fbpx

ACN Canada

 

Projet de la semaine de l’AED au Pakistan — Aide à la formation des catéchistes

11.09.2019 in ACN International, Adaptation Mario Bard, Formation, Formation, PROJETS AED, Voyager avec l'AED

Pakistan — Histoire de succès de l’AED

Aide à la formation pour 42 futurs catéchistes

Les catéchistes sont extrêmement importants pour la vie de l’Église au Pakistan. Dans les paroisses, où l’on retrouve de nombreux villages sur une très grande distance, ils fournissent une aide précieuse aux prêtres et ont une grande responsabilité dans l’annonce de la foi. Sans eux, la vie paroissiale prendrait fin en maints endroits, faute de prêtres. 

Situé dans le diocèse de Faisalabad, le centre de formation catéchiste de Khushpur existe depuis 1965. C’est véritablement  le « cœur battant » de la pastorale au Pakistan. Dans ce pays où les hommes dominent la vie sociale, ces laïcs de tout le pays y reçoivent une formation de trois ans afin de pouvoir ensuite accomplir ce précieux service dans leur diocèse d’origine.

Les candidats qui sont déjà mariés et qui ont une famille reçoivent un logement pour la durée de leurs études. Leurs épouses assistent également à différents cours — soins de santé, couture —, et reçoivent également des connaissances bibliques de base.  Ainsi, dans le cadre de vie strictement séparée entre hommes et femmes, qui est la norme au Pakistan, les épouses peuvent s’occuper des femmes de leurs paroisses.  Enfin, pendant que leurs parents sont en apprentissage, les enfants des participants vont à l’école maternelle ou élémentaire.

 

Une grande importance est accordée aux exercices pratiques. Les catéchistes en herbe rendent donc visite aux paroissiens, parlent et prient avec eux. De plus, ils accompagnent pendant une semaine les catéchistes qui sont déjà en activité, afin de mieux comprendre leurs futures responsabilités.

 

Leur formation est régulièrement soutenue par l’Aide à l’Église en Détresse (AED). Les 42 futurs catéchistes vous remercient d’avoir à nouveau financé leur formation l’année dernière, grâce à un montant de 12 600 dollars.

À tous ceux qui ont aidé, un sincère « Que Dieu vous le rende ! ».

Entretiens de l’AED – avec le Cardinal Porras, Venezuela

05.08.2019 in Adapted by Amanda Bridget Griffin, Amérique du Sud, Messe pour les chrétiens persécutés, PROJETS AED, Venezuela

Venezuela

Entretien avec le Cardinal Porras : « Le Venezuela souffre d’une économie de guerre »

by Maria Lozano & Josué Villalón , pour ACN International,
adapté par Amanda Griffin pour l’AED Canada,
Publié sur le web le 5 août, 2019

La situation sociale, politique et économique du Venezuela continue de se détériorer, avec des pénuries de nourriture, de médicaments et de produits de première nécessité pour la vie quotidienne. L’Église, avec le peuple, souffre des conséquences de cette crise et dans de nombreux diocèses du pays, le clergé ainsi que les autres agents pastoraux qui accomplissent un travail irremplaçable pour alléger les carences matérielles et spirituelles de la population, ont besoin d’aide pour survivre.

Le Cardinal Baltasar Porras, administrateur apostolique de Caracas et archevêque de Mérida, s’est entretenu avec représentants de l’Aide à l’Église en Détresse qui s’est rendue dans le pays pour voir de près quels étaient les besoins, et savoir comment les projets de la l’œuvre pontificale soutenaient le travail pastoral et social de l’Église vénézuélienne.

 


Le Venezuela n’est pas en guerre, mais en réalité, il vit en état de guerre. Que pensez-vous de cette appréciation ?

Nous sommes dans une situation atypique et sans précédent, qui n’est pas le produit d’une guerre, ni d’un conflit armé ou d’une catastrophe naturelle, mais qui a des conséquences similaires. Le régime politique qui dirige le Venezuela a brisé le pays, il a généré un conflit social qui va en s’accentuant. Il y a aussi la réalité de l’exil de tant de Vénézuéliens, quelque chose que l’on n’avait jamais connu ici auparavant. Les gens partent à cause de leur situation économique, de leurs idées politiques, d’autres à cause des brimades qu’ils subissent dans le pays dont l’appareil économique est pratiquement détruit. Il n’y a aucune sécurité juridique. De même, il n’y a pas assez de travail, et les soins de santé sont déficients. Les gens n’ont pas la possibilité d’apporter chez eux le minimum pour subvenir aux besoins de la famille. Les spécialistes qualifient tout cela d’économie de guerre.

 

Des voitures en attente pour de l’essence.

Nous avons entendu parler des négociations d’Oslo entre le gouvernement et l’opposition, mais il y a beaucoup de scepticisme à ce sujet. Pensez-vous que cela puisse vraiment être un pas en avant dans l’amélioration de la situation du pays ?

Il faut comprendre qu’au cours des vingt dernières années, lorsque le gouvernement a été en difficulté, il a appelé plusieurs fois au dialogue. Mais ces appels ne visaient qu’à faire trainer les choses, car le gouvernement n’avait pas la volonté sincère de négocier ni de concéder quoi que ce soit. Face à une telle situation, une grande partie de la population se méfie totalement et ne croit plus du tout au dialogue. Cependant, malgré cela, c’est l’occasion de découvrir s’il existe la volonté de restaurer la démocratie qui a totalement disparu dans le pays. Nous sommes très préoccupés par le fait qu’au cours de cette dernière année, depuis le phénomène Guaidó, le nombre de personnes arrêtées, torturées, tuées et disparues a augmenté et que ces actions impliquent non seulement des militaires de haut rang, mais également une partie de la population. Certains organismes d’État sont considérés comme une police nazie qui génère de la peur dans la population. Le gouvernement a perdu la rue, et la seule manière de contrôler les gens est de leur faire peur et de provoquer des pénuries d’essence, de nourriture et d’énergie.

 

Le transport est devenue un problème

Au cours de notre visite, nous avons vu que là où il y a une paroisse ou une œuvre de l’Église, les gens viennent chercher de l’aide, et se sentent réconfortés. Peut-on dire que l’Église au Venezuela est l’Église de l’Espérance ?

Les institutions publiques et privées ont été détruites, et la seule institution qui reste indemne est l’Église. C’est grâce à notre proximité avec les gens et à notre présence dans tous les domaines. En outre, l’Église a eu le courage de souligner les manquements de ce régime. Par peur, d’autres acteurs sociaux n’osent pas s’exprimer sur cette crise, car le gouvernement est menaçant, ferme les médias et attaque les entreprises.

 

En raison de cette position claire et ferme, l’Église subit également des menaces et des pressions. Peut-on dire que l’Église vénézuélienne est persécutée ?

Vous ne pouvez pas dire qu’elle ne l’est pas. Par exemple, dans le domaine de l’éducation, il y a des restrictions contre les établissements catholiques. Des obstacles apparaissent pour inciter l’Église elle-même à fermer ses écoles. Cela fait des années que nous subissons des pressions subtiles, mais aussi des menaces verbales et du harcèlement à l’encontre des œuvres à caractère social comme Caritas. Les paroisses sont attaquées par le gouvernement lui-même, par les conseils municipaux et les groupes pro-gouvernementaux dits « collectifs ». Par exemple, à Caracas, dans les quartiers populaires, les collectifs se mettent aux portes des églises paroissiales et écoutent ce que dit le prêtre dans son homélie. Si ça ne leur plait pas, les menaces commencent.

 

le cardinal Baltazar Enrique Porras dîne avec les pauvres

 

Que se passerait-il au Venezuela si l’Église catholique n’était pas présente ?

La situation serait pire et s’aggraverait pour beaucoup de gens. Cela nous fait mal de voir notre peuple comme ça. Avec le phénomène de l’émigration, nous qui sommes restés, sommes privés d’affection parce que la famille et l’environnement dans lequel nous avons vécu ont disparu. Ceux d’entre nous qui sont restés ressentent un manque de compagnie et souffrent aussi parce que les choses ne se passent pas bien pour beaucoup de ceux qui sont partis. Le Venezuela devient un problème géopolitique qui affecte d’autres pays. Il y a déjà 4 millions de vénézuéliens à l’extérieur du pays : 1,5 million en Colombie, 700.000 au Pérou, 400.000 au Chili, 500.000 en Floride – la moitié d’entre eux sans papiers – et beaucoup d’autres dans d’autres pays d’Amérique et d’Europe. C’est très triste.

 

La pauvreté augmente

Qu’est-ce que le pape François vous dit au cours de vos rencontres ?

Le Pape connaît très bien la situation vénézuélienne, il la connaissait avant même de devenir pape. En outre, ses plus proches collaborateurs, comme le secrétaire d’État du Vatican, ont eu des relations directes avec le Venezuela et sont fortement impliqués. Le Pape fait confiance aux instances locales de l’Église. Lors de la dernière rencontre de tout l’épiscopat vénézuélien avec le Saint-Père, il nous a dit : « J’approuve tout ce que vous faites ». Certains se demandent pourquoi il ne parle plus du Venezuela. Des choses sont faites, mais discrètement, entre autres pour ne pas nuire aux organisations qui aident l’Église vénézuélienne.

 

Un dernier message pour les personnes qui, à travers l’AED, collaborent avec l’Église vénézuélienne ?

La proximité de nombreuses institutions, pas exclusivement catholiques, est un baume sur nos plaies. Nous remercions notamment de tout cœur l’AED, non seulement pour son aide matérielle, mais aussi pour l’harmonie spirituelle exprimée avant tout par la prière. Il y a quelque chose qu’il faut reconnaître : grâce à l’aide que nous recevons de l’AED à travers les intentions de messe, les difficultés des paroisses sont grandement atténuées, ce qui permet de consacrer d’autres ressources au renforcement du travail social. Vous nous aidez à rester présents et à aider les personnes qui en ont le plus besoin.

 

Îles Salomon : des moteurs pour des bateaux de missionnaires.

30.07.2019 in Adaptation Mario Bard, Îles Salomon

Projet de la semaine AED – Îles Salomon

Sept moteurs hors-bord pour des bateaux destinés à la pastorale

 

Les îles Salomon forment un groupe d’îles situé dans le Pacifique Sud, à environ 720 kilomètres à l’est de la Nouvelle-Guinée et 2 000 kilomètres au nord-est de l’Australie. Aujourd’hui, la plupart des 130 000 habitants sont chrétiens. La majeure partie est protestante et 13 pour cent sont catholiques.

 

Le diocèse catholique de Gizo est basé dans la capitale du même nom sur l’île de Ghizo, mais son territoire couvre au total plus de 40 îles, sur un rayon de 300 kilomètres. Trois prêtres autochtones et douze missionnaires de différents pays asiatiques s’occupent des huit paroisses qui s’étendent chacune sur plusieurs îles. Afin d’atteindre les fidèles, il faut faire des heures de navigation entre les différentes îles, et ensuite marcher à grand-peine à travers la brousse.

Pour que les prêtres du diocèse puissent atteindre les 118 stations missionnaires, il faudrait un nouveau moteur hors-bord pour chacun des sept bateaux dont ils disposent. En effet, en cas d’usage intensif, les moteurs sont tellement sollicités qu’ils ne fonctionnent plus de façon fiable après trois ans et peuvent tomber en panne à tout moment. En haute mer, cela représente un danger mortel. Or, les moteurs des bateaux missionnaires servent déjà depuis plus de sept ans et doivent être remplacés de toute urgence.

Aide à l’Église en Détresse a promis à Mgr Luciano Capelli 30 000 dollars pour l’achat des sept nouveaux moteurs.

https://secure.acn-canada.org/fr/appuyer-aed/ Vous désirez soutenir ce projet ou tout autre projet semblable ? Cliquez sur le bouton ci-dessous, et sélectionner ‘Projet de la semaine’.

Entretien AED : Père Prasad Harshan aide les victimes des attentats au Sri Lanka.

26.07.2019 in Adaptation Mario Bard, PAIX, par Stephan Baier, Sri Lanka

Sri Lanka

« En une seule nuit, tout le pays a été baptisé »

Avec son équipe appelée Faith Animation, le Père Prasad Harshan aide les victimes des attentats terroristes au Sri Lanka.

Un entretien mené par Stephan Baier/Aide à l’Église en Détresse (AED)

Père Prasad Harshan, les attaques terroristes commises à Pâques contre trois églises chrétiennes au Sri Lanka ont blessé de nombreux fidèles, non seulement sur le plan physique et psychique, mais aussi dans leur foi. Comment l’Église les aide-t-elle ? S. E. Mgr Malcolm Ranjith, notre cardinal, souhaitait que des missionnaires descendent dans les rues pour aller de paroisse en paroisse, de rue en rue, pour être à l’écoute des gens dans leurs maisons, pour écouter leurs histoires et les aider dans chacun de leurs combats de la foi. Nous avions déjà commencé à mettre ce projet en branle il y a trois ans. Aujourd’hui, cette approche s’est avérée une véritable bénédiction lorsque nous avons appris cette tragédie : une bénédiction pour l’Église et pour la population. Nous sommes à présent cinq prêtres qui travaillent avec les victimes des attentats. Nous déployons en particulier nos activités à Negombo, où 115 personnes d’une seule paroisse ont été assassinées, et où plus de 280 personnes ont été blessées. Nous apercevons partout des fanions noirs en signe de deuil. Les gens sont blessés sur le plan physique, mental et spirituel. Nous constatons l’ampleur des blessures dans leur foi et dans leur vie spirituelle. Durant les trente années de guerre civile, nous n’avions jamais vécu ce genre d’attaques à la bombe dans des églises. Aujourd’hui, les gens se posent des questions : pourquoi est-ce arrivé ? Pourquoi le jour de Pâques ?

..« comment Dieu a-t-il pu permettre cela, dans Sa propre maison ? »

Père Prasad Harshan

Est-ce qu’il s’ensuit des doutes au niveau de la foi et une certaine distance par rapport à l’Église ? Les gens ont d’abord été sous le choc : comment Dieu a-t-il pu permettre cela, dans Sa propre maison ? Nous, les prêtres, avons décidé de rester aux côtés des gens, même si nous ne pouvions leur donner aucune réponse. Nous avons été auprès d’eux dans leurs maisons. Nous avons voulu leur montrer que Dieu est et demeure auprès d’eux. Après le choc, il a y eu la colère. En particulier lorsqu’ils ont appris que le gouvernement avait été, au préalable, alerté par des informations. Les gens ont dû lutter contre leurs émotions. Dans ce contexte, l’exhortation du cardinal de se laisser guider par la foi et non par les émotions a joué un rôle majeur.

À quoi ressemble concrètement votre travail pastoral ? Aujourd’hui, nous travaillons beaucoup avec des enfants qui ont peur de retourner à l’église ou à l’école dominicale. Nous suivons aussi les mères pour renforcer leur foi. Il y a 475 ans, un roi hindou a assassiné 600 chrétiens au nord du Sri Lanka. Nous emmenons maintenant les proches des victimes des attentats aux mémoriaux de ces martyrs, dans le nord du pays. Les morts du dimanche de Pâques sont des martyrs parce qu’ils ont perdu leur vie pour leur foi. À travers ce voyage auprès de ces anciens martyrs, nous tentons de guérir les blessures des proches. Les blessés et les personnes qui ont perdu leur conjoint durant la guerre civile s’adressent également à eux, les encouragent et témoignent de leur foi en Dieu. Beaucoup de catholiques au Sri Lanka m’ont dit qu’après les attentats terroristes, ils étaient plus forts et plus croyants qu’auparavant.

Les personnes directement concernées portent encore aujourd’hui leurs blessures. Néanmoins, cette tragédie est devenue une bénédiction pour les catholiques de notre pays, car en une seule nuit, tout le pays a été baptisé. En effet, il y a un baptême d’eau et un baptême de sang. Soudainement, notre pays a pris conscience de la présence des catholiques et de la particularité de leur croyance. Auparavant, environ 4 000 personnes regardaient les messages vidéo du cardinal, alors qu’aujourd’hui, ils sont des centaines de milliers. Ils veulent savoir ce qu’il pense. Nous vivons une véritable Pâque ! Mais, cela a commencé le dimanche de Pâques par les corps déchiquetés, par le sang des martyrs.

Victimes des attentats du 23 avril, 2019

Les bouddhistes représentent 70 pour cent de la population du Sri Lanka. Pourquoi les terroristes n’ont-ils pas attaqué des temples bouddhistes ? Les bouddhistes constituent une majorité dans ce pays, et parmi eux, il y a aussi des guerriers. Nous ignorons pourquoi aucun temple bouddhiste n’a été attaqué. C’est peut-être relié au fait que l’Église catholique constitue certes une minorité dans notre pays, mais qu’elle représente la plus grande communauté religieuse du monde. Les terroristes voulaient impliquer le monde entier.

« Ils se sont demandé : pourquoi ne se vengent-ils pas ? »

Comment les attentats ont-ils influencé la relation entre les bouddhistes et les catholiques ? Les bouddhistes ont commencé à discuter entre eux et à souligner à quel point les catholiques étaient admirables. Ils se sont demandé : pourquoi ne se vengent-ils pas ? Heureusement, nous avons un merveilleux système dans l’Église catholique : les prêtres écoutent le cardinal, les fidèles écoutent les prêtres. Actuellement, les moines bouddhistes nous admirent également, nous autres catholiques, et nous témoignent beaucoup de sympathie et de respect.
Comment les chefs de la communauté religieuse islamique du Sri Lanka ont-ils réagi à la terreur issue de leurs rangs ?
Les autorités musulmanes ont reconnu qu’elles avaient commis l’erreur de se taire au sujet des activités des groupes terroristes dans leurs communautés. Nous n’en savions rien, mais elles étaient au courant. Elles ont compris que c’était un désastre pour tout le pays. Tous les musulmans ne sont pas des terroristes, mais tous les kamikazes qui ont commis les attentats-suicides étaient musulmans. Les musulmans ne peuvent donc nier avoir leur part de responsabilité à assumer. Leur mission est maintenant d’effectuer une purification intérieure. Lorsque les enquêtes ont commencé, des armes ont été trouvées dans les mosquées. Nous en avons été choqués. Les dirigeants islamiques ont le devoir d’interpréter le Coran de manière pacifique.

La solidarité internationale avec les victimes a-t-elle été tangible au Sri Lanka ? Les organisations de secours catholique comme Aide à l’Église en Détresse (AED) nous ont été d’un très grand soutien. Nous sommes une minorité dans ce pays, mais nous savons que nous appartenons à une famille bien plus grande. Des gens qui ne sont jamais venus au Sri Lanka prient pour nous et nous font des dons ! C’est ainsi que l’Église catholique est devenue une bénédiction pour toute la population du Sri Lanka. En effet, des musulmans, des hindous et des bouddhistes aussi sont morts dans nos églises. Alors que les gens se tournent maintenant vers l’Église catholique, une conversion intérieure a commencé. Les gens commencent à comprendre ce que cela signifie de vivre en Jésus-Christ.

Projet de la semaine AED : Ukraine – des novices en formation

24.07.2019 in ACN Canada, Adaptation Mario Bard, Aide à l'Église en détresse., Formation, PROJETS AED, Religieuses, Ukraine

Projet de la semaine – Ukraine

Soutien à la formation de 13 religieuses novices 

La Congrégation des Servantes du Seigneur et de la Vierge de Matarà se réjouit d’avoir de nombreuses vocations en Ukraine. Treize jeunes novices sont actuellement en formation à Ivano-Frankivsk, en vue de la consécration définitive de leur vie au service de Dieu et des êtres humains.  La plupart d’entre elles ont environ 20 ans.

Les religieuses  accompagnent les jeunes, organisent des retraites, font la catéchèse et s’occupent des orphelins ainsi que des personnes âgées et malades, qui sont souvent en grande détresse en Ukraine.

Des religieuses reçoivent et nourrissent la foi

En été, les jeunes novices aident à organiser des camps de vacances pour les enfants et adolescents, au cours desquels ces derniers peuvent se détendre et s’amuser, tout en approfondissant leur foi en Dieu. Cela permet aux jeunes religieuses de bien s’exercer à la catéchèse.

De plus, l’année dernière, certaines d’entre elles se sont rendues en Italie avec un groupe de 50 jeunes pour une rencontre de la jeunesse. Bien que le trajet en bus ait été long et épuisant, tout le monde était ravi. Sœur Maria Cristiana, la maîtresse des novices, raconte : « Je n’ai encore jamais vu des jeunes aussi enthousiasmés par la vérité et l’expérience communautaire ».

Au pays, la congrégation organise également des pèlerinages au sanctuaire de Krylos. Les pèlerins prient et chantent pendant les 25 kilomètres de marche. Cependant, les sœurs sont également disponibles pour des conversations personnelles au cours desquelles les jeunes peuvent parler librement et poser toutes leurs questions sur la foi ou leurs problèmes personnels. L’année dernière, 400 jeunes y ont participé.

 

L’AED soutient régulièrement la formation des jeunes religieuses et souhaite encore les aider cette année, avec un montant de 11 700 dollars.

https://secure.acn-canada.org/fr/appuyer-aed/Vous désirez soutenir ce projet ou tout autre projet semblable ? Cliquez sur le bouton ci-dessous, et sélectionner ‘Projet de la semaine’.

Communiqué AED – Projet : Une goutte de lait

19.07.2019 in ACN Canada, ACN International, Par Mario Bard, Syrie

AED Canada adopte le projet à Homs en Syrie

Objectif : 378 000 dollars d’ici le 30 septembre prochain pour les enfants de 0 à 10 ans de la ville de Homs.

 

Montréal, 18 juillet 2019 – « En Syrie, malgré l’arrêt presque complet des violences, tout reste à faire ! », s’exclame Marie-Claude Lalonde, directrice nationale de l’Aide à l’Église en Détresse Canada (AED). Avec son équipe, elle lance ces jours-ci une campagne pour un projet nommé Une goutte de lait, dont l’objectif est de fournir du lait pour six mois aux enfants de 0 à 10 ans d’un quartier de la ville de Homs en Syrie. Pour y arriver, l’AED Canada doit récolter 378 000 dollars.

 

 

Homs : une campagne pour redonner l’espérance

« Nous sommes très heureux de parrainer ce projet, créé tout d’abord à Alep en 2015 par le médecin québécois d’origine syrienne, Nabil Antaki », explique Mme Lalonde.
« Très rapidement, le docteur Antaki s’est aperçu que les besoins étaient grands et c’est pourquoi, en 2017, il s’est tourné vers l’AED afin que le projet, devenu indispensable, puisse continuer. »

 

«Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui regardent sans rien faire»

Tout comme l’ancien bastion économique de la Syrie qu’était Alep, la ville de Homs a aussi été dévastée par le conflit sanglant qui a débuté en mars 2011 et fait entre 300 000 et 550 000 morts, selon les organisations. Au plus fort des conflits, dix millions de personnes étaient déplacées et réfugiées, dans ou bien hors du pays.

 

 

De la musique et de la poésie pour une goutte de bonté

« La nécessité est la mère de l’invention », disait le célèbre philosophe Platon. Mais, dans le cas de Chantal Roussety, on peut dit dire que la nécessité a été la mère de sa générosité ! En effet, la musicienne – piano et orgue entre autres – tient depuis trois ans son petit appartement de l’est de Montréal, des concerts où la quinzaine de personnes présentes donnent spécifiquement pour le projet Une goutte de lait. « La vue continuelle de photos de guerre depuis tant d’années, et en particulier celles d’enfants, a fini par me donner la nausée parce que je me sentais impuissante à les aider », explique avec franchise Mme Roussety.

 

« La phrase d’Einstein – Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui regardent sans rien faire – m’a atteinte droit au cœur. Puis, une connaissance m’a parlé du projet de la Goutte de lait de l’Aide à l’Église en Détresse. Alors, j’ai décidé de mettre ma propre goutte, si je puis dire, pour aider à soulager un océan de misère. »

 

Marie-Claude Lalonde est très heureuse de cette initiative. « Cette année, les concerts ont permis d’amasser plus de 3000 $, permettant ainsi d’atteindre un montant de plus de 7 000 $ en trois ans, une très belle réussite qui tient à la générosité incroyable de Chantal, devenue une amie et bienfaitrice pour les enfants et pour l’AED », explique-t-elle. « Ces concerts sont maintenant incontournables pour nous, et bien sûr, pour les enfants de Syrie. »

 

D’ailleurs, pour la quatrième édition, Mme Roussety espère agrandir le cercle de ceux et celles qui pourront financer le projet Une goutte de lait, tout en profitant d’une soirée artistique agréable et remplie d’émotions. « Nous cherchons déjà une salle, car chez moi, ça devient un peu à l’étroit », explique cette dernière. « Et puis, j’ai le goût de partager mon amour de la musique et des arts, tout en soutenant un projet qui aide concrètement et sûrement ces enfants de la guerre.»

 

En attendant, le grand public peut donner dès maintenant au projet
Une goutte de lait pour les enfants de Homs.

  • En donnant directement sur la page sécurisée :
  • En téléphonant au 1-800-585-6333, poste 222 ou bien 225
  • Par la poste :
    Aide à l’Église en Détresse Canada
    Une goutte de lait
    P. 670, Succursale H
    Montréal QC H3G 2M6

Au nom des enfants de Homs : Merci!


 

Pour toutes demandes d’entrevues à ce sujet, merci de me contacter :
Mario Bard, responsable de l’information, AED-Canada-ACN-Canada
(514) 932-0552, poste 224, ou sans frais, au 1-800-585-6333, poste 224.
Cell. : 514-967-8340     
com@acn-canada.org

 

 

 

 

Communiqué : Saisie « brutale » en Érythrée des institutions de santé gérées par l’Église

11.07.2019 in Adaptation Mario Bard, AED-Canada, Communiqué, liberté religieuse, Par John Pontifex

Érythrée

Saisie « brutale » des institutions de santé gérées par l’Église

Par Tobias Lehner, pour ACN International
adapté par Mario Bard pour AED-Canada
publié sur le web le 11 juillet, 2019

Commencée à la mi-juin, la saisie des 21 établissements de santé tenus par l’Église catholique en Érythrée s’est déroulée de manière « brutale », a expliqué en entrevue la semaine dernière à l’Aide à l’Église en Détresse (AED) le père Mussie Zerai, lui-même originaire d’Érythrée, mais présentement en service pastoral à Rome. « Les patients ont littéralement été jetés hors de leurs lits. L’armée a détruit des portes et des fenêtres et fait pression sur les employés […] Une religieuse franciscaine, directrice d’un hôpital du nord du pays, a même été emprisonnée parce qu’elle résistait. »

 

«Rien ne justifie l’action du régime. Elle sanctionne ceux qui s’occupent des plus pauvres », estime le Père Zerai. Sans compter la souffrance qu’elle fait vivre aux 200 000 personnes qui reçoivent chaque année des soins de la part de ces institutions maintenant fermées.  Car, pour l’instant, le gouvernement n’a annoncé aucune nouvelle mesure de remplacement. Sa volonté première est de « nationaliser » les institutions de santé pour favoriser « la séparation des pouvoirs » et contrôler tout le secteur social, selon une loi qui date de 1995, mais qui n’avait jamais été appliquée de manière aussi brutale. Le père Zerai indique que « la plupart des patients n’étaient pas des catholiques, mais des chrétiens orthodoxes, des musulmans et des membres d’autres religions. Souvent, les établissements sont situés dans des régions très isolées [et pauvres] ». En 2018, huit dispensaires avaient été fermés de force.

 

Des observateurs étrangers supposent que cette nouvelle escalade de violence étatique vient du fait que le président Isaias Aferweki prend ombrage de la trop grande assurance qu’exprime ces derniers mois l’Église catholique dans le processus de paix avec l’Éthiopie. Pour le Père Zerai, la situation est très claire : « Le gouvernement est obsédé à vouloir contrôler tout un chacun. Il considère l’Église catholique comme une menace parce qu’elle dispose d’un réseau international et [qu’elle ose] poser des questions. »

Tous les croyants souffrent dans cet État marqué par l’athéisme

Il est estimé que de 120 000 à 160 000 catholiques vivent en Érythrée, alors que la moitié de la population est chrétienne et appartient aux Églises orthodoxes ou évangéliques luthériennes. Ce sont d’ailleurs les seules Églises chrétiennes qui soient tolérées par le régime, avec l’Islam sunnite. Une situation qui présente des similitudes avec celle observée dans certains régimes communistes, où les traditions religieuses officielles cohabitent en parallèle avec celles qui refusent toute ingérence étatique dans leurs affaires. Ou bien pire, quand elles sont honnies ou carrément interdites par le régime, et doivent donc rentrer donc dans la clandestinité.

 

 

De plus, contrairement à de nombreux pays d’Afrique du Nord, l’islam n’est pas la religion d’État en Érythrée. Le pays est « marqué par l’athéisme. Si cela ne dépendait que du gouvernement, il n’y aurait aucune religion. En fin de compte, cela procède du même type de pensée qu’en Chine », estime le père Zerai. En tous les cas, ce sont tous les croyants qui souffrent d’une pareille situation.

Pas de Constitution, pas de droits fondamentaux

« La raison pour laquelle de plus en plus de jeunes Érythréens partent pour l’étranger réside dans l’absence d’État de droit », estime le Père Zerai. Il n’existe aucune constitution, et ce, malgré l’indépendance du pays proclamée en 1993. « Les gens peuvent donc être arrêtés et emmenés de chez eux sans raison. Le service militaire s’est transformé en esclavage légalisé. Les jeunes gens sont privés de toute possibilité de se construire un avenir », déplore-t-il. Certes, à l’heure actuelle, « les États tentent d’impliquer plus fortement l’Érythrée à l’échelle internationale pour déclencher une certaine ouverture », explique-t-il. Mais, bien que le pays ait été élu au Conseil des droits de l’homme des Nations unies en octobre 2018, la situation y demeure critique et le pays reste isolé. Rapporteur spécial des Nations unies pour les droits de l’homme en Érythrée, Mme Daniela Kravetz considère que les actions des dernières semaines contre les institutions médicales tenues par l’Église catholique « montrent que, et bien qu’il y ait eu une amélioration du climat de sécurité et de paix dans la région, la situation des droits de la personne demeure inchangée. » Une situation qui s’applique également à la liberté de religion.

 

 

Cependant, et ce malgré les violences actuelles, le prêtre est convaincu que « l’Église catholique poursuivra ses activités pastorales, mais aussi sociales. Comme il est écrit dans la Bible : la foi n’est rien sans véritable engagement, sans œuvre. Retirer à l’Église la possibilité de pratiquer la charité, c’est comme si on lui amputait un bras. »

 

***

 

Rien que depuis 2016, l’œuvre pontificale de charité Aide à l’Église en Détresse (AED) a soutenu en Érythrée 44 projets, allouant environ 1,35 millions de dollars. Ces fonds ont permis de financer des aides à la construction de chapelles et d’institutions de l’église, des bourses, des automobiles assurant la mobilité des prêtres ainsi que l’aide à la subsistance de religieuses.

 

Projet de la semaine AED – Une église paroissiale au Brésil

11.07.2019 in Adaptation Mario Bard, Brésil, Construction, PROJETS AED

Brésil 

Une église paroissiale au milieu de la canne à sucre

 

La ville de Camela compte environ 30 000 habitants et est située au milieu des plantations de canne à sucre dans le nord-est du Brésil.

 

La vie de la population est marquée par une grande pauvreté et de graves problèmes sociaux. La violence et la toxicomanie sont très répandues. De plus, des groupes sectaires sont en pleine expansion et disposent désormais de 75 temples, tandis que l’Église catholique ne possède qu’une église paroissiale – trop petite ! – et la chapelle du cimetière.

 

Par ailleurs, l’église paroissiale est coincée entre un magasin et un supermarché. Il est donc impossible de l’agrandir. La messe dominicale est célébrée sur le terrain de sport parce que l’église n’offre pas assez d’espace pour les fidèles.

Le curé de la paroisse, le père Laion Fernando Gonçalves dos Santos Ferreira, et trois missionnaires laïcs, s’occupent sans relâche des fidèles et font un  travail pastoral qui porte du fruit.

 

Un terrain vient d’être offert à la paroisse et une nouvelle église paroissiale doit y être construite.

 

L’AED souhaiterait soutenir les travaux à hauteur de 53 550 dollars. Qui participera ?

 

https://secure.acn-canada.org/fr/appuyer-aed/

Vous désirez soutenir ce projet ou tout autre projet semblable ? Cliquez sur le bouton ci-dessous, et sélectionner ‘Projet de la semaine’.

Récit de l’AED – Irak

10.07.2019 in ACN International, Adaptation Mario Bard, by Xavier Bisits & Maria Lozano, Irak, persécution

Récit de l’AED – Irak

Mossoul, libéré depuis deux ans…
mais les chrétiens ont toujours peur d’y revenir

Il y a exactement deux ans, le 10 juillet 2017, le gouvernement irakien déclarait officiellement la défaite du groupe État islamique (ÉI). La libération de Mossoul a eu lieu trois ans après que la ville ait été soumise à une stricte charia, impliquant des conversions forcées, des exécutions de masse et la réapparition de l’esclavagisme.

 

 par Xavier Bisits & Maria Lozano, ACN International
adapté par Mario Bard pour AED-Canada
publié le 10  juillet 2019

 

Lorsque la ville a été libérée, « personne ne croyait que les chrétiens retourneraient à Mossoul », a expliqué en entrevue à l’Aide à l’Église en Détresse (AED) le prêtre syro-catholique Amanuel Adel Kloo.

 

Le Père Kloo a décidé de revenir. Actuellement, il est le seul prêtre de Mossoul. Il sent que sa mission est de « servir sous la croix » et de « maintenir et sauver l’héritage historique du peuple chrétien », notamment des églises datant de plus de 1 200 ans. Dans le cadre de cette mission, il est en train de reconstruire l’église de l’Annonciation, qui sera la première église à être reconstruite à Mossoul.

 

Le nombre de chrétiens qui sont retournés à Mossoul est d’environ 30 ou 40 personnes. Mais il existe une communauté beaucoup plus importante de voyageurs « itinérants ». D’une part, il y a environ 1 000 étudiants chrétiens qui se rendent chaque jour à l’université de Mossoul à partir des villes voisines. À cela, s’ajoutent plusieurs centaines de travailleurs, dont beaucoup travaillent pour le gouvernement à la réparation du réseau d’approvisionnement en eau et du réseau électrique de Mossoul, qui sont encore très endommagés. Le Père Kloo espère que certains de ces chrétiens finiront par retourner à Mossoul.

 

 

En 2003, la communauté chrétienne de Mossoul comptait environ 35 000 fidèles. Au cours des onze années qui ont suivi le début de la guerre contre Saddam Hussein, leur nombre a chuté tragiquement, les meurtres et enlèvements de chrétiens étant quasiment quotidiens. Beaucoup d’églises chaldéennes ont fermé avant même l’invasion du groupe ÉI. Par exemple, un grand nombre de personnes ont quitté Mossoul après les meurtres du père Ragheed en 2007 et celui de Mgr Faraj Raho, évêque chaldéen, en 2008. En 2014, il restait 15 000 fidèles de différentes Églises dans la ville : Église chaldéenne, syro-orthodoxes, syro-catholiques et quelques familles arméniennes. Avec l’arrivée des djihadistes, les cloches qui sonnaient à Mossoul depuis près de deux mille ans ont cessé de sonner. Des milliers de chrétiens ont immédiatement fui la ville. Ceux qui ne s’étaient pas échappés ont été forcés de se convertir ou ont été exécutés.

Renaissance du christianisme dans son berceau d’Irak

Aujourd’hui, bien qu’il n’y ait pratiquement plus de chrétiens dans la ville l’instant, Mossoul reste le siège « nominal » de deux évêchés importants en Irak. Les deux diocèses ont été consolidés ces derniers mois par la nomination de nouveaux évêques : en janvier, Mgr Najeeb Michaeel Moussa, à la tête de l’archevêché catholique chaldéen de Mossoul, et en juin, Mgr Nizar Semaan, archevêque coadjuteur de Mgr Petros Mouché, de l’archéparchie syro-catholique de Mossoul.

 

… « l’église et les autres bâtiments seront ouverts, les gens se sentiront en sécurité… et beaucoup de gens reviendront »

Le Père Kloo espère construire ensuite un complexe comportant des logements pour les étudiants ainsi que pour les personnes dans le besoin. Selon lui, la chose la plus urgente est de construire une école, car étant donné que la quasi-totalité du million d’habitants de Mossoul est de confession musulmane, aucune école chrétienne n’est disponible dans la ville. C’est un point décisif pour le retour des familles.

 

 

 

Ce prêtre syro-catholique espère que l’église de l’Annonciation sera prête dans trois mois. Et il espère encore plus que cela déclenchera une renaissance du Christianisme dans cette ville historique. « Les gens ont encore peur. Cependant, lorsque l’église et les autres bâtiments seront ouverts, les gens se sentiront en sécurité… et beaucoup de gens reviendront ».

 

À la suite de l’invasion de Mossoul et des plaines de Ninive au cours de l’été 2014, l’œuvre pontificale Aide à l’Église en Détresse (AED) a fourni de la nourriture, des abris, des médicaments et une éducation aux chrétiens déplacés et aux autres personnes arrivant à Erbil (capitale du Kurdistan irakien) et ailleurs. Quand les communautés ont commencé à rentrer chez elles après l’expulsion de l’ÉI, l’organisme de bienfaisance a entrepris de reconstruire des maisons, des couvents, des églises et d’autres structures.

Les bienfaiteurs de l’AED ont versé près de 64 millions de dollars d’aide en Irak, de 2014 à Mai 2019.

ENTRETIEN AED, Tunisie : Notre mission ici est de témoigner

05.07.2019 in Adaptation Mario Bard, AFRIQUE

ENTRETIEN AED: Tunisie  

Notre mission ici est de témoigner

À l’époque des Phéniciens, la ville de Carthage est celle qui donne le plus de martyrs à l’Église après celle de Rome. Au 21e siècle, la ville – maintenant nommée Tunis et capitale de la Tunisie – est devenue une Église « très fragile », nous a raconté Mgr Ilario Antoniazzi, archevêque de Tunis, dans un entretien accordé en juin dernier à Maria Lozano lors de sa visite au bureau international de l’Aide à l’Église en Détresse (AED).

* À noter : l’entrevue a été réalisée avant les deux attentats kamikazes du 27 juin dernier, qui ont fait un mort et huit blessés, au centre de Tunis.

Par Maria Lozano, ACN International
adapté par Mario Bard pour AED-Canada
publié le 7  juillet 2019

 

M: Quelle est la situation en Tunisie, huit ans après le « printemps arabe » ?

P: Le printemps arabe avait donné beaucoup d’espoir de plus de liberté et de bien-être. Mais il manquait un leader qui pouvait dire à la population comment y parvenir. C’est pourquoi beaucoup de gens ont été déçus. Pour beaucoup, l’avenir paraît donc incertain. Les gens aspirent aujourd’hui à plus de travail et de sécurité afin de retrouver plus de sérénité et de tranquillité. En ce qui concerne la situation de l’Église, la vérité est que nous ne pouvons pas nous plaindre. Nous pouvons faire ce que nous voulons à l’intérieur de l’Église et aller n’importe où sans demander la permission. Nous sommes libres et c’est bien.

M: Que voulez-vous dire quand vous dites que vous êtes libres ? De quels aspects parlez-vous, étant donné l’action très limitée qu’a l’Église dans cette société ?

Nous sommes régis par un modus vivendi, un accord signé en 1964 entre le Saint-Siège et la Tunisie sous la présidence de Habib Bourguiba. Avant cela, l’armée française avait été expulsée de Tunisie. L’Église était considérée comme le « bras long » de la France, des colonisateurs. C’est ainsi que presque tous les biens de l’Église ont été confisqués en Tunisie. Nous avions 125 églises, et il ne nous en reste que quatre. Cela a rendu l’Église fragile, mais en même temps cela nous a servi à quelque chose : notre foi est devenue plus forte. Comme nous ne pouvons pas compter sur le soutien des hommes et n’avons rien, nous sommes obligés de nous tourner vers Dieu et de lui demander tout ce dont nous avons besoin, et qu’Il nous donne la force de travailler dans la situation dans laquelle nous nous trouvons actuellement en Tunisie. Notre modus vivendi a des aspects négatifs pour l’Église, mais en même temps l’a obligée à se concentrer sur l’essentiel, le spirituel.

Nous avions 125 églises, et il ne nous en reste que quatre.

M: Étant donné que 99% de la population est musulmane, l’Église vit une situation très fragile. Que fait l’Église dans votre pays ?

P: Nous ne sommes que des missionnaires. Le missionnaire est quelqu’un qui témoigne de la présence du Christ là où Il n’est pas connu. En Tunisie, le Christ n’est pas connu. Tous les chrétiens sont des étrangers : des étudiants originaires pour la plupart d’Afrique subsaharienne, ou des entrepreneurs qui sont venus travailler en Tunisie. Nous devons les soutenir et bien les accueillir, et ce n’est pas toujours facile, parce qu’on n’entend jamais les cloches. Toutes les activités ecclésiales étant à l’intérieur de l’église, on ne voit rien depuis l’extérieur. Il n’est pas facile d’entrer en contact avec eux, mais une fois que nous y sommes parvenus, ils font activement partie de l’Église en Tunisie. Nous comptons ainsi entre quinze et vingt mille chrétiens. Il n’est pas facile d’avoir des statistiques parce que, par exemple, les étudiants s’en vont une fois qu’ils ont terminé leurs études et il en arrive d’autres.

Selon nos calculs, nous perdons chaque année un quart de nos fidèles, mais il en arrive un autre quart. Cela signifie que tous les quatre ans, les fidèles qui sont avec nous ont été complètement renouvelés. De ce fait, il n’est pas facile de faire des projets à long terme dans l’Église, ou avec l’Église, car ceux qui commencent un projet ne le terminent presque jamais, et ceux qui arrivent ne savent pas de quoi il s’agit. Il n’y a pas de stabilité : c’est une difficulté supplémentaire pour notre Église.

Je suis le seul évêque de Tunisie parce que, peu à peu, la Tunisie a abandonné la foi chrétienne et aujourd’hui, la population est complètement musulmane.

M : Mais les racines de la Tunisie sont chrétiennes ! Cela ne doit-il pas être vu et ressenti ?

P: En Tunisie, on disait la messe en latin avant que ce soit le cas à Rome. Le christianisme est arrivé en Tunisie au cours des premiers siècles de l’Église. Rappelons-nous saint Cyprien, saint Augustin et tous les martyrs que nous avons eus en Tunisie. Après Rome, la ville qui a donné le plus de martyrs à l’Église est celle de Carthage, c’est-à-dire Tunis. Le pays comptait environ 120 évêques et l’évêque de Carthage était considéré comme le primat de l’Afrique, qui avait autorité sur tous les évêques d’Afrique. Bien sûr, aujourd’hui, il n’y a plus 120 évêques. Je suis le seul évêque de Tunisie parce que, peu à peu, la Tunisie a abandonné la foi chrétienne et aujourd’hui, la population est complètement musulmane.

M: Nous ne pouvons pas voir l’avenir, mais certains pensent que dans cent ou deux cents ans, l’Europe aussi pourrait avoir perdu la foi et vivre une situation similaire à celle de l’Afrique du Nord. Que pensez-vous que nous puissions faire pour éviter que cela ne se produise ?

P: Il est vrai que l’Europe est en danger. Toutefois, pas parce que les musulmans sont des intrus, mais parce que nous n’accordons pas d’importance à la foi que nous avons. Regardons en revanche comment vivent les musulmans : le jour de la prière, tout le monde va à la mosquée. Dans notre pays, les églises sont vides. Les musulmans ont des enfants, mais les chrétiens en ont de moins en moins. Peu à peu, nous nous suicidons par manque de fidèles, par manque d’enfants. Il suffit de regarder nos églises en Europe, la grande majorité de ceux qui prient est âgée de 60 ans ou plus. Où sont les jeunes ?

 

 

M: Un autre facteur est le manque de prêtres. En Europe, l’âge moyen des prêtres est élevé. Quelle est la situation dans votre pays ?

P: Je suis peut-être le seul évêque au monde qui se plaint que ses prêtres sont trop jeunes. Actuellement, parmi mes prêtres, il y a deux ou trois prêtres qui ont 90 ans. Mais le plus vieux du reste des prêtres a 45 ans. Nous n’avons pas assez de prêtres plus âgés qui aient une connaissance historique de la Tunisie, de la société, de l’Église et de tout. C’est quelque chose qui nous manque. De même pour son travail d’assistance aux religieuses, aux autres prêtres… il est nécessaire que le prêtre ait une expérience pastorale et religieuse.

 

M: En Tunisie, toutes les religieuses et tous les prêtres sont-ils des missionnaires venus de l’étranger ?

P: Oui. Il n’y a pas de prêtres tunisiens. Les religieuses ainsi que les prêtres proviennent de congrégations. La plupart d’entre eux viennent faire une mission de 5 à 10 ans et ensuite retournent dans leur pays. Nous manquons d’une présence fixe de prêtres.

 

M: Caritas joue un rôle important, mais pas uniquement pour les chrétiens…

P: Caritas n’est pas un « mouvement » de l’Église, quelque chose qui fait partie de l’Église. Pour nous, Caritas est l’Église. Ça représente une grande responsabilité. Avec son aide, tout ce que nous faisons peut atteindre les familles, la société, là où ni un prêtre ni une religieuse ne peut aller. Caritas est donc considérée comme le missionnaire de l’Église. Elle témoigne du Christ, d’un Christ qui aime, qui aide les gens à travers toutes ces personnes qui travaillent à Caritas. Quand quelqu’un arrive, nous ne lui demandons jamais quelle est sa religion, mais quelle est sa souffrance. Que ce soit un chrétien ou non, c’est quelque chose qui n’a pas d’importance pour Caritas. Nous avons des chrétiens, ceux qui viennent sont surtout africains, mais il y a aussi de nombreux Tunisiens. Nous avons des activités dans des quartiers de Tunisie qui sont à 100% musulmans, et nous sommes là pour aider les femmes à apprendre un métier, par exemple confectionner des sucreries, afin de pouvoir mener une vie indépendante. Une fois qu’elles sont formées sur un métier, elles peuvent gagner de l’argent et vivre une vie plus digne.

 

M. Que diriez-vous aux bienfaiteurs de l’Aide à l’Église en Détresse ? Que pouvons-nous faire pour la Tunisie, pour vous aider dans votre travail épiscopal ?

P: Nous avons une Église fragile, parce que son activité est très limitée, fragile aussi à cause de la question des moyens de subsistance, parce que tout ce que nous avions nous a été pris. De plus, quels que soient nos besoins, nous devons demander l’aide à l’étranger. Aide à l’Église en Détresse joue un rôle très important pour nous, pour garantir que nous puissions continuer notre travail et notre apostolat, en particulier au milieu de ce peuple qui a besoin de témoignages. Être là, cela signifie rendre témoignage du Christ par sa propre vie, et non uniquement par des mots. C’est montrer par notre conduite qui est le Christ, un Christ qui aime, un Christ qui pardonne. Les Tunisiens n’auront jamais un Évangile dans leurs foyers, mais nous sommes l’Évangile qu’ils peuvent lire à travers notre comportement. Et toute l’aide que nous recevons de l’AED nous permet de témoigner, par notre vie, de qui est le Christ. Ensuite, c’est Lui qui donne la grâce qui touche les cœurs, pas nous. Je tiens à remercier l’AED pour toute l’aide qu’elle nous fournit. Parce que cela nous aide à rester debout, cela nous aide à poursuivre notre mission.