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ACN International

 

Communiqué de l’AED : Bénédiction papale d’une icône pour la Syrie

16.09.2019 in AED Canada, AED-Canada, Mario Bard, PAIX, Pape François, Syrie

Bénédiction papale d’une icône pour la Syrie
Marie-Claude Lalonde parmi les délégués de l’AED

Par Mario Bard, AED Canada

Lundi 16 septembre 2019 — Marie-Claude Lalonde, directrice nationale de l’Aide à l’Église en Détresse Canada (AED), a participé ce dimanche 15 septembre à la bénédiction d’une icône de la Vierge des Douleurs, Consolatrice des Syriens, par le pape François, à la Maison Sainte-Marthe au Vatican. Par la suite, l’icône sera transportée dans 34 diocèses de Syrie — on parle ici du pèlerinage de l’icône — offerte à la vénération des fidèles, et devrait terminer son périple à Damas en mai 2020.

 

« C’est une très grande joie pour moi d’avoir pris part à cet événement qui a eu lieu juste un peu avant l’Angélus de ce dimanche », indique fébrile Marie-Claude Lalonde au bout du fil. « Cette bénédiction est un pur bonheur, puisque nous étions au cœur même de la mission de l’AED : soutenir pastoralement les chrétiens qui en ont le plus besoin. » Elle ajoute : « Cette initiative rejoint tous les autres appels à la paix que le pape François a lancés pour que cesse ce conflit abominable et dont les civils syriens ont terriblement souffert. Par ce geste, il redit avec force tout son soutien à la population syrienne brisée par la guerre ».

Pèlerinage de l’icône : pour la guérison des cœurs

 L’Icône de la Vierge des Douleurs, Consolatrice des Syriens, a été écrite en août dernier par le père Spiridon Kabbash de Homs et sera présentée à la vénération des fidèles dans 34 diocèses de Syrie, fort probablement jusqu’à la fin du mois de mai 2020.

« Enfin, j’ai salué le pape au nom de tous les bienfaiteurs canadiens de l’Aide à l’Église en Détresse », termine Mme Lalonde

« Un projet comme celui de la bénédiction d’une icône peut paraître anodin et sans importance pour des sociétés sécularisées comme les nôtres », explique Mme Lalonde.
« Mais, en Syrie, les traditions religieuses sont encore très présentes dans l’espace social et ces gestes — écrire une icône, la bénir et la proposer à la vénération des fidèles — sont considérés comme un véritable baume, immense et pratiquement essentiel pour tous les chrétiens, blessés par cette guerre, eux qui ont survécu à plus de huit ans de conflit fratricide. »

« Enfin, j’ai salué le pape au nom de tous les bienfaiteurs canadiens de l’Aide à l’Église en Détresse », termine Mme Lalonde.

Le message du pape aux familles qui accompagne l’icône est : « Vous n’êtes pas seul, nous sommes avec vous. » Par ailleurs, au même moment en Syrie, les 6 000 chapelets bénis par le pape il y a un mois ont été distribués dans les paroisses syriennes.

Vatican, 15 septembre 2019 : le pape bénie l’icône de la Vierge des Douleurs, Consolatrice des Syriens. Le père Spiridon Kabbash de Homs, qui a écrit l’icône, se tient à côté. (© ACN/AED)

 

Le tout fait partie d’une grande campagne de prière pour et avec le peuple syrien, Consolez mon peuple, promue par l’Aide à l’Église en Détresse et des Églises syriennes.

 

Une goutte de lait à Homs en Syrie

Par ailleurs, Aide à l’Église en Détresse Canada est toujours en campagne de financement et espère collecter plus de 378 000 dollars afin de donner quotidiennement du lait à plus de 6 000 enfants âgés de 0 à 10 ans dans la ville de Homs, et ce, pendant une période de six mois.

Il y a trois manières faciles et sécuritaires de donner pour ces enfants :

  •         Le site sécurisé : acn-canada.org/fr/gouttedelait
  •          Par téléphone : 1-800-585-6333, poste 222
  •          Par la poste :

Une goutte de lait pour Homs
Aide à l’Église en Détresse Canada

C.P. 670, Succursale H
Montréal (Québec) H3G 2M6

Projet de la semaine de l’AED au Pakistan — Aide à la formation des catéchistes

11.09.2019 in ACN International, Adaptation Mario Bard, Formation, Formation, PROJETS AED, Voyager avec l'AED

Pakistan — Histoire de succès de l’AED

Aide à la formation pour 42 futurs catéchistes

Les catéchistes sont extrêmement importants pour la vie de l’Église au Pakistan. Dans les paroisses, où l’on retrouve de nombreux villages sur une très grande distance, ils fournissent une aide précieuse aux prêtres et ont une grande responsabilité dans l’annonce de la foi. Sans eux, la vie paroissiale prendrait fin en maints endroits, faute de prêtres. 

Situé dans le diocèse de Faisalabad, le centre de formation catéchiste de Khushpur existe depuis 1965. C’est véritablement  le « cœur battant » de la pastorale au Pakistan. Dans ce pays où les hommes dominent la vie sociale, ces laïcs de tout le pays y reçoivent une formation de trois ans afin de pouvoir ensuite accomplir ce précieux service dans leur diocèse d’origine.

Les candidats qui sont déjà mariés et qui ont une famille reçoivent un logement pour la durée de leurs études. Leurs épouses assistent également à différents cours — soins de santé, couture —, et reçoivent également des connaissances bibliques de base.  Ainsi, dans le cadre de vie strictement séparée entre hommes et femmes, qui est la norme au Pakistan, les épouses peuvent s’occuper des femmes de leurs paroisses.  Enfin, pendant que leurs parents sont en apprentissage, les enfants des participants vont à l’école maternelle ou élémentaire.

 

Une grande importance est accordée aux exercices pratiques. Les catéchistes en herbe rendent donc visite aux paroissiens, parlent et prient avec eux. De plus, ils accompagnent pendant une semaine les catéchistes qui sont déjà en activité, afin de mieux comprendre leurs futures responsabilités.

 

Leur formation est régulièrement soutenue par l’Aide à l’Église en Détresse (AED). Les 42 futurs catéchistes vous remercient d’avoir à nouveau financé leur formation l’année dernière, grâce à un montant de 12 600 dollars.

À tous ceux qui ont aidé, un sincère « Que Dieu vous le rende ! ».

Entretien de l’AED – Rapport de l’administrateur apostolique sur la situation actuelle en Terre Sainte

11.09.2019 in Daniele Pîccini, Entrevue AED, Informations, Israël, Réalisation Tobias Lehner, Terre Sainte

Entretien de l’AED – Terre Sainte

«Le fondamentalisme religieux relègue les chrétiens aux marges de la société»

Par Daniele Piccini & Tobias Lehner, ACN International

Mgr Pierbattista Pizzaballa a déjà passé plus de trois décennies de sa vie en Terre Sainte. En 2016, ce Franciscain a été nommé archevêque et administrateur apostolique du Patriarcat latin de Jérusalem. Lors d’une visite aux bureaux de l’AED-Allemagne, il s’est entretenu avec notre collègue Daniele Piccini. Mgr Pizzabella a expliqué pourquoi les décisions politiques internationales actuelles exacerbent le conflit en Terre Sainte et pourquoi l’Église compte sur le pouvoir des petits pas.


 

Mgr Pierbattista Pizzaballa, archevêque et administrateur apostolique du patriarche latin de Jérusalem en visite au bureau Allemand de l’AED pour un entretien télévisé le 4 juin, 2019.

AED : Votre Excellence, quelle est la situation actuelle des chrétiens en Terre Sainte?

Mgr Pierbattista Pizzaballa : On dit souvent que dans le territoire considéré comme la Terre Sainte au sens strict, il existe trois groupes : les Israéliens, les Palestiniens et les chrétiens. Mais les chrétiens ne sont pas un « troisième peuple ». Les chrétiens appartiennent au peuple au sein duquel ils vivent. En tant que chrétiens, nous n’avons aucune revendication territoriale. Pour un juif ou un musulman, la rencontre avec un chrétien ne constitue jamais un danger. Et pourtant, la vie n’est pas facile pour les chrétiens : il est plus difficile [aujourd’hui] pour les chrétiens de trouver du travail ou un logement. Les conditions de vie sont beaucoup plus difficiles.

 

La liberté religieuse est-elle sévèrement restreinte pour les chrétiens en Terre Sainte?
Il faut différencier les approches. La liberté de culte est une chose, la liberté de conscience en est une autre. La liberté de culte existe : les chrétiens peuvent célébrer leurs offices religieux et organiser leur vie communautaire. Bénéficier de la liberté de conscience signifie que chaque fidèle peut s’exprimer librement, et que les membres des autres religions peuvent décider en toute liberté de se convertir au christianisme, s’ils le souhaitent. C’est ici que les choses se compliquent.

En Terre Sainte, la politique joue toujours un grand rôle. Par exemple, dès que l’on décide de se rendre à certains endroits pour une visite, celle-ci peut facilement se transformer en question politique. Je vous donne un exemple : des chrétiens de Bethléem veulent se rendre au Saint-Sépulcre à Jérusalem pour y prier. Souvent, ce n’est pas possible parce qu’ils ont besoin d’un permis. S’agit-il donc ici d’une question de liberté religieuse, ou s’agit-il simplement de politique et ils ne peuvent pas se rendre au Saint-Sépulcre parce qu’ils sont Palestiniens ? Tous ces facteurs sont intimement mêlés.

La majorité des chrétiens en Terre Sainte sont Palestiniens.

Récemment, le gouvernement des États-Unis a transféré son ambassade à Jérusalem. Quels sont les effets perceptibles de cette décision politique?
Au quotidien, peu de choses ont changé a priori. Pourtant, le transfert de l’ambassade américaine représente une impasse politique. Toutes les questions concernant Jérusalem et qui n’intègrent pas les deux parties — les Israéliens et les Palestiniens — causent une profonde fracture à l’échelle politique. Et c’est exactement ce qui est arrivé. Après le transfert de l’ambassade des États-Unis, les Palestiniens ont rompu toutes leurs relations avec le gouvernement américain, ce qui a mis un terme aux négociations entre Israël et les Territoires palestiniens, qui, de toute façon, avançaient à pas de tortue.

L’ancienne ville de Jérusalem.

Les derniers affrontements ont conduit à la radicalisation d’un nombre croissant de jeunes, en particulier parmi les Palestiniens. Cela a-t-il aussi des répercussions pour les chrétiens?
Il y a des Palestiniens qui appartiennent à des mouvements fondamentalistes. Mais il y a également de nombreux Palestiniens qui rejettent la violence. La majorité des chrétiens en Terre Sainte sont Palestiniens. Ils vivent donc dans les mêmes conditions que les musulmans palestiniens. Le fondamentalisme religieux relègue très clairement les chrétiens a de la société. Nous faisons donc autant l’expérience de la coopération et de la solidarité que de l’exclusion et de la discrimination.

 

Un autre problème consiste dans l’émigration croissante des chrétiens…
L’émigration n’est pas un phénomène de masse, sinon, il y a longtemps que les chrétiens auraient disparu de Terre Sainte. L’émigration est faible, mais constante. Chaque année, lors de mes visites dans les paroisses, les prêtres me disent : « Cette année, nous avons perdu deux, trois familles ».

Terre Sainte, Mai 2011 – Le mur qui divise la Palestine et  l’Israël

 

Devant cette impasse politique, l’Église peut-elle faire quelque?
Les chrétiens constituent environ un pour cent de la population. Nous ne pouvons donc pas exiger d’obtenir le même poids politique que d’autres groupes. Néanmoins, l’Église entretient de solides relations dans le monde entier. Viennent s’y ajouter les millions de pèlerins chrétiens venus du monde entier. Notre mission consiste à transmettre aux gens le message suivant : Il y a une manière chrétienne de vivre dans ce pays. Il y a une manière chrétienne de vivre dans ce conflit. L’époque actuelle ne se prête pas aux grands gestes. L’Église doit tenter d’établir de petites connexions, de construire de petits ponts.

9 Jan. 2016. – Abbey of the Dormition in Jerusalem a été ciblé par des vandales.

 

Sa Sainteté le pape François a visité le pays en 2014. Est-ce que cette visite a influencé la situation politique, mais aussi la relation entre les chrétiens catholiques et orthodoxes?
Les visites pontificales constituent des éléments importants dans la mosaïque qui pavent la voie vers la paix, même si elles ne peuvent évidemment pas apporter le grand tournant. Au point de vue œcuménique, c’est différent : la visite du pape François s’inscrit dans la continuité de la célèbre rencontre entre Leurs Saintetés le pape Paul VI et le patriarche Athénagoras, qui a eu lieu en 1964 à Jérusalem. Dans ce contexte, la visite du pape François, et en particulier sa prière œcuménique dans l’église du Saint-Sépulcre, représentait un tournant décisif et perceptible dans les relations entre les chrétiens catholiques et orthodoxes.

 

Soutien financière pour la mise en place du cours: » Guérir la haine spirituel – l’accompagnement dans des situations de conflit. »

Depuis de longues années, l’AED est proche des chrétiens de Terre Sainte. À Jérusalem par exemple, l’œuvre finance un séminaire interreligieux intitulé «Construire le pardon, surmonter la haine», auquel participent des centaines de chrétiens, de juifs et de musulmans. Pouvez-vous nous parler brièvement de cette initiative?
D’abord et avant tout, je tiens à remercier l’AED, parce que l’œuvre de bienfaisance fait beaucoup de choses en Terre Sainte. Vous soutenez de nombreux projets dont ce séminaire organisé par le centre Rossing. Daniel Rossing était juif et convaincu que Jérusalem en particulier devait être un lieu où toutes les religions se sentent chez elles. De nombreux jeunes qui ont participé à ces cours emportent leurs expériences dans leur vie professionnelle. Ainsi, la religion qui est pourtant souvent un facteur de séparation en Terre Sainte, devient ici un point commun.

Première Journée internationale de commémoration pour les victimes de violences en raison de leur religion ou de leurs convictions

21.08.2019 in ACN Feature, ACN International

Jeudi 22 août – Première Journée internationale de commémoration pour les victimes de violences en raison de leur religion ou de leurs convictions

Un pas décisif qui devra être suivi de résultats

 Montréal/Könisgtein, mercredi le 21 août – « La nouvelle Journée internationale de commémoration des personnes victimes de violences en raison de leur religion ou de leurs convictions est un pas en avant, décisif pour faire davantage entendre la voix des chrétiens persécutés », estime Thomas Heine-Geldern, président international de l’œuvre pontificale de l’Aide à l’Église en détresse (AED), qui est ravi que cette journée soit célébrée pour la première fois ce 22 août. La résolution pour la création de cette journée, que le Canada a soutenue, s’est faite en mai dernier par l’Assemblée générale des Nations unies.

 « C’est vraiment une étape fondamentale qui est franchie ce jeudi avec cette journée internationale », estime Marie-Claude Lalonde, directrice du bureau de l’AED au Canada. « Dans les pays comme le Canada où la liberté religieuse est inscrite dans la Charte des droits de la personne, et où elle est amplement respectée, les gens pensent que cette liberté est un acquis partout dans le monde. Ils peinent souvent à s’imaginer que l’on peut être torturé, battu, violé, emprisonné ou même mis à mort à cause de la tradition religieuse à laquelle on appartient ou bien à cause des convictions que l’on professe. En plus du souvenir des victimes, cette journée aidera certainement à sensibiliser la population à ce sujet », estime Mme Lalonde. « Je me réjouis aussi que le Canada soit l’un des neuf pays qui aient présenté la résolution qui a permis la création de cette première journée. »

L’AED, à « l’origine de cette journée »

Après une conférence internationale organisée par l’AED à Rome en septembre 2017, Ewelina Ochab (photo), auteure et avocate, s’est engagée à faire de la sensibilisation à propos des atteintes à la liberté religieuse – et notamment la persécution des chrétiens –, et à presser la communauté internationale à agir. Depuis, elle a été invitée dans de nombreuses conférences afin de créer un réseau de sympathisants. C’est finalement la Pologne qui a soumis la proposition de résolution à l’Assemblée générale de l’ONU. Celle-ci a reçu le soutien des États-Unis, du Canada, du Brésil, de l’Égypte, de l’Irak, de la Jordanie, du Nigeria et du Pakistan. « Le processus a été long et a impliqué de nombreuses parties, mais c’est l’AED qui a été à l’origine de cette impulsion », indique Mme Ochab.

 

« En tant qu’organisation qui œuvre depuis plus de 70 ans pour la défense des chrétiens en détresse, l’AED se réjouit que les Nations Unies aient reconnu cette journée. C’était une décision attendue de longue date », explique T. Heine-Geldern. « Certes : toutes les communautés religieuses font régulièrement l’objet de violences. Malheureusement, les rapports internationaux sur la liberté de religion ne cessent malheureusement de confirmer que les chrétiens en sont les premières victimes. » Au cours des cinq dernières années, on a dû déplorer deux génocides à l’encontre de minorités religieuses ; d’une part, les chrétiens et d’autres groupes religieux en Irak et en Syrie qui étaient aux mains du groupe État islamique ; et d’autre part, la minorité musulmane des Rohingyas en Birmanie.

À cela s’ajoutent les atrocités qui sont systématiquement commises en Afrique ces dernières années, et dont les chrétiens sont de plus en plus souvent victimes.

Pour le président de l’AED, si cette nouvelle journée de commémoration constitue une étape importante, elle ne peut qu’être une première étape : « Le 22 août ne doit pas être une fin en soi. Cette journée doit lancer un processus pour encourager la communauté internationale à adopter un plan d’action coordonné afin de mettre fin aux persécutions religieuses et à les empêcher. En fait, il est du devoir des Nations Unies, des gouvernements et des politiques de faire respecter le droit humain à la liberté de culte. Cette journée symbolique doit à présent être suivie de résultats », estime le président international de l’AED. Selon lui, il faudra entre autres créer un programme d’action dans le cadre de l’ONU pour promouvoir le dialogue entre les représentants des groupes religieux persécutés. En outre, les Nations unies devront œuvrer pour la création d’un tribunal international responsable de la question de l’impunité des violences religieuses commises par des groupes tels que Boko Haram, d’Al-Shabaab ou du groupe État islamique.

 

Thomas Heine-Geldern, président international de l’œuvre pontificale de l’Aide à l’Église en détresse (AED),

Rien qu’au cours de la dernière année Aide à l’Église en Détresse a soutenu plus de 5 000 projets dans 139 pays du monde grâce un montant d’un peu plus de 150 millions de dollars.

Récit de l’AED – travail interreligieux au Niger

30.07.2019 in AFRIQUE, Niger, Par Matthias Böhnke & Thomas Oswald

Niger

pour répandre le bien, des conférences interreligieuses

« Moins d’un pour cent des quelque quinze millions d’habitants du diocèse de Maradi sont chrétiens », raconte l’évêque Mgr Ambroise Ouédraogo lors d’un entretien avec Aide à l’Église en Détresse (AED). L’ecclésiastique de 70 ans est le premier, et jusqu’à présent seul évêque du diocèse de Maradi, l’un des deux diocèses du Niger en Afrique de l’Ouest.

Par Matthias Böhnke & Thomas Oswald, for ACN International, pour ACN International
adapté par Mario Bard pour AED-Canada
publié sur le web le 30 juillet, 2019

L’évêque affirme que pendant des années, les quelque 5 000 à 6 000 catholiques de son diocèse ont coexisté en grande partie en sécurité avec la population majoritairement musulmane, et il ajoute : « Cela a changé en 2015, lorsque la parution de caricatures critiques à l’égard de l’islam dans le journal satirique français Charlie Hebdo a déclenché une vague de violence. » Lors des nombreuses exactions qui ont éclaté dans l’ensemble du pays, au moins dix chrétiens ont été tués en l’espace de quelques heures seulement, et plus de 70 églises et autres institutions chrétiennes ont été détruites. Environ 80 pour cent des églises chrétiennes du pays ont été touchées, en particulier dans les régions de Niamey et de Zinder.

 

« Les chrétiens avaient terriblement peur des islamistes radicaux. Et comme des incidents contre des chrétiens se produisent sans cesse à intervalles irréguliers, cette peur persiste », poursuit Mgr Ouédraogo. Il y a une quinzaine de jours seulement, l’église protestante de Maradi, située sur le territoire de son diocèse, a été incendiée par des groupes radicaux qui voulaient ainsi protester contre l’incarcération d’un imam. Ce dernier a été arrêté parce qu’il a déclaré dans ses prêches être contre un projet de loi qui prévoit un contrôle plus poussé des sources financières lors de la construction et de l’exploitation de lieux de culte privés. Malgré les manifestations, la loi a été adoptée le lundi 17 juin par le parlement du Niger.

 

Le mal se répand comme « une traînée de poudre »

À 8 km de Maradi où s’est produite la dernière attaque vit Sœur Marie Catherine Kingbo avec sa communauté, la « Fraternité des Servantes du Christ ». Dans un entretien avec Aide à l’Église en Détresse, elle raconte : « Nous nous attendions certes à des attaques, mais nous ne pensions pas que cette attaque pourrait être déclenchée par un projet de loi. » Venue au Niger il y a quinze ans, cette religieuse ne reconnaît plus la situation. À l’époque, il n’y avait presque pas de tensions interreligieuses, affirme-t-elle. « Aujourd’hui, j’entends même des musulmans dire qu’il y a trop de mosquées et d’écoles coraniques, mais trop peu de puits et de cliniques ». Par crainte des attaques islamistes, sa communauté et les élèves auxquelles elle donne ses cours sont sous protection permanente de la police. « Le mal qui s’est déchaîné en Libye, en Syrie et dans d’autres pays d’Afrique du Nord et du Proche-Orient se répand ici aussi comme une traînée de poudre », déplore-t-elle.

 

Cependant, Sœur Catherine est persuadée que si le mal se répand, le bien, quant à lui, se répand également. Sa congrégation met sur pied de nombreuses actions qui bénéficient à la société : les religieuses soutiennent les femmes en détresse et elles organisent aussi chaque année une rencontre entre les chrétiens et les musulmans. En 2006, 28 personnes ont participé à la première de ces conférences interreligieuses. En 2018, il y a eu en tout 350 participants. Les relations avec les imams locaux et les voisins sont bonnes, assure Sœur Catherine. Pour elle, il est donc absolument exclu de limiter ses activités par peur de l’extrémisme : « Nous ne partirons pas. Ils ont peut-être des fusils, mais nous, nous avons Jésus ! »

« Beaucoup de musulmans trouvent profondément honteuse la situation actuelle et montrent leur solidarité avec les chrétiens »

C’est également ce que pense l’évêque Mgr Ouédraogo. Pour lui aussi, il a toujours été exclu de remettre en question la collaboration et le dialogue avec les musulmans. « Beaucoup de musulmans trouvent profondément honteuse la situation actuelle et montrent leur solidarité avec les chrétiens », souligne l’évêque. « De 95 à 98 pour cent des élèves de nos institutions scolaires sont musulmans, et Caritas mène également des projets dans des régions presque exclusivement peuplées de musulmans. Nous ne faisons aucune différence. Et cela restera ainsi. »

L’œuvre pontificale de charité Aide à l’Église en Détresse (AED) soutient l’Église du Niger depuis de longues années et y finance entre autres la formation dans la foi, comme elle soutient les prêtres du pays à travers des aides à la subsistance.

Entretien AED : Père Prasad Harshan aide les victimes des attentats au Sri Lanka.

26.07.2019 in Adaptation Mario Bard, PAIX, par Stephan Baier, Sri Lanka

Sri Lanka

« En une seule nuit, tout le pays a été baptisé »

Avec son équipe appelée Faith Animation, le Père Prasad Harshan aide les victimes des attentats terroristes au Sri Lanka.

Un entretien mené par Stephan Baier/Aide à l’Église en Détresse (AED)

Père Prasad Harshan, les attaques terroristes commises à Pâques contre trois églises chrétiennes au Sri Lanka ont blessé de nombreux fidèles, non seulement sur le plan physique et psychique, mais aussi dans leur foi. Comment l’Église les aide-t-elle ? S. E. Mgr Malcolm Ranjith, notre cardinal, souhaitait que des missionnaires descendent dans les rues pour aller de paroisse en paroisse, de rue en rue, pour être à l’écoute des gens dans leurs maisons, pour écouter leurs histoires et les aider dans chacun de leurs combats de la foi. Nous avions déjà commencé à mettre ce projet en branle il y a trois ans. Aujourd’hui, cette approche s’est avérée une véritable bénédiction lorsque nous avons appris cette tragédie : une bénédiction pour l’Église et pour la population. Nous sommes à présent cinq prêtres qui travaillent avec les victimes des attentats. Nous déployons en particulier nos activités à Negombo, où 115 personnes d’une seule paroisse ont été assassinées, et où plus de 280 personnes ont été blessées. Nous apercevons partout des fanions noirs en signe de deuil. Les gens sont blessés sur le plan physique, mental et spirituel. Nous constatons l’ampleur des blessures dans leur foi et dans leur vie spirituelle. Durant les trente années de guerre civile, nous n’avions jamais vécu ce genre d’attaques à la bombe dans des églises. Aujourd’hui, les gens se posent des questions : pourquoi est-ce arrivé ? Pourquoi le jour de Pâques ?

..« comment Dieu a-t-il pu permettre cela, dans Sa propre maison ? »

Père Prasad Harshan

Est-ce qu’il s’ensuit des doutes au niveau de la foi et une certaine distance par rapport à l’Église ? Les gens ont d’abord été sous le choc : comment Dieu a-t-il pu permettre cela, dans Sa propre maison ? Nous, les prêtres, avons décidé de rester aux côtés des gens, même si nous ne pouvions leur donner aucune réponse. Nous avons été auprès d’eux dans leurs maisons. Nous avons voulu leur montrer que Dieu est et demeure auprès d’eux. Après le choc, il a y eu la colère. En particulier lorsqu’ils ont appris que le gouvernement avait été, au préalable, alerté par des informations. Les gens ont dû lutter contre leurs émotions. Dans ce contexte, l’exhortation du cardinal de se laisser guider par la foi et non par les émotions a joué un rôle majeur.

À quoi ressemble concrètement votre travail pastoral ? Aujourd’hui, nous travaillons beaucoup avec des enfants qui ont peur de retourner à l’église ou à l’école dominicale. Nous suivons aussi les mères pour renforcer leur foi. Il y a 475 ans, un roi hindou a assassiné 600 chrétiens au nord du Sri Lanka. Nous emmenons maintenant les proches des victimes des attentats aux mémoriaux de ces martyrs, dans le nord du pays. Les morts du dimanche de Pâques sont des martyrs parce qu’ils ont perdu leur vie pour leur foi. À travers ce voyage auprès de ces anciens martyrs, nous tentons de guérir les blessures des proches. Les blessés et les personnes qui ont perdu leur conjoint durant la guerre civile s’adressent également à eux, les encouragent et témoignent de leur foi en Dieu. Beaucoup de catholiques au Sri Lanka m’ont dit qu’après les attentats terroristes, ils étaient plus forts et plus croyants qu’auparavant.

Les personnes directement concernées portent encore aujourd’hui leurs blessures. Néanmoins, cette tragédie est devenue une bénédiction pour les catholiques de notre pays, car en une seule nuit, tout le pays a été baptisé. En effet, il y a un baptême d’eau et un baptême de sang. Soudainement, notre pays a pris conscience de la présence des catholiques et de la particularité de leur croyance. Auparavant, environ 4 000 personnes regardaient les messages vidéo du cardinal, alors qu’aujourd’hui, ils sont des centaines de milliers. Ils veulent savoir ce qu’il pense. Nous vivons une véritable Pâque ! Mais, cela a commencé le dimanche de Pâques par les corps déchiquetés, par le sang des martyrs.

Victimes des attentats du 23 avril, 2019

Les bouddhistes représentent 70 pour cent de la population du Sri Lanka. Pourquoi les terroristes n’ont-ils pas attaqué des temples bouddhistes ? Les bouddhistes constituent une majorité dans ce pays, et parmi eux, il y a aussi des guerriers. Nous ignorons pourquoi aucun temple bouddhiste n’a été attaqué. C’est peut-être relié au fait que l’Église catholique constitue certes une minorité dans notre pays, mais qu’elle représente la plus grande communauté religieuse du monde. Les terroristes voulaient impliquer le monde entier.

« Ils se sont demandé : pourquoi ne se vengent-ils pas ? »

Comment les attentats ont-ils influencé la relation entre les bouddhistes et les catholiques ? Les bouddhistes ont commencé à discuter entre eux et à souligner à quel point les catholiques étaient admirables. Ils se sont demandé : pourquoi ne se vengent-ils pas ? Heureusement, nous avons un merveilleux système dans l’Église catholique : les prêtres écoutent le cardinal, les fidèles écoutent les prêtres. Actuellement, les moines bouddhistes nous admirent également, nous autres catholiques, et nous témoignent beaucoup de sympathie et de respect.
Comment les chefs de la communauté religieuse islamique du Sri Lanka ont-ils réagi à la terreur issue de leurs rangs ?
Les autorités musulmanes ont reconnu qu’elles avaient commis l’erreur de se taire au sujet des activités des groupes terroristes dans leurs communautés. Nous n’en savions rien, mais elles étaient au courant. Elles ont compris que c’était un désastre pour tout le pays. Tous les musulmans ne sont pas des terroristes, mais tous les kamikazes qui ont commis les attentats-suicides étaient musulmans. Les musulmans ne peuvent donc nier avoir leur part de responsabilité à assumer. Leur mission est maintenant d’effectuer une purification intérieure. Lorsque les enquêtes ont commencé, des armes ont été trouvées dans les mosquées. Nous en avons été choqués. Les dirigeants islamiques ont le devoir d’interpréter le Coran de manière pacifique.

La solidarité internationale avec les victimes a-t-elle été tangible au Sri Lanka ? Les organisations de secours catholique comme Aide à l’Église en Détresse (AED) nous ont été d’un très grand soutien. Nous sommes une minorité dans ce pays, mais nous savons que nous appartenons à une famille bien plus grande. Des gens qui ne sont jamais venus au Sri Lanka prient pour nous et nous font des dons ! C’est ainsi que l’Église catholique est devenue une bénédiction pour toute la population du Sri Lanka. En effet, des musulmans, des hindous et des bouddhistes aussi sont morts dans nos églises. Alors que les gens se tournent maintenant vers l’Église catholique, une conversion intérieure a commencé. Les gens commencent à comprendre ce que cela signifie de vivre en Jésus-Christ.

Sri Lanka – Le courage de continuer!

25.07.2019 in ACN International, Sri Lanka

Réouverture de l’église Saint-Sébastien

Dimanche dernier, 21 juillet, au Sri Lanka, à l’église Saint-Sébastien (située dans le quartier Katuwapitiya de Negombo, ville située tout juste au nord de la capitale Colombo), la messe a été célébrée pour la première fois, et ce, trois mois jours pour jour après le dimanche de Pâques sanglant du 21 avril dernier. Selon un média local (newsfirst.lk), plus de 1000 personnes ont participé à la réouverture de l’église réparée. Les familles des survivants se trouvaient dans les premiers bancs.

On se souvient que le jour de la fête de la résurrection du Christ – la plus grande fête chrétienne de l’année – des attentats kamikazes ont tué 253 personnes et blessées plus de 500 autres en six lieux différents du Sri Lanka. L’église Saint-Sébastien faisait partie des lieux visés par les terroristes et 100 personnes y ont été tuées.

Dans l’église, les paroissiens ont pu découvrir une statue représentant Jésus ressuscité, maintenant conservée sous une protection de verre. Cette statue est recouverte du sang de victimes de l’attentat kamikaze. Pour de nombreux chrétiens, un tel symbole n’est pas morbide, mais représente plutôt un objet de mémoire de ceux et celles qui sont morts à cause de cette haine exprimée contre eux, strictement parce qu’ils étaient chrétiens.

La première messe a été célébrée par le cardinal Malcolm Ranjith, archevêque de Colombo. Newsfirst.lk rapporte que, vers la fin de son homélie, le cardinal a rappelé qu’il avait demandé aux chrétiens de ne pas haïr les personnes de confessions musulmanes, ou la religion musulmane elle-même, parce qu’il estime ces attentats n’ont pas été orchestrés par les membres de cette tradition, mais plutôt par un groupe international – non nommé dans l’article – qui a utilisé un groupe de jeunes dans le cadre de sa conspiration internationale. Il a exhorté les gens à traiter avec respect les personnes de confessions musulmanes puisqu’il estime qu’elles ne peuvent être tenues responsable de ces attaques.

 

Les images que vous voyez sur ce vidéo ont été prises par une équipe de Catholic Radio Television Network (CRTN), partenaire régulier de l’Aide à l’Église en Détresse (AED). CRTN produit entre autres l’émission Where God Weeps – diffusée au Canada sur les ondes de Salt and Light TV/Sel et Lumière Télé – et des dizaines de documentaires produits pour l’AED et qui sont également diffusés au Canada, autant en anglais qu’en français.

Communiqué AED – Projet : Une goutte de lait

19.07.2019 in ACN Canada, ACN International, Par Mario Bard, Syrie

AED Canada adopte le projet à Homs en Syrie

Objectif : 378 000 dollars d’ici le 30 septembre prochain pour les enfants de 0 à 10 ans de la ville de Homs.

 

Montréal, 18 juillet 2019 – « En Syrie, malgré l’arrêt presque complet des violences, tout reste à faire ! », s’exclame Marie-Claude Lalonde, directrice nationale de l’Aide à l’Église en Détresse Canada (AED). Avec son équipe, elle lance ces jours-ci une campagne pour un projet nommé Une goutte de lait, dont l’objectif est de fournir du lait pour six mois aux enfants de 0 à 10 ans d’un quartier de la ville de Homs en Syrie. Pour y arriver, l’AED Canada doit récolter 378 000 dollars.

 

 

Homs : une campagne pour redonner l’espérance

« Nous sommes très heureux de parrainer ce projet, créé tout d’abord à Alep en 2015 par le médecin québécois d’origine syrienne, Nabil Antaki », explique Mme Lalonde.
« Très rapidement, le docteur Antaki s’est aperçu que les besoins étaient grands et c’est pourquoi, en 2017, il s’est tourné vers l’AED afin que le projet, devenu indispensable, puisse continuer. »

 

«Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui regardent sans rien faire»

Tout comme l’ancien bastion économique de la Syrie qu’était Alep, la ville de Homs a aussi été dévastée par le conflit sanglant qui a débuté en mars 2011 et fait entre 300 000 et 550 000 morts, selon les organisations. Au plus fort des conflits, dix millions de personnes étaient déplacées et réfugiées, dans ou bien hors du pays.

 

 

De la musique et de la poésie pour une goutte de bonté

« La nécessité est la mère de l’invention », disait le célèbre philosophe Platon. Mais, dans le cas de Chantal Roussety, on peut dit dire que la nécessité a été la mère de sa générosité ! En effet, la musicienne – piano et orgue entre autres – tient depuis trois ans son petit appartement de l’est de Montréal, des concerts où la quinzaine de personnes présentes donnent spécifiquement pour le projet Une goutte de lait. « La vue continuelle de photos de guerre depuis tant d’années, et en particulier celles d’enfants, a fini par me donner la nausée parce que je me sentais impuissante à les aider », explique avec franchise Mme Roussety.

 

« La phrase d’Einstein – Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui regardent sans rien faire – m’a atteinte droit au cœur. Puis, une connaissance m’a parlé du projet de la Goutte de lait de l’Aide à l’Église en Détresse. Alors, j’ai décidé de mettre ma propre goutte, si je puis dire, pour aider à soulager un océan de misère. »

 

Marie-Claude Lalonde est très heureuse de cette initiative. « Cette année, les concerts ont permis d’amasser plus de 3000 $, permettant ainsi d’atteindre un montant de plus de 7 000 $ en trois ans, une très belle réussite qui tient à la générosité incroyable de Chantal, devenue une amie et bienfaitrice pour les enfants et pour l’AED », explique-t-elle. « Ces concerts sont maintenant incontournables pour nous, et bien sûr, pour les enfants de Syrie. »

 

D’ailleurs, pour la quatrième édition, Mme Roussety espère agrandir le cercle de ceux et celles qui pourront financer le projet Une goutte de lait, tout en profitant d’une soirée artistique agréable et remplie d’émotions. « Nous cherchons déjà une salle, car chez moi, ça devient un peu à l’étroit », explique cette dernière. « Et puis, j’ai le goût de partager mon amour de la musique et des arts, tout en soutenant un projet qui aide concrètement et sûrement ces enfants de la guerre.»

 

En attendant, le grand public peut donner dès maintenant au projet
Une goutte de lait pour les enfants de Homs.

  • En donnant directement sur la page sécurisée :
  • En téléphonant au 1-800-585-6333, poste 222 ou bien 225
  • Par la poste :
    Aide à l’Église en Détresse Canada
    Une goutte de lait
    P. 670, Succursale H
    Montréal QC H3G 2M6

Au nom des enfants de Homs : Merci!


 

Pour toutes demandes d’entrevues à ce sujet, merci de me contacter :
Mario Bard, responsable de l’information, AED-Canada-ACN-Canada
(514) 932-0552, poste 224, ou sans frais, au 1-800-585-6333, poste 224.
Cell. : 514-967-8340     
com@acn-canada.org

 

 

 

 

Succès de l’AED – République centrafricaine (RCA)

17.07.2019 in ACN International, AED-Canada, Centrafrique, Formation, Pères Capucins, PROJETS AED, Violences

Succès de l’AED – République centrafricaine (RCA)

 

Formation continue dans le diocèse de Bouar

Publié sur le web Mercredi le 17 juillet, 2019

Grâce à l’aide de nos bienfaiteurs, qui ont fait don de 4 500 dollars, près de 40 prêtres diocésains et religieux du diocèse de Bouar en République centrafricaine ont pu participer à une formation en mars dernier. Dans ce pays qui souffre de violences et de problèmes extrêmes, il est important de fortifier les prêtres, car ils sont souvent les seuls capables d’aider les gens à ne pas perdre espoir.

 

Le programme portait sur des sujets importants de la pastorale, tels que la préparation au mariage, la préparation aux sacrements, le baptême des adultes et le rôle des catéchistes dans les petits villages isolés. Les prêtres ont également réfléchi à leur propre vocation et à l’importance du sacerdoce. Ils ont aussi pu se former sur des sujets pratiques tels que la comptabilité, l’administration et l’archivage, qui sont nécessaires – et même obligatoires –  dans une paroisse ou un établissement, mais auxquels de nombreux prêtres sont insuffisamment préparés quand ils acceptent un poste qui requiert de telles connaissances.

Les prêtres du diocèse ont grandement bénéficié de ces journées d’échanges et de formation continue : ils remercient tous les bienfaiteurs qui ont rendu cela possible.

 

Un formateur assassiné

Malheureusement, après ces belles et stimulantes journées, quelque chose de terrible s’est passé : le père Capucin Toussaint Zoumalde, 47 ans, qui avait donné une conférence sur le sacerdoce et la vocation à la prêtrise, a été assassiné alors qu’il rentrait chez lui.

Ce prêtre, lui-même originaire du diocèse de Bouar mais qui était devenu le supérieur provincial de son ordre au Tchad, avait voulu passer la nuit à Ngaoundere, au Cameroun, lorsqu’il a été poignardé par des inconnus.

« Frère Toussaint, ce prêtre riche des subtilités de l’Évangile et de la beauté du sacerdoce ».

Le père Toussaint était un homme instruit, ayant lui-même étudié à Rome et travaillé à la formation des prêtres. Ses amis et confrères le décrivent comme un homme fin, aux multiples talents, doté d’une âme profonde et d’un grand amour pour l’Église et surtout pour la prêtrise. Il avait écrit des chants et des poèmes, savait facilement parler aux jeunes auxquels il enseignait l’Évangile, et avait été responsable de la radio catholique à Bouar. Au Tchad, parmi ses nombreuses autres tâches, il dirigeait un musée de la culture de l’ethnie Mboum.

 

On peut lire dans la nécrologie de ce capucin : « La main lâche du meurtrier, lorsqu’il l’a assassiné dans la nuit du 19 mars, ne savait rien de la beauté et de l’élégance du Frère Toussaint, ce prêtre riche des subtilités de l’Évangile et de la beauté du sacerdoce ».

 

Quelques jours après la rencontre des prêtres à Bouar, au cours de laquelle Toussaint Zoumalde avait inspiré ses confrères et leur avait donné à réfléchir sur le sacerdoce, ces derniers l’ont enterré, suscitant la compassion de la population et de toute l’Église du diocèse. Les mots prononcés lors de la rencontre des prêtres sont maintenant devenus son héritage.

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Communiqué – l’AED soutient un rapport gouvernemental sur la persécution des chrétiens

16.07.2019 in ACN International, Actualités, adaptation : Mario Bard, Communiqué, MONDE, Persécution, Persecution of Christians

Persécution des chrétiens
Aide à l’Église en Détresse soutient la publication d’un rapport gouvernemental en Grande-Bretagne

Montréal/Londres/Königstein, lundi 15 juillet 2019Un rapport indépendant sur la persécution des chrétiens dans le monde commandé par le ministre britannique des Affaires étrangères est publié aujourd’hui. C’est la première étude du genre à être menée par un gouvernement national. Elle a été commandée par Jeremy Hunt, Secrétaire d’État des Affaires étrangères du Royaume uni, et a été supervisée par le Révérend Philip Mounstephen, évêque anglican de Truro. Le bureau britannique de l’Aide à l’Église en Détresse (AED) a soutenu sa publication.

Dans l’introduction du rapport, Mgr Mounstephen souligne que la persécution religieuse des chrétiens n’est pas un événement isolé, mais un « phénomène mondial ». Selon lui, l’accent mis dans le rapport sur le christianisme « n’est pas une plaidoirie particulière en faveur des chrétiens, mais compense plutôt un déficit important », étant donné que les chrétiens forment le groupe qui, dans le monde, subit le plus d’attaques basées sur des raisons religieuses. L’évêque anglican regrette que les pays occidentaux « ferment les yeux sur cette réalité » et souhaite que le rapport soit un appel à « cesser d’être de simples spectateurs et à devenir des acteurs ». Il souligne en même temps le fait que la persécution des chrétiens est une question de droits universels de la personne et doit être considérée comme telle.

Les 176 pages du document analysent les tendances mondiales, détaillent la situation dans des pays tels que l’Irak, le Nigeria, la Chine, le Sri Lanka, le Pakistan ou la Syrie, et finissent par une liste de 22 recommandations adressées au Ministère des Affaires étrangères. Le document appelle le gouvernement à agir davantage pour répondre à la violence contre les chrétiens, qui a parfois atteint « des niveaux proches du génocide ». Il appelle le gouvernement britannique à s’assurer que « la liberté de religion ou de croyance reste au cœur des priorités de la politique étrangère du Royaume-Uni » et l’encourage à « être le leader mondial dans la défense de la liberté religieuse ».

Sri Lanka : enterrement de victimes des attentats antichrétiens de Pâques 2019

 

Le rapport a été préparé par une commission de fonctionnaires du Ministère des Affaires étrangères, des membres d’ONG ayant de l’expérience dans le domaine de la liberté religieuse, et d’autres membres indépendants. L’œuvre pontificale Aide à l’Église en Détresse (AED ou ACN au niveau international) y a participé. Depuis plus de 70 ans, l’AED soutient les chrétiens persécutés dans le monde et a été étroitement impliquée dans la préparation de la première partie du document, grâce à un travail d’enquête essentiel sur l’ampleur des persécutions en Afrique, au Proche-Orient et en Asie du Sud.

L’ADN de l’AED : dire et redire l’importance de la liberté religieuse

« Nous sommes heureux comme organisme international de pouvoir donner une voix aux sans voix » indique Marie-Claude Lalonde, directrice de l’AED au Canada. « Dès le départ, notre fondateur le père Werenfried a averti les pays occidentaux dans les années 50 de la terrible tragédie que vivaient les chrétiens sous des Régimes autoritaires, dont le communisme. Et, encore aujourd’hui, notre travail avec nos partenaires dans 139 pays nous permet de constater l’ampleur de la discrimination et de la persécution exercée contre les chrétiens. J’espère que cette action du gouvernement britannique inspirera d’autres gouvernements dans le monde à oser se pencher sur la question – plus vaste – des libertés religieuses. »

Neville Kyrke-Smith, directeur du bureau britannique de l’AED, a souligné quant à lui l’importance de ce type de rapport : « Nous sommes heureux d’avoir été impliqués dans ce rapport. Le fait que ces problèmes soient enfin reconnus au niveau politique est un encouragement pour notre travail ». Il souligne en même temps l’importance de protéger les minorités chrétiennes dans les pays où elles sont victimes de persécutions et d’oppressions : « Il est essentiel de soutenir cette présence chrétienne, car les chrétiens sont souvent des bâtisseurs de ponts et des instruments de paix dans de nombreux pays ».

 

Image créée pour les réseaux sociaux en Grande-Bretagne qui dit: ne fermez pas les yeux sur la persécution religieuse.