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ACN International

 

Venezuela « Nous voulons une issue pacifique »

18.02.2020 in adaptation : Mario Bard, Par Raquel Martin

Venezuela
«Nous voulons une issue pacifique»

Par Raquel Martin, ACN Espagne
Adaptation du texte, Mario Bard, AED Canada
Publié sur le web le 18 février, 2020

 

Le Cardinal vénézuélien Baltazar Porras a déclaré, lors d’une conférence de presse donnée au siège espagnol l’Aide à l’Église en Détresse (AED), que «les vrais changements se construisent toujours du bas vers le haut», et invité à tirer les leçons des erreurs, ainsi qu’à «ne pas tomber dans l’illusion de tous ces populismes qui font tant de dégâts à notre continent».

 

 

L’archevêque de Mérida et administrateur apostolique de Caracas soutient actuellement la campagne de ce bureau afin de soutenir l’Église du Venezuela.

Dans ce pays, 30 % des enfants souffrent de problèmes de malnutrition, 60 % des familles cherchent quotidiennement de la nourriture dans la rue, la censure a énormément augmenté, « 85 % des médias sont contrôlés et la presse libre est fortement menacée », estime-le cardinal. Il a ajouté que la disparition des jeunes était constante et que la répression était « énorme ».

 

L’Église vénézuélienne : avec le peuple

Cependant, l’Église catholique du Venezuela « ne perd ni l’espoir, ni sa créativité, ni sa persévérance », et se concentre pleinement sur l’aide aux populations dans cette crise sociale, politique, économique et humanitaire.   « L’Église travaille de façon créative pour servir les autres », a-t-il dit, réalisant un « travail de fourmi ». « La présence de l’Église est impressionnante dans les quartiers les plus populaires où elle s’investit avec une joie et un dévouement qui sont édifiants ».

 

Venezuela – Cardinal Baltazar Enrique Porras partage un repas avec ceux dans le besoin

Les paroisses des diocèses du Venezuela sont devenues des cantines sociales et des dispensaires médicaux, a expliqué le cardinal : « Les gens s’unissent pour apporter des solutions aux problèmes communs » et ce sont « les gens simples et humbles qui offrent et fournissent le peu qu’ils ont, comme dans l’Évangile ». Selon le cardinal vénézuélien, le travail des prêtres, religieux et laïcs qui aident les autres est incroyable : « Non seulement ils donnent à manger, mais ils accompagnent aussi et donnent de leur temps avec dévouement. C’est surtout d’affection que les gens sont orphelins aujourd’hui ».

 

En ce qui concerne l’avenir de son pays, l’archevêque de Mérida a ajouté : « Nous voulons une issue pacifique et démocratique à cette situation, sans discours guerrier : nous avons tous besoin les uns des autres. Quelque chose doit être fait au-delà des croyances et des idéologies politiques, grâce à une prise de conscience profonde en faveur du présent et de l’avenir ».

Aide à l’Église en Détresse, fidèle à sa mission de soutien pastoral, aident les prêtres, les religieux, les religieuses, les laïcs, les catéchistes et les séminaristes. De plus, et de manière exceptionnelle, l’AED soutient des projets d’urgence humanitaire comme entre autres le financement des cantines paroissiales, le forage de puits ou l’achat de générateurs électriques.

 

Pakistan : 40 chrétiens enfin libérés

30.01.2020 in ACN International, adaptation : Mario Bard, Pakistan

Pakistan 

40 chrétiens enfin libérés !

 Par John Pontifex, ACN International

Adaptation par l’AED France et AED Canada

Publié sur le web le 30 janvier, 2020

Après cinq ans d’emprisonnement, les 40 chrétiens arrêtés pour les manifestations qui ont suivi l’attentat du 15 mars 2015 dans deux églises du quartier chrétien de Youhanabad à Lahore au Pakistan sont enfin libérés.

 

La Commission nationale Justice et Paix de la Conférence des évêques du Pakistan vient d’apporter ce 30 janvier une bonne nouvelle à l’AED : la libération de 40 chrétiens condamnés il y a 5 ans. S’adressant à l’AED quelques heures seulement après le verdict d’acquittement, le père Emmanuel Yousaf, directeur national de la Commission nationale Justice et Paix (NCJP), a déclaré : « Ce que nous avons vu aujourd’hui est une merveilleuse nouvelle pour le Pakistan. Dans tout le Pakistan, les gens avaient prié chaque jour pour que le tribunal statue en leur faveur. C’est un grand jour pour nous tous. » Et de rajouter : « Les accusés ont traversé une très grosse épreuve et maintenant, Dieu merci, ils sont de l’autre côté » expliquant qu’ils étaient maintenant rentrés chez eux avec leurs familles.

 

Retour sur l’arrestation de ces chrétiens en 2015

Après que deux kamikazes se sont fait exploser pendant les offices du dimanche près de l’église catholique Saint-Jean et du temple de l’Église du Christ, causant la mort de 15 fidèles et blessant 70 personnes, le 15 mars 2015, la communauté chrétienne locale a commencé à protester. Dans l’excitation du moment, deux musulmans ont été injustement retenus par la foule comme responsables des attaques contre les églises et lynchés à mort.

À la suite du meurtre de deux hommes, la police a effectué plusieurs descentes dans le quartier de Youhanabad et ordonné l’arrestation de dizaines de chrétiens. Certains musulmans impliqués dans les manifestations ont également été arrêtés et libérés peu après. 42 des chrétiens se sont vu refuser la libération sous caution. Deux d’entre eux sont morts en prison, les rapports faisant état de mauvais traitements physiques et de pressions pour se convertir à l’islam. Les 40 autres viennent d’être libérés.

Retour sur l’arrestation de ces chrétiens en 2015

Le père Yousaf a ensuite remercié l’AED pour son aide juridique et parajuridique qui, a-t-il dit, a été cruciale pour le succès de l’affaire. En plus de financer les frais juridiques, l’AED a parrainé la scolarité des familles des accusés et offert des cadeaux à Pâques et à Noël. Elle s’est engagée à continuer d’aider les familles des accusés, en particulier au cours de l’année à venir.

Projet de la semaine de l’AED : Un moyen de transport pour des religieuses enen Biélorussie

30.01.2020 in ACN International, Motorisation, PROJETS AED

Biélorussie

Une voiture pour les dominicaines de Baranovitchy

 Publié sur le web le 30 janvier, 2020

 

Dès 1992, immédiatement après la fin de l’Union soviétique, trois dominicaines sont venues de Pologne en Biélorussie et ont commencé leur travail dans la ville de Baranovitchy. Leur exemple a dû être probant, car la communauté jouit aujourd’hui d’un nombre important de vocations locales. Actuellement, 18 religieuses sont d’origines biélorusses. D’autres jeunes femmes voudraient aussi entrer dans la communauté, active dans quatre localités.

 

Dans la paroisse catholique de Baranovitchy, une ville de 170 000 habitants, les religieuses accomplissent des services diaconaux, enseignent le catéchisme, travaillent avec les enfants et les adolescents et s’occupent des malades et des personnes âgées. En plus de catéchiser une centaine d’enfants et d’adolescents, elles préparent les adultes à recevoir les sacrements, conduisent les personnes âgées et malades à l’église et apportent la communion aux malades, les réconfortent et les aident. Pendant la période de Noël, les dominicaines font des paquets-cadeaux composés de vêtements, de nourriture et de médicaments pour les nécessiteux.

 

Besoin urgent d’une voiture

Les trois religieuses de Baranovitchy disposent d’une petite voiture qui a plus de dix ans, mais l’entretenir et la réparer demandent de plus en plus d’argent. Elles ont donc besoin de toute urgence d’un véhicule qui fonctionne parfaitement, car, en plus de leurs visites pastorales, elles se rendent régulièrement à Pinsk — où se trouve le siège du diocèse —, afin de participer à des journées de retraite et de formation. La distance est de 180 kilomètres. Enfin, la maison de formation de leur communauté religieuse est située à Minsk (située à 190 km), et ce, sans compter les quatre autres maisons de leur communauté en Biélorussie, situées à une distance pouvant aller jusqu’à 300 kilomètres. Un véhicule est essentiel !

 

Comme les religieuses ne peuvent réunir les fonds nécessaires pour acheter un nouveau véhicule, elles se sont adressées à l’AED avec confiance. Pour leur travail, il serait utile que la nouvelle voiture ait aussi un coffre un peu plus grand, car elles doivent souvent transporter des objets — par exemple des colis de Noël.

Nous voulons les aider à acheter une nouvelle voiture en leur donnant un montant de 15 000 dollars. Les religieuses remercient à l’avance tous leurs bienfaiteurs et prient pour eux.

 

https://secure.acn-canada.org/fr/appuyer-aed/

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Nouvelles de l’AED – Cameroun Boko Haram : la bête de l’apocalypse

27.01.2020 in Adaptation Mario Bard, AFRIQUE, Cameroun, International Catholic Charity Aid to the Church in Need, Maria Lozano

Cameroun


Boko Haram : la bête de l’apocalypse
«Pas un jour ne passe sans incursions dans les villages camerounais à la frontière avec le Nigeria»

Propos recueillis par Maria Lozano, ACN International
Adaptation — AED Canada par Mario Bard

Publié sur le web le 27 janvier, 2020

 

«Boko Haram est comme la bête de l’Apocalypse qui, même si on lui coupe la tête, semble en avoir une autre qui repousse», déclare Mgr Bruno Ateba, évêque du diocèse de Maroua-Mokolo, dans le nord du Cameroun, lors d’un entretien avec l’œuvre pontificale de charité, Aide à l’Église en Détresse (AED).

 

Le gouvernement nigérian avait annoncé que le groupe terroriste — né au Nigeria en 2002 et radicalisé en 2009 — avait été vaincu fin 2015. Cependant, selon les informations recueillies par la Fondation AED, tout semble indiquer que son territoire d’action se soit simplement recentré sur les zones rurales du Nigeria, et étendu aux zones frontalières du Cameroun et du lac Tchad. « Dans les villages de l’État de Borno, au Nigeria, et dans toute la zone frontalière du Cameroun, il ne se passe pas un jour sans que soient annoncées des attaques et incursions de terroristes. Les enlèvements et les exécutions de paysans ont instauré un règne de peur et de psychose au sein de la population », explique Mgr Ateba.

Après Noël, une vidéo montrant la décapitation de onze personnes au Nigeria a été rendue publique. Elle a été revendiquée par l’État islamique en Afrique de l’Ouest, l’une des deux factions issues de la division de Boko Haram en 2016. À peu près au même moment, Mgr Barthélemy Yaouda Hourgo, évêque de Yaouga au Cameroun, originaire d’un village proche de la frontière avec le Nigeria, a écrit à la fondation : « Mon village natal de Blablim n’existe plus ! Les terroristes ont tué un jeune homme de ma famille, ils ont saccagé tout le village ainsi que ma maison natale. Tout le monde, à l’exception des personnes âgées et des malades, a dû fuir vers Mora, à 17 km de là. La récolte du coton ne pourra pas être effectuée. Actuellement, les températures sont très basses là-bas. Priez pour tous ceux qui doivent dormir en plein air à cette époque de l’année ».

 

Le terrorisme ou le crime organisé?

Destructions, pillages, vols et enlèvements sont les signes du passage des terroristes. Selon les autorités militaires nigérianes, le groupe djihadiste islamique aurait perdu son pouvoir et se serait divisé en groupes criminels organisés. Le lieutenant-général Tukur Yusufu Buratai, chef d’état-major de l’armée nigériane, signalait en septembre 2019 : « Les membres de ces groupes ont un mode de fonctionnement purement criminel, dans le but d’en tirer des gains personnels. Il est de notoriété publique que ces criminels ne prétendent plus défendre une autre cause que la recherche de biens matériels, ce qui se manifeste par des meurtres et la terreur infligée à d’infortunées populations ». Il a également encouragé les Nigérians à ne pas « glorifier ces criminels, en ne les appelant pas par un autre nom que celui de criminels, violeurs, kidnappeurs, voleurs armés ou assassins ».

Il est vrai que, selon les données du Nigeria Security Tracker, si plus de 36 000 personnes sont mortes du conflit depuis 2012 — en prenant en compte les civils, les forces armées et les terroristes —, le nombre de victimes a fortement diminué par rapport aux chiffres épouvantables atteints en 2014 et 2015, selon la même source.

Ce résultat positif est dû en partie au travail de forces militaires multinationales, incluant les armées du Nigeria, du Cameroun, du Niger et du Tchad. Selon l’organisation indépendante International Crisis Group, plus de 7 000 militaires ont été déployés au Cameroun lors de deux grandes opérations militaires, mobilisant des unités du Bataillon d’intervention rapide (BIR), l’élite de l’armée.

 

La bête réapparaît avec une violence renouvelée

Cependant, bien que les forces armées aient efficacement évité les attaques conventionnelles de Boko Haram ces dernières années, elles n’ont pas réussi à éradiquer le mouvement et une nouvelle génération de militants semble menacer à nouveau. « La pauvreté et l’insécurité dans les zones rurales, ainsi que le manque de perspectives pour les jeunes en font des cibles faciles à manipuler pour les djihadistes », confirme Mgr Ateba.

Selon les données de Human Rights Watch, le conflit entre les forces gouvernementales et Boko Haram a déplacé plus de 270 000 personnes dans le pays depuis 2014. Le groupe armé islamiste Boko Haram aurait mené plus de 100 attaques au Cameroun en 2019, tuant plus de 100 civils. « Au moment où l’on croyait que la bête Boko Haram avait été complètement décapitée, l’horreur a refait surface dans le nord du Cameroun. Dans mon diocèse, il y a eu 13 attaques au cours des quatre dernières semaines. Une église a été incendiée le jour de l’épiphanie. Nous enquêtons, mais tout indique qu’il s’agissait d’un acte terroriste », explique l’évêque. (23.01.2020)

 

 

Nouvelles de l’AED : Nigeria — quatre séminaristes enlevés

13.01.2020 in adaptation : Mario Bard, AED-Canada, Nigeria
Séminaristes au Nigeria (Image d’archive.)

Nigeria — quatre séminaristes enlevés
«Le gouvernement doit agir avant qu’il ne soit trop tard»

Par Maria Lozano, AED International
Adaptation : Mario Bard, AED Canada

Mise en ligne, le 13 janvier, 2020

 

L’œuvre pontificale Aide à l’Église en Détresse (AED) est consternée par la nouvelle de l’enlèvement de quatre jeunes séminaristes au Nigeria, survenue le 8 janvier dernier. Le président exécutif de l’organisation appelle le gouvernement nigérian à agir. Il estime que la situation y fait penser à ce qui se vivait en Irak tout juste avant l’invasion du groupe État islamique (Daech) en 2014.

 

Königstein/Montréal, 13 janvier 2020 – Selon des sources locales, les enlèvements ont eu lieu le 8 janvier 2020 au séminaire du Bon Pasteur (Good Shepherd) dans la ville de Kaduna située au nord du Nigeria. Peu après 22 h 30, les ravisseurs sont passés par-dessus la clôture qui entoure le dortoir des séminaristes et ont envahi le bâtiment. Ils ont tiré dans tous les sens, ont volé quelques objets de valeur et ont emmené de force quatre séminaristes.

Les personnes enlevées sont : Pius Kanwai (19 ans), Peter Umenukor (23 ans), Stephen Amos (23 ans) et Michael Nnadi (18 ans). Ils sont originaires de différents diocèses du nord du Nigeria et commençaient leurs études. Depuis l’enlèvement, personne ne sait où ils sont et s’ils sont toujours en vie. L’identité et les motifs des ravisseurs sont également inconnus.

 

Motifs religieux?

Selon l’AED, l’enlèvement ne semble pas avoir d’arrière-plan directement religieux et il n’est pas clair que les ravisseurs aient demandé une rançon aux familles des otages. La situation en matière de sécurité dans la région appelée la Ceinture centrale du Nigeria — dont fait partie Kaduna — est très précaire, en raison des nombreuses attaques commises par des membres de l’ethnie des nomades peuls contre des villages où vivent une majorité de chrétiens. Là-bas, d’innombrables personnes sont toujours en fuite. Par ailleurs, dans le nord-est du pays, le groupe terroriste islamiste Boko Haram continue ses atrocités.

Directrice du bureau canadien de l’Aide à l’Église en Détresse, Marie-Claude Lalonde a déclaré : « Nous sommes dévastés. Il est difficile de croire que ces enlèvements sont arrivés dans le passé et continuent d’arriver. Nous nous sentons tellement impuissants face à cette tragédie que vivent nos frères et sœurs du Nigeria et que vivent aussi les prêtres dont le rôle est de guider et de réconforter le peuple de Dieu. Pire que tout ; il semble que rien n’est fait pour mettre un terme à tout cela ! »

 

Un «État failli»

Le président exécutif de l’AED International, Thomas Heine-Geldern, est horrifié par ces enlèvements : « La situation en matière de sécurité au Nigeria est catastrophique.


À droite sur la photo, M. Thomas Heine-Geldern.

 

Les bandes de criminels profitent de la situation chaotique, ce qui aggrave la situation ». Il demande que le gouvernement prenne de toute urgence des mesures pour protéger la vie et les biens des gens. Selon lui, il est du devoir du gouvernement d’assurer la sécurité du pays et de la population. Sinon, le Nigeria risque de devenir un « État failli ».

«Les enlèvements et les meurtres me rappellent la situation en Irak avant son invasion par les troupes de l’État islamique. Déjà à l’époque, des chrétiens avaient été enlevés, volés et assassinés, parce que là-bas l’État n’assurait aucune protection des citoyens. Ce sort doit être épargné aux chrétiens du Nigeria. Le gouvernement doit agir avant qu’il ne soit trop tard».

« Cet acte de violence contre de jeunes séminaristes innocents est cruel. Deux d’entre eux n’ont même pas 20 ans. Nous en appelons à la conscience des ravisseurs, pour qu’ils libèrent ces jeunes hommes. En même temps, nous demandons au public de se joindre à nos prières afin que les quatre séminaristes soient sains et saufs et puissent être rapidement libérés ». Thomas Heine-Geldern a également évoqué les familles des personnes enlevées et les quelque 270 autres élèves et enseignants du séminaire de Kaduna. « Ils traversent une période terrible. Les chrétiens nigérians traversent l’enfer depuis des années, mais leur foi ne faiblit pas », a déclaré Thomas Heine-Geldern.

 

 

 

Mme Marie-Claude Lalonde et M. Thomas Heine-Geldern
sont disponibles pour des entrevues.

 

AED International « 2019 a été une année de martyrs » Le président de l’AED dresse un premier bilan

10.01.2020 in ACN International

AED International

« 2019 a été une année de martyrs »
Le président de l’AED dresse un premier bilan

Par Maria Lozano et Jürgen Liminski
Adaptation par Mario Bard
Publié sur le web vendredi le 10 janvier, 2020

 

Pour Thomas Heine-Geldern, président de l’œuvre pontificale Aide à l’Église en Détresse (AED), « 2019 a été une année de martyrs, l’une des plus sanglantes dans l’histoire des chrétiens. Les attentats commis contre trois églises au Sri Lanka, qui ont coûté la vie à plus de 250 personnes, en ont été le terrible apogée. Nous sommes également très préoccupés par la situation en Chine ou en Inde. »

 

Selon M. Heine-Geldern, un aspect positif est qu’« en Europe occidentale, les personnalités politiques et les leaders d’opinion parlent désormais beaucoup plus de la liberté religieuse ». À titre d’exemple particulièrement encourageant, il cite le message vidéo du Prince Charles, héritier du trône britannique, enregistré à Noël pour l’Aide à l’Église en Détresse. Dans ce message, le prince attire l’attention sur la souffrance et la persécution croissante des chrétiens dans le monde entier et lance un appel à la solidarité.

Dans ce contexte, le président de l’AED rappelle la demande faite aux organisations multinationales et intergouvernementales – comme l’Union européenne ou l’ONU – de permettre et de protéger la liberté religieuse en tant que droit humain fondamental à tous les niveaux et dans tous les pays. « Ce sujet est abordé plus souvent, mais on entreprend encore toujours trop peu. Il est difficile de croire que dans un pays comme la France, on a encore enregistré cette année plus de 230 exactions commises contre des institutions chrétiennes. Les événements au Chili, où quarante églises ont été profanées et endommagées depuis la mi-octobre, sont aussi choquants. »

 

Funérailles du père Simeon Yamba et 5 croyants dans un attaque sur une église à Dablo le 12 mai passé.

Douleurs après des exécutions à Noël

En ce qui concerne l’Afrique, le président de l’AED est particulièrement préoccupé par la situation des chrétiens au Nigeria, où des terroristes islamistes de Boko Haram sévissent dans le nord du pays et le long de la frontière avec le Cameroun. « La veille de Noël, le village chrétien de Kwarangulum, situé dans l’État fédéral de Borno, a été attaqué par des djihadistes qui ont abattu sept personnes, enlevé une jeune femme et incendié les maisons et l’église. Un jour plus tard, un groupe dissident de Daech a diffusé une vidéo qui, selon eux, montre l’exécution de dix chrétiens et d’un musulman dans le nord-est du Nigeria. Nous sommes profondément accablés par tous ces événements. Pendant que nous célébrions Noël, d’autres sont endeuillés et vivent dans la crainte. »

L’année 2019 a également été extrêmement difficile pour les chrétiens du Burkina Faso, poursuit Thomas Heine-Geldern. Dans certaines régions du pays, les chrétiens sont peu à peu expulsés, des établissements scolaires et des chapelles ont dû y être fermés. « Selon nos informations, au moins sept attaques ont été perpétrées contre des communautés catholiques et protestantes, durant lesquelles 34 chrétiens – dont deux prêtres et deux pasteurs – ont été assassinés. Nos partenaires de projet nous parlent d’une tentative de déstabiliser le pays, d’attiser des conflits religieux et d’enflammer la violence ».

 

Vigile à la base d’ue croix à Baghdeda, Irak, 2019

Moyen-Orient : « Nombreuses attaques contre cette communauté de chrétiens »

La situation des chrétiens au Moyen-Orient a toujours été présente dans les pensées et les prières. À ce sujet, M. Heine-Geldern revient sur les propos de l’archevêque d’Erbil, Mgr Bashar Matti Warda, qui a attiré l’attention sur le danger qui plane toujours sur les chrétiens en Irak ainsi que sur leur situation : « l’invasion du groupe terroriste Daech n’a été que l’une des nombreuses attaques contre cette communauté de chrétiens ». Avant l’émergence de Daech, il y en avait déjà eu plusieurs autres « et à chaque attaque, le nombre de chrétiens en Irak — et en Syrie — diminue de façon spectaculaire ».

L’intensification de la crise au Liban aggrave également la situation des chrétiens dans le pays et crée en même temps, comme effet secondaire, de nombreux obstacles pour l’aide humanitaire à la population en Syrie.

 

Cependant, M. Heine-Geldern regarde aussi l’année avec gratitude : « Ce qui est magnifique dans notre travail, c’est qu’en plus de la croix et de la souffrance dont nous sommes témoins, il nous est aussi permis d’éprouver de très près l’immense dévouement et le grand amour de nombreuses personnes. Prenons par exemple la Syrie, un pays qui est toujours en guerre et qui en subit les conséquences. Au cours des dernières années, nous nous y sommes rendus à plusieurs reprises et avons été profondément impressionnés par la manière dont tous – laïcs engagés, religieuses, prêtres et évêques, soutenus par la générosité de nos donateurs – font tout en leur possible et parfois même l’impossible pour atténuer la détresse spirituelle et matérielle des gens. »

Communiqué Campagne de Noël et Mercredi rouge

13.12.2019 in ACN Canada, AED-Canada, Mercredi Rouge
Photo: Chorale chaldéenne, cathédrale St. Michael, Toronto : célébration du Mercredi Rouge
(Courtoisie : Michael Swan/The Catholic Register)

Communiqué Campagne de Noël et Mercredi rouge

Nouvelles AED – Chrétiens d’Égypte : leur situation s’améliore

02.12.2019 in adaptation : Mario Bard, AED, Égypte, Entrevue AED, Fionn Shiner

Égypte

Chrétiens : leur situation s’améliore!  

Par Fionn Shiner, ACN-International
Adaptation française : Mario Bard, AED-Canada
Mise en ligne le 2 décembre, 2019

Malgré la menace d’attaques extrémistes qui persiste contre les chrétiens d’Égypte, leur situation s’améliore, selon Mgr Kyrillos William, évêque copte catholique d’Assiout. Interviewer par l’Œuvre catholique de 

bienfaisance Aide à l’Église en Détresse (AED), Mgr William a exprimé son espérance.

 

Il a déclaré : « Nous remercions Dieu que la situation s’améliore. Le président [el-Sisi] est de bonne volonté envers les chrétiens. Il est le président de tous les Égyptiens ».

La menace d’attaques extrémistes persiste tout de même, les islamistes voulant effrayer les chrétiens quant à leur place dans la société égyptienne. « Les attaques perpétrées par des islamistes se produisent de temps en temps », indique Mgr Kyrillos. « L’objectif est d’attaquer non seulement les chrétiens, mais aussi le gouvernement égyptien. Ils veulent ainsi dire aux chrétiens : “le gouvernement ne peut pas vous protéger. Vous devriez quitter l’Égypte”.

[Ces extrémistes] aimeraient établir un État islamique. Mais en Égypte, cela ne se concrétisera jamais », estime l’évêque. « Les Égyptiens sont proches les uns des autres — les chrétiens et les musulmans sont trop unis pour que les extrémistes causent des problèmes. »

 

La construction d’église est plus facile, toujours des enlèvements

L’évêque a ajouté : « Depuis 1952, la mentalité est de traiter les chrétiens comme des citoyens de seconde classe. Par contre, des changements se produisent présentement et les choses s’améliorent. Construire des églises est plus facile qu’avant. Nous n’avons pas à attendre des années pour en construire une ».

Selon Mgr William, il s’agit d’un changement marqué : depuis plus de 160 ans, les chrétiens devaient obtenir la permission du chef de l’État égyptien pour construire de nouveaux édifices religieux.

Il y a encore des enlèvements de jeunes chrétiennes coptes et certains rapports suggèrent que la police facilite ces enlèvements.

« Ils se produisent dans les zones où les organisations islamiques sont puissantes, mais dans notre région, il n’y a pas trop de problèmes », estime encore Mgr Kyrillos.

Dans une entrevue réalisée par l’organisme World Watch Monitor avec un ancien membre d’un réseau islamiste qui ciblait activement les jeunes filles coptes, celui-ci déclarait : « Le groupe de ravisseurs se réunit dans une mosquée pour discuter des victimes potentielles. Ils ont un œil sur les maisons chrétiennes et surveillent tout ce qui se passe. C’est à partir de cela qu’ils tissent une toile d’araignée autour des filles », a indiqué cet homme.

 

Merci à l’AED!

Mgr William a exprimé sa gratitude à l’AED et à ses bienfaiteurs qui font des offrandes de messe et financent la formation des séminaristes, la restauration d’églises et plus encore en Égypte. « Nous apprécions beaucoup ce que fait l’AED dans de nombreux pays pour que les chrétiens restent dans leurs patries. Nous remercions tous les bienfaiteurs pour leur aide et leurs dons à l’AED afin que nous puissions réaliser notre rêve de maintenir les chrétiens au Moyen-Orient. »

 

Pakistan – Récit : enlèvement de deux jeunes filles chrétiennes

25.11.2019 in ACN International, Adaptation Mario Bard, Asie, Enfants, Entrevue AED, Pakistan, Par Tabassum Yousaf, Voyagez avec AED

Pakistan – Récit
enlèvement de deux jeunes filles chrétiennes

 

Samra n’a pas été revue par ses parents depuis son enlèvement et son mariage forcé.

Ceci est l’histoire de Samra Munir (13 ans) et Neha Pervaiz (14 ans). Ces jeunes filles, toutes deux catholiques, ont été enlevées chez elles par des musulmans. Samra a été forcée de se marier et de se convertir à l’Islam. Sa famille ne l’a pas revue depuis. Nehah a été agressée sexuellement, mais elle a pu échapper à son ravisseur. Ce ne sont là que deux exemples d’enlèvement de jeunes filles chrétiennes mineures au Pakistan et de la pratique du mariage forcé et de la conversion forcée à l’Islam. Ce type de crimes est en forte augmentation.

 

Récit écrit par Tabassum Yousef, ACN International
Adaptation française : Mario Bard, AED Canada

 

Samra aide sa famille  : elle aime cuisiner et donne un coup de main pour les tâches ménagères. Malheureusement, elle n’a fait que trois années d’école primaire, sa famille ne vivant que de salaires journaliers et ses parents n’ayant pas les moyens de payer les frais de scolarité.

 

Le 16 septembre 2019, Samra a été enlevée. Elle était seule à la maison ; ses parents étaient au travail et ses frères et sœurs étaient au marché. Elle a été jetée de force dans une voiture et emmenée. Shahzad, le frère de Samra, a vu la voiture s’éloigner. Il a couru, mais n’a pas pu la rattraper. Les parents de Samra ont signalé, et ce, à plusieurs reprises, l’enlèvement de leur fille, mais la police locale a soutenu avec insistance qu’elle n’avait pas été enlevée, mais qu’elle s’était plutôt enfuie de chez elle. On a même dit à ses parents de ne pas inventer d’histoires.

 

Mariée de force : la police de fait rien

 

Un certain temps s’est écoulé avant que la famille ne reçoive des nouvelles. Ils ont appris que Samra s’était mariée et s’était convertie à l’Islam. Sur son certificat de mariage, il était indiqué qu’elle avait 19 ans, bien qu’elle en ait 13. La police a ordonné à ses parents de ne pas revenir les voir. Ils ont aussi reçu des menaces indiquant que leur autre fille, Arooj, subirait un sort similaire.

 

Pourtant, la famille a insisté. Ils ont emprunté 40 000 roupies (environ 260 $) pour avoir de l’argent à donner aux agents à chaque fois qu’ils se rendaient au poste de police, et ce, dans l’espoir que l’argent inciterait la police à agir. Ils ont vendu leur machine à coudre ainsi que leurs téléphones. Chaque dollar qu’ils ont gagné a été consacré à la recherche de Samra ; mais jusqu’à présent, leurs efforts n’ont rien donné.

 

Sa sœur Arooj a déclaré : « Ma vie n’est pas facile. Samra nous manque, nous n’avons pas d’appétit et nous dormons mal. Je ne vais pas à l’école parce que nous n’avons pas les moyens. Pourtant, je sais que Dieu ne nous a pas abandonnés. Jésus est avec moi. Je porte un chapelet avec moi tout le temps et je prie Marie notre Mère de continuer à nous protéger.

 

Cette région n’est pas sûre pour nous. Mes amis musulmans me traitent bien, mais leurs mères ne m’aiment pas. Elles pensent que je suis impure, je ne peux utiliser que certaines assiettes et certains verres. J’aime mon pays, mais je veux vivre dans un endroit où nous soyons tous respectés. Je demande humblement aux dirigeants du monde de travailler pour notre sécurité et pour la paix. Les gens oublient d’être
gentils ».

 

Neha Pervaiz retenue captive pendant sept jours.

 

Maintenant, voici l’histoire de Neha Pervaiz. Contrairement à Samra, elle est capable de raconter sa propre histoire puisqu’elle a réussi à s’échapper des griffes de ses ravisseurs. Voici ce qu’elle a raconté l’Aide à l’Église en Détresse.

«À bien des égards, je suis une fille normale. J’aime dessiner et courir, j’adore jouer avec ma meilleure amie Madiha et mes trois jeunes frères et sœurs. Mais je suis également chrétienne, et j’ai beaucoup souffert à cause de cela.


Ma tante, alors que je m’étais occupée de ses enfants, a permis que je sois violée et enlevée. Pendant que nous étions chez elle, mon frère et moi avons été enfermés dans des pièces séparées et battus. Un homme nommé Imran m’a violée et m’a forcée à réciter le Coran. J’ai d’abord refusé, mais ils ont frappé mon frère plus fort à cause de cela. Pour qu’il le laisse en paix, j’ai cédé.

 

Puis, pendant sept jours, j’ai été retenue captive chez Imran, jusqu’à ce qu’une de ses filles me libère. Une des filles de ma tante m’a accueillie et a réussi à me cacher. Elle m’a prêté une Burka et 500 roupies (environ 3,50 $) pour que je puisse retourner en toute sécurité dans ma famille. Mais mes parents ne m’ont pas crue quand je leur ai dit ce qui s’était passé.

 

Je vis maintenant sous la protection de l’Église, mais je ne suis pas en sécurité. Je ne peux aller nulle part seule, car je pourrais être attaquée à nouveau, et je ne peux pas pratiquer librement ma religion. Je n’ai ni sécurité ni protection juridique. Pourtant, je ne veux pas quitter mon pays. C’est chez moi. Je voudrais étudier le droit pour protéger d’autres jeunes filles de crimes similaires. J’espère également que les dirigeants de la planète soutiendront une législation qui garantisse la sécurité des femmes et empêche la conversion et le mariage forcés.

Dieu m’a protégée et je me suis échappée. Je porte fièrement une croix partout où je vais».

 

L’Aide à l’Église en Détresse publie tous les deux ans le rapport Pesécutés et oubliés? qui permet de faire le point sur la persécution religieuse dont sont victimes les chrétiens dans le monde. Le rapport 2017-19 est maintenant disponible en version PDF à l’adresse suivante : https://acn-canada.org/fr/persecutes-et-oublies/


 

Inde — Histoire de succès de l’AED

07.11.2019 in ACN International, Adaptation Mario Bard, Inde, Motorisation, PROJETS AED, Voyagez avec AED

Inde — Histoire de succès de l’AED

Une voiture pour aller rencontrer des tribus défavorisées

Sœur Christine est membre de la Congrégation des sœurs de la Charité de la Sainte-Croix, dans la province de l’Inde Orientale. Depuis des années, elle est engagée auprès des personnes défavorisées, des pauvres, principalement des tribus autochtones de l’est de l’Inde. Aujourd’hui, elle a beaucoup d’expérience et coordonne désormais le travail au sein des petites communautés chrétiennes qui se sont formées, là où — malheureusement — des prêtres viennent rarement. La plupart du temps, les fidèles se réunissent avec un catéchiste pour prier, vivre une liturgie de la Parole et pour discuter.

 

Pour rencontrer ces communautés, Sœur Christine doit parcourir de longues distances, souvent sur de mauvaises routes et dans des régions accidentées. Sa voiture lui a été bien utile pendant huit ans, mais comme elle s’en servait beaucoup, elle a commencé à tomber sans cesse en panne et avait besoin de plus en plus de réparations, qui devenaient de plus en plus coûteuses.

Grâce à l’aide de nos bienfaiteurs qui ont fait don de 15000 dollars, Sœur Christine a maintenant le plaisir d’avoir une nouvelle voiture. Elle écrit : « Que Dieu vous comble tous de ses bénédictions. Soyez certains de mes prières et des prières de nos paroissiens ».