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Brésil

la foi pare-balle d’une jeune fille de 12 ans

 

Laís Maria Pereira da Silva est née et a grandi dans un quartier de Rio de Janeiro appelé Complexo da Maré, qui comprend l’un des plus grands ensembles de favelas de la mégalopole brésilienne. Malgré sa jeunesse, cette jeune fille est déjà bien familière avec la violence, le désespoir et la mort. La partie de la ville dans laquelle elle vit englobe 17 communautés différentes, pour un total de 130 000 habitants. En plus des terribles conditions de vie – le déjeuner n’est souvent constitué que d’un morceau de pain – les gens y vivent sous la menace constante de la violence.

 

Brésil, Mars 2014, Paroisse Notre-Dame d’Alagados

 

Les favelas de Rio sont contrôlées par plusieurs groupes criminels qui font du trafic de drogue dans des ruelles formant un réseau de transport étroitement surveillé. Complexo da Maré est l’une des zones les plus dangereuses de la ville parce qu’elle est dominée, de chaque côté du quartier, par deux groupes criminels : Comando Vermelho (le « commando rouge ») et Terceiro Comando Puro (le « troisième commando pur »). Les deux groupes sont en conflit et luttent pour étendre leurs territoires respectifs.

 

Laís vit dans une favela appelée Baixa do Sapateiro, rue Divisa, ce qui signifie frontière. La rue porte ce nom parce qu’elle marque la frontière entre les territoires contrôlés par les deux organisations criminelles. « C’est dans la rue qu’ils commencent à ouvrir le feu. Nous devons nous jeter à terre, y compris chez nous, et nous ne sommes en sécurité nulle part. Les tirs viennent des deux côtés », raconte Viviane Pereira, une autre résidente de Complexo da Maré.

 

Non seulement la violence complique la vie quotidienne de Laís, mais elle assombrit aussi son avenir, parce que les écoles du quartier doivent souvent annuler les cours pour des raisons de sécurité. Quand il n’y a pas de fusillade près de l’école, elles ont lieu près de sa maison. « Ma mère doit appeler les enseignants pour nous avertir de ne pas quitter l’école, et souvent on nous dit d’étudier un autre jour pour les examens », explique la jeune fille. À douze ans, elle rêve d’étudier la médecine afin d’aider les gens, et de pouvoir contribuer à ce que sa famille puisse déménager dans un quartier plus sûr.

 

Les façades des maisons, recouvertes par les trous causés par les projectiles, témoignent de l’état de guerre dans lequel vivent les habitants de Complexo de Maré. Tentant de se protéger, certains bloquent leurs fenêtres avec des briques pour ne pas recevoir de balles perdues, et d’autres creusent des sous-sols pour protéger leurs familles pendant les fusillades. Mais personne n’est vraiment en sécurité. « Quand les fusillades commencent, nous courons vers la maison la plus proche. Ici, nous connaissons et comprenons tous la peur qu’on a dans ces moments-là », dit Laís, en ajoutant : « J’ai peur de me faire tirer dessus ».

Des membres des missionnaires de la Miséricorde prient avec des personnes sans-abris sur la Place de la cathédrale à Sao Paulo. Selon le père John Henry, fondateur du couvent de la Miséricorde « les sans-abris sont les perles de la ville ». 

Malgré tout, la foi demeure

 

C’est justement à la maison que la famille de Laís a connu l’un des moments les plus terribles de son existence. C’était un après-midi typique : son cousin Ian, qui était alors âgé de 12 ans, était en train de jouer dans la petite cour de la maison, Laís se souvient : « Soudain, une fusillade a commencé, et avant que Ian ne puisse se réfugier dans la maison, il a reçu une balle. Ma tante, la mère de Ian, a descendu les escaliers en courant. C’est là qu’elle a trouvé son fils avec la tête dans une flaque de sang ».

 

La balle a atteint le côté droit de son cerveau. Les parents ont dû attendre la fin de la fusillade pour l’emmener à l’hôpital. Il a survécu, mais il a dû être opéré à plusieurs reprises, et il a fallu lui enlever une partie du cerveau lors d’une de ces opérations. Ses facultés motrices ont ainsi été touchées, et l’opération a également limité sa capacité à parler.

 

« J’ai été très triste et très affectée par ce qui est arrivé à mon cousin », dit Laís en ajoutant : « Aujourd’hui, sept ans plus tard, il joue avec nous, mais il ne peut pas courir ». Ian est en fauteuil roulant et se souvient très peu de ce qui s’est passé ce jour-là, mais sa famille ne l’oubliera jamais. Laís et tous ses amis vivent dans la peur que la même chose ne leur arrive, ou pire encore.

 

« J’aime jouer et courir avec mes amis », explique Laís, mais elle ajoute : « Quand nous sommes dans la rue, j’ai toujours peur qu’une balle me touche ou ne touche l’un de mes amis ». Dans ces circonstances presque insoutenables, la foi est ce qui permet à Laís et à sa famille d’aller de l’avant, même s’il serait facile de perdre espoir et de succomber au désespoir quand on est constamment menacé par la violence.

 

Lais et son cousin Ian (19 ans)

S’exprimant avec l’innocence d’une jeune fille, Laís nous donne une leçon importante : même au milieu d’une fusillade, « il est possible de préserver une foi à l’épreuve des balles et d’être un signe d’espérance pour les autres. Je prie toujours Dieu de soutenir les parents de Ian, mon

Mars/Avril 2014, une favela à Salvador

L’œuvre pontificale Aide à l’Église en Détresse (AED) soutient, par différents projets, la formation de diverses communautés missionnaires, dont beaucoup travaillent dans les périphéries des grandes villes du Brésil. Parmi elles, la communauté « Alliance de la Miséricorde » qui, avec plus de 2 000 bénévoles et 337 travailleurs sociaux, apporte la Miséricorde de l’amour de Dieu aux plus pauvres. Ils travaillent dans les bidonvilles du Brésil et les zones les plus abandonnées des quartiers pauvres, où la vie quotidienne présente les mêmes caractéristiques que celles décrites par Laís Maria Pereira da Silva.

Au cours des dix dernières années, l’AED a soutenu 47 projets, à hauteur de plus de deux millions et demis de dollars, afin que les communautés nouvelles à vocation missionnaire puissent se consacrer à l’évangélisation des périphéries et aider les jeunes de ces quartiers et de tous ceux qui vivent en marge de la société.

 


 

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