fbpx
X
Faire un don
CAMEROON / MAROUA-MOKOLO 15/00095 Emergency help for displaced people Maroua Mokolo:  Bishop Bruno Ateba Edo visiting a camp for refugees and displaced people, Minawo Zamay near Maroua Only this very small/bad file quality available
CAMEROUN / MAROUA-MOKOLO Mgr Bruno Ateba

Cameroun

La terreur causée par Boko Haram atteint les villes

 Antonia von Alten, AED International

Adaptation Robert Lalonde, AED Canada

 Après des attentats-suicide ayant causé plus de 30 morts en juillet dans la ville épiscopale de Maroua, les habitants du nord du Cameroun sont effrayés. Des mesures de sécurité draconiennes ont été prises pour pouvoir célébrer les messes dominicales. La normalité ne revient que lentement. Mgr Bruno Ateba, évêque de Maroua-Mokolo, est malgré tout plein d’espoir. Il compte sur la prière et le dialogue entre chrétiens et musulmans.

 Pour des millions de catholiques en Europe, c’est la normalité, mais pour l’évêque du diocèse camerounais de Maroua-Mokolo, Mgr Bruno Ateba, il s’agit d’une importante intention de prière : célébrer dignement la messe dominicale dans une église – sans avoir peur d’un attentat.

Lors d’une visite à l’Œuvre internationale catholique de bienfaisance Aide à l’Église en Détresse (AED) à Königstein (Allemagne), cet évêque de 50 ans a signalé qu’il célébrait chaque dimanche plusieurs messes en plein air, rassemblant un total d’environ 3 000 fidèles – sous la soleil ou la pluie. À chaque fois, une chaîne humaine est formée autour de la communauté des fidèles ; ceux qui veulent participer à la messe doivent d’abord se soumettre à de stricts contrôles de sécurité. Malgré la terreur, les fidèles de Maroua gardent leur joie. « Nous aimons danser et chanter lors de la messe », dit Mgr Ateba. Ce bonheur est toujours là. « Car le Seigneur est notre refuge. »

Comme un vendredi saint

CAMEROON / MAROUA-MOKOLO 15/00095 Emergency help for displaced people Maroua Mokolo: Construction of a hangar as chapel for 5.000 catholic nigerian refugees in parish Zamay Minawao: The faithful celebrating holy mass Only this very small/bad file quality available

Les attentats-suicide de juillet ont été terribles. Plus de trente personnes ont été tuées dans l’attentat terroriste de juillet à Maroua, et il y a eu des centaines de blessés. L’horreur a encore été aggravée par le fait que ce sont probablement des jeunes filles qui ont été forcées par Boko Haram à cacher des bombes sous leur burqa et à se faire exploser en public. « Pour nous, c’est comme si c’était un vendredi saint », dit Mgr Ateba. « Mais nous ne perdons pas espoir. »

Le Cameroun se situe entre les foyers de tension actuellement les plus grands d’Afrique, le Nigéria et la République centrafricaine. Le Nigéria, où le groupe terroriste Boko Haram sévit de façon particulièrement cruelle, n’est qu’à 60 kilomètres de la capitale provinciale Maroua. Mgr Ateba nous a raconté que la population de la zone frontalière et de la capitale de la province était traumatisée et avait peur de nouvelles attaques. Il y a quelques jours (le 3 septembre), Boko Haram a encore frappé dans le nord : sur un marché très fréquenté du nord du Cameroun, deux femmes se sont fait exploser, causant un bain de sang.

Aux dires de Mgr Ateba, plus de cent mille personnes sont en fuite au Cameroun : 52 600 personnes – principalement issues du Nigéria, pays en crise – se trouvent dans le camp de réfugiés des Nations Unies de Minawao (situé à 40 km de Marauo). Plus de 50 000 Camerounais sont en fuite dans leur propre pays, par peur de Boko Haram. Beaucoup ont trouvé refuge chez des proches ou dans des salles publiques. L’évêque camerounais fait partir les missionnaires étrangers de la zone frontalière. « La vie est trop dangereuse pour des personnes à la peau blanche », a-t-il expliqué dans sa décision. Le nord du Cameroun vit surtout du tourisme. Mais les touristes ne viennent plus depuis que Boko Haram terrorise la région. « Nous sommes dépassés » : Mgr Ateba résume ainsi le sentiment des gens qui vivent du tourisme.

La prière et le dialogue

CAMEROON / MAROUA-MOKOLO 15/00095 Emergency help for displaced people Maroua Mokolo: Bishop Bruno Ateba Edo (Diocese of Maroua-Mokolo ) and Bishop Oliver Dashe Doeme (from the diocese of Maiduguri in Nigeria) at a camp for refugees and displaced people

Grâce à une forte présence militaire et policière, une certaine normalité se maintient à l’heure actuelle, mais la paix n’est pas encore gagnée. C’est pourquoi Mgr Ateba lance un appel à la communauté internationale : « Aidez-nous à trouver la paix. Nous ne pouvons rien faire sans la paix. La communauté internationale dispose de tous les moyens pour mettre un terme à la terreur causée par Boko Haram. »

Dans une lettre adressée à tous les fidèles de son diocèse à la mi-août, Mgr Ateba a invité les gens à la prière et à faire preuve de vigilance. « Il est important pour notre sécurité que nous coopérions avec les autorités publiques. Quiconque se retrouve face à quelqu’un qu’il ne connaît pas doit être vigilant. Les personnes suspectes doivent rapidement être signalées à la police. » Cela vaut en particulier dans la région frontalière, car à maints endroits, la frontière n’est pas nette. Les maisons des membres de la tribu des Kanuri sont souvent tout près de la frontière : « Elles ont une pièce au Nigeria, et une autre au Cameroun ». Pour les terroristes de Boko Haram, il est très facile d’entrer dans le pays.

CAMEROON / MAROUA-MOKOLO 15/00095 Emergency help for displaced people Maroua Mokolo:  Bishop Bruno Ateba Edo visiting a camp for refugees and displaced people, Minawo Zamay near Maroua Only this very small/bad file quality available

Comment arrêter le terrorisme de Boko Haram ? Pour Mgr Ateba, c’est clair : le plus important, c’est de prier. Et la deuxième chose la plus importante, c’est le dialogue entre chrétiens et musulmans. Au Cameroun, où 70 % des 20 millions d’habitants sont chrétiens, l’Église catholique jouit d’une bonne réputation. Selon Mgr Ateba, de nombreux musulmans vont dans les centres de soins catholiques quand ils sont malades et envoient leurs enfants dans les écoles catholiques. Mgr Ateba a écrit une prière pour la paix qui est récitée avant la bénédiction finale lors de toutes les messes célébrées dans son diocèse.

En 2014, Aide à l’Église en Détresse a soutenu le travail pastoral au Cameroun à hauteur de plus de 1 638 500 $. Mgr Ateba en est très reconnaissant. Cela fait des années que l’AED soutient le diocèse de Maroua-Mokolo pour la formation des séminaristes et des prêtres. Près du camp de réfugiés de Minawao, une salle a également été construite – grâce aux bienfaiteurs de l’AED – pour que les réfugiés catholiques du camp puissent se réunir pour prier et assister à la messe. Un autre grand projet auquel l’AED a accordé de l’argent est la construction d’une cathédrale à Maroua, une demande que Mgr Ateba avait à cœur. Les fondations sont déjà posées et maintenant, il n’y a plus qu’à monter les murs.

faire-un-don

 

Articles récents