse dans tous les pays signataires est loin d’être respecté. »

C’est la 14e fois que ce rapport, dans lequel est examinée la situation de plus de 190 pays, paraît. Il documente la situation juridique actuelle ainsi que les violations du droit à la liberté religieuse durant la période allant de 2016 à 2018,
en plus de montrer comment la situation a évolué dans certains pays
où la situation était jugée critique entre 2014 et 2016.


Nigeria : des bergers peuls – majoritairement musulmans – menacent des agriculteurs – majoritairement chrétiens. Conflit économique ou religieux ? Réponse le 22 novembre. (Photo: © Secretariat of Nigeria (CSN) Directorate of Social Communications )
 

 

Au Canada, il sera disponible uniquement en ligne, en français et en anglais : www.religion-freedom-report.org. Un Rapport abrégé produit en format PDF sera disponible sur le site web de l’AED-Canada : www.aed-canada.org/fr.

 

Pour plus d’informations :

http://bit.ly/MRouge_Canada,
1-800-585-6333 ou encore,
info@acn-canada.org.

– 30 –

Informations médias : Mario Bard, responsable de l’information, Aide à l’Église en Détresse Canada : 514-932-0552, ou sans frais : 1-800-585-6333, poste 224. Cellulaire : 514-967-8340.

Les articles et communiqués de l’AED sont offerts gratuitement pour publication partielle ou totale, à la seule condition que la source, Aide à l’Église en Détresse (AED), soit mentionnée.
Aide à l’Église en Détresse (AED) est une œuvre pontificale de charité catholique internationale qui a pour mandat «
le service de la charité fraternelle envers les Églises locales les plus souffrantes et nécessiteuses», par linformation, la prière et l’action.
Fondée par le Père Werenfried en 1947, elle aide spirituellement et matériellement l’Église en détresse dans plus de 140 pays.

 

Communiqué de l’AED – le cauchemar des attaques de bergers peuls au Nigeria

09.11.2018 in ACN International, ACN-Malte, adaptation : Mario Bard, Adaptation Mario Bard, AED-Canada, CAMPAGNE AED, Grace Attu, Nigeria, PAIX, Persecution of Christians

Communiqué de presse – pour diffusion immédiate

Nigeria

le cauchemar des attaques de bergers peuls
Mgr Kaigama lance un appel aux terroristes
et l’AED-Canada est en campagne pour le Nigeria

« Nous ne renoncerons pas à notre lutte pour la coexistence pacifique et pour un comportement civilisé.» Mgr Ignatius Kaigama, archevêque de Jos, Nigeria.

Montréal, 9 novembre 2018 – La ville de Jos, dans le nord du Nigeria, a souffert pendant de longues années de violence interreligieuse de la part du groupe terroriste Boko Haram. Juste au moment où il semblait que la ville allait renaître comme le phénix de ses cendres, les attaques incessantes des bergers peuls, qui ont enflammé de nombreux autres États du pays, mettent un terme à ces espoirs.

Article et entrevues : Grace Attu, ACN-Malte
Adaptation française au Canada : Mario Bard, AED-Canada

Fin septembre, une nouvelle vague de violence a été déclenchée par une attaque commise de nuit par les bergers dans le quartier de Rukuba Road à Jos. Deux jours plus tôt, l’armée et les bergers peuls étaient venus dans le quartier, en prétendant chercher le cadavre d’un garçon peul disparu. Cette ultime attaque de ces bergers nomades a laissé de nombreuses personnes sans défense, orphelines ou veuves.

À Kaduna au Nigeria, un exemple de la destruction par les bergers peuls (archive-2017)

 

L’une des victimes est Blessing Kogi, une étudiante de 23 ans qui vit à Jos avec sa famille. Au cours d’un entretien accordé à l’œuvre pontificale Aide à l’Église en Détresse (AED), elle a expliqué comment elle avait perdu sa mère, trois frères et sœurs, et six autres membres de sa famille lors d’une attaque commise de nuit par des bergers peuls.

 

Blessing Kogi, une étudiante de 23 ans qui vit à Jos avec sa famille.

Récit d’horreur

« Dans la soirée du 27 septembre vers 19h00, nous étions tous dans la maison en train de souper, ma grand-mère, ma mère, trois de mes frères et sœurs, ma belle-sœur, mon neveu et trois de mes cousins. Nous étions en train de manger quand des hommes armés inconnus sont soudainement entrés et ont ouvert le feu. Alors, je suis tombée au sol et j’ai fait comme si j’étais morte, mais l’un d’eux s’est approché de moi et m’a tiré dessus à deux reprises, dans le cou et l’épaule. Ces hommes, qui parlaient entre eux en haoussa et en peul, ont continué leur tuerie dans mon quartier. Au total, 15 personnes ont été tuées : 10 chez moi, trois dans une autre maison et deux ailleurs. Cinq personnes ont également été blessées, dont trois enfants dans une autre maison et deux d’entre nous».

Seule Blessing et l’une de ses cousines ont survécu à l’attaque, bien qu’elles aient aussi été blessées. Son père était encore au travail quand ce tragique événement s’est produit. Tout comme beaucoup d’autres victimes, Blessing est brisée et traumatisée. Elle déclare : « Je sens qu’il ne me reste plus rien dans la vie. Mon père ne mange pas et ne peut même plus parler. Nous ne savons pas quoi faire ni comment tout recommencer. Cette situation a vraiment affecté ma foi en tant que chrétienne. Depuis que tout cela est arrivé, j’ai dit beaucoup de choses sans même savoir ce que je disais. Il me semblait que le Christ avait cessé d’exister. Mais j’ai réalisé plus tard que Dieu est vivant et qu’il sait tout, c’est pourquoi j’abandonne tout entre ses mains. Maintenant, je trouve de la force en priant et en chantant des louanges à Dieu », dit-elle.

Blessing lance un appel passionné aux chrétiens du monde entier : « J’ai vraiment besoin que les chrétiens du monde entier nous aident dans la prière, parce que nous vivons des moments difficiles. Priez pour nous afin que nous soyons plus forts dans le Christ et ainsi il nous donnera la force de supporter cette épreuve ».

Les bergers peuls, également connus sous le nom de milices peules, appartiennent au groupe ethnique des pasteurs nomades qui vivent dans les régions du nord et du centre du Nigeria appelée Middle Belt, la ceinture du milieu. La majorité d’entre eux sont musulmans. Cela fait des années qu’ils sont en conflit avec les tribus indigènes locales, principalement des fermiers chrétiens, à propos des pâturages.

Des paroissiens sont réunis à l’église Saint-François Fwapwa, lors d’une messe en l’honneur de ceux et celles qui ont été tués lors des attaques de septembre.

Mgr Kaigama : les gens « ont besoin d’aide »

L’archevêque de Jos au Nigeria et visage incontesté du dialogue interreligieux dans son pays et à travers le monde, Mgr Ignatius Kaigama, a souvent parlé de la situation lors de sa visite au Canada en juin dernier. Commentant les dernières attaques des bergers peuls dans de nombreuses régions du pays et en particulier dans son archidiocèse il a confié à l’AED : « Une fois de plus, à Jos, des vies innocentes ont été perdues, des propriétés détruites, d’anciennes plaies ont été rouvertes, des traumatismes psychologiques ont été causés et les méfiances interethniques et interreligieuses ont été ravivées. Cette année, les gens n’ont pas été en mesure d’accomplir normalement leurs activités agricoles à cause de la crainte d’attaques constantes. Ils ont certainement besoin d’aide pour la nourriture, les médicaments, les vêtements et surtout pour pouvoir rentrer chez eux et commencer à reconstruire sans que ces marchands de la mort les agressent davantage ».

« Et vous, criminels terroristes, cessez de blesser l’humanité ! La vie est sacrée. Respectez-là ! » Mgr Ignatius Kaigama.

L’archevêque a également déclaré : « Nous ne renoncerons pas à notre lutte pour la coexistence pacifique et pour un comportement civilisé. Chacun doit collaborer : les chefs religieux doivent sincèrement prêcher la paix. Politiciens, arrêtez d’agir de façon maligne en coulisse ! Agents de sécurité, soyez justes, impartiaux et neutres dans vos opérations ! Membres du gouvernement, occupez-vous des citoyens qui sont victimes d’attaques terroristes et criminelles. Jeunes, ne soyez pas irrationnels et cessez de vous laisser utiliser ! Et vous, criminels terroristes, cessez de blesser l’humanité ! La vie est sacrée. Respectez-la ! »

 

Le bureau canadien de l’AED a lancé au début du mois de novembre une campagne pour soutenir les efforts de paix de l’Église catholique au Nigeria nommée « Offrons lui un peu de paix ».


Plus obtenir plus d’informations et faire un don, rendez-vous sur le site web dédié à la campagne :
http://bit.ly/NigeriaAED.
Ou encore, par téléphone : 1-800-585-6333

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