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Cameroun — Les attaques de Boko Haram dévastent des villages.

Depuis fin 2021, le gouvernement nigérian rend compte du désarmement et de la réintégration des membres de l’organisation terroriste Boko Haram. Selon les rapports, des milliers d’insurgés, dont des combattants, des non-combattants et des membres de leur famille, auraient déposé les armes dans différentes régions de l’État de Borno, au nord-est du Nigeria. Rien que la semaine dernière, selon le général Musa, officier supérieur de l’armée nigériane, 7 000 membres de Boko Haram et de l’ISWAP se seraient rendus. 

Photo d’archives (ici et photo de couverture : l’église paroissiale Saint-Pierre de Douroum en janvier 2020, brûlée par des terroristes.

Toutefois, selon des informations reçues par l’œuvre internationale Aide à l’Église en Détresse (AED-ACN), Boko Haram ne ferait que déplacer son rayon d’action vers des zones plus rurales du Nigeria et surtout vers les régions frontalières du Cameroun et du lac Tchad.

Selon un rapport envoyé à l’AED par des partenaires de projet camerounais, depuis septembre 2021, Boko Haram a perpétré régulièrement des attaques à Mutskar, un village du nord du Cameroun à la frontière avec le Nigeria. Ces attaques ont bouleversé la vie de la paroisse et ont freiné toutes ses activités pastorales. « Aujourd’hui, la population est habitée par la peur et l’anxiété », rapporte le curé de la paroisse, dont l’AED souhaite garder l’anonymat parce qu’il craint des représailles.

Dans un message plus récent à l’AED, le prêtre ajoute : « Nous avons reçu une autre visite — une parmi tant d’autres — de membres de Boko Haram. Ils ont réussi à atteindre Oupaï en passant par Douval. Ils ont tué deux personnes, brûlé des maisons et volé des vêtements et des animaux. Depuis la mi-février, quatre des sept localités qui font partie de ma paroisse sont paralysées. On pensait qu’ils ne pourraient pas atteindre Oupaï qui est vraiment au sommet de la montagne, mais malheureusement, nous nous sommes trompés ! Le mont Oupaï, qui culmine à 1494 mètres, se trouve à seize kilomètres de Mokolo, dans la région de l’Extrême-Nord du Cameroun près de la frontière avec le Nigeria. »

Photo d’archives : Mgr-Bruno Ateba avec des réfugiés nigérians, Minawao, Cameroun.

Le prêtre a indiqué : « Cinq endroits ont été touchés. Les villages de Bigdé, Douval et Vara sont presque complètement vides ». Il rapporte également que les cellules du groupe terroriste Boko Haram ont également changé leur modus operandi. « Avant, ils entraient dans les villages en poussant de grands cris de guerre », explique-t-il. « Mais ces derniers temps, ils arrivent discrètement, profitant de la pleine lune, pour surprendre les gens pendant leur sommeil. Ils tuent les parents et les adolescents, surtout les jeunes hommes. Puis ils pillent les biens de la famille et détruisent tout ce qu’ils ne peuvent pas prendre ».

Les attaques de Boko Haram semblent se concentrer sur les céréales, les chèvres et les moutons, la volaille et les vêtements. Ils dépouillent les gens de tout ce dont ils ont besoin pour vivre. La vie dans la région était déjà extrêmement précaire.  Dans cette zone, les gens souffrent souvent de la famine et de graves pénuries. Aujourd’hui, la population est contrainte de s’exiler vers des villages plus au nord, où elle est exposée à un autre type d’insécurité. « Ceux qui restent sont obligés de dormir en dehors de leurs misérables huttes, dans le froid et dans des conditions terribles », déplore le prêtre.

Le curé demande des prières et un soutien pour la sécurité de sa communauté. « La situation est vraiment préoccupante. Nous comptons sur vos prières et votre soutien », conclut-il.

Aide à l’Église en Détresse (AED-ACN) vient d’approuver un projet d’aide à un camp de réfugiés pour les victimes de Boko Haram à Minawao, dans le diocèse de Mokolo, à l’extrême nord du Cameroun. L’AED-ACN vient aussi de donner un soutien pour l’impression de 2000 Bibles en Mafa, la langue locale de 12 paroisses du même diocèse. Les chrétiens du diocèse souhaitent connaître les Saintes Écritures afin de mieux s’ancrer dans leur foi. Cela va aussi leur permettre de faire face aux difficultés latentes ou explicites de leur environnement musulman, qui change et se radicalise de plus en plus.

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