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Burkina Faso
Offrir son « temps d’épreuve pour toutes personnes malades »
Le cardinal Philippe Ouedraogo est testé positif à la COVID-19

Par Mario Bard, AED Canada
Mise en ligne, le 9 avril, 2020

Aide à l’Église en Détresse (AED) a obtenu copie d’une lettre signée par le cardinal Philippe Ouedraogo, archevêque métropolitain de Ouagadougou, capitale du Burkina Faso, datée du 5 avril dernier, dans laquelle il déclare être positif à la COVID-19. «Frères et sœurs bien-aimés, dans la matinée du lundi 30 mars 2020, je recevais de la part des médecins le résultat positif de mon test effectue 48 heures auparavant. Je rejoignais ainsi la foule innombrable de malades confinés de par le monde entier pour des soins. Cela narrive pas quaux autres!», écrit-il.

Dans cette lettre où il s’adresse à ses « amis chrétiens et non chrétiens », il indique recevoir « de bons soins », remercie ses plus proches collaborateurs, le personnel soignant autour de lui, et remercie également tous ceux et celles qui le soutiennent, que ce soit « par un coup de téléphone », ou bien « en priant pour lui ».

Il y lance un appel à la solidarité : « Aussi, je voudrais, du fond de mon cœur de pasteur, lancer un grand cri en faveur d’un profond élan de solidarité tant au niveau local que sur le plan régional et international pour les malades de la COVID-19. Il y a un impérieux besoin de moyens adéquats pour sauver ces nombreuses vies humaines touchées ! ‘‘Un seul doigt ne ramasse pas la farine” nous enseigne la sagesse africaine. Unissons-nous donc pour bouter hors de notre pays et du monde ce fléau redoutable aux conséquences fâcheuses. »

Dans ce pays touché par une vague de terrorisme sans précédent, le cardinal Ouedraogo dit « offrir volontiers ce temps d’épreuve » et sa « prière quotidienne : pour toute personne malade du virus ; pour l’arrêt de toutes les tueries d’innocents perpétrés par les forces du mal ; pour la réconciliation, la justice et la paix au Burkina Faso. »

Les chrétiens du nord du pays en particulier sont touchés par une vague de terrorisme sans précédent. Depuis 2018, plus de 1000 personnes ont été tués dans ces violences et l’on compte maintenant plus d’un million de réfugiés et de déplacés.

Dans une entrevue accordée à Radio Vatican le 6 décembre dernier, le cardinal a estimé que la violence dans son pays est « une question à poser au monde entier ». Il a dénoncé les mains invisibles qui arment les djihadistes : « Tous ceux qui donnent ces armes, qu’ils arrêtent et qu’ils comprennent la sacralité de la vie qui mérite le respect ».

Toujours selon lui, dans cette entrevue de Radio-Vatican, il affirme que le terrorisme est un défi majeur et que les pays doivent l’affronter, « mais un défi plus difficile à relever pour les pays pauvres qui subissent davantage sans moyens de défense adéquats ».

En février dernier, une délégation de l’Aide à l’Église en Détresse (AED) s’est rendue constater la situation difficile des chrétiens du nord du pays et redire la solidarité de l’Église universelle. En 2019, l’AED a soutenu pour plus de 900 000 dollars en projets au Burkina Faso.

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