fbpx

ACN International

 

Pakistan un seul espoir pour Huma Younus : la Cour suprême

26.03.2020 in adaptation : Mario Bard, Marta Petrosillo

Pakistan
un seul espoir pour Huma Younus : la Cour suprême
Son seul espoir, comme pour Asia Bibi

Propos recueillis par Marta Petrosillo, ACN Italy
Adaptation par Mario Bard, AED Canada
Mise en ligne le 26 mars, 2020

Nouvel échec dans l’affaire «Huma Younus», cette jeune catholique de 14 ans enlevée le 10 octobre, violée, convertie de force à l’islam, et forcée d’épouser son ravisseur à Karachi, au Pakistan.

 

Me Tabassum Yousaf, avocate des parents de Huma, a indiqué à l’œuvre internationale de charité Aide à l’Église en Détresse (AED), qu’une nouvelle audience a eu lieu jeudi dernier le 19 mars à la Haute Cour du Sindh, la province dont fait partie Karachi, la capitale du pays. Une fois de plus, la jeune femme n’a pas été amenée dans la salle d’audience, comme le demandaient les juges.

 

Au lieu de cela, le résultat du rapport médical tant attendu a été présenté pour confirmer l’âge de Huma. Et, bien que les parents aient dès le début des procédures judiciaires fourni des certificats de naissance et de baptême — sur lesquels la date du 22 mai 2005 était indiquée comme date de naissance —, le kidnappeur musulman, Abdul Jabbar, a toujours soutenu que la jeune fille avait l’âge légal pour se marier, c’est-à-dire 18 ans. Après de nombreux ajournements, attribués par la police à l’impossibilité de contacter la jeune femme pour effectuer l’examen médical, le résultat officiel de l’examen de ses os prouverait que Huma a 17 ans.

 

Selon nos informations, cet âge ne correspond pas à l’âge réel de la jeune fille, mais démontre qu’elle est mineure. Ce qui prouve que la conversion et le mariage sont illégaux. Pourtant, aucun mandat d’arrêt n’a été lancé contre Abdul Jabbar, et il n’a pas non plus été ordonné que Huma rentre chez elle. Les juges se sont contentés de fixer une nouvelle audience au 16 avril*. À cette date, Huma aura passé six mois entre les mains de son ravisseur, victime d’abus quotidiens.

 

L’affaire ira devant la Cour suprême, comme pour le Asia Bibi

 

« Ce que nous avons toujours cru se confirme », a déclaré à l’AED la mère de Huma, Nagheeno Younus : « Les juges prennent leur temps et attendent que Huma atteigne l’âge de 18 ans, afin de pouvoir clore l’affaire. En déclarant que ma petite fille a 17 ans, il leur suffira d’attendre quelques mois avant de l’abandonner à son sort ». On peut également douter fortement de l’intégrité de la police locale qui est chargée de superviser les résultats de l’examen médical, car les agents ont agi à plusieurs reprises dans l’intérêt du kidnappeur musulman, Abdul Jabbar. Ils ont même forcé Huma à déposer contre ses propres parents une requête dans laquelle elle prétend craindre que ses proches ne puissent la tuer.

Le siège italien de l’Aide à l’Église en Détresse (AED) continue de maintenir le contact avec la famille et de la soutenir tout au long du processus judiciaire. « Malheureusement, nos craintes ont été confirmées », a déclaré Alessandro Monteduro, directeur du bureau italien de l’AED : « Au cours des deux premières étapes du procès, justice n’a pas été rendue à Huma. Mais nous n’abandonnerons pas et, avec Me Yousaf, nous porterons l’affaire devant la Cour Suprême. C’est cette Cour qui a libéré Asia Bibi, dont la remise en liberté ne semble malheureusement pas avoir apporté de changement en faveur des minorités religieuses au Pakistan ».

 

*Nous ne savons pas si l’audience est ou non reporter à cause la pandémie de COVID-19

Pandémie du coronavirus-19 – lettre du président international de l’AED

23.03.2020 in ACN International, Voyagez avec AED, Vues D'ailleurs

Pandémie du coronavirus-19
lettre du président international de l’AED

Königstein, Allemagne, siège international de l’Aide à l’Église en Détresse (AED)
Le 18 mars 2020

Chers amis,

« Nous notons également qu’avoir le droit d’assister à la messe ou de recevoir la Communion ne va plus de soi. C’est ce qui arrive à beaucoup de nos frères et sœurs dans certaines zones de mission ou dans les dictatures. Ils luttent pour avoir droit aux messes et aux sacrements. »

Alors que, le Mercredi des Cendres, nous nous préparions tous pour le Carême de cette année, aucun d’entre nous ne pensait que cette période de pénitence nous défierait de cette manière. En un rien de temps, nous avons découvert que notre sécurité terrestre et notre liberté étaient ébranlées par une pandémie.

Jusqu’à présent, aucun d’entre nous n’avait vécu une situation aussi extraordinaire. Nous considérons maintenant comme bonnes et raisonnables des mesures administratives qui, pour nous, étaient impensables il y a encore quelques semaines. Mais comment notre foi et notre sentiment de sécurité en Dieu résistent-ils à ces chocs inattendus?

Il est compréhensible que nous nous préoccupions d’abord des malades et des victimes de l’épidémie que nous connaissons. Que nous pensions aux personnes âgées auxquelles nous ne sommes plus censés rendre visite ; ou aux petits-enfants que les plus âgés d’entre nous n’ont plus le droit d’accueillir. Pour beaucoup de gens, et certainement certains d’entre vous, des préoccupations économiques s’ajoutent désormais aussi à cela.

Nous notons également qu’avoir le droit d’assister à la messe ou de recevoir la Communion ne va plus de soi. C’est ce qui arrive à beaucoup de nos frères et sœurs dans certaines zones de mission ou dans les dictatures. Ils luttent pour avoir droit aux messes et aux sacrements. Et nous comprenons maintenant beaucoup plus clairement ce que signifie former une église domestique avec nos enfants et prier ensemble. C’est ainsi que les gens prient là où il n’y a pas de lieux de culte. Nous avons toujours la technologie qui nous permet de participer à des offices religieux retransmis en direct par Internet ou par d’autres moyens. Pour nous, il est donc plus facile d’être en contact non seulement avec Dieu, mais aussi avec nos amis et avec la communauté mondiale des fidèles. Beaucoup de nos frères et sœurs persécutés et souffrants sont privés de ces moyens techniques.

Pendant ce Carême, nous suivons Jésus-Christ au désert de manière plus directe. Dans nos peurs, nous apprenons plus clairement ce que signifie se sentir parfois aussi abandonnés par Dieu. Mais nous pouvons toujours nous soutenir les uns les autres dans la prière. Nous pouvons nous reposer sur la certitude que le pont d’amour et de foi entre les bienfaiteurs, les collaborateurs de l’AED et nos partenaires de projet traverse le monde entier, et que notre prière commune aidera à surmonter cette crise mondiale. Ces derniers jours, nous avons justement reçu de très nombreux messages du Sénégal, du Burkina Faso, du Brésil, d’Haïti ou des Philippines, dont les auteurs nous assuraient de leurs prières pour tous les bienfaiteurs de l’AED.

Notre vie quotidienne a radicalement changé. Mais laissons-nous guider par le principe qui a fait ses preuves, selon lequel chaque crise porte en elle une chance. Cette chance consiste à utiliser le temps soudainement disponible pour grandir intérieurement, pour nous rapprocher de Dieu en prenant avec nous tous ceux qui sont particulièrement proches de nous : nos conjoints, enfants, frères et sœurs et parents. Et puis aussi nos frères et sœurs dans la foi – dans le quartier et dans le monde.

Cela a lieu dans la prière, seul ou en commun, et cela se fait en offrant les difficultés et tourments des semaines à venir pour tous ceux que nous ne pouvons pas aider directement en ce moment ou dont la situation est plus difficile que la nôtre du fait de la maladie ou de la solitude. Pensons également aux familles qui sont aujourd’hui particulièrement confrontées à l’exiguïté des logements. Et n’oublions pas nos frères et sœurs des pays où les chrétiens sont persécutés et discriminés – ils ont souvent des soucis bien plus graves que le virus. Par exemple, continuons de soutenir par des offrandes de messes tous les prêtres de nos pays partenaires qui peuvent célébrer la messe pour nous.

Ces dernières années, j’ai pu à maintes reprises vous remercier pour votre générosité et votre aide en faveur de nos frères et sœurs opprimés ! Aujourd’hui, je vous invite à développer les trois piliers de l’AED, la prière, l’information et l’action, dans une fidélité créative à notre mission, en profitant ainsi de la crise comme d’une occasion de témoigner de Jésus-Christ. 

Peut-être que cette année le Carême durera plus longtemps que ce que le calendrier prévoit, mais Pâques approche. Utilisons ensemble ce temps d’affliction pour saisir plus profondément le mystère de la Résurrection.

C’est le vœu que je formule pour nous tous

En union de prières

Thomas Heine-Geldern
Président international de l’Aide à l’Église en Détresse (AED)


 

Histoire de succès de l’AED – Pérou : 500 Bibles pour les prisonniers

18.03.2020 in Adaptation Mario Bard, AED-Canada, Amérique du Sud, Pérou, Voyagez avec AED, Vues D'ailleurs

Histoire de succès de l’AED – Pérou
500 Bibles pour la pastorale des prisons

Texte : ACN-International
Adaptation : Mario Bard, AED Canada
Mise en ligne au Canada : 18 mars 2020

Comme dans de nombreuses régions du monde, les prisons d’Amérique latine sont surpeuplées et les conditions de vie y sont très difficiles.

 

La prison de Callao au Pérou est un bon exemple de cette situation. D’abord prévue pour 1 500 détenus, elle héberge aujourd’hui 5 600 prisonniers ! La pastorale y joue un rôle salvateur. Les détenus se réunissent deux fois par semaine pour faire de la Lectio Divina* et participent à la messe. Près de 800 prisonniers célèbrent ainsi chaque semaine en plus des fêtes de l’année liturgique.

Mgr José Luis del Palacio Peréz-Medel, évêque de Callao, s’est lui-même rendu à plusieurs reprises à la prison. Lorsqu’il est allé à Rome en 2018 voir le Pape François, il lui a remis une lettre écrite par les prisonniers. Le pape a répondu en personne et les a encouragés à croire et à avoir confiance en l’aide et en la Miséricorde du Christ, malgré toutes leurs erreurs et leurs faiblesses.

 

Les Saintes Écritures sont indispensables

Afin d’approfondir et de mieux connaître le message de l’amour et de la Miséricorde de Dieu, les Saintes Écritures sont indispensables. Par contre, les prisonniers et leurs familles sont pauvres et ne peuvent pas s’acheter de Bible. En 2017, grâce au soutien de l’Aide à l’Église en Détresse, 500 Bibles ont pu être distribuées. Grâce à nos bienfaiteurs, nous avons pu à nouveau donner 500 exemplaires de la Bible à la disposition de la pastorale des prisons, grâce à un montant de 7 500 dollars.

 

Ce fut une grande joie et un grand réconfort pour les détenus, et Mgr José nous écrit que les prêtres qui travaillent à la pastorale des prisons ont été également très heureux. Les Bibles sont utilisées pour la Lectio Divina et la catéchèse des candidats au baptême. Un grand merci à tous ceux qui ont offert leur aide !

*Lectio Divina: lecture priante des textes bibliques  (Source : interbible.org) 

 

Êtes-vous inspirés par ce projet ?
Si vous désirez faire un don pour un projet semblable,
cliquez sur le bouton Dons ci-haut et choisir dans
Diriger mon don vers : Projet de la semaine. Merci !

 

 

 

 

 


 

Récit de l’AED — Sénégal Souvenirs et vision de trois évêques

12.03.2020 in Adaptation Mario Bard, AED Canada, AED-Canada, Afrique, Robert Lalonde, Sénégal

Récit de l’AED — Sénégal
Souvenirs et vision de trois évêques

Texte écrit par Robert Lalonde en collaboration spéciale avec l’AED Canada
Publié sur le web le 12 mars, 2020

En voyage au Sénégal, Robert Lalonde, collaborateur régulier de l’Aide à l’Église en Détresse, s’est entretenu avec trois évêques qui se sont succédé dans le diocèse de Kaolack, de 1974 à 2020. Riches de 46 ans d’épiscopat dans ce diocèse, Mgr Martin Boucar Tine, actuel pasteur du diocèse, Mgr Benjamin Ndiaye, actuel archevêque de Dakar et pasteur de Kaolack de 2001 à 2015 et Mgr Théodore Adrien Sarr, cardinal à la retraite et pasteur du même diocèse de 1974 à 2001 ont partagé leurs expériences eu égard à ce diocèse, mais aussi leur vision de l’Église sénégalaise.  

 

Mgr Théodore Adrien Sarr

«Au bout du compte, c’est Dieu qui décide» 

Créé en 1965, le diocèse de Kaolack est situé au centre-ouest du Sénégal. Parmi ses deux millions d’habitants, il compte 17 000 catholiques et 200 catéchumènes. Le nombre de fidèles est en croissance constante depuis 1860, année de l’arrivée des premiers missionnaires.

 

En 1974, Mgr Sarr prend la relève, en continuité avec le travail missionnaire accompli. Son épiscopat est voué à l’approfondissement de la foi et au développement des œuvres sociales, pour une Église diocésaine « au service de tout homme et de tout l’homme », indique-t-il. En 2001, son successeur, Mgr Ndiaye consolide tout ce qui concerne le domaine de la foi par, entre autres, le biais du renforcement de la pastorale de proximité avec l’installation de nouvelles communautés religieuses et l’organisation d’un congrès eucharistique et marial.

 

«Je me suis fait tout à tous» 1 Corinthiens 9,22

Ces premières années de labeurs ont établi une pastorale diocésaine dans 18 paroisses réparties dans quatre doyennés1   Il convient de noter que certaines structures soutiennent l’œuvre d’évangélisation des paroisses, en assurant les objectifs humanitaire et spirituel poursuivis par l’Église sénégalaise.

 

D’abord, en termes d’humanitaire, la Direction des Œuvres est la plaque tournante de l’apostolat des laïcs. Elle accueille périodiquement plusieurs organisations dont l’Union diocésaine des femmes catholiques, la Jeunesse ouvrière catholique, la Jeunesse étudiante catholique, le Mouvement des adultes ruraux catholiques et quelques autres.

 

Elle coordonne également le Royaume de l’Enfance, né d’une initiative pastorale de Mgr Ndiaye. Ce centre diocésain vise à offrir aux enfants, dont plusieurs issus de la rue, un cadre sain pour qu’ils s’épanouissent et se développent, dans le respect de leurs facultés. La pastorale sociale est aussi animée par l’Association des Postes de Santé catholiques, un centre d’enfants handicapés administré par les sœurs de la Communauté de la Providence de Lisieux, l’Association pour la Promotion de la Femme et la Direction de l’Enseignement catholique. L’Église a toujours porté une attention particulière à cette association, convaincue que l’éducation est le socle de la sociabilisation de l’homme.

 

 

Vient ensuite le « pôle spirituel » diocésain qui s’appelle « Keur Mariama ». Celui-ci est constitué de plusieurs structures qui ne cessent de prendre de l’ampleur. À travers ces dernières, nous voyons quatre réalités d’église qui donnent vie à Keur Mariama, selon le charisme de chacune et dans le cadre d’une collaboration dictée par les besoins des diverses missions pastorales. On retrouve donc les Missionnaires du Sacré-Cœur au Sanctuaire, les prêtres diocésains à la formation au sacerdoce au séminaire de propédeutique Saint-Paul, les frères carmes dans la formation spirituelle et l’animation pastorale, pour terminer avec les religieuses carmélites missionnaires thérésiennes pour le dispensaire et la promotion féminine.

 

Le Sanctuaire Notre-Dame du Sacré-Cœur est un lieu de pèlerinage et de ressourcement avec Marie qui accueille chaque année le pèlerinage des enfants pour l’Épiphanie et le pèlerinage marial diocésain en mai. En janvier dernier, on y a accueilli la première édition du pèlerinage des catéchistes du Sénégal : ils étaient environ 4 500 à répondre à l’appel !

 

L’engagement que démontrent la mise en place de ces structures, en assurant des objectifs également humanitaires, et la proximité qu’ont les laïcs envers les différentes institutions de l’Église démontrent l’importance qu’accorde le clergé aux projets qui touchent non seulement les catholiques, mais aussi la société civile.

 

À cet égard, les trois évêques rappellent à l’unisson que, lorsque vient le temps de justifier le fait que l’Église est engagée dans des projets qui touchent non seulement les catholiques, mais aussi la société civile, les trois évêques rappellent à l’unisson les paroles du Christ quand Il jugera les hommes sur leur amour pour les malheureux : « Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire; j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli; j’étais nu, et vous m’avez habillé; j’étais malade, et vous m’avez visité; j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi!» Matthieu 25, 35-36

 

Mgr Benjamin Ndiaye

Le prochain n’est-il pas le lieu de vérification de l’incarnation et de l’enracinement de la charité ? Tout souriant, Mgr Ndiaye raconte qu’il dit parfois aux chrétiens qui l’entourent que « la charité est le passeport pour entrer au ciel ». Or, comme la foi sans les œuvres est une foi morte, c’est souvent à travers les défis à relever que l’on peut mesurer l’intensité de cette foi. Mais quels sont ces défis ?

 

Des défis à relever

« Comme la progression démographique est plutôt importante et qu’elle se reflète dans la physionomie de notre communauté, le premier défi à relever, soutient Mgr Ndiaye, est celui de construire des lieux de cultes et même de créer de nouvelles paroisses. Or, par nous-mêmes, nous sommes malheureusement incapables d’y répondre. »

 

 

Le second est celui de la jeunesse qui manque de perspectives d’avenir : « Même si certains ont obtenu une formation, ils n’arrivent pas forcément à trouver du travail », explique encore l’archevêque de Dakar. « Le chrétien sénégalais est un homme de devoir, mais il ne se bat pas dans l’arène pour occuper sa place. Parfois, je me demande s’il ne prêche pas une fausse conception de l’humilité. Jésus nous demande de l’ambition. Ne nous a-t-il pas donné des talents à mettre en valeur ? Je m’interroge sur la stratégie à employer pour débloquer cette situation. Il y a certes une catéchèse à transmettre sur l’engagement pour mieux prendre en charge sa vie. »

 

 

L’archevêque a tenu à exprimer sa reconnaissance envers les bienfaiteurs de l’Aide à l’Église en Détresse (AED) en rappelant certains projets pour lesquels le diocèse a été soutenu : la formation de prêtres, un véhicule pour une paroisse et plus récemment des intentions de messe qui permettent de prendre en charge les prêtres qui sont dans la brousse.

 

Mgr Martin Boucar Tine

« Mais vous savez, malgré toutes nos expectatives et avec l’expérience que j’ai vécue dans le diocèse de Kaolack qu’on a bâti avec peu de moyens, il y a des gens qui m’ont aidé tout au long de mon épiscopat. Cela a l’avantage de démontrer qu’au bout du compte, c’est Dieu qui décide de le faire de toute façon, et à Sa façon. »

 

De son côté, l’évêque actuel, Mgr Tine, après avoir d’abord manifesté sa gratitude auprès des bienfaiteurs de l’AED pour les livrets sur le Rosaire obtenu en fin d’année, a ensuite conclu en ces termes : «Maintenant âgé de 55 ans, le diocèse a atteint une certaine maturité et avec l’aide des piliers qui m’entourent, nous poursuivrons notre mission de serviteurs à la suite du Christ.»

 

1.Un doyenné est une circonscription administrative qui regroupe plusieurs paroisses.

 

 

Inde : Rencontre de l’AED — Un chrétien libéré après 11 ans de prison

02.03.2020 in adaptation : Mario Bard, Adaptation Mario Bard, AED États Unis, Asie, Inde, liberté religieuse, Persécution, Voyagez avec AED

Inde
Un chrétien libéré après 11 ans de prison
Les accusations sont mensongères

Propos recueillis par Anto Akkara, ACN USA
Adaptation au Canada : Mario Bard, AED Canada
Publié sur le web le 2 mars, 2020

BHASKAR SUNAMAJHI  (43 ans) est l’un des sept chrétiens accusés à tort et condamnés pour le meurtre en août 2008 d’un dirigeant hindou dans le district de Kandhamal, dans l’État indien d’Odisha, qui s’appelait à l’époque Orissa. Le meurtre a déclenché la pire vague de persécution antichrétienne de l’histoire récente de l’Inde. Près de 100 chrétiens ont été tués, tandis que 300 églises et 6000 maisons ont été détruites. En décembre 2019, après 11 ans de prison, Bhaskar, avec six autres accusés chrétiens, a été libéré sous caution.

Bhaskar et son fils Daud

Bhaskar, qui est membre d’une Église pentecôtiste, s’est confié à l’Aide à l’Église en Détresse (AED).

 

« Je jouais aux cartes avec mes amis dans le village de Kotagarh lorsque la police est arrivée dans ma maison au toit de chaume vers midi, le 13 décembre 2008. Je n’ai pas été surpris. En tant que gram rakhi (protecteur du village), j’étais habitué à ce que la police débarque, même à des heures bizarres, en me demandant de l’accompagner pour les besoins de son enquête ou autres choses.

“Venez maintenant. Vous pourrez rentrer demain”, m’a dit la police. Sans aucune hésitation, je me suis préparé. Cependant, j’ai été surpris quand ils m’ont dit de prendre de l’argent pour mes dépenses. C’était il y a 11 ans. Aujourd’hui, je suis heureux et ravi d’être de retour chez moi.

La prière, seul réconfort

Au début, je n’avais aucune idée de la raison pour laquelle on me jetait en prison. C’était comme si je me trouvais en pleine obscurité. Peu à peu, j’ai fait la connaissance des six autres chrétiens qui avaient été arrêtés comme moi. Nous avons décidé de prier ensemble en faisant confiance au Seigneur, car nous n’avions rien fait de mal.

Au départ, d’autres prisonniers (hindous) nous ont traités comme des meurtriers et se sont montrés hostiles envers nous. C’était une situation désespérée. Nous étions tellement affligés que la prière était notre seul réconfort. En plus de nos prières communes, je commençais chaque journée par une prière et je terminais par une prière.

Certains soirs, j’étais en larmes et tellement désemparé ! Je continuais donc à prier tard dans la nuit jusqu’à ce que je m’endorme. Mais sans prière, j’aurais été une épave mentale.

La seule chose positive qui me soit arrivée en prison, c’est d’apprendre à écrire correctement. Je n’avais jamais été à l’école — comme la plupart des gens de notre région éloignée. En prison, j’ai utilisé mon temps libre pour apprendre à écrire.

En plus de lire la Bible, j’écrivais dans un carnet des hymnes que nous utilisions pendant les prières. J’écrivais dans une couleur différente chaque strophe de ces hymnes de piété.

Un long chemin tissé d’actes solidaires

Chaque mois, je ressentais un grand soulagement quand ma femme Debaki me rendait visite. Il lui fallait une journée entière de voyage pour atteindre la prison de Phulbani à partir de notre village, éloigné de 160 km, en changeant plusieurs fois de bus. Elle atteignait la porte de la prison le matin et attendait “l’heure des visites”, qui était souvent l’après-midi.

Un homme heureux d’être enfin libre!

Lorsque notre fils unique Daud a eu quatre ans, Debaki a décidé de le laisser chez un pasteur, à Phulbani, où plusieurs autres enfants se réfugiaient. Comme il n’y avait pas d’école près de notre village, nous ne voulions pas que notre fils soit analphabète comme nous. Parfois, elle emmenait Daud avec elle dans la prison. Ces jours-là, j’étais ravi. Daud n’avait que six mois quand j’ai été mis derrière les barreaux.

Pendant les visites, Debaki fondait souvent en larmes, parce qu’elle était seule et déprimée. Au fil des ans, elle a commencé à me dire à quel point de bons samaritains avaient aidé nos familles. À partir de 2014, elle a commencé à paraître plus optimiste. Elle parlait avec enthousiasme des travailleurs sociaux et d’autres personnes qui venaient visiter nos villages et rassembler des témoignages, y compris de voisins hindous.

En 2015, j’ai été ravi que certaines de ces personnes qui se consacraient à m’aider viennent me rendre visite en prison. J’étais très heureux et j’ai commencé à prier avec ferveur pour ceux qui travaillaient pour notre libération.

Quelques mois plus tard, Debaki est arrivée avec la bonne nouvelle qu’elle allait à New Delhi en mars 2016, avec les épouses des six autres détenus, pour le lancement de la campagne en ligne de demande de notre libération.

Ça nous a tous excités et remplis d’espérance. Nous avons intensifié nos prières et attendu le grand jour. Nous savions que la liberté faisait son chemin. Mais nous avons dû attendre trois ans de plus.

Lorsque Gornath Chalenseth est sorti en mai 2019, nous étions ravis. Nous savions que Dieu travaillait pour nous. Enfin, le 5 décembre, j’ai été libéré sous caution — avec l’accord de la Cour suprême indienne.

Je me suis senti très heureux lorsque tous les sept, nous avons été libérés, la Bible à la main, la veille de Noël dans notre village natal de Kotagarh. J’ai été tout aussi ravi de constater que mon fils, âgé de 11 ans, était devenu plus grand que moi. Je suis heureux d’être de retour auprès de ma femme Debaki, de mes proches et des habitants de mon village. Je remercie Dieu pour la liberté.

J’exhorte tout le monde à prier pour nous sept. Nous ne sommes en liberté que sous caution. Nous continuons d’être reconnus coupables d’un meurtre que nous n’avons pas commis. Nous prions pour que la Haute Cour d’Odisha annule le verdict de condamnation afin que nous puissions vivre en paix ».

Asia Bibi : l’AED rencontre une icône

28.02.2020 in ACN International, Adaptation Mario Bard, liberté religieuse, Pakistan, Thomas Oswald pour l’AED France

Asia Bibi en France
Aide à l’Église en Détresse rencontre avec une icône

Entretien réalisé par Thomas Oswald pour l’AED France
Adaptation au Canada : Mario Bard, AED Canada
Publié en ligne le 28 février 2020

 

De passage en France, Asia Bibi y a demandé l’asile politique. La Pakistanaise chrétienne dont l’Aide à l’Église en Détresse a suivi le sort depuis sa condamnation en 2010 nous a accordé un entretien.

De toute évidence, Asia Bibi est fatiguée. Entretiens et rencontres protocolaires occupent les quelques jours qu’elle passe en France. Elle sourit pourtant aux photographes qui multiplient les clichés, et se prête vaillamment à l’enchaînement des interviews : « C’est grâce aux médias que je suis encore en vie », assure-t-elle.

 

Une «jurisprudence Asia Bibi»

Elle doit tout particulièrement la fin de son calvaire à la journaliste française Anne-Isabelle Tollet, qu’elle appelle « sa sœur », et qui l’a assistée dans la publication du livre « Enfin libre ! » (éditions du Rocher), disponible en français au Canada, en mars ou avril. Cette autobiographie rapporte comment la paysanne pakistanaise catholique est devenue une icône mondiale de la résistance au fondamentalisme islamique et contre la persécution religieuse. Accusée de blasphème par ses voisins musulmans, Asia Bibi a passé neuf ans en prison, sous la menace d’être exécutée après avoir été condamnée à mort. La loi pakistanaise anti-blasphème est souvent invoquée pour régler de simples conflits de voisinage et a des conséquences funestes. Ceux qui sont accusés sont souvent lynchés par des foules en colère ou bien « disparaissent », « suicidés » en prison. La médiatisation d’Asia Bibi l’a sauvée. Acquittée en appel par la Cour suprême pakistanaise le 31 octobre 2018, elle a pu finalement, après de nombreuses péripéties, se réfugier au Canada le 8 mai 2019 grâce à la pression internationale. À présent, il existe une « jurisprudence Asia Bibi » qui permet à ceux qui sont accusés de blasphème de se retourner contre leurs accusateurs. La loi anti-blasphème existe toujours au Pakistan, mais on prend désormais un risque en y recourant pour faire du tort à quelqu’un.

 

Asia Bibi et journaliste française Anne-Isabelle Tollet

 

«Nous sommes chrétiens depuis plus de mille ans»

« Jamais je n’aurais imaginé devenir célèbre », assure Asia Bibi de sa petite voix discrète. Elle raconte une enfance heureuse dans son Pakistan natal : « Je jouais avec les voisines musulmanes, il n’y avait pas de séparation », se souvient-elle avec nostalgie. Baptisée à l’âge de huit ans, elle peut vivre sa foi sans difficulté. Faisant référence à son héritage religieux, elle rappelle l’ancienneté des chrétiens pakistanais : « Nous sommes chrétiens depuis plus de mille ans ». Pourtant, en grandissant, elle se rend compte que des différences séparent chrétiens et musulmans dans son pays. Elle entend parler d’incidents contre les chrétiens. Certains sont lynchés par des foules en colère. Il arrive aussi que des musulmans en mal d’épouses enlèvent de jeunes chrétiennes et les convertissent de force pour les épouser.

 

«Aucune colère ne transparaît quand elle évoque cette période si éprouvante de sa vie, seulement de la tristesse et de la fatigue.»

Les chrétiens sont «impurs»

Elle découvre aussi que les musulmans considèrent les chrétiens comme impurs. C’est à cause de cette croyance que sa vie a basculé, un jour de forte chaleur, le 14 juin 2009. Alors qu’elle travaille avec des voisines musulmanes, on lui demande d’aller chercher de l’eau. Elle obéit, puisant l’eau, puis boit le contenu d’un gobelet avant d’apporter le récipient. Une des femmes refuse de boire, car Asia a rendu le liquide « impur ». Asia Bibi se défend en disant qu’elle ne croit pas que le prophète Mahomet serait d’accord. Ce à quoi on lui répond qu’elle vient de commettre un blasphème ! S’ensuivent la prison, la fuite de sa famille menacée par des intégristes, la condamnation à la pendaison… Une saga judiciaire qui a connu une fin heureuse en 2019. Aucune colère ne transparaît quand elle évoque cette période si éprouvante de sa vie, seulement de la tristesse et de la fatigue.

 

Il y a d’autres «Asia Bibi»

Mais Asia sait qu’elle n’est pas seule dans sa condition, et elle veut utiliser le micro qu’on lui tend pour porter la parole de ceux qui sont encore sous le coup d’une accusation de blasphème dans son pays natal. Elle s’anime et sa voix jusqu’alors discrète prend de l’assurance : « Pendant ma détention, j’ai tenu la main du Christ, c’est grâce à lui que je suis restée debout, n’ayez pas peur ! »

 

Devant sa vivacité retrouvée, on devine la femme de caractère que dix ans d’épreuves terribles ne sont pas parvenus à abattre. Cette femme, qui n’a jamais accepté de quitter sa famille ou de renier sa foi, comme on le lui a demandé après son arrestation, pour échapper à la condamnation.

 

Toutefois, elle a dû quitter son pays. Elle nourrit l’espoir d’y retourner un jour : « C’est ma terre natale, j’aime passionnément le Pakistan ! » assure-t-elle. En attendant, elle souhaite trouver refuge en France : « J’ai trouvé beaucoup d’amour ici, je crois que je serais bien avec vous »

Venezuela « Nous voulons une issue pacifique »

18.02.2020 in adaptation : Mario Bard, Par Raquel Martin

Venezuela
«Nous voulons une issue pacifique»

Par Raquel Martin, ACN Espagne
Adaptation du texte, Mario Bard, AED Canada
Publié sur le web le 18 février, 2020

 

Le Cardinal vénézuélien Baltazar Porras a déclaré, lors d’une conférence de presse donnée au siège espagnol l’Aide à l’Église en Détresse (AED), que «les vrais changements se construisent toujours du bas vers le haut», et invité à tirer les leçons des erreurs, ainsi qu’à «ne pas tomber dans l’illusion de tous ces populismes qui font tant de dégâts à notre continent».

 

 

L’archevêque de Mérida et administrateur apostolique de Caracas soutient actuellement la campagne de ce bureau afin de soutenir l’Église du Venezuela.

Dans ce pays, 30 % des enfants souffrent de problèmes de malnutrition, 60 % des familles cherchent quotidiennement de la nourriture dans la rue, la censure a énormément augmenté, « 85 % des médias sont contrôlés et la presse libre est fortement menacée », estime-le cardinal. Il a ajouté que la disparition des jeunes était constante et que la répression était « énorme ».

 

L’Église vénézuélienne : avec le peuple

Cependant, l’Église catholique du Venezuela « ne perd ni l’espoir, ni sa créativité, ni sa persévérance », et se concentre pleinement sur l’aide aux populations dans cette crise sociale, politique, économique et humanitaire.   « L’Église travaille de façon créative pour servir les autres », a-t-il dit, réalisant un « travail de fourmi ». « La présence de l’Église est impressionnante dans les quartiers les plus populaires où elle s’investit avec une joie et un dévouement qui sont édifiants ».

 

Venezuela – Cardinal Baltazar Enrique Porras partage un repas avec ceux dans le besoin

Les paroisses des diocèses du Venezuela sont devenues des cantines sociales et des dispensaires médicaux, a expliqué le cardinal : « Les gens s’unissent pour apporter des solutions aux problèmes communs » et ce sont « les gens simples et humbles qui offrent et fournissent le peu qu’ils ont, comme dans l’Évangile ». Selon le cardinal vénézuélien, le travail des prêtres, religieux et laïcs qui aident les autres est incroyable : « Non seulement ils donnent à manger, mais ils accompagnent aussi et donnent de leur temps avec dévouement. C’est surtout d’affection que les gens sont orphelins aujourd’hui ».

 

En ce qui concerne l’avenir de son pays, l’archevêque de Mérida a ajouté : « Nous voulons une issue pacifique et démocratique à cette situation, sans discours guerrier : nous avons tous besoin les uns des autres. Quelque chose doit être fait au-delà des croyances et des idéologies politiques, grâce à une prise de conscience profonde en faveur du présent et de l’avenir ».

Aide à l’Église en Détresse, fidèle à sa mission de soutien pastoral, aident les prêtres, les religieux, les religieuses, les laïcs, les catéchistes et les séminaristes. De plus, et de manière exceptionnelle, l’AED soutient des projets d’urgence humanitaire comme entre autres le financement des cantines paroissiales, le forage de puits ou l’achat de générateurs électriques.

 

Pakistan : 40 chrétiens enfin libérés

30.01.2020 in ACN International, adaptation : Mario Bard, Pakistan

Pakistan 

40 chrétiens enfin libérés !

 Par John Pontifex, ACN International

Adaptation par l’AED France et AED Canada

Publié sur le web le 30 janvier, 2020

Après cinq ans d’emprisonnement, les 40 chrétiens arrêtés pour les manifestations qui ont suivi l’attentat du 15 mars 2015 dans deux églises du quartier chrétien de Youhanabad à Lahore au Pakistan sont enfin libérés.

 

La Commission nationale Justice et Paix de la Conférence des évêques du Pakistan vient d’apporter ce 30 janvier une bonne nouvelle à l’AED : la libération de 40 chrétiens condamnés il y a 5 ans. S’adressant à l’AED quelques heures seulement après le verdict d’acquittement, le père Emmanuel Yousaf, directeur national de la Commission nationale Justice et Paix (NCJP), a déclaré : « Ce que nous avons vu aujourd’hui est une merveilleuse nouvelle pour le Pakistan. Dans tout le Pakistan, les gens avaient prié chaque jour pour que le tribunal statue en leur faveur. C’est un grand jour pour nous tous. » Et de rajouter : « Les accusés ont traversé une très grosse épreuve et maintenant, Dieu merci, ils sont de l’autre côté » expliquant qu’ils étaient maintenant rentrés chez eux avec leurs familles.

 

Retour sur l’arrestation de ces chrétiens en 2015

Après que deux kamikazes se sont fait exploser pendant les offices du dimanche près de l’église catholique Saint-Jean et du temple de l’Église du Christ, causant la mort de 15 fidèles et blessant 70 personnes, le 15 mars 2015, la communauté chrétienne locale a commencé à protester. Dans l’excitation du moment, deux musulmans ont été injustement retenus par la foule comme responsables des attaques contre les églises et lynchés à mort.

À la suite du meurtre de deux hommes, la police a effectué plusieurs descentes dans le quartier de Youhanabad et ordonné l’arrestation de dizaines de chrétiens. Certains musulmans impliqués dans les manifestations ont également été arrêtés et libérés peu après. 42 des chrétiens se sont vu refuser la libération sous caution. Deux d’entre eux sont morts en prison, les rapports faisant état de mauvais traitements physiques et de pressions pour se convertir à l’islam. Les 40 autres viennent d’être libérés.

Retour sur l’arrestation de ces chrétiens en 2015

Le père Yousaf a ensuite remercié l’AED pour son aide juridique et parajuridique qui, a-t-il dit, a été cruciale pour le succès de l’affaire. En plus de financer les frais juridiques, l’AED a parrainé la scolarité des familles des accusés et offert des cadeaux à Pâques et à Noël. Elle s’est engagée à continuer d’aider les familles des accusés, en particulier au cours de l’année à venir.

Projet de la semaine de l’AED : Un moyen de transport pour des religieuses enen Biélorussie

30.01.2020 in ACN International, Motorisation, PROJETS AED

Biélorussie

Une voiture pour les dominicaines de Baranovitchy

 Publié sur le web le 30 janvier, 2020

 

Dès 1992, immédiatement après la fin de l’Union soviétique, trois dominicaines sont venues de Pologne en Biélorussie et ont commencé leur travail dans la ville de Baranovitchy. Leur exemple a dû être probant, car la communauté jouit aujourd’hui d’un nombre important de vocations locales. Actuellement, 18 religieuses sont d’origines biélorusses. D’autres jeunes femmes voudraient aussi entrer dans la communauté, active dans quatre localités.

 

Dans la paroisse catholique de Baranovitchy, une ville de 170 000 habitants, les religieuses accomplissent des services diaconaux, enseignent le catéchisme, travaillent avec les enfants et les adolescents et s’occupent des malades et des personnes âgées. En plus de catéchiser une centaine d’enfants et d’adolescents, elles préparent les adultes à recevoir les sacrements, conduisent les personnes âgées et malades à l’église et apportent la communion aux malades, les réconfortent et les aident. Pendant la période de Noël, les dominicaines font des paquets-cadeaux composés de vêtements, de nourriture et de médicaments pour les nécessiteux.

 

Besoin urgent d’une voiture

Les trois religieuses de Baranovitchy disposent d’une petite voiture qui a plus de dix ans, mais l’entretenir et la réparer demandent de plus en plus d’argent. Elles ont donc besoin de toute urgence d’un véhicule qui fonctionne parfaitement, car, en plus de leurs visites pastorales, elles se rendent régulièrement à Pinsk — où se trouve le siège du diocèse —, afin de participer à des journées de retraite et de formation. La distance est de 180 kilomètres. Enfin, la maison de formation de leur communauté religieuse est située à Minsk (située à 190 km), et ce, sans compter les quatre autres maisons de leur communauté en Biélorussie, situées à une distance pouvant aller jusqu’à 300 kilomètres. Un véhicule est essentiel !

 

Comme les religieuses ne peuvent réunir les fonds nécessaires pour acheter un nouveau véhicule, elles se sont adressées à l’AED avec confiance. Pour leur travail, il serait utile que la nouvelle voiture ait aussi un coffre un peu plus grand, car elles doivent souvent transporter des objets — par exemple des colis de Noël.

Nous voulons les aider à acheter une nouvelle voiture en leur donnant un montant de 15 000 dollars. Les religieuses remercient à l’avance tous leurs bienfaiteurs et prient pour eux.

 

https://secure.acn-canada.org/fr/appuyer-aed/

Vous désirez soutenir ce projet ou tout autre projet semblable ? Cliquez sur le bouton ci-dessous, et sélectionner ‘Projet de la semaine’.

Nouvelles de l’AED – Cameroun Boko Haram : la bête de l’apocalypse

27.01.2020 in Adaptation Mario Bard, AFRIQUE, Cameroun, International Catholic Charity Aid to the Church in Need, Maria Lozano

Cameroun


Boko Haram : la bête de l’apocalypse
«Pas un jour ne passe sans incursions dans les villages camerounais à la frontière avec le Nigeria»

Propos recueillis par Maria Lozano, ACN International
Adaptation — AED Canada par Mario Bard

Publié sur le web le 27 janvier, 2020

 

«Boko Haram est comme la bête de l’Apocalypse qui, même si on lui coupe la tête, semble en avoir une autre qui repousse», déclare Mgr Bruno Ateba, évêque du diocèse de Maroua-Mokolo, dans le nord du Cameroun, lors d’un entretien avec l’œuvre pontificale de charité, Aide à l’Église en Détresse (AED).

 

Le gouvernement nigérian avait annoncé que le groupe terroriste — né au Nigeria en 2002 et radicalisé en 2009 — avait été vaincu fin 2015. Cependant, selon les informations recueillies par la Fondation AED, tout semble indiquer que son territoire d’action se soit simplement recentré sur les zones rurales du Nigeria, et étendu aux zones frontalières du Cameroun et du lac Tchad. « Dans les villages de l’État de Borno, au Nigeria, et dans toute la zone frontalière du Cameroun, il ne se passe pas un jour sans que soient annoncées des attaques et incursions de terroristes. Les enlèvements et les exécutions de paysans ont instauré un règne de peur et de psychose au sein de la population », explique Mgr Ateba.

Après Noël, une vidéo montrant la décapitation de onze personnes au Nigeria a été rendue publique. Elle a été revendiquée par l’État islamique en Afrique de l’Ouest, l’une des deux factions issues de la division de Boko Haram en 2016. À peu près au même moment, Mgr Barthélemy Yaouda Hourgo, évêque de Yaouga au Cameroun, originaire d’un village proche de la frontière avec le Nigeria, a écrit à la fondation : « Mon village natal de Blablim n’existe plus ! Les terroristes ont tué un jeune homme de ma famille, ils ont saccagé tout le village ainsi que ma maison natale. Tout le monde, à l’exception des personnes âgées et des malades, a dû fuir vers Mora, à 17 km de là. La récolte du coton ne pourra pas être effectuée. Actuellement, les températures sont très basses là-bas. Priez pour tous ceux qui doivent dormir en plein air à cette époque de l’année ».

 

Le terrorisme ou le crime organisé?

Destructions, pillages, vols et enlèvements sont les signes du passage des terroristes. Selon les autorités militaires nigérianes, le groupe djihadiste islamique aurait perdu son pouvoir et se serait divisé en groupes criminels organisés. Le lieutenant-général Tukur Yusufu Buratai, chef d’état-major de l’armée nigériane, signalait en septembre 2019 : « Les membres de ces groupes ont un mode de fonctionnement purement criminel, dans le but d’en tirer des gains personnels. Il est de notoriété publique que ces criminels ne prétendent plus défendre une autre cause que la recherche de biens matériels, ce qui se manifeste par des meurtres et la terreur infligée à d’infortunées populations ». Il a également encouragé les Nigérians à ne pas « glorifier ces criminels, en ne les appelant pas par un autre nom que celui de criminels, violeurs, kidnappeurs, voleurs armés ou assassins ».

Il est vrai que, selon les données du Nigeria Security Tracker, si plus de 36 000 personnes sont mortes du conflit depuis 2012 — en prenant en compte les civils, les forces armées et les terroristes —, le nombre de victimes a fortement diminué par rapport aux chiffres épouvantables atteints en 2014 et 2015, selon la même source.

Ce résultat positif est dû en partie au travail de forces militaires multinationales, incluant les armées du Nigeria, du Cameroun, du Niger et du Tchad. Selon l’organisation indépendante International Crisis Group, plus de 7 000 militaires ont été déployés au Cameroun lors de deux grandes opérations militaires, mobilisant des unités du Bataillon d’intervention rapide (BIR), l’élite de l’armée.

 

La bête réapparaît avec une violence renouvelée

Cependant, bien que les forces armées aient efficacement évité les attaques conventionnelles de Boko Haram ces dernières années, elles n’ont pas réussi à éradiquer le mouvement et une nouvelle génération de militants semble menacer à nouveau. « La pauvreté et l’insécurité dans les zones rurales, ainsi que le manque de perspectives pour les jeunes en font des cibles faciles à manipuler pour les djihadistes », confirme Mgr Ateba.

Selon les données de Human Rights Watch, le conflit entre les forces gouvernementales et Boko Haram a déplacé plus de 270 000 personnes dans le pays depuis 2014. Le groupe armé islamiste Boko Haram aurait mené plus de 100 attaques au Cameroun en 2019, tuant plus de 100 civils. « Au moment où l’on croyait que la bête Boko Haram avait été complètement décapitée, l’horreur a refait surface dans le nord du Cameroun. Dans mon diocèse, il y a eu 13 attaques au cours des quatre dernières semaines. Une église a été incendiée le jour de l’épiphanie. Nous enquêtons, mais tout indique qu’il s’agissait d’un acte terroriste », explique l’évêque. (23.01.2020)