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adaptation : Mario Bard

 

AED – COVID-19 : « Pourquoi avez-vous si peur ? »

28.05.2020 in ACN International, adaptation : Mario Bard, CAMPAGNE AED, COVID19, Haiti, Ukraine

Ukraine : Sœur ­Magdalena apporte la consolation.

COVID-19
«Pourquoi avez-vous si peur?»

«Cum Petro per Mariam ad Jesum» — à travers tous les âges, ce fut toujours le chemin des chrétiens vers Dieu. C’est encore le cas par temps de coronavirus.

Propos recueillis AED International
Adaptation : Mario Bard, AED Canada
Publié sur le web le 28 mai, 2020

Le nouveau coronavirus ébranle le monde. Comme une tempête, il renverse toutes les garanties. C’était la même situation quand Jésus demanda aux disciples, dans la barque : « Pourquoi avez-vous si peur ? N’avez-vous pas encore la foi ? » (Mc 4,40). Les actes d’amour de tous les serviteurs de Dieu que nous aidons depuis des années dans leur détresse sont comme des réponses vivantes. Par exemple, quand les Sœurs Borroméennes, aux Philippines, apportent des colis alimentaires aux familles pauvres et confinées. Ou quand les « petites communautés chrétiennes » en Inde, avec leurs évêques et leurs diacres, distribuent dans la rue de l’eau, des masques de protection et des désinfectants. Et quand Sœur Magdalena à Kiev rend visite aux personnes âgées et malades, leur donnant ainsi une réponse par ses œuvres d’amour. Tout comme Mgr Désinord Jean, en Haïti, qui sonne la cloche pour appeler les fidèles à prier contre la pandémie.

 

Quels exemples de charité ! En Haïti, les gens n’ont rien. Une personne sur deux vit en dessous du seuil de pauvreté. Quatre Haïtiens sur cinq sont au chômage. La vie publique s’est arrêtée, car une flambée de l’épidémie précipiterait le pays le plus pauvre du monde occidental dans un abîme profond.

Pour les pauvres, la situation n’est pas très différente en Inde. Sœur Christin Joseph, qui dirige les « petites communautés chrétiennes », organise ce temps de coronavirus : « Nous avons introduit la prière familiale. Tous les jours à 19 heures, la famille se rassemble et prie le chapelet pour les personnes atteintes du coronavirus, partout dans le monde. » Elle sait que la plupart des personnes en prière sont des travailleurs journaliers sans sécurité sociale. L’arrêt du travail les prive du peu qu’ils ont. Ils sont nombreux à regarder l’avenir avec inquiétude. Mais leur foi est vivante.

Les nombreux prêtres du monde entier qui ont accompli leur mission sacerdotale au service des malades du coronavirus jusqu’à leur mort ont donné la même réponse. Ils croyaient. Dans la barque, les disciples effrayés ont crié : « Nous allons périr ! » Ils manquaient de foi. Mais après Pâques, ils se sont affermis les uns les autres. Pierre et Marie étaient les piliers visibles de la jeune Église. C’est encore le cas aujourd’hui. Nos frères et sœurs en détresse sont des piliers invisibles, mais les témoins de la foi, dans cette crise.

 

 

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Projet de la semaine AED – Pérou : formation catéchétique dans les Andes

26.05.2020 in adaptation : Mario Bard, Pérou

Pérou

Formation catéchétique dans les Andes

Info du département des projets, AED International
Mise en ligne le 26 mai, 2020

Certains points de la prélature de Chuquibambilla sont très élevés et peuvent atteindre jusqu’à 5000 mètres d’altitude, et ce, dans l’une des régions les plus pauvres du Pérou : les Andes.

Quatorze prêtres y exercent leur ministère dans des conditions difficiles : près de 100 000 fidèles vivent éparpillés dans des villages souvent isolés. Les distances sont grandes, les chemins de mauvaise qualité. À maints endroits, il n’y a ni électricité, ni téléphone, ni même Internet. Pendant la saison des pluies, de nombreuses routes deviennent impraticables et des inondations s’y produisent régulièrement.

Donc, les prêtres ne visitent que rarement de nombreux villages. C’est pourquoi le travail des catéchistes qui vivent dans ces villages et qui y sont responsables d’une grande partie de la vie de l’Église est d’autant plus important. Ils préparent les gens à recevoir les sacrements, prient avec eux et les instruisent dans la foi.

Cependant, il faut que les catéchistes connaissent bien les fondements de foi qu’ils transmettent. Or, la plupart d’entre eux sont des gens sans instruction théologique. La prélature a donc mis en place des formations afin que ces bénévoles engagés puissent obtenir les outils nécessaires à leur mission. Pour y arriver, ceux qui savent à peine lire et écrire suivent d’abord un cours d’alphabétisation.

Par ailleurs, du matériel pédagogique a été produit en langue quechua, majoritairement parlée par la population autochtone. La plupart des gens de cette région ne parlent pas espagnol.

Le dernier cours de ce genre a été donné il y a onze ans. Une nouvelle formation doit maintenant avoir lieu. Toutes les paroisses de la prélature envoient des candidats, car les catéchistes font partie intégrante de la vie ecclésiale.

L’Aide à l’Église en Détresse voudrait soutenir cette formation si importante à hauteur de 22 500 dollars.

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Entrevue AED – COVID-19 : créativité et confiance en Dieu pour contrer la crise

25.05.2020 in adaptation : Mario Bard, by Tobias Lehner, COVID19, PROJETS AED

Entrevue AED – COVID-19
créativité et confiance en Dieu pour contrer la crise

Propos recueillis par Tobias Lehner, AED International
Adaptation : Mario Bard, AED Canada
Publié sur le web le 25 mai, 2020

 

L’AED soutient le travail de l’Église face à la pandémie de Coronavirus

Le coronavirus n’est pas seulement un problème médical, social et économique. C’est aussi un problème pastoral. Depuis le déclenchement de la pandémie, l’œuvre pontificale Aide à l’Église en Détresse (AED) a reçu de nombreux témoignages de solidarité de la part de ses partenaires de projets à travers le monde, mais elle a également été informée des besoins croissants et de l’engagement héroïque des prêtres et des religieux dans la lutte contre la COVID-19. En réponse, l’œuvre a lancé un programme spécial pour soutenir cet engagement. Tobias Lehner s’est entretenu avec Regina Lynch, directrice des projets de l’AED, à propos de l’aide actuelle et de l’engagement de l’Église dans le cadre de la crise du Coronavirus.

 

Regina Lynch, directrice des projets de l’AED Photo: Ilona Budzbon

Quels sont les besoins les plus urgents que vos partenaires de projet vous indiquent en cette période de pandémie?

Nos partenaires de projet en Afrique, en Asie, en Amérique latine et en Europe centrale et orientale nous parlent beaucoup de besoins médicaux que des effets des restrictions sur la vie quotidienne de l’Église. Nous devons savoir que dans la plupart des pays où l’Aide à l’Église en Détresse soutient l’Église locale, les gouvernements ont appliqué les mêmes restrictions qu’ici, dans nos pays donateurs. Cela signifie qu’il n’y a pas de messes publiques, pas de rassemblements publics, que les écoles sont fermées et que de plus en plus de personnes ont des difficultés pour gagner leur vie. Et ce dans des pays où, la plupart du temps, les chrétiens sont minoritaires — parfois persécutés — et appartiennent en majorité aux classes les plus pauvres de la société. Dans beaucoup de nos pays partenaires, la quête pendant la messe dominicale est ce qui garantit la survie de la paroisse. D’ailleurs, cette quête en argent est souvent remplacée par des poulets, des légumes, du riz, etc. Elle permet au prêtre de manger, qu’il puisse payer les religieuses qui sont au service de la paroisse. Il peut aussi, par exemple, acheter de l’essence pour sa moto afin de rendre visite aux malades, ou même avoir une petite somme pour aider les plus pauvres de ses paroissiens.

 

Quels sont les projets sur lesquels se concentre l’AED en ce temps de crise?

En tant qu’œuvre de bienfaisance pastorale, l’AED veut aider l’Église locale à mener à bien sa mission première qui consiste à porter l’Amour et la Parole de Dieu au peuple, et veiller à ce qu’elle ne soit pas entravée dans cette mission par un manque de moyens financiers. Cela signifie que nous fournissons des aides de subsistance aux prêtres et aux religieuses, tant actives que contemplatives. Nous avons aussi continué à aider les séminaires, car dans de nombreux cas les séminaristes sont confinés et le recteur n’a aucun moyen de s’occuper d’eux. Par exemple, au grand séminaire de Goma, en République Démocratique du Congo (RDC), le recteur nous a envoyé un SOS, car il ne pouvait plus compter sur la population locale pour l’aider à nourrir les séminaristes.

Nous fournissons non seulement des fonds pour l’achat de masques et d’autres vêtements de protection aux prêtres, religieuses et séminaristes, par exemple au Chili ou en Ukraine, où ils continuent de rendre visite à leurs paroissiens, en particulier aux malades ou aux mourants. Enfin, pour que la messe et le message de l’Évangile puissent parvenir aux fidèles chez eux par le biais de la télévision ou la radio, nous avons financé les équipements techniques nécessaires.

En Syrie, les chrétiens luttaient déjà pour survivre après neuf ans de guerre, nous lançons un programme spécial pour permettre à chaque famille d’acheter de la nourriture et des articles sanitaires de protection contre la pandémie. Au Pakistan, un autre pays où les chrétiens sont victimes de discrimination et parfois de persécution en raison de leur foi, nous travaillons à un programme d’aide après avoir entendu de l’Église que les chrétiens ne recevaient pas d’aide d’urgence de la part du gouvernement.

 

 

L’AED a lancé un programme d’urgence afin que les prêtres et les religieuses puissent faire face aux défis de la pandémie de Covid-19. Qu’avez-vous fait jusqu’à présent et quelles sont les prochaines étapes?

Depuis le mois de mars, grâce à la générosité de nos bienfaiteurs, nous avons réussi à envoyer plus de 385 000 offrandes de messe (5 250 millions de dollars) à plus de 10 500 prêtres. Plus de la moitié d’entre elles ont été versées à l’Église en Afrique, le continent où l’Église et les vocations sacerdotales continuent de croître, mais où l’Église est confrontée au défi d’une forme de plus en plus agressive d’Islam, à des conflits et des catastrophes naturelles. Jusqu’à présent, nous avons promis plus de 1,2 million de dollars d’aide de subsistance aux religieuses de toutes les parties du monde, et d’autres demandes continuent d’affluer.

Cela a toujours été une préoccupation forte en particulier en ce qui concerne notre aide à l’Europe centrale et orientale et à l’Amérique latine, où les religieuses non seulement enseignent le catéchisme ou préparent les fidèles aux sacrements dans les régions isolées de Sibérie ou des Andes, mais où elles s’occupent aussi des orphelins, des personnes âgées abandonnées ou des jeunes filles obligées de se prostituer. L’un des effets de la crise de la COVID-19 est que nous recevons pour la première fois des demandes d’aide en provenance de diocèses qui, jusqu’à présent, se débrouillaient sans notre aide. Un exemple est le diocèse de Kamianets-Podilskyï en Ukraine, où normalement la paroisse rémunère les religieuses. Compte tenu de l’absence de messe dominicale et de la pauvreté croissante des fidèles, l’évêque ne peut plus donner aux religieuses ce dont elles ont besoin pour survivre.

Qu’en est-il de l’aide en Asie, point de départ de la pandémie de Coronavirus?

L’archevêque de Chittagong au Bangladesh nous a envoyé un appel urgent pour les religieuses qui travaillent dans son archidiocèse. Les écoles, foyers et dispensaires étant fermés, il n’y a plus de revenus pour payer les sœurs. Même avant la crise, les faibles contributions que les fidèles pouvaient leur accorder pour leur subsistance étaient insuffisantes, mais maintenant la situation est devenue dramatique.

À Mymensingh, les religieuses de la Sainte-Croix et l’évêque utilisent tout l’argent disponible pour aider la population qui souffre. Elles ont besoin de vivre et c’est là que l’AED peut aider. En temps normal, les Sœurs de la Sainte-Croix, comme beaucoup de religieuses dans les pays en développement, enseignent l’Évangile et transmettent également aux gens les compétences dont ils ont besoin afin de sortir de la pauvreté.

 

Dès le début, l’AED s’est consacré non seulement aux communautés apostoliques, mais aussi aux contemplatives. Quelle est leur situation?

Nous ne devons pas oublier les religieuses contemplatives qui ont répondu avec enthousiasme à notre campagne de prière au début de la pandémie de Covid-19, mais qui dépendent aussi de la générosité des fidèles et de leurs propres petites initiatives qui génèrent des revenus pour survivre. Par exemple en Bolivie, les Carmélites de Santa Cruz, peinaient déjà à survivre, notamment grâce à la production d’hosties pour la messe, mais étant donné les restrictions actuelles, il n’y a pas de demande d’hosties, et l’archidiocèse de Santa Cruz fait donc appel à l’AED pour aider les religieuses à traverser cette période difficile.

Nous prévoyons continuer ces projets de soutien aux prêtres et aux religieuses au cours des prochains mois, car même si, dans certains pays, les messes publiques commencent à reprendre, la situation économique va s’aggraver et notre aide sera plus que jamais nécessaire. Dans d’autres pays, la pandémie fait toujours rage.

 

Quels projets répondants à la crise de la COVID-19 vous ont particulièrement impressionnés?

Il est très difficile de sélectionner un projet. Au Congo, il y a les prêtres du diocèse de Dolisie, qui partagent les allocations de nos intentions de messe avec leurs paroissiens pauvres. Je suis également impressionnée par le dévouement de tant de religieuses qui continuent de travailler en prenant des risques pour elles-mêmes. Les Hermanas Sociales, à Cuba, en sont un exemple. Tout en respectant les restrictions mises en place, elles trouvent toujours un moyen de poursuivre leur travail pastoral et leur prise en charge des personnes âgées vivant seules, ainsi que leur travail social auprès des sans-abri. Il y a les séminaristes du grand séminaire Saint-Pierre et Saint-Paul au Burkina Faso, dont les familles sont devenues des déplacées à cause des attaques terroristes. Ils viennent de perdre l’un de leurs formateurs à cause du coronavirus, et quatre de leurs camarades sont malades. Nous les avons aidés, eux et leurs familles, et nous soutenons maintenant un programme visant à protéger les autres contre le Covid-19. Nous devons aussi reconnaître la créativité de l’Église.

Au Kosovo, dès le début de la crise, Mgr Dode Gjergji, évêque du pays, s’est rendu compte qu’il devait essayer de garder le lien avec ses fidèles malgré l’interdiction des messes publiques, et il nous a demandé de financer du matériel de diffusion de la messe dominicale depuis la co-cathédrale Mère Teresa à Pristina. C’est bien volontiers que nous lui en avons offert, et tout récemment, il nous a dit que lors d’une messe diffusée en ligne en albanais, plus de 50 000 personnes s’étaient connectées. C’est là que l’on voit qu’il ne faut pas sous-estimer le pouvoir des médias. En Afrique, où nous soutenons les différentes initiatives de Radio Maria, l’Église encourage les familles catholiques à devenir une « Église domestique » en cette période de la COVID-19, et à prier encore plus intensément ensemble.

L’AED est une Œuvre pastorale de bienfaisance : dans la vie publique, l’accent est mis sur les secteurs humanitaire et médical. Comment concilier la réponse de l’AED avec ces besoins?

Bien qu’une réponse médicale — et dans de nombreux pays aussi humanitaires — soit absolument nécessaire pour répondre à la crise, c’est d’abord et avant tout la responsabilité des autorités civiles locales. Mais nous savons qu’elle fait défaut dans de nombreux pays où l’AED intervient, et que ce sont des ONG et l’Église qui font ce travail à leur place.

Cependant, alors que le ministère de la charité ou de la diaconie est l’un des ministères de l’Église, la mission pastorale, le soin de l’âme, est première et en cette période de crise, le peuple a plus que jamais besoin de l’Église. Les gens ont peur et n’ont aucune certitude quant à l’avenir. L’Église réconforte et apporte une aide spirituelle et matérielle non seulement à son propre peuple, mais aussi au monde. Nous venons d’accorder une aide de subsistance à quatre religieuses dominicaines âgées et malades à Subotica, en Serbie. Leur supérieure nous a écrit : « Les gens de Subotica sont reconnaissants pour la présence des religieuses, parce qu’elles sont le signe de l’amour de Dieu pour le peuple, le signe de la vie éternelle ».

 

Soyons unis et continuons de donner pour soutenir l’Église en Détresse !

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Récit de l’AED – L’Église catholique au Cambodge : 30 ans de renaissance

05.05.2020 in adaptation : Mario Bard

Récit de l’AED
L’Église catholique au Cambodge : 30 ans de renaissance

Par Christophe Lafontaine, AED International
Adaptation par Mario Bard, AED Canada
Publié sur le web le 5 mai, 2020

Les Khmers rouges au pouvoir au Cambodge ont tué environ 1,7 million de personnes. La moitié des catholiques a alors été décimée. Anéantie, l’Église a cependant connu une nouvelle naissance il y a tout juste 30 ans dans un pays à très grande majorité bouddhiste. Aujourd’hui, la communauté catholique est ultra-minoritaire, mais a su s’insérer dans le pays.

 

 

« Un tout petit groupe ». C’est ainsi que le père Luca, un missionnaire italien qui œuvre au Cambodge depuis des années, définit l’Église catholique dans ce pays. C’est ce qu’affirme le prêtre dans l’un des reportages tournés pour l’œuvre pontificale Aide à l’Église en Détresse (AED). « Les catholiques au Cambodge, précise-t-il, ne sont que 0,15 %, dans un pays où la religion nationale est le bouddhisme, pratiqué par 90 % de la population. »

 

L’Église catholique au Cambodge revient de loin. Le régime de Pol Pot (75-79) réprima toutes pratiques religieuses et culturelles traditionnelles, notamment bouddhistes et chrétiennes. Quasiment toutes les églises ont alors été détruites et de nombreux prêtres et religieux ont péri. La communauté catholique a été l’une des plus meurtries, avec la disparition de 50 % de ses fidèles.

La souffrance et les stigmates sont toujours présents

D’ailleurs, la communauté catholique au Cambodge porte encore les stigmates des années de souffrance. Beaucoup d’églises ont été détruites et d’autres profanées. Le père Totet Banaynaz évoque une église bâtie en 1881 par des missionnaires français, toujours debout, mais qui sous le régime de Pol Pot est devenue « un endroit totalement profane ne suscitant plus aucun respect, une étable pour les vaches et plus tard un moulin à riz. Toute trace de sacré a disparu dans cette église. »

 

Aujourd’hui, il est impossible de la rénover sans aide extérieure. Le père lance d’ailleurs un appel à ceux qui « veulent être missionnaires avec nous ». Ajoutant : « Nous avons quelque chose à leur donner : l’exemple de notre vie, de notre simplicité et de notre souffrance. Je dis toujours à mes fidèles ici : personne n’est à ce point pauvre qu’il ne peut pas donner. Et personne n’est à ce point riche qu’il ne peut pas recevoir. »

Après la reconnaissance officielle des chrétiens au Cambodge en 1990, la liberté religieuse dans le pays fut accordée par la nouvelle constitution de 1993. Au niveau diplomatique, le 25 mars 1994, le Cambodge et le Saint-Siège se reconnurent mutuellement.
Dans le sillage de ces développements, les missionnaires étrangers ont été autorisés à revenir au Cambodge. Et en juillet 1995, le pays vit l’ordination du premier prêtre cambodgien depuis 22 ans. Durant toute cette période, l’Aide à l’Église en Détresse a apporté un soutien pastoral constant au renouvellement de l’Église catholique au Cambodge. 

 

Renaissance de l’Église

En 1979, la guerre avec le Viêt Nam va conduire à la chute du régime des Khmers rouges (Kampuchéa démocratique) et la mise en place d’un régime communiste cambodgien, provietnamien. S’ensuit alors une période de guerre civile qui dura jusqu’à la fin des années 90. Dans cet intervalle, le pays vécut de 79 à 89 sous la férule des communistes vietnamiens qui interdirent également toute forme de religion. À leur chute, l’existence des chrétiens dans l’État du Cambodge fut officiellement reconnue le 7 avril 1990. Sept jours plus tard, il y donc tout juste 30 ans, était célébrée publiquement — pour la première fois depuis 15 ans dans le pays — la messe. C’était pour la vigile pascale et la date est restée comme le signe de la résurrection de l’Église au Cambodge. Le pays comptait alors 3 000 catholiques.

Le Père Totet Banaynaz, missionnaire, nous explique que parmi eux, il y avait une femme âgée, qui pendant 15 ans fut la seule catholique dans son village de Prek-Toal constitué de maisons construites sur des radeaux en bambou, situé à l’embouchure de la rivière qui coule de Battambang au lac Tonlé Sap. « Il n’y avait pas de prêtre, il n’y avait pas de communauté chrétienne pour la soutenir. Mais chaque Noël, elle rassemblait ses voisins et ils célébraient la naissance de Jésus ». Depuis, une église flottante et itinérante a été construite. Le village compte 50 baptisés et chaque année, un nombre croissant d’enfants et d’adultes se préparent au baptême et à la première communion.

Depuis trente ans, dans une population bouddhiste majoritaire, l’Église catholique au Cambodge qui compte un peu plus de 20 000 fidèles, cherche à cultiver la foi — en restant fidèle aux enseignements de l’Église, mais en rendant les paraboles du Christ accessibles aux villageois locaux. Comme en témoigne Mgr Schmitthaeusler, vicaire apostolique de Phnom-Penh, la capitale cambodgienne : « Quand je suis arrivé ici, c’était Noël et j’ai pensé que ce serait bien d’avoir une représentation de la Nativité. Les gens sont très impressionnés de voir comment nous pouvons jouer. Et j’ai vu que c’était le moment d’avoir une grande scène et de commencer, ce que j’appelle, une évangélisation par l’art. »  Pour lui, cela avait du sens : « Le peuple cambodgien a l’art dans le sang. C’est très naturel, des enfants aux adultes, de danser, de chanter », fait-il remarquer pour expliquer comment le riche patrimoine artistique et culturel du Cambodge peut être utilisé à des fins d’évangélisation.

L’évêque insiste aussi sur l’importance du respect mutuel entre les différentes confessions. La Bible étant traduite en khmer, elle est utile pour le théâtre. « Les gens, détaille-t-il, viennent ici et voient que nous respectons leur culture. Beaucoup d’entre eux sont bouddhistes. Mais pas à pas, ils peuvent comprendre le sens de l’Évangile. » Il ajoute qu’« ainsi, étape par étape, nous pouvons comprendre que les arts, l’évangélisation, le respect de la culture, peuvent nous amener à nous comprendre. »

 

Projet de la semaine AED – Brésil : aide à la formation pour les séminaristes d’une communauté nouvelle

15.04.2020 in ACN International, adaptation : Mario Bard, AED Canada, Aide à l'Église en détresse., PROJETS AED, Voyager avec l'AED

Brésil

Aide à la formation pour les séminaristes d’une communauté nouvelle

 

La communauté «Eis aí tua mãe – Obra de Maria» (œuvre de Marie) a été fondée en 1990 au Brésil. Ses membres sont environ 3350 et proviennent de tous les horizons. Ils sont prêtres, diacres, consacrés, mariés et célibataires. Ils forment une grande famille!

 

Au total, la Communauté est présente dans sept pays d’Amérique latine, dans 22 pays africains, en Israël et en Palestine, ainsi qu’en Italie et au Portugal. Une de ses missions consiste à organiser des pèlerinages dans les sanctuaires du monde entier, auxquels participent des milliers de personnes. « L’œuvre de Marie » organise par ailleurs des congrès, des retraites et des concerts au service de l’évangélisation, elle est active dans l’apostolat des médias et la pastorale de la jeunesse et des vocations, et supervise des projets sociaux, entre autres pour les toxicomanes.

 

Les fruits de la communauté

L’un des fruits de la communauté au diocèse est l’augmentation du nombre de vocations sacerdotales. Dans l’archidiocèse brésilien d’Olinda e Recife, 50 jeunes hommes de la communauté se préparent actuellement à la prêtrise. Ils sont originaires du Brésil ainsi que de pays africains comme le Togo, le Bénin et le Mozambique.

 

Les responsables de la communauté nous ont demandé de les aider. En effet, pour cette jeune communauté, c’est un défi que de devoir faire face à la formation des séminaristes, car ils doivent payer eux-mêmes leurs moyens de subsistance, leur logement et leurs frais de scolarité. L’année dernière, nous avons pu soutenir la formation de 23 jeunes hommes grâce à un montant de 123 000 dollars. Nous allons encore les aider cette année.

 

Est-ce que vous aimeriez les aider?

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Récit de l’AED – Inde : couleur et consolation par temps de COVID-19

09.04.2020 in adaptation : Mario Bard, COVID19, Inde

Inde
 Couleur et consolation par temps de COVID 19

Par Maria Lozano, AED International
Adaptation : Annie Desrosiers, AED Canada
Mise en ligne le 9 avril, 2020

Le peuple indien est complètement bloqué par le COVID-19. D’autant plus qu’en Inde, des millions de travailleurs migrants se sont retrouvés au chômage à cause de l’arrêt total du pays, pour une période de 21 jours, tel qu’annoncé le mercredi 25 mars. Cette mesure a conduit à un exode massif jamais vu auparavant.

 

La religieuse indienne Christin Joseph décrit la situation à l’occasion d’une conversation avec l’œuvre de charité Aide à l’Église en Détresse (AED). « C’est un flux continu de dizaines de milliers de personnes qui retournent à pied dans leurs villages d’origine, parfois à plus d’un millier de kilomètres de là, en emmenant leurs enfants et leurs effets personnels dans des sacs. Tous les transports, à l’exception des services essentiels, ont été interrompus car les autorités luttent pour contenir l’épidémie qui a déjà infecté plus de 1 000 personnes ».

Selon la religieuse, la situation est aggravée par les températures très élevées (de 39 à 40 degrés Celsius), et parce qu’ils sont partis à pied, avec peu d’argent ou de nourriture, alors que les restaurants et les maisons d’hôtes sont fermés.

En Inde, le manque de travail, en particulier dans les États pauvres du nord comme le Jharkhand, l’Odisha, le Bengale, le Bihar et l’Uttar Pradesh, force beaucoup de gens à émigrer vers les grandes villes des États du sud. Ces états sont plus riches et proposent davantage d’offres d’emploi. « Des milliers de ces migrants sont de simples travailleurs journaliers qui vivent dans des appartements exigus et travaillent de longues heures pour quelques dollars par jour, dans des conditions souvent dangereuses et sans sécurité sociale. Le peu d’argent qui leur reste après avoir couvert leurs dépenses, ils l’économisent pour leurs familles. Maintenant que tout le travail a cessé, ils veulent retourner dans leurs villages d’origine », explique la religieuse de la Congrégation des Sœurs de la Charité de la Sainte-Croix (SCSC).

 

Soeur Christine est responsable de petites communautés chrétiennes en Inde. On en compte 85 000 sur tout le territoire indien.

Au pied de la Croix

Sœur Christin gère les Small Christians Communities (SCC), ces petites communautés de chrétiens qui se forment là où les prêtres ne peuvent pas souvent se rendre et où les fidèles se réunissent avec un catéchiste pour prier ou célébrer la liturgie de la Parole. Il y a environ 85 000 SCC éparpillées à travers toute l’Inde. Les catholiques indiens font souvent partie des classes inférieures de la société et sont confrontés à des discriminations de plus en plus violentes. C’est pourquoi Sœur Christin, en temps normal, parcourt des milliers de kilomètres pour les instruire et les encourager.

Mais avec le COVID-19, la situation a changé. Sœur Christine a soudain la voix qui tremble, on remarque sa douleur quand elle s’exprime: « J’ai plus de 65 ans et ma santé est précaire, alors les autorités ne me laisseront pas sortir et faire quoi que ce soit. Être à la maison, totalement bloquée, et entendre ce qui arrive à nos pauvres, me donne l’impression d’être au pied de la Croix, impuissante, incapable de les atteindre et de les aider. C’est très douloureux. Je ne peux rien faire d’autre que regarder la Croix en souffrant, et tout remettre au Seigneur, qui est celui qui comprend le mieux la douleur humaine ».

 

Les membres des SCC vont voir leurs voisins dans le besoin

Son ton change lorsqu’elle commence à parler des SCC : « Ce qui me réconforte grandement, c’est que bon nombre de nos petites communautés chrétiennes réagissent à la situation par des milliers de petites initiatives. Tout en respectant les mesures ordonnées. Par exemple à Mangalore, Chandigarh, Calcutta et Pune, elles identifient les personnes dans le besoin et leur distribuent de la nourriture. À tous, qu’ils soient catholiques, protestants, hindous ou musulmans, sans discrimination.

Bon nombre de ces petites initiatives ne seraient pas possibles, souligne Sœur Christin, « sans l’aide de la police et du gouvernement ». Dans le Sikkim, la SCC aide « à la distribution de désinfectants pour les mains et de masques dans les zones rurales, avec l’aide de membres du groupe de travail de l’État ».

Effort de l’Église pour soutenir des chrétiens touchés par la pandémie de la COVID-19.

Les SCC informent sur le virus et les mesures de protection à suivre. Par ailleurs : « elles fournissent une aide constante par WhatsApp et par textos, donnant des lignes directrices d’intentions de prière spéciales pour cette situation de pandémie et ses conséquences. Il faut s’adapter à cette nouvelle façon d’être une Église et aimer activement pendant ce confinement », explique la religieuse indienne. Faisant référence au travail des petites communautés dans le Jharkhand, dans le nord-est du pays, où se trouvent de nombreuses communautés tribales. Un autre exemple est celui de l’un des animateurs de la communauté, à Calcutta, qui prie le Chemin de Croix de chez lui par haut-parleur, tandis que les familles chrétiennes du quartier s’unissent à lui en lui répondant de chez elles.

À Delhi, les restrictions imposées par les autorités gouvernementales sont très sévères. Emmanuel Johnson, animateur de SCC dans la capitale indienne, dit qu’il n’est pas facile de se déplacer, mais que les SCC aident à distribuer des rations alimentaires aux travailleurs journaliers et aux familles en détresse. « En outre, nous avons lancé une initiative de prière familiale pour les 21 prochains jours, à 19 heures chaque soir. Nous nous réunissons dans nos foyers avec les membres de la famille et prions le chapelet en union avec les personnes infectées par le virus. Comme les laïcs ne peuvent pas assister à la messe, nous avons également commencé la lecture quotidienne de la prière de la Communion Spirituelle, que beaucoup de laïcs ne connaissaient pas auparavant ».

« Pour ma part, je les encourage et je les motive en restant constamment en lien par WhatsApp, textos et courriers électroniques », conclut la religieuse, non sans remercier ceux qui ont rendu possible le développement de ces groupes, qui sont aujourd’hui une goutte de réconfort pour des milliers de personnes qui souffrent en Inde des conséquences de l’épidémie : « Je suis très reconnaissante à l’ AED pour l’aide que nous avons reçue pendant tant d’années, pour la formation de nos petites communautés chrétiennes. Je suis certaine que les bienfaiteurs de l’AED n’auraient jamais pensé que grâce à leur aide, nous pourrions maintenant être un foyer de réconfort pendant la crise du Coronavirus.

Cependant, la tragédie est grande. L’Inde a besoin de votre prière et de vos dons. Ne nous oubliez pas. Que Dieu vous bénisse tous ! »

Unissons-nous pour soutenir nos frères et nos sœurs chrétiens qui vivent en Inde.

Pakistan un seul espoir pour Huma Younus : la Cour suprême

26.03.2020 in adaptation : Mario Bard, Marta Petrosillo

Pakistan
un seul espoir pour Huma Younus : la Cour suprême
Son seul espoir, comme pour Asia Bibi

Propos recueillis par Marta Petrosillo, ACN Italy
Adaptation par Mario Bard, AED Canada
Mise en ligne le 26 mars, 2020

Nouvel échec dans l’affaire «Huma Younus», cette jeune catholique de 14 ans enlevée le 10 octobre, violée, convertie de force à l’islam, et forcée d’épouser son ravisseur à Karachi, au Pakistan.

 

Me Tabassum Yousaf, avocate des parents de Huma, a indiqué à l’œuvre internationale de charité Aide à l’Église en Détresse (AED), qu’une nouvelle audience a eu lieu jeudi dernier le 19 mars à la Haute Cour du Sindh, la province dont fait partie Karachi, la capitale du pays. Une fois de plus, la jeune femme n’a pas été amenée dans la salle d’audience, comme le demandaient les juges.

 

Au lieu de cela, le résultat du rapport médical tant attendu a été présenté pour confirmer l’âge de Huma. Et, bien que les parents aient dès le début des procédures judiciaires fourni des certificats de naissance et de baptême — sur lesquels la date du 22 mai 2005 était indiquée comme date de naissance —, le kidnappeur musulman, Abdul Jabbar, a toujours soutenu que la jeune fille avait l’âge légal pour se marier, c’est-à-dire 18 ans. Après de nombreux ajournements, attribués par la police à l’impossibilité de contacter la jeune femme pour effectuer l’examen médical, le résultat officiel de l’examen de ses os prouverait que Huma a 17 ans.

 

Selon nos informations, cet âge ne correspond pas à l’âge réel de la jeune fille, mais démontre qu’elle est mineure. Ce qui prouve que la conversion et le mariage sont illégaux. Pourtant, aucun mandat d’arrêt n’a été lancé contre Abdul Jabbar, et il n’a pas non plus été ordonné que Huma rentre chez elle. Les juges se sont contentés de fixer une nouvelle audience au 16 avril*. À cette date, Huma aura passé six mois entre les mains de son ravisseur, victime d’abus quotidiens.

 

L’affaire ira devant la Cour suprême, comme pour le Asia Bibi

 

« Ce que nous avons toujours cru se confirme », a déclaré à l’AED la mère de Huma, Nagheeno Younus : « Les juges prennent leur temps et attendent que Huma atteigne l’âge de 18 ans, afin de pouvoir clore l’affaire. En déclarant que ma petite fille a 17 ans, il leur suffira d’attendre quelques mois avant de l’abandonner à son sort ». On peut également douter fortement de l’intégrité de la police locale qui est chargée de superviser les résultats de l’examen médical, car les agents ont agi à plusieurs reprises dans l’intérêt du kidnappeur musulman, Abdul Jabbar. Ils ont même forcé Huma à déposer contre ses propres parents une requête dans laquelle elle prétend craindre que ses proches ne puissent la tuer.

Le siège italien de l’Aide à l’Église en Détresse (AED) continue de maintenir le contact avec la famille et de la soutenir tout au long du processus judiciaire. « Malheureusement, nos craintes ont été confirmées », a déclaré Alessandro Monteduro, directeur du bureau italien de l’AED : « Au cours des deux premières étapes du procès, justice n’a pas été rendue à Huma. Mais nous n’abandonnerons pas et, avec Me Yousaf, nous porterons l’affaire devant la Cour Suprême. C’est cette Cour qui a libéré Asia Bibi, dont la remise en liberté ne semble malheureusement pas avoir apporté de changement en faveur des minorités religieuses au Pakistan ».

 

*Nous ne savons pas si l’audience est ou non reporter à cause la pandémie de COVID-19

Inde : Rencontre de l’AED — Un chrétien libéré après 11 ans de prison

02.03.2020 in adaptation : Mario Bard, Adaptation Mario Bard, AED États Unis, Asie, Inde, liberté religieuse, Persécution, Voyagez avec AED

Inde
Un chrétien libéré après 11 ans de prison
Les accusations sont mensongères

Propos recueillis par Anto Akkara, ACN USA
Adaptation au Canada : Mario Bard, AED Canada
Publié sur le web le 2 mars, 2020

BHASKAR SUNAMAJHI  (43 ans) est l’un des sept chrétiens accusés à tort et condamnés pour le meurtre en août 2008 d’un dirigeant hindou dans le district de Kandhamal, dans l’État indien d’Odisha, qui s’appelait à l’époque Orissa. Le meurtre a déclenché la pire vague de persécution antichrétienne de l’histoire récente de l’Inde. Près de 100 chrétiens ont été tués, tandis que 300 églises et 6000 maisons ont été détruites. En décembre 2019, après 11 ans de prison, Bhaskar, avec six autres accusés chrétiens, a été libéré sous caution.

Bhaskar et son fils Daud

Bhaskar, qui est membre d’une Église pentecôtiste, s’est confié à l’Aide à l’Église en Détresse (AED).

 

« Je jouais aux cartes avec mes amis dans le village de Kotagarh lorsque la police est arrivée dans ma maison au toit de chaume vers midi, le 13 décembre 2008. Je n’ai pas été surpris. En tant que gram rakhi (protecteur du village), j’étais habitué à ce que la police débarque, même à des heures bizarres, en me demandant de l’accompagner pour les besoins de son enquête ou autres choses.

“Venez maintenant. Vous pourrez rentrer demain”, m’a dit la police. Sans aucune hésitation, je me suis préparé. Cependant, j’ai été surpris quand ils m’ont dit de prendre de l’argent pour mes dépenses. C’était il y a 11 ans. Aujourd’hui, je suis heureux et ravi d’être de retour chez moi.

La prière, seul réconfort

Au début, je n’avais aucune idée de la raison pour laquelle on me jetait en prison. C’était comme si je me trouvais en pleine obscurité. Peu à peu, j’ai fait la connaissance des six autres chrétiens qui avaient été arrêtés comme moi. Nous avons décidé de prier ensemble en faisant confiance au Seigneur, car nous n’avions rien fait de mal.

Au départ, d’autres prisonniers (hindous) nous ont traités comme des meurtriers et se sont montrés hostiles envers nous. C’était une situation désespérée. Nous étions tellement affligés que la prière était notre seul réconfort. En plus de nos prières communes, je commençais chaque journée par une prière et je terminais par une prière.

Certains soirs, j’étais en larmes et tellement désemparé ! Je continuais donc à prier tard dans la nuit jusqu’à ce que je m’endorme. Mais sans prière, j’aurais été une épave mentale.

La seule chose positive qui me soit arrivée en prison, c’est d’apprendre à écrire correctement. Je n’avais jamais été à l’école — comme la plupart des gens de notre région éloignée. En prison, j’ai utilisé mon temps libre pour apprendre à écrire.

En plus de lire la Bible, j’écrivais dans un carnet des hymnes que nous utilisions pendant les prières. J’écrivais dans une couleur différente chaque strophe de ces hymnes de piété.

Un long chemin tissé d’actes solidaires

Chaque mois, je ressentais un grand soulagement quand ma femme Debaki me rendait visite. Il lui fallait une journée entière de voyage pour atteindre la prison de Phulbani à partir de notre village, éloigné de 160 km, en changeant plusieurs fois de bus. Elle atteignait la porte de la prison le matin et attendait “l’heure des visites”, qui était souvent l’après-midi.

Un homme heureux d’être enfin libre!

Lorsque notre fils unique Daud a eu quatre ans, Debaki a décidé de le laisser chez un pasteur, à Phulbani, où plusieurs autres enfants se réfugiaient. Comme il n’y avait pas d’école près de notre village, nous ne voulions pas que notre fils soit analphabète comme nous. Parfois, elle emmenait Daud avec elle dans la prison. Ces jours-là, j’étais ravi. Daud n’avait que six mois quand j’ai été mis derrière les barreaux.

Pendant les visites, Debaki fondait souvent en larmes, parce qu’elle était seule et déprimée. Au fil des ans, elle a commencé à me dire à quel point de bons samaritains avaient aidé nos familles. À partir de 2014, elle a commencé à paraître plus optimiste. Elle parlait avec enthousiasme des travailleurs sociaux et d’autres personnes qui venaient visiter nos villages et rassembler des témoignages, y compris de voisins hindous.

En 2015, j’ai été ravi que certaines de ces personnes qui se consacraient à m’aider viennent me rendre visite en prison. J’étais très heureux et j’ai commencé à prier avec ferveur pour ceux qui travaillaient pour notre libération.

Quelques mois plus tard, Debaki est arrivée avec la bonne nouvelle qu’elle allait à New Delhi en mars 2016, avec les épouses des six autres détenus, pour le lancement de la campagne en ligne de demande de notre libération.

Ça nous a tous excités et remplis d’espérance. Nous avons intensifié nos prières et attendu le grand jour. Nous savions que la liberté faisait son chemin. Mais nous avons dû attendre trois ans de plus.

Lorsque Gornath Chalenseth est sorti en mai 2019, nous étions ravis. Nous savions que Dieu travaillait pour nous. Enfin, le 5 décembre, j’ai été libéré sous caution — avec l’accord de la Cour suprême indienne.

Je me suis senti très heureux lorsque tous les sept, nous avons été libérés, la Bible à la main, la veille de Noël dans notre village natal de Kotagarh. J’ai été tout aussi ravi de constater que mon fils, âgé de 11 ans, était devenu plus grand que moi. Je suis heureux d’être de retour auprès de ma femme Debaki, de mes proches et des habitants de mon village. Je remercie Dieu pour la liberté.

J’exhorte tout le monde à prier pour nous sept. Nous ne sommes en liberté que sous caution. Nous continuons d’être reconnus coupables d’un meurtre que nous n’avons pas commis. Nous prions pour que la Haute Cour d’Odisha annule le verdict de condamnation afin que nous puissions vivre en paix ».

Venezuela « Nous voulons une issue pacifique »

18.02.2020 in adaptation : Mario Bard, Par Raquel Martin

Venezuela
«Nous voulons une issue pacifique»

Par Raquel Martin, ACN Espagne
Adaptation du texte, Mario Bard, AED Canada
Publié sur le web le 18 février, 2020

 

Le Cardinal vénézuélien Baltazar Porras a déclaré, lors d’une conférence de presse donnée au siège espagnol l’Aide à l’Église en Détresse (AED), que «les vrais changements se construisent toujours du bas vers le haut», et invité à tirer les leçons des erreurs, ainsi qu’à «ne pas tomber dans l’illusion de tous ces populismes qui font tant de dégâts à notre continent».

 

 

L’archevêque de Mérida et administrateur apostolique de Caracas soutient actuellement la campagne de ce bureau afin de soutenir l’Église du Venezuela.

Dans ce pays, 30 % des enfants souffrent de problèmes de malnutrition, 60 % des familles cherchent quotidiennement de la nourriture dans la rue, la censure a énormément augmenté, « 85 % des médias sont contrôlés et la presse libre est fortement menacée », estime-le cardinal. Il a ajouté que la disparition des jeunes était constante et que la répression était « énorme ».

 

L’Église vénézuélienne : avec le peuple

Cependant, l’Église catholique du Venezuela « ne perd ni l’espoir, ni sa créativité, ni sa persévérance », et se concentre pleinement sur l’aide aux populations dans cette crise sociale, politique, économique et humanitaire.   « L’Église travaille de façon créative pour servir les autres », a-t-il dit, réalisant un « travail de fourmi ». « La présence de l’Église est impressionnante dans les quartiers les plus populaires où elle s’investit avec une joie et un dévouement qui sont édifiants ».

 

Venezuela – Cardinal Baltazar Enrique Porras partage un repas avec ceux dans le besoin

Les paroisses des diocèses du Venezuela sont devenues des cantines sociales et des dispensaires médicaux, a expliqué le cardinal : « Les gens s’unissent pour apporter des solutions aux problèmes communs » et ce sont « les gens simples et humbles qui offrent et fournissent le peu qu’ils ont, comme dans l’Évangile ». Selon le cardinal vénézuélien, le travail des prêtres, religieux et laïcs qui aident les autres est incroyable : « Non seulement ils donnent à manger, mais ils accompagnent aussi et donnent de leur temps avec dévouement. C’est surtout d’affection que les gens sont orphelins aujourd’hui ».

 

En ce qui concerne l’avenir de son pays, l’archevêque de Mérida a ajouté : « Nous voulons une issue pacifique et démocratique à cette situation, sans discours guerrier : nous avons tous besoin les uns des autres. Quelque chose doit être fait au-delà des croyances et des idéologies politiques, grâce à une prise de conscience profonde en faveur du présent et de l’avenir ».

Aide à l’Église en Détresse, fidèle à sa mission de soutien pastoral, aident les prêtres, les religieux, les religieuses, les laïcs, les catéchistes et les séminaristes. De plus, et de manière exceptionnelle, l’AED soutient des projets d’urgence humanitaire comme entre autres le financement des cantines paroissiales, le forage de puits ou l’achat de générateurs électriques.

 

Pakistan : 40 chrétiens enfin libérés

30.01.2020 in ACN International, adaptation : Mario Bard, Pakistan

Pakistan 

40 chrétiens enfin libérés !

 Par John Pontifex, ACN International

Adaptation par l’AED France et AED Canada

Publié sur le web le 30 janvier, 2020

Après cinq ans d’emprisonnement, les 40 chrétiens arrêtés pour les manifestations qui ont suivi l’attentat du 15 mars 2015 dans deux églises du quartier chrétien de Youhanabad à Lahore au Pakistan sont enfin libérés.

 

La Commission nationale Justice et Paix de la Conférence des évêques du Pakistan vient d’apporter ce 30 janvier une bonne nouvelle à l’AED : la libération de 40 chrétiens condamnés il y a 5 ans. S’adressant à l’AED quelques heures seulement après le verdict d’acquittement, le père Emmanuel Yousaf, directeur national de la Commission nationale Justice et Paix (NCJP), a déclaré : « Ce que nous avons vu aujourd’hui est une merveilleuse nouvelle pour le Pakistan. Dans tout le Pakistan, les gens avaient prié chaque jour pour que le tribunal statue en leur faveur. C’est un grand jour pour nous tous. » Et de rajouter : « Les accusés ont traversé une très grosse épreuve et maintenant, Dieu merci, ils sont de l’autre côté » expliquant qu’ils étaient maintenant rentrés chez eux avec leurs familles.

 

Retour sur l’arrestation de ces chrétiens en 2015

Après que deux kamikazes se sont fait exploser pendant les offices du dimanche près de l’église catholique Saint-Jean et du temple de l’Église du Christ, causant la mort de 15 fidèles et blessant 70 personnes, le 15 mars 2015, la communauté chrétienne locale a commencé à protester. Dans l’excitation du moment, deux musulmans ont été injustement retenus par la foule comme responsables des attaques contre les églises et lynchés à mort.

À la suite du meurtre de deux hommes, la police a effectué plusieurs descentes dans le quartier de Youhanabad et ordonné l’arrestation de dizaines de chrétiens. Certains musulmans impliqués dans les manifestations ont également été arrêtés et libérés peu après. 42 des chrétiens se sont vu refuser la libération sous caution. Deux d’entre eux sont morts en prison, les rapports faisant état de mauvais traitements physiques et de pressions pour se convertir à l’islam. Les 40 autres viennent d’être libérés.

Retour sur l’arrestation de ces chrétiens en 2015

Le père Yousaf a ensuite remercié l’AED pour son aide juridique et parajuridique qui, a-t-il dit, a été cruciale pour le succès de l’affaire. En plus de financer les frais juridiques, l’AED a parrainé la scolarité des familles des accusés et offert des cadeaux à Pâques et à Noël. Elle s’est engagée à continuer d’aider les familles des accusés, en particulier au cours de l’année à venir.