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ACN Feature

 

Première Journée internationale de commémoration pour les victimes de violences en raison de leur religion ou de leurs convictions

21.08.2019 in ACN Feature, ACN International

Jeudi 22 août – Première Journée internationale de commémoration pour les victimes de violences en raison de leur religion ou de leurs convictions

Un pas décisif qui devra être suivi de résultats

 Montréal/Könisgtein, mercredi le 21 août – « La nouvelle Journée internationale de commémoration des personnes victimes de violences en raison de leur religion ou de leurs convictions est un pas en avant, décisif pour faire davantage entendre la voix des chrétiens persécutés », estime Thomas Heine-Geldern, président international de l’œuvre pontificale de l’Aide à l’Église en détresse (AED), qui est ravi que cette journée soit célébrée pour la première fois ce 22 août. La résolution pour la création de cette journée, que le Canada a soutenue, s’est faite en mai dernier par l’Assemblée générale des Nations unies.

 « C’est vraiment une étape fondamentale qui est franchie ce jeudi avec cette journée internationale », estime Marie-Claude Lalonde, directrice du bureau de l’AED au Canada. « Dans les pays comme le Canada où la liberté religieuse est inscrite dans la Charte des droits de la personne, et où elle est amplement respectée, les gens pensent que cette liberté est un acquis partout dans le monde. Ils peinent souvent à s’imaginer que l’on peut être torturé, battu, violé, emprisonné ou même mis à mort à cause de la tradition religieuse à laquelle on appartient ou bien à cause des convictions que l’on professe. En plus du souvenir des victimes, cette journée aidera certainement à sensibiliser la population à ce sujet », estime Mme Lalonde. « Je me réjouis aussi que le Canada soit l’un des neuf pays qui aient présenté la résolution qui a permis la création de cette première journée. »

L’AED, à « l’origine de cette journée »

Après une conférence internationale organisée par l’AED à Rome en septembre 2017, Ewelina Ochab (photo), auteure et avocate, s’est engagée à faire de la sensibilisation à propos des atteintes à la liberté religieuse – et notamment la persécution des chrétiens –, et à presser la communauté internationale à agir. Depuis, elle a été invitée dans de nombreuses conférences afin de créer un réseau de sympathisants. C’est finalement la Pologne qui a soumis la proposition de résolution à l’Assemblée générale de l’ONU. Celle-ci a reçu le soutien des États-Unis, du Canada, du Brésil, de l’Égypte, de l’Irak, de la Jordanie, du Nigeria et du Pakistan. « Le processus a été long et a impliqué de nombreuses parties, mais c’est l’AED qui a été à l’origine de cette impulsion », indique Mme Ochab.

 

« En tant qu’organisation qui œuvre depuis plus de 70 ans pour la défense des chrétiens en détresse, l’AED se réjouit que les Nations Unies aient reconnu cette journée. C’était une décision attendue de longue date », explique T. Heine-Geldern. « Certes : toutes les communautés religieuses font régulièrement l’objet de violences. Malheureusement, les rapports internationaux sur la liberté de religion ne cessent malheureusement de confirmer que les chrétiens en sont les premières victimes. » Au cours des cinq dernières années, on a dû déplorer deux génocides à l’encontre de minorités religieuses ; d’une part, les chrétiens et d’autres groupes religieux en Irak et en Syrie qui étaient aux mains du groupe État islamique ; et d’autre part, la minorité musulmane des Rohingyas en Birmanie.

À cela s’ajoutent les atrocités qui sont systématiquement commises en Afrique ces dernières années, et dont les chrétiens sont de plus en plus souvent victimes.

Pour le président de l’AED, si cette nouvelle journée de commémoration constitue une étape importante, elle ne peut qu’être une première étape : « Le 22 août ne doit pas être une fin en soi. Cette journée doit lancer un processus pour encourager la communauté internationale à adopter un plan d’action coordonné afin de mettre fin aux persécutions religieuses et à les empêcher. En fait, il est du devoir des Nations Unies, des gouvernements et des politiques de faire respecter le droit humain à la liberté de culte. Cette journée symbolique doit à présent être suivie de résultats », estime le président international de l’AED. Selon lui, il faudra entre autres créer un programme d’action dans le cadre de l’ONU pour promouvoir le dialogue entre les représentants des groupes religieux persécutés. En outre, les Nations unies devront œuvrer pour la création d’un tribunal international responsable de la question de l’impunité des violences religieuses commises par des groupes tels que Boko Haram, d’Al-Shabaab ou du groupe État islamique.

 

Thomas Heine-Geldern, président international de l’œuvre pontificale de l’Aide à l’Église en détresse (AED),

Rien qu’au cours de la dernière année Aide à l’Église en Détresse a soutenu plus de 5 000 projets dans 139 pays du monde grâce un montant d’un peu plus de 150 millions de dollars.

Zanzibar (Tanzanie) – Récit – Souvenirs amers du temps de la terreur

08.03.2019 in ACN Canada, ACN Feature, ACN International, Adaptation Mario Bard, AFRIQUE, Persécution, Tanzanie, Violences, Voyagez avec AED

Le Père Damas Mfoi est prêtre catholique dans l’archipel semi-autonome de Zanzibar, sur la côte de Tanzanie. Zanzibar est à prédominance musulmane et comprend une petite communauté chrétienne. Depuis 2010, le Père Mfoi est curé de paroisse sur l’île principale d’Unguja.

Père Damas Mfoi : « Il n’y a pas moyen de se remettre de ce qui s’est passé, et comme les assaillants sont peut-être encore actifs, nous ne sommes pas complètement en sécurité. Mais à travers tous ces problèmes, nous continuons notre travail de dialogue interreligieux.»

En 2012, la communauté insulaire qui vivait paisiblement a été témoin d’une série d’attaques violentes contre des chefs religieux. Un religieux musulman a été brûlé à l’acide pendant l’automne ; un prêtre catholique a été blessé par balle le jour de Noël, et un autre a été tué par balle au mois de février suivant. Des tracts ont aussi été distribués pour inciter à la violence. Certains portaient la marque du groupe islamiste radical Uamsho. Cependant, la responsabilité des attentats n’a pas encore été revendiquée ou officiellement attribuée. Le Père Mfoi raconte à l’Aide à l’Église en Détresse (AED) le temps de la terreur.

 

Propos recueillis par Anne Kidmose

 

C’était le soir de Noël 2012. J’avais prévu d’aller souper avec d’autres dirigeants de l’Église quand nous avons appris que le père Ambrose venait d’être blessé par balle. Nous étions en état de choc, et nous ne pouvions plus partager notre repas. Nous étions effrayés. Nous nous sommes précipités à l’hôpital, mais avec discrétion, car il avait été annoncé par le biais de tracts que les dirigeants de l’Église seraient tués et que les églises seraient détruites.

 

Quand nous sommes arrivés, le père Ambrose perdait encore beaucoup de sang et il ne pouvait pas parler. Le lendemain, il a été transporté par avion à Dar es-Salaam pour y être soigné. Après cet évènement, c’est notre foi qui nous a donné la force de rester. Les gens sur le continent nous incitaient à rentrer chez nous, mais en tant que chrétiens engagés dans l’Évangile, nous savions dès le début que notre mission était une mission de souffrance et que nos vies pouvaient être menacées. Il n’y a pas eu de départ.

 

D’autres tracts ont alors été distribués, disant que les musulmans ne devraient pas autoriser la vente d’alcool ou la présence d’églises. Les tracts étaient anonymes, mais aujourd’hui, nous savons qui en étaient les auteurs. Bien que certains pensaient qu’il ne s’agissait que de faibles menaces, nous ne savions pas ce qui allait se passer. Moins de trois mois plus tard, une nouvelle tragédie nous a frappés et le Père Evaristus Mushi en a été la victime.

 

C’était un dimanche matin à 7 h 15. Je disais la messe dans une petite église. Un voisin non catholique est entré en courant ; il a crié : « Père Damas, j’ai quelque chose à vous dire ! » Il m’a alors informé que le père Mushi était mort, victime d’une fusillade. Un homme lui avait tiré dessus ce matin-là, alors qu’il se garait devant son église. Je me suis rendu dans les autres églises pour célébrer la messe ; maintenant que le Père Mushi était mort, je devais accomplir seule la mission du Christ.

 

La nouvelle de la mort du Père Mushi s’est répandue dans toute la communauté, mais ce n’était pas la fin. Après l’avoir enterré et lui avoir rendu un dernier hommage, un groupe de femmes est venu à mes portes en pleurant. Je leur ai dit : » Ne pleurez plus maintenant. Le Père Mushi est aux cieux”. L’une d’elles a répondu : » Père, elle ne pleure pas sur le Père Mushi. Elle pleure à cause de vous”. Les assaillants m’avaient en effet pris pour cible parce que j’avais construit trop d’églises.

 

Le lendemain matin, je me suis enfui sur le continent, et un mois plus tard, je suis revenu. Je pensais en moi même : « Nous ne pouvons pas abandonner notre mission. Jésus ne voudrait pas nous voir échouer. Il y a encore des chrétiens ici, pourquoi leurs chefs devraient-ils s’en aller ?”

 

Tombe du père Evaristus Miushi tué devant son église le 17 février 2013.

À mon retour, j’ai constaté que la police avait établi sur mon terrain un poste de surveillance et, au cours des deux années suivantes, les policiers ont patrouillé dans la zone en raison de la tension qui persistait. Le gouvernement a bien pris soin de nous, mais nous savions surtout que Dieu nous protégeait. Quand on m’a offert un garde du corps, j’ai refusé. Je crois que l’œuvre de Jésus n’a pas besoin de mitrailleuse ; il a promis à son peuple qu’il serait avec nous jusqu’à la fin des temps.

 

Six ou sept mois se sont écoulés, et pendant un certain temps, nous avons pensé que le pire était passé, même si la sécurité était encore très stricte. Mais en septembre, un prêtre a été arrosé d’acide alors qu’il quittait son café habituel. Il a survécu à l’attaque, mais a subi de graves blessures.

 

Il n’y a pas moyen de se remettre de ce qui s’est passé, et comme les assaillants sont peut-être encore actifs, nous ne sommes pas complètement en sécurité. Mais à travers tous ces problèmes, nous continuons notre travail de dialogue interreligieux. Nous parlons aux membres de la communauté et nous leur disons que nous croyons que Dieu nous a tous créés et qu’il nous a donné la liberté de croire de la manière dont on nous l’a appris. On enseigne aux musulmans qui est Mahomet, aux chrétiens qui est Jésus-Christ. Nous devrions tous faire de notre mieux pour respecter cela et éviter de mélanger la politique et la religion. »

En 2017, l’Aide à l’Église en Détresse (AED) a soutenu des projets de l’Église en Tanzanie à hauteur de plus de 2,5 millions de dollars.

Mise en ligne:  8 mars 2019

 


 

Un Million d’Enfants prient le Rosaire

03.09.2018 in ACN Feature
mary

Message pour vos enfants:

Nous avons besoin de votre aide ! Vous avez certainement tous déjà entendu dire qu’il y a beaucoup de guerres et de conflits, de famines et de souffrance dans le monde d’aujourd’hui. Parfois, nous ne savons pas comment nous pourrions aider à changer les choses, mais nous croyons que vous pouvez nous aider.

Une fois les gens emmenaient leurs enfants à

Jésus pour qu’il les bénissent, mais ses disciples tentaient de les en empêcher. Il leur a dit : « Laissez les petits enfants venir à moi, car le royaume des cieux est à ceux qui leur ressemblent ».

Jésus a dit que les enfants ont un pouvoir spécial pour l’aider. C’est vrai! Par vos prières. C’est pourquoi nous vous invitons à prier le chapelet (qui est très puissant), tous ensemble, pour demander la paix dans le monde à Marie, notre Mère.

En priant le chapelet, vous tenez la main de Marie dans la vôtre! Ainsi, avec votre aide, elle peut demander de grands miracles à son fils Jésus.

Merci beaucoup de prier le chapelet avec d’autres enfants, juste comme vous, tout autour de notre merveilleux monde! Avec vos cœurs en union de prières à Marie, vous faites une grosse différence et apportez des bénédictions de paix et d’unité à la planète entière grâce à la miséricorde divine.

Qu’est-ce que « Un million d’enfants prient le rosaire »?

L’idée initiale de cette campagne a été conçue en 2005 dans un sanctuaire dédié à Notre-Dame, à Caracas, la capitale vénézuélienne. Des femmes qui passaient par là ont rencontré un groupe d’enfants qui priaient spontanément le chapelet à cet endroit. Celles-ci ont ressenti à ce moment une expérience profonde de la présence de Notre Dame. L’une d’entre elles s’est ensuite rappelé une promesse faite une fois par saint Padre Pio, qui avait déclaré: « Quand un million d’enfants prieront le chapelet, alors le monde changera ».

Le but de cette initiative est avant tout de montrer que la prière des enfants peut voler comme une flèche vers le cœur de Dieu et, par conséquent, avoir un très grand pouvoir. Quelle serait alors la puissance de la prière du Rosaire priée par les enfants du monde entier pour la paix et l’unité au sein des familles, des nations et du monde entier! Comme l’a écrit le pape Jean-Paul II dans sa lettre apostolique sur le Rosaire, « le Rosaire est par nature une prière pour la paix, puisqu’elle consiste en la contemplation du Christ, Prince de la Paix, celui qui est ‘notre paix…’ ». Le Rosaire est aussi une prière pour la paix parce qu’elle porte le fruit de la charité. De par sa nature répétitive en harmonie avec l’invitation du Christ à « prier sans cesse », le Rosaire nous permet d’espérer même aujourd’hui que cette difficile « bataille » pour la paix puisse être gagnée.

Nous nous tournons donc vers vous, aujourd’hui, pour vous demander de nous aider à encourager ces jeunes -que ce soit dans les écoles, les garderies, les centres pour enfants ou les hôpitaux- à prier le chapelet avec des dizaines de milliers d’autres enfants autour du monde, jeudi le 18 octobre.

Au cours des dernières années, nous avons reçu d’innombrables témoignages nous faisant part de la joie des enfants et de la profonde impression qu’a laissée ce moment de prière sur tous les accompagnateurs de groupes à travers le monde.

Aidez-nous à amener les enfants à Jésus et à Marie. Eux seuls peuvent apporter le don de la paix. Joignez-vous à nous!

* Affiche, prières du chapelet et lettre aux enfants

Souffrance et larmes : les Syriens veulent la paix!

17.03.2017 in ACN Feature, ACN International, Adaptation Mario Bard, Aide d'urgence, Maria Lozano, Moyen-Orient, Syrie, Voyager avec l'AED

Six ans de guerre en Syrie

souffrance et larmes : les Syriens veulent la paix!

Une femme pleure. Recouverte d’un voile où il est écrit en arabe « Syrie », la femme enceinte verse des larmes sur son ventre dans lequel se trouvent deux enfants qui se battent entre eux. La mère tient un poignard dans ses mains et vise ses propres entrailles.

Dessin d’enfant syrien, juin 2016.

 

Par Maria Lozano, ACN International
Adaptation française : Mario Bard, AED Canada

 

Il s’agit d’un dessin parmi les centaines envoyés d’Alep et d’autres villes de Syrie à l’Œuvre internationale de charité Aide à l’Église en Détresse (AED). Les scènes dessinées par les enfants syriens parlent de bombardements, de mort, de larmes, de maisons détruites, d’armes, d’incendie et de guerre. Ils révèlent les profondes souffrances des six dernières années. Dans un autre dessin, un homme qui porte une valise pleure. Sa femme, avec les larmes aux yeux, lui dit au revoir. Elle porte une robe rose avec des cœurs.

 

« Avant la guerre, la Syrie était très respectée au Moyen-Orient. L’éducation et la santé y étaient libres. Homs se développait très bien. Les gens gagnaient correctement leur vie, la nourriture n’était pas chère, et acheter une voiture ou une maison était possible pour beaucoup de monde », confie Mjad J, volontaire d’un projet pour l’AED qui s’occupe des familles les plus pauvres de Homs. « Je faisais mes études pour devenir dentiste et je voulais ouvrir un cabinet dans mon quartier ». Cette jeune syrienne a les yeux qui brillent, elle est assise, et est vêtue d’un manteau pour se protéger du froid; il n’y a pas de chauffage dans les maisons. Les vitres des fenêtres sont brisées, et de nombreuses maisons ont des trous causés par des missiles. Elle nous raconte comment une famille a perdu un fils malade parce qu’il n’y avait plus de médicaments, alors qu’un cancer a été diagnostiqué à un autre de leur membre. Dans une autre famille, c’est le père qui vient de mourir d’une crise cardiaque à cause de tout le stress et des souffrances de ces dernières années. En pleurant, Majd me regarde directement dans les yeux et me dit doucement : « Je ne comprends rien à ce conflit. Rien. »

 

À plusieurs kilomètres de Homs, dans la région de Zahlé au Liban, de nombreux Syriens ont trouvé refuge. Un père de famille me raconte : « Le remède a été pire que le mal. Avec Assad, il y avait des problèmes, mais ce qui nous est tombé dessus ensuite avec l’État islamique est inhumain. Dans la ville de Rakka, nous ne pouvions pas fumer dans la rue. Les filles de 6 ans devaient se couvrir pour sortir. Nous avons vécu dans la terreur quotidienne ».

En pleurant, Majd me regarde directement dans les yeux et me dit doucement : « Je ne comprends rien à ce conflit. Rien. »

Majd, volontaire qui travaille à Alep pour des projets soutenus par Aide à l’Église en Détresse.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Comment sortir de la tourmente ?

 

La douleur est également palpable dans le message pastoral de Carême de Mgr Samir Nassar, archevêque maronite de Damas. Il résume ainsi les dernières années de conflit : « En six ans de guerre, le visage de la Syrie s’est bien transformé. Un grand chantier de ruines, des immeubles réduits en poussière, des maisons brûlées, des quartiers fantômes… et plus de douze millions de Syriens (50 % de la population) n’ont plus de toits. Ils forment la plus grande masse de réfugiés depuis la Deuxième Guerre mondiale. Plusieurs millions ont quitté le pays en quête d’un ciel plus clément. Beaucoup attendent l’aumône dans des camps de misère, plusieurs sont morts noyés ou font la queue devant les ambassades. Ils sont devenus un peuple de nomades à la recherche d’une terre d’accueil. Comment sortir la Syrie de cette tourmente ? »

 

La Syrie continue de subir les conséquences du conflit armé. Même si, depuis la fin de la bataille pour Alep, les médias semblent être devenus silencieux, la situation dans la ville demeure précaire. « L’électricité fait gravement défaut à Alep. Parfois, il n’y a de la lumière que pendant une ou deux heures par jour, voire moins, il faut donc alors utiliser de bougies. Il y a un problème de carburant parce que le gouvernement ne parvient pas à le distribuer ». Annie, une religieuse syrienne qui apporte de l’aide à des centaines de familles d’Alep grâce au soutien de l’AED, raconte : « À Alep aussi, nous souffrons d’un manque d’eau, nous vivons dans une ville sans eau et nous passons parfois un mois et demi sans eau ».

Dessin d’enfant syrien, juin 2016. La réalité de la guerre telle que vue par les enfants.

 

Un autobus jaune roule sur une route plantée d’arbres, on aperçoit les passagers de l’autobus et le conducteur. Dans le coin en haut à droite, là où les enfants ont l’habitude de dessiner un soleil, on aperçoit un projectile presque imperceptible, une bombe noire en forme d’obus suivie d’une traînée de feu. Et au milieu de tous ces dessins qui contiennent des scènes de guerre, de combat, de feu et de mort, il y en a aussi d’un autre type : Ceux qui représentant des fleurs qui surgissent d’un revolver ou des colombes de la paix à l’emplacement de la Syrie sur un plan, des enfants se tenant par la main autour du monde, une jeune fille fêtant son diplôme de fin d’études… Dans ces dessins, les enfants n’ont pas dessiné ce qu’ils vivaient, mais ce qu’ils désiraient ou espéraient : une Syrie en paix, l’unité et le retour à la maison.

 

Aide à l’Église en Détresse fournie une aide vitale aux familles en détresse au travers de l’Église locale depuis le début du conflit en Syrie. Ce mois-ci, l’œuvre catholique a annoncé qu’elle consacrerait 326 256 dollars pour l’année 2017 au programme Une goutte de lait, destiné aux enfants de 10 ans et moins.
Merci de soutenir ce projet d’espérance.

Dessin d’enfant syrien, juin 2016. Plus de six millions de citoyens ont fui leur pays depuis 2011, la plus grande vague de réfugiés dans le monde depuis la Seconde Guerre Mondiale.


 

Paraguay: des religieuses s’engagent là où il n’y a pas de prêtres

16.02.2017 in ACN Feature, Adaptation Mario Bard, Amérique du Sud, Chrétiens Catholique, Jacques Berset, Paraguay, prêtres, Religieuses

Paraguay
des religieuses s’engagent là où il n’y a pas de prêtres


« Tupãsy ! Tupãsy ? » C’est la Mère de Jésus qui arrive ! C’est ainsi, dans la langue guarani, que furent accueillies pour la première fois les Misioneras de Jesús Verbo y Victima, Missionnaires de Jésus Verbe et Victime. Dans ces villages isolés du département paraguayen de Canindeyú, aux frontières des États brésiliens du Mato Grosso do Sul et du Paraná, les paysans n’avaient encore jamais vu de religieuses voilées.

 

L’arrivée des missionnaires, venues du Pérou au tournant du 20e siècle, fut une véritable sensation dans ces communautés rurales rattachées à la paroisse de la Vierge du Carmel de Villa Ygatimy, une bourgade située à cinq heures de route au nord-est d’Asunción, la capitale paraguayenne. La paroisse de 20 000 fidèles compte près d’une centaine de ce qu’on appelle des chapelles, ces communautés dispersées du diocèse de Ciudad del Este, qui s’étend sur une surface quasi équivalente à celle de la Belgique !

Des fidèles avides de sacrements

« Il y a trois prêtres à Curuguaty, à 45 kilomètres d’ici, responsables de 92 chapelles ; ils viennent de temps en temps », explique Mère Maria Lujan, une religieuse originaire d’Argentine. « Ils se rendent dans des communautés qui ne disposent pas de routes asphaltées. Des chemins de terre qui deviennent vite impraticables en cas de pluies. La communauté de Katueté est à 160 kilomètres… Le prêtre vient trois ou quatre fois par an. Pendant une semaine, il visite les chapelles, préside la messe, écoute les confessions, parfois durant une journée entière. Les fidèles attendent leur tour patiemment, pendant des heures, pour recevoir les sacrements », raconte Mère Maria.

 

Ses consœurs péruviennes, qui animent la pastorale dans les communautés rurales sans prêtre, célèbrent mariages, baptêmes et funérailles, organisent les liturgies de la parole, distribuent l’Eucharistie aux malades. C’est le charisme des Missionnaires de Jésus Verbe et Victime, qui vont là où il n’y a pas de prêtres, dans des endroits où ils ne sont pas venus pendant des mois, voire des années.

« Nos religieuses vivent et travaillent dans les endroits les plus reculés d’Amérique latine. Elles s’occupent de ceux dont on ignore jusqu’à l’adresse : les pauvres et les oubliés d’Argentine, de Bolivie, du Chili, du Paraguay et du Pérou », témoigne Mère Maria.

Ils attendaient un prêtre depuis quatre ans

« Nous allons chercher les hosties consacrées à 45 kilomètres d’ici, de l’autre côté de la frontière, dans la ville brésilienne de Paranhos, située dans l’État du Mato Grosso do Sul », poursuit Madre Maria, tandis que nous nous rendons à la chapelle de San Antonio, à douze kilomètres de l’agglomération, en compagnie du Père Ernesto Zacarías, économe du diocèse. Chahutés sur des chemins de terre ravinés, nous finissons par atteindre cette communauté de 34 maisons qui rassemblent 210 fidèles.

Les paroissiens nous attendent déjà depuis plus d’une heure, répétant les chants en espagnol et en guarani, espérant patiemment notre arrivée dans la chaleur moite et étouffante de décembre, fin du printemps dans l’hémisphère sud.

Les fidèles rassemblés dans le petit édifice de brique qu’ils ont construit lors d’une « minga » — une grande corvée collective —, saluent joyeusement l’arrivée du prêtre : c’est le premier depuis quatre ans qui s’arrête dans ce lieu perdu et difficile d’accès !

« On lui amène les personnes malades, ou s’ils ne peuvent plus se déplacer, il va dans les maisons pour le sacrement des malades. Nous le séquestrons pour les confessions, des heures durant… le prêtre termine épuisé », plaisante Mère Lorena, la religieuse péruvienne en charge de la communauté. Originaire de Cajamarca, une ville située sur les hauts plateaux du nord du Pérou, elle travaille à Ygatimy depuis 3 ans.

 

Les laïcs, « bras droits » des religieuses

Coordinatrice de la paroisse, elle y organise la catéchèse, prépare la première communion et la confirmation, préside les funérailles, distribue la communion et dirige la liturgie de la parole chaque dimanche. Elle est secondée par une véritable escouade de laïcs qui se retrouvent quatre fois par an pour un retiro, une retraite qui dure du jeudi soir au dimanche après-midi.

« Ce sont plus de 100 hommes et femmes qui se forment, venant de toutes les communautés. Membres du Convívio Damasco, un mouvement qui vient du Brésil, ils suivent une formation permanente une fois par semaine. Ce sont nos bras droits. L’an dernier, nous avons dû supprimer deux retiro, car les routes étaient impraticables, l’eau passait par-dessus les ponts », raconte Madre Lorena.

« À certaines périodes, nous devrions avoir un hélicoptère pour pouvoir nous déplacer », plaisante-t-elle. « Combien de fois nous avons dû demandé de l’aide, faire appel à un tracteur pour désembourber notre véhicule ».

 

L’arrivée des sœurs a transformé la communauté

Les villageois apprécient la présence des religieuses péruviennes. « Ils disent qu’ils sont si contents que Dieu vienne les visiter chez eux, [qu’Il]se déplace chez des gens simples. Ils sont si pauvres, mais ils ont tellement soif de spiritualité ! »

Dans ces villages où la nature mêle si bien le vert des arbres à la couleur rouge-ocre de la terre, les paysans vivent de l’agriculture, de l’élevage, de la confection de fromages et de la récolte de fruits. Malheureusement témoignent les fidèles après la messe, les jeunes partent étudier en ville. Ils connaissent dès lors la vie urbaine, avec toute sa technologie moderne  ; ils ne veulent plus revenir habiter dans ces hameaux isolés à la vie simple et rude.

Mariage à l’église à 90 ans

Depuis l’arrivée des religieuses en 1999, constate Madre Lorena, la communauté est transformée : « Nous notons une conversion spirituelle… Avant, il y avait très peu de participation à la vie paroissiale, l’église était sale et mal entretenue. Les retraites spirituelles ont amené un grand changement, il y a beaucoup plus de solidarité, moins d’alcoolisme, moins de drogue, plus de soutien aux malades ».

Madre Lorena admet toutefois que les problèmes familiaux persistent : « Les gens ne peuvent pas changer d’un seul coup, mais beaucoup mettent de l’ordre dans leur vie ». Dans ces villages, comme en général dans tout le pays, la majorité des couples vivent d’abord ensemble sans se marier, puis ils se décident quand viennent les premiers enfants.

« Nous insistons pour qu’ils se marient, nous faisons les préparations au mariage. C’est bien accepté ! » Et la religieuse de rappeler avec émotion le mariage à l’église d’un couple qui avait déjà douze enfants. « Les époux sont entrés en cortège dans la chapelle, avec leurs enfants et petits-enfants, l’épouse habillée de tulle et portant couronne. Le mari n’arrivait pas à passer l’alliance à son doigt épais de paysan, c’est un de ses enfants qui l’a aidé. Le couple avait dans les 90 ans ! »

Poursuivant sur une cinquantaine de kilomètres notre périple sur la piste de terre poussiéreuse, nous voilà à la paroisse de la Vierge de Fatima, à Ypehu, dans la cordillère d’Amambay, à un jet de pierre de la ville brésilienne de Paranhos. Madre Beatriz, la supérieure de la petite communauté locale des Missionnaires de Jésus Verbe et Victime, nous accueille.

 

Le prêtre s’installe, elles s’en vont !

De leur couvent, les quatre religieuses péruviennes assurent la pastorale dans 13 chapelles, dont la plus éloignée se trouve à 41 kilomètres de distance. Elles l’atteignent par des routes défoncées qui mettent à rude épreuve leur véhicule 4 X 4 déjà bien usagé. Ici, le prêtre vient quatre fois par an du Brésil. Pour les confirmations, un délégué de l’évêque de Ciudad del Este est présent durant toute la Semaine sainte.

L’un des défis que rencontrent les religieuses à Ypehu est la présence de groupes religieux à caractère sectaire. Certes, « ces groupes font du travail social – donnent de la nourriture aux gens pauvres, dispensent des cours », explique Mère Beatriz, cette missionnaire péruvienne. Mais, « les gens y vont surtout par intérêt, car le pasteur les oblige à participer au culte, mais ils viennent chez nous à la liturgie le dimanche. Ils demandent que l’on baptise leurs enfants dans l’Église catholique, car ils ont une foi profonde et un grand amour de la Vierge de Caacupé », explique-t-elle.

« Avant, il y avait 5 à 10 personnes à la messe, mais depuis que les religieuses sont là, l’Église est pleine », confirme un fidèle rencontré dans le jardin de l’église. Quant aux missionnaires — Madre Beatriz, et ses consœurs Adriana, Édith et Felicia —, elles assurent que si un prêtre venait s’installer à demeure dans cette paroisse, autrefois dirigée par les Pères du Verbe divin, elles quitteraient rapidement ce lieu pour une autre région sans prêtre, « car c’est là notre charisme ! »

Aide à l’Église en Détresse soutient annuellement les Missionnaires de Jésus Parole et Victime grâce à des projets de transport, de formation et de subsistance, au Pérou et en Bolivie.

 

 

Écrit par Jacques Berset, APIC
Adaptation : Mario Bard, AED Canada

 


 

 

 

Albanie – Réjouissance en mémoire de 38 martyrs

28.10.2016 in ACN Feature, Adaptation Mario Bard, Albanie, Eglises du monde, Martyrs, Pape François

Albanie

Réjouissance en mémoire de 38 martyrs
 « … torturés à mort. Ils sont restés fidèles à Jésus-Christ et à l’Église »

Pendant les quarante années qu’a duré la dictature communiste en Albanie, la population commettait un crime ; en priant; en faisant le signe de la croix; en portant une croix au cou; ou simplement en ayant la foi… En 1967, le Régime de ce pays des Balkans s’est déclaré athée, une première dans le monde. Les mosquées et autres lieux de culte ont été transformés en centres commerciaux, gymnases ou théâtres.

La cathédrale de Shkodër, où se déroulera la béatification des 38 martyrs, a subi le même sort. Sous le régime communiste, elle a été utilisée comme centre sportif municipal. Pour les catholiques albanais, la cathédrale est un endroit très spécial, car c’est ici qu’a été célébrée la première eucharistie après la chute de la dictature.

Sur le parvis de la cathédrale dédiée à Saint-Stéphane, un monument a été dressé en souvenir des martyrs assassinés à cause de la haine de la religion au cours de l’histoire du pays. D’abord les évêques : Mgr Bischof Vicenz Prennushi, Mgr Frano Gjini, Mgr Jul Bonati. Puis, les prêtres : Père Alfons Tracki, Père Anton Muzaj. Enfin, une jeune postulante nommée Maria Tuci… et tant d’autres. Ils étaient 38 martyrs. « Avant d’être torturés et fusillés, ils ont tous dit : “Vive le Christ Roi, vive l’Albanie. Nous pardonnons à ceux qui nous tuent” », raconte Mgr Massafra, évêque de Shkodër et président de la conférence épiscopale albanaise, dans une entrevue accordée à l’œuvre pontificale Aide à l’Église en détresse (AED).

 

38 histoires de haine et de terreur

María Tuci est la seule femme parmi les martyrs albanais. Elle fréquentait l’école des Stigmatines, les Sœurs des pauvres de Saint-François à Shkodër. Plus tard, elle est devenue enseignante. Son crime? Elle a parlé de Jésus-Christ à ses élèves. À plusieurs reprises, elle a été victime d’arrestations et de tortures. La dernière séance de torture l’a fait mourir. On l’a enfermée dans un sac avec un chat et les tortionnaires ont frappé l’animal, qui lui, s’est défoulé sur la pauvre María… Elle est décédée des suites de ses terribles blessures.
Le Père Lazer Shantoja, un prêtre très lettré qui s’intéressait particulièrement à la littérature et à l’art, a tellement souffert sous la torture que sa mère a demandé aux tortionnaires de le fusiller pour mettre fin à ses souffrances. Quant à lui, le prêtre, auteur et grand patriote Lek Sirdani a été torturé et noyé dans les égouts.

Parmi les martyrs, c’est Ndre Zadeja qui a été le premier à être fusillé. C’était donc le premier martyr victime de la dictature communiste albanaise. Il mourut à Shkodër. Dans son entretien avec AED, Mgr Massafra explique que toutes les personnes assassinées dans cette ville devaient d’abord emprunter un chemin jusqu’au mur du cimetière. Là, les tortionnaires « les ont torturés, leur ont craché dessus et les ont finalement fusillés ». En prenant ce chemin, ils devaient passer à côté de la cathédrale. « Ce chemin a été choisi exprès pour leur rappeler qu’ils souffraient pour leur amour du Christ. »

« La cérémonie de la béatification est une fête de la joie. Elle sera suivie par des milliers d’Albanais dans le monde entier »

 

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Ils sont la fierté de l’Albanie

« La cérémonie de la béatification est une fête de la joie. Elle sera suivie par des milliers d’Albanais dans le monde entier », assure le président de la conférence épiscopale du pays. « Cette petite Église, mais tellement grande, a offert d’innombrables martyrs à l’Église universelle. C’était des hommes et des femmes qui montraient une grande fidélité envers le Christ et l’Église. »

À l’échelle diocésaine, le processus de béatification des 38 martyrs victimes de la dictature communiste a commencé en novembre 2002. Il s’est achevé en décembre 2010. En avril dernier, Sa Sainteté le pape François a signé le décret de béatification afin que les 38 martyrs
puissent être béatifiés le 5 novembre prochain.

Malgré les cinq siècles d’occupation par le royaume ottoman, les innombrables expéditions de pillages et le caractère renfermé de la dictature communiste « le catholicisme s’est poursuivi en Albanie. C’est le mérite de l’Église martyre », estime Mgr Massafra. Des milliers de gens vivaient dans des camps de concentration ou des prisons, parce qu’ils croyaient en Dieu « ou Allah », souligne l’évêque albanais. À l’époque, environ 60 % de la population albanaise étaient musulmane.

 

Albania 1-20160106-34256Pape François : un témoignage « fort »

Beaucoup des croyants des deux traditions religieuses sont morts sous la dictature. Par contre, d’autres ont survécu aux tortures, comme sœur Marije Kaleta, ou encore le Père Ernest Simoni qui sera admis au collège cardinalice le 19 novembre prochain. Lorsqu’il le pape François a visité l’Albanie en septembre 2014, ils ont tous les deux témoigné de ce qu’ils ont vécu. François s’est montré profondément ému. « Entendre parler un martyr de son propre martyre, c’est fort! », a-t-il réagi dans l’avion qui le ramenait à Rome. François a pris les deux survivants dans ses bras et souligné que Dieu les avait « maintenus » et les avait aidés à surmonter toutes les tortures ainsi que l’incertitude.

« Les consolateurs secrets des autres prisonniers »

Dans les camps de concentration et les prisons, le rôle de ces martyrs était très important, car ils étaient « les consolateurs secrets des autres prisonniers », a ajouté l’évêque. Ils sont parvenus à célébrer l’Eucharistie en secret et à dispenser la communion, a raconté le Père Ernest Simoni lors de son récit au pape François.

 

Une Église renaissante

Depuis l’effondrement de la dictature en 1991, l’œuvre internationale de charité catholique Aide à l’Église en Détresse a mené en Albanie plus de 125 projets, notamment la construction d’églises, de centres pastoraux et d’un séminaire diocésain.

Par ailleurs, l’œuvre y a distribué le Youcat – un catéchisme de l’Église catholique pour les jeunes – et donner des aides ponctuelles, par exemple un minibus pour les Franciscains, afin qu’ils puissent emmener les enfants de régions rurales au catéchisme. Les Carmélites déchaussées de Nenshat ont également reçu notre aide.

Enfin, au pays des aigles, l’Église catholique représente un soutien important à la population; son aide bénéficie à tous, indépendamment de la religion. L’Albanie compte aujourd’hui 70 % de musulmans, 20 % de chrétiens orthodoxes et 10 % de catholique.

 

 


 

Canonisation de Mère Teresa – le Père Werenfried à sa rencontre

31.08.2016 in ACN Feature, ACN International, Adaptation Mario Bard, AMOUR, Asie, Inde, Mère Teresa, Père au Lard, Père Werenfried van Straaten

« Le Père au Lard »

Une rencontre avec Mère Teresa

 

Le texte que nous vous proposons est un extrait du livre On m’appelle le Père au Lard, dont la première édition date de 1961. Dans ce livre plusieurs fois réédité depuis, le père Werenfried van Straaten raconte les débuts de l’œuvre qu’il a fondé et qui deviendra Aide à l’Église en Détresse. Il y parle également des défis qu’il a rencontrés, en plus de raconter certains périples qui l’ont marqué à travers le monde, dont sa rencontre avec Mère Teresa de Calcutta au début des années 60.

 

 

1961: une rencontre qui marque le père Werenfried, celle de Mère Teresa de Calcutta.

1961: une rencontre qui marque le père Werenfried, celle de Mère Teresa de Calcutta.

 

C’est un extrait de ce livre que nous vous offrons aujourd’hui, en guise de projet de la semaine, et pour souligner la canonisation de Mère Teresa, ce dimanche quatre septembre. Bonne lecture !

 

« Puis, voici Calcutta. Un million de sans-abri vivent, dorment et meurent dans les rues. Des centaines de milliers d’autres, pour la plupart réfugiés du Pakistan, occupent les trottoirs. Ils y ont construit de petites cabanes qui, appuyées aux murs, s’alignent sur des kilomètres. Les toits sont en appentis. La hauteur de ces cahutes n’atteint, au maximum, qu’un mètre vingt. Devant ces niches à chien, le ruisseau charrie une eau brunâtre.

 

Dans cette eau, les miséreux se lavent, font leur besoin… tandis que les enfants y jouent. Des êtres humains dans le ruisseau. Des créatures de Dieu dévaluées! Ici non plus pas de nourriture, pas de travail, rien. Sur une population indienne de quatre cents millions d’âmes, les trois-quarts sont sous-alimentés. Seules les vaches sacrées ont la vie facile. Elles se promènent tranquillement dans les rues, entravent la circulation, entrent chez les marchands de légumes et mangent tout l’étalage, mais personne ne s’aviserait de les chasser ni de les abattre. Et le peuple crève de faim. II y a des maisons de retraite pour les vaches mais il n’y en a pas pour les Hommes!

 

Seule, Mère Thérèse s’occupe des Hommes. Elle s’occupe des malades, des moribonds… et des nouveaux nés qu’elle trouve chaque matin dans les poubelles. Je lui ai rendu visite dans la maison des morts. Près du temple de la déesse Kâli, cette maison servait autrefois pour la prostitution cultuelle: aujourd’hui, elle sert de refuge aux mourants délaissés. Sur la porte est écrit «Refuge des moribonds abandonnés». Les sœurs et les aides de Mère Thérèse parcourent les rues pour recueillir les moribonds que l’on porte sur une civière à ·la maison des morts. Au moment de ma visite, il y en avait cent vingt-sept. Les civières se touchent, en six longues rangées. Des squelettes recouverts d’une peau desséchée gisent là, attendant la mort. Des paires d’yeux noirs, immenses, fiévreux, me fixent. Mais, Mère Thérèse est avec eux ainsi que ses assistantes. Pour ces moribonds, c’est peut-être le premier contact avec l’amour désintéressé. Mère Thérèse est albanaise et vient de Yougoslavie. Il y a trente-sept ans qu’elle est en Inde. Elle a fondé, il y a quinze ans, une congrégation qui s’occupe uniquement des plus déshérités et des plus abandonnés. Cette congrégation compte aujourd’hui cent vingt-cinq religieuses, dont six européennes.

 

Parmi elles, une jeune fille de Fribourg. Il y a quatre ans, j’avais prêché dans cette ville. Après le sermon, cette jeune fille était venue me trouver et m’avait dit qu’elle désirait se consacrer à Dieu, se dédier aux plus pauvres. Elle m’avait demandé conseil: où devait-elle aller? Sur le moment, je ne savais que lui répondre. Je lui promis de prier pour que Dieu l’inspire et lui suggérai de prendre conseil de quelqu’un qui la connaissait à fond. Je n’avais plus rien su d’elle . Mais, nous nous sommes reconnus, dans la maison des morts. Depuis un an et demi, elle était au service des plus pauvres… Au cours de ces dernières années, plus de douze mille moribonds ont passé par cette maison et y ont reçu un peu d’amour. Car, plus que la chemise, le sari, le bol de riz, la sollicitude maternelle adoucit et illumine leurs derniers moments.

 

I

À Calcutta, j’ai aussi baptisé un enfant mourant, dans les bras d’une mère de seize ans, une musulmane. Je ne suis pas seulement un mendiant, mais avant tout un prêtre qui est heureux quand il peut baptiser un enfant. Cet acte a passé inaperçu. J’ai donné le nom de Werenfried au mourant. Dix minutes plus tard, il expirait. J’ai suivi les hommes qui sont venus le prendre. Arrivés dans un enclos, près du temple de Kâli, nous nous sommes arrêtés. Il y avait dix-sept tranchées dans lesquelles brûlait un feu de bois. Pour chaque cadavre, on doit payer quarante roupies de bois. Qui est riche peut aussi acheter un bidon de pétrole, pour hâter la combustion. Sans pétrole, cela dure environ trois heures.

 

L’enfant fut couché par terre, près d’autres corps, en attendant qu’un feu soit libre. Juste comme nous arrivions, on venait de jeter sur un bûcher un homme qui avait été écrasé par un tramway. Les parents attendaient patiemment en bavardant. Des enfants jouaient avec des ossements humains. Une vache sacrée, qui se promenait entre les tranchées, vint renifler l’enfant mort. De temps à autre, on entendait une détonation sourde : un crâne venait d’éclater. Quand un cadavre est incinéré, on recueille les cendres, on les met dans un vase qui est jeté dans le fleuve à deux pas. Pieds-nus dans le fleuve, des enfants jouent avec la boue et les cendres… Dans cette scène, l’homme n’est qu’un lambeau de chair, un morceau d’os et une poignée de cendres: rien de plus.»

******** 

Alors, de grâce, restaurons au nom de Dieu cet amour qui lui ouvre les portes et les cœurs. Nous, êtres humains, nous nous appartenons les uns les autres, tous, et aussi bien les peuples primitifs des pays sous-développés et les deux milliards d’affamés épars dans le monde: le bébé abandonné dans la poubelle, la mère en pleurs du petit Werenfried que j’ai baptisé, le vieux chinois à la bouteille de gnôle et les réfugiés des jonques de Hong-Kong, les jeunes Coréennes, avides de savoir, qui pour manger, couchent avec les Américains et les petits chiffonniers qui ne veulent plus voler. Ils nous appartiennent comme nous leur appartenons. Nous devons nous aimer et nous aider comme Saint-Martin.

 

Il passait à cheval. Un pauvre l’interpella pour lui demander l’aumône. Alors, déployant  son manteau, il le coupa en deux avec son épée et en tendit la moitié au pauvre. La moitié, lecteur! Et ce pauvre était le Christ. Tout pauvre est le Christ.

 

Aide à l’Église en Détresse continue à soutenir des projets – construction, formation religieuse, soutien de subsistance, aide au transport – dans toute l’Asie. Visiter régulièrement notre site web pour découvrir la variété des soutiens offerts aux Églises locales catholiques dans plus de 145 pays. En 2015, 6 209 projets ont été soutenus, pour un total d’un peu plus de 137 millions de dollars.

 

Pristina, Kosovo: en pleine construction, la cathédrale dédiée à Mère Teresa. Aide à l'Église en Détresse a contribué à sa construction.

Pristina, Kosovo: en pleine construction, la cathédrale dédiée à Mère Teresa. Aide à l’Église en Détresse a contribué à sa construction. Elle a été inaugurée le 4 septembre 2010.

 


 

Malawi – islamisation inquiétante dans le diocèse de Mangochi

27.05.2016 in ACN Canada, ACN Feature, Adaptation Mario Bard, AED, AFRIQUE, Eva-Maria Kolmann

Malawi

islamisation inquiétante dans le diocèse de Mangochi

ACN-20160212-36399Lors d’une visite au siège international d’Aide à l’Église en Détresse, Mgr Stima Monfort a parlé des tendances d’islamisation croissante observées dans son diocèse de Mangochi, au sud du Malawi. Selon lui, l’islam traditionnel est modéré au Malawi et la coexistence entre les religions a toujours été pacifique. De plus, les chefs religieux dans le diocèse de Mangochi, dont la population est majoritairement musulmane, entretiennent de bons contacts. L’évêque a évoqué la fondation d’un comité christiano-musulman, qui se réunit en cas de problème et recherche des solutions. Toutefois, il déclare observer une radicalisation croissante de la population musulmane.

 

Mgr Monfort rapporte que des prédicateurs musulmans venus du Soudan entrent de plus en plus souvent au Malawi pour y prêcher un islam plus radical. Ils sont difficiles à contrôler et se disent « insatisfaits » de l’islam traditionnel local. Ils disent vouloir apporter « le véritable islam » au Malawi. Il y a déjà eu des exactions au cours des années passées. La plupart du temps, elles ont été commises après les prières du vendredi.

 

Mgr Monfort a demandé aux chefs religieux islamiques quelles en sont les raisons. Ils ont répondu que les imams appelaient les gens à la violence. « Ils m’ont dit : vous devez prier pour les imams, car ils sont mal formés. » Il souligne que même pour les chefs religieux, il est difficile de contrôler les imams, car « n’importe qui disposant de suffisamment d’argent a le droit de construire une mosquée. Et celui qui l’a construite contrôle aussi l’imam. Ainsi, dans certains villages, il y a quatre mosquées : une mosquée traditionnelle, qui s’y trouve depuis toujours, ainsi que d’autres mosquées nouvellement construites. »

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L’évêque affirme en outre que de plus en plus d’adolescents obtiennent des bourses pour suivre des études au Soudan ou en Arabie Saoudite, et qu’ils retournent ensuite au Malawi, radicalisés. « Par ailleurs, beaucoup de musulmans ont plusieurs femmes, ce qui augmente le nombre de leurs enfants et accroît le taux de musulmans dans la population », explique-t-il. « Souvent, ces familles n’ont pas les moyens pour permettre une éducation scolaire à autant d’enfants, de sorte qu’elles peuvent seulement les envoyer dans les écoles coraniques, les madrasas. »

 

Selon Mgr Monfort, la polygamie joue aussi un rôle pour les adeptes des religions traditionnelles africaines qui souhaitent rejoindre une plus grande tradition religieuse. Tandis que la polygamie est inacceptable pour l’Église catholique, les personnes qui se convertissent à l’islam peuvent conserver ce mode de vie familial. Il explique que ces gens sont donc « plus faciles à convertir ». Les musulmans sont invités à épouser les jeunes filles chrétiennes, car même lorsque l’épouse ne se convertit pas à l’islam, ses enfants sont automatiquement des musulmans.

 

ACN-20160525-41190Mgr Monfort est d’avis que, dans ce contexte, la mission de l’Église consiste à approfondir la foi. « Nous encourageons les prêtres à être proches des gens et, comme le dit le pape François, à sortir de la sacristie. Pour certains croyants, c’est une grande tentation de se convertir à l’Islam – surtout lorsque le seul établissement scolaire du village est une institution musulmane. Ils ont besoin d’aide et d’encouragement. »

 

Alors que la population totale du Malawi se compose d’une majorité d’environ 80 pour cent de chrétiens et de 13 pour cent de musulmans, le taux de musulmans dans le diocèse de Mangochi atteint entre 50 et 90 pour cent, selon les régions. En moyenne, environ 75 % de la population totale du diocèse est musulmane.

 

Par Eva-Maria Kolmann, AED International

Adapté par Mario Bard, Bureau Canadien

 


 

Jérusalem : « Une mixture vénéneuse d’extrémisme et de nationalisme religieux »

19.05.2016 in ACN Feature, ACN International, Adaptation Mario Bard, By Oliver Maksan, Mgr William Shomali, Persécution, Terre Sainte
Photo : Patriarchat latin de Jérusalem 
Le feu et des graffitis ont endommagé une partie de l’église des miches de pain et des poissons à Tabgha, en Galilée (Nord d’Israël), le 18 juin 2015.

Terre Sainte

« Une mixture vénéneuse d’extrémisme et de nationalisme religieux »

Autant en paroles et en actes, les chrétiens d’Israël sont encore et toujours la cible d’extrémistes juifs

Mgrs. William Shomali "People feel very frustrated and depressed. "

Mgr. William Shomali 

Beaucoup de chrétiens d’Israël sont effrayés. Ils se sentent menacés, autant par les paroles que les actes d’extrémistes juifs. L’incendie criminel perpétré en juin 2015 contre le monastère bénédictin de Tabgha par des extrémistes juifs a fait les gros titres de la presse internationale. « Que va-t-il encore arriver? », avait alors demandé plein d’inquiétude Mgr William Shomali, évêque auxiliaire du Patriarcat latin de Jérusalem, dans un entretien accordé à Aide à l’Église en Détresse (AED) peu après l’attentat.

Cette année, plus d’exactions encore ont eu lieu. Des graffitis anti-chrétiens Mort aux chrétiens ont été écrits sur les murs de l’abbaye de la Dormition à Jérusalem. Le rabbin extrémiste Ben-Zion Gopstein était plus d’une fois à l’origine de grands titres. Il est leader de l’organisation Lehava, qui s’oppose strictement à toute relation personnelle ou d’affaires entre juifs et non-juifs en Israël. En 2014, ses partisans ont manifesté bruyamment contre un mariage entre une juive et un musulman. Les chrétiens d’Israël sont également dans la mire des extrémistes de Lehava. En août dernier, le rabbin Gopstein a officiellement exhorté les autorités israéliennes à brûler toutes les églises d’Israël, arguant que ce serait l’obligation d’un État juif.

 

Les chrétiens : des vampires

Avant Noël, les partisans de Gopstein ont manifesté contre une célébration chrétienne de Noël à Jérusalem, à laquelle participaient également des juifs. Dans un appel publié sur Internet, le rabbin Gopstein a exigé des autorités d’interdire toutes les célébrations de Noël en Israël, prétendant que, comme par le passé, l’objectif des chrétiens était de faire du prosélytisme à l’égard des Juifs, et qu’ils devaient donc être déportés. « Chassons les vampires avant qu’ils ne boivent une fois de plus notre sang », a exigé Gopstein.

Selon lui, de nos jours encore, comme par le passé, l’Église chrétienne serait la plus grande ennemie du judaïsme. « S’ils ne parviennent pas à tuer les Juifs, ils peuvent alors tenter de les convertir », affirme Gopstein au sujet des chrétiens.

Après son appel à la destruction des églises, l’Église chrétienne en Terre Sainte a porté plainte contre Gopstein pour incitation à la haine et à la violence. Dans une prise de position, les évêques catholiques ont affirmé que la communauté catholique en Terre Sainte avait peur et se sentait menacée. Et lorsqu’à Noël, Gopstein a traité les chrétiens de vampires, les évêques ont estimé que la paix publique était menacée en Israël et ils ont déclaré : « Les intimidations et provocations récurrentes constituent une véritable menace de la coexistence pacifique dans le pays. Il est indispensable de condamner cela avec fermeté et d’appliquer les mesures nécessaires dans l’intérêt de tous les citoyens. »

Récemment, le rabbin Gopstein a été interrogé par la police. Il risque une action en justice. Par le passé, Gopstein avait été arrêté plusieurs fois et interrogé. Cependant, il n’a jamais fait l’objet d’une accusation ni d’une condamnation.

 

Photo Credit: Latin Patriarchate latin de of Jerusalem Fire and graffiti devastated part of the Church of Loaves and Fishes in Tabgha, Galilee, in northern Israel on June 18th, 2015

Photo Credit: Patriarchat latin de  Jérusalem

 

Le nœud du problème : la discrimination

Quant à lui, le Père David Neuhaus, jésuite et responsable des activités pastorales pour les catholiques de langue hébraïque en Israël pour le Patriarcat latin de Jérusalem, ne pense pas que les affirmations comme celles de Gopstein constituent le problème principal des chrétiens d’Israël. Né de parents juifs en Afrique du Sud, il a émigré en Israël et s’y est converti au catholicisme. Il est convaincu que « ce n’est pas la rhétorique de Gopstein qui cause les plus grands dommages parmi les citoyens chrétiens palestiniens d’Israël. »

Le Père Neuhaus poursuit : « Je pense que pour la plupart des Palestiniens chrétiens et musulmans, il est absolument clair qu’ils ne sont pas traités de manière égale, qu’il y a de la discrimination dans un État qui se définit comme juif. Cette discrimination est d’ordre structurel. Elle est plus flagrante dans l’infrastructure du secteur arabe – dans les domaines de l’éducation, de la santé, de l’emploi, du social, etc. »

Même si Gopstein et d’autres extrémistes ne sont pas très nombreux, le rabbin peut compter sur ses partisans, estime le Père Neuhaus. « Il y a certainement pas mal d’Israéliens qui partagent ses opinions. Mais peu d’entre eux exprimeraient leur avis à travers un tel mépris absolu des autres religions. »

 

Father David Neuhaus celebrating mass in the Chapel Our Lady Woman of Valor during our visit to the Pastoral Center

Le père David Neuhaus 

Lire les Écritures autrement

Le Père Neuhaus estime que l’establishment juif n’est pas assez actif dans son opposition aux opinions du rabbin Gopstein. « Certes, je pense que beaucoup de gens trouvent sa vulgarité répugnante. Mais ce dont nous avons besoin ici, c’est d’une campagne d’éducation parmi les Juifs orthodoxes qui enseigne le respect des adeptes d’autres religions ou des ressortissants d’autres nations. »

Bibliste, le Père Neuhaus est toutefois convaincu que l’extrémisme religieux et le mépris des autres religions sont effectivement fondés sur les trois traditions religieuses du Moyen-Orient. « Les textes sacrés semblent promouvoir le principe d’un peuple élu, qui est l’instrument du règne de Dieu, tandis que les errements doivent être combattus – s’il le faut, par la violence. Je ne suis pas sûr que ce principe comporte quoi que ce soit de particulièrement juif. Mais il est évident que l’extrémisme religieux, s’il s’allie à une idéologie nationaliste, devient une mixture extrêmement vénéneuse. »

Le Père Neuhaus est persuadé que ceux qui sont menacés par ce venin doivent se réunir pour lutter conjointement contre ces pensées, en fournissant des interprétations alternatives des mêmes écritures. « Ils doivent s’entraider pour élaborer des stratégies permettant d’éradiquer l’extrémisme religieux. »

Selon le Père Neuhaus, beaucoup de Juifs se souviennent des plaies subies par leur communauté au fil de leur histoire, alors qu’ils étaient une petite minorité. « Dans les pays à majorité chrétienne, ces plaies étaient plus profondes et plus mortelles que dans ceux où les musulmans étaient majoritaires. »

Au grand regret du Père Neuhaus, trop peu de Juifs considéreraient sérieusement le fait qu’aujourd’hui, ce soient les Juifs qui constituent en Israël la majorité. « Le mépris qu’ils peuvent ressentir envers les soi-disant non-juifs pourrait avoir des conséquences tout aussi désastreuses. »

 

Photo Credit: Dormition Abbey Jerusalem Holy Land/Jerusalem, 19 Jan. 2016. The Abbey of the Dormition in Jerusalem has once again been targeted by vandals. On Saturday night, unknown persons defaced the walls and doors of the German-speaking Benedictine monastery on the outer edges of the Old City of Jerusalem. Also targeted were nearby establishments of the Greek Orthodox and Armenian Apostolic church. The graffiti, which had been written in Hebrew and in several different handwriting styles, proclaimed: “Christians go to hell”, “Death to heathen Christians, the heretical enemies of Israel”, “Revenge for Israelis” or “Erased be His name”. A sword dripping with blood was also drawn next to a Star of David.

Photo : Abbaye de la Dormition de Jérusalem
 Jérusalem, Terre sainte, 19 janvier 2016. Une fois encore, l’Abbaye de la Dormition a été la cible de vandales. Dans la soirée du samedi, des inconnus ont fait des graffitis sur les portes du monastère bénédictin de langue allemande qui est situé à la limite de la vieille ville de Jérusalem.
Des bâtiments appartenant à l’Église grec orthodoxe et à l’Église Apostolique arménienne ont aussi été ciblés.

 

Par Oliver Maksan, Aide à l’Église en Détresse International
Adaptation par Mario Bard, Bureau Canadien


 

Entrevue: le pape en Grèce transforme par l’amour!

28.04.2016 in ACN Feature, ACN International, Grèce, Pape François, Refugiés

Le pape en Grèce
un exemple d’amour qui transforme

Propos d’un prêtre jordanien : La visite du Pape à Lesbos est un message aux États arabes afin qu’ils fassent plus pour les réfugiés

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La visite de solidarité entreprise par le pape sur l’île grecque de Lesbos le samedi 16 avril dernier a lancé un message pressant aux États arabes afin qu’ils en fassent davantage en faveur des réfugiés, surtout pour ceux venant de Syrie et d’Irak.

C’est du moins la conviction profonde du Père Khalil Jaar, prêtre du Patriarcat latin de Jordanie. Dans un entretien accordé à l’œuvre internationale de charité catholique Aide à l’Église en Détresse (AED), le Père Jaar, qui s’occupe depuis des années des réfugiés chrétiens au Moyen-Orient, a déclaré jeudi : « À travers sa visite à Lesbos, Sa Sainteté le pape François a montré que, pour lui, il s’agissait de s’occuper de chacun. Les gens dans la détresse ne lui sont pas indifférents, parce qu’ils ne sont pas indifférents à Dieu.

“Implicitement, estime-t-il, le pape a donc lancé un message pressant aux pays arabes qui, jusqu’à présent, n’ont accueilli aucun ou très peu de réfugiés.” Selon ce prêtre, l’exemple du pape a montré qu’une solution à la crise des réfugiés est possible, à condition que tout le monde coopère. “Pourquoi l’Europe devrait-elle être seule à porter le poids des réfugiés? Si nous unissions nos forces, ce serait plus simple pour tous. Et ce serait la meilleure façon et la plus rapide d’aider les personnes en détresse.”

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Le pape : un exemple d’amour qui transforme

Samedi dernier, le pape François avait effectué une brève visite sur l’île grecque pour y rencontrer des réfugiés et leur témoigner sa solidarité. Sur invitation du gouvernement grec et d’institutions ecclésiastiques, le Père Khalil Jaar avait également participé à la visite.

“À Lesbos, j’ai pu m’entretenir avec des réfugiés syriens après leur rencontre avec le pape. C’était tous des musulmans. Ils m’ont dit que l’exemple plein d’amour donné par le pape avait changé leur opinion sur les chrétiens. La plupart d’entre eux étaient surpris par autant d’amour et d’humilité. Ils m’ont dit qu’ils ne s’y étaient pas du tout attendus.”

Il rejette d’emblée les critiques concernant le geste du pape de ne prendre dans son avion que les réfugiés musulmans et non chrétiens lors de son vol retour, pour leur accorder le refuge en Italie.

“Le Saint-Père voulait aussi emmener des réfugiés chrétiens de Syrie et d’Irak. Malheureusement, leurs papiers n’étaient pas encore prêts, mais ils suivront très certainement un peu plus tard. Et en fin de compte, ce qui importe, c’est que ce n’est pas la confession qui prime lorsque quelqu’un est en détresse. Qu’il s’agisse de musulmans ou de chrétiens, ce sont tous des êtres humains, que Dieu aime et qui ont besoin de notre aide.”

 

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Le père Khalil Jaar a exprimé sa reconnaissance pour l’encouragement dispensé par le pape François : “J’ai eu l’occasion de parler très brièvement au Saint-Père. Il m’a alors dit que je devais poursuivre dans mon travail en faveur des personnes en détresse. L’exemple du pape m’a inspiré et encouragé. Je remercie Aide à l’Église en Détresse qui me permet d’aider les pauvres gens en fuite.”

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AED soutient le travail du Père Khalil à Marka, en Jordanie. L’œuvre s’y occupe des logements et du ravitaillement des chrétiens irakiens qui ont fui les troupes de Daech, ainsi que des chrétiens de Syrie. Au total, plus de 600 familles bénéficient de cette aide. En Syrie, en Irak, au Liban et en Jordanie, AED soutient de nombreux projets de partenaires ecclésiastiques pour les réfugiés chrétiens.


 

Par Oliver Maksan, AED International 
Adaptation : Mario Bard, AED Canada

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