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Asia Bibi : « aidez nos filles, s’il vous plaît ».

Lors d’une émouvante entrevue accordée à l’œuvre internationale Aide à l’Église en Détresse, Asia Bibi a lancé un appel au Premier ministre pakistanais Imran Khan afin qu’il modifie la loi sur le blasphème et protège les minorités. Elle a rappelé le drame de nombreuses mineures pakistanaises actuellement kidnappées, converties et mariées de force et qui obtiennent rarement justice.

« Je sais que ces filles sont persécutées et je lance un appel au Premier ministre du Pakistan Imran Khan : aidez nos filles, s’il vous plaît, car aucune d’entre elles ne doit souffrir ! »

Autre question évoquée, particulièrement sensible et revenue ces jours-ci à l’attention des médias internationaux : celle de la loi dite anti-blasphème. Selon le Rapport pour la liberté religieuse publié par l’AED, la loi dite “sur le blasphème”, introduite en 1986 dans le Code pénal pakistanais – articles 295 B, 295 C, 298 A, 298 B, 298 C – restreint sérieusement la liberté de religion et d’expression. Profaner le Coran et insulter le prophète Mahomet sont deux infractions punissablesd’une peine maximale d’emprisonnement à vie ou de la peine de mort. Dans la vie quotidienne, ces lois sont souvent utilisées comme un outil pour persécuter les minorités religieuses. Ce sont ces mêmes lois en vertu desquelles Asia Bibi, mère de cinq enfants, a été emprisonnée de 2009, jusqu’à ce que la Cour suprême du Pakistan l’acquitte en octobre 2018.

« Au moment de la fondation du Pakistan et de sa séparation avec l’Inde, le fondateur Ali Jinnah, dans son discours d’ouverture, a garanti la liberté religieuse et la liberté de pensée à tous les citoyens », a rappelé Asia, poursuivant : « Aujourd’hui, certains groupes utilisent les lois existantes et je lance un appel au Premier ministre du Pakistan, en particulier pour les victimes de la loi sur le blasphème et pour les filles converties de force, afin de protéger et de défendre les minorités qui sont aussi pakistanaises. En tant que victime, je donne mon exemple : j’ai beaucoup souffert et connu de nombreuses difficultés, aujourd’hui je suis libre et j’espère que cette loi pourra être soumise à des modifications qui interdisent tous ses abus ».

Au cours de l’entrevue Asia Bibi a également parlé de sa relation avec le pape François : «J’ai deux dizainiers donnés par le Saint-Père » dit-elle. «L’un est resté au Pakistan et l’autre est toujours avec moi. Chaque jour, je prie le chapelet pour la foi et pour les personnes persécutées au Pakistan. Je remercie le Saint-Père François et le Pape Benoît qui sont intervenus pour moi et je vous remercie, l’Aide à l’Église en Détresse, et aussi beaucoup d’autres qui ont prié pour moi. »

La chrétienne pakistanaise a ensuite conclu en s’adressant aux bienfaiteurs de l’oeuvre pontificale : « Je suis reconnaissante à l’AED et à tous les bienfaiteurs qui,dans toutes les parties du monde, soutiennent des personnes persécutées comme moi, à cause de leur foi. »

Selon des sources proches d’Asia Bibi, l’entrevuede la chrétienne pakistanaise publiée la semaine dernière sur une chaîne de télévision américaine ne fournit pas l’intégralité de sa pensée. « L’entrevue entière a duré au total 45 minutes et a été réduite à dix minutes, il est tout à fait possible qu’elle ne reproduise pas fidèlement ses pensées », a déclaré une source de l’AED. « Ces derniers jours, il y a eu beaucoup de mauvaises interprétations de ce que Asia Bibi voulait dire ainsi que de très graves accusations, même sur des choses qu’elle n’a jamais dites », a déclaré le partenaire de l’AED qui a pu parler à Asia Bibi et expliquer les réactions que la vidéo a provoquées tant au Pakistan que dans le reste du monde : « Asia Bibi ne savait rien de ce qui se passait et elle en est désolée. Elle pense que l’édition abrégée a pu être mal interprétée et fournir une adaptation confuse et erronée de ses déclarations. »

Regardez l’entrevue (Sous-titres en anglais).

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