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Des chrétiens qui habitent ‘7 lanes’ un quartier de Gulshan Iqbal, a été victime de violence des extrémistes Musulman déplacé dans le quartier de leur terre tribal sur la frontière du Pakistan. La communauté chrétienne a construit des murs pour bloquer l’accès à 7 ruelles pour assurer leur sécurité après les violences et les meurtres.

Un aperçu de la persécution et de la loi sur le blasphème au Pakistan

Le Pakistan est un pays où la minorité chrétienne est victime d’une terrible persécution et de discrimination à cause de sa foi.

La « loi sur le blasphème », adoptée au Pakistan en 1986, est l’un des outils de discrimination utilisés contre les chrétiens et les autres minorités. En principe, elle protège toutes les religions contre les attaques, mais prévoit des sanctions sévères et draconiennes pour les attaques et les blasphèmes perpétrés contre l’Islam, ainsi que pour les 1 300 personnes qui ont été accusées de transgresser les lois sur le blasphème depuis leur entrée en vigueur. Un simple soupçon ou une déclaration suffit pour emprisonner un individu et le fardeau de la preuve repose sur l’accusé (e) à qui incombe la responsabilité de prouver son innocence. À ce jour, personne n’a encore été trouvé coupable de blasphème, condamné à mort ou exécuté. L’irréparable a cependant bien failli être commis dans un cas important ayant attiré l’attention du monde entier et qui mettait en cause une femme nommée Asia Bibi.

 

Asia Bibi, chrétienne, mère de cinq enfants  

Madame Bibi, une simple chrétienne habitant un petit village, menait une vie sans histoire auprès de ses cinq enfants. Elle n’avait jamais quitté son patelin auparavant, même pour se rendre dans la capitale d’Islamabad. Un jour, un simple geste de sa part bouleversa sa vie; il entraîna des accusations de blasphème à son endroit, lesquelles furent suivies par l’attaque d’une foule contre elle et sa jeune fille. Elles furent battues, puis madame Bibi fut arrêtée. En tant que femme et chrétienne, elle n’a jouit d’aucune crédibilité devant le système de justice pakistanais et fut reconnue coupable de blasphème, condamnée à mort et gardée en isolement dans des conditions atroces pendant près de 10 ans.

Jusqu’à tout récemment.

Le 31 octobre 2018, après que l’appel pour renverser sa peine de mort soit repoussé plusieurs fois – les juges étant réticents à entendre la cause (on pense par crainte de représailles). Elle a été finalement, et joyeusement pour sa famille et ceux qui l’ont soutenue à travers le monde, acquittée du crime et reconnue non coupable.
Mais elle ne pouvait pas être libérée de prison, ni même laissée pour être avec sa famille, car des manifestants ont demandé de la mettre à mort pour son crime, lors d’émeutes et de troubles qui s’ensuivirent dans le pays.

 

Eisham Ashiq, fille de 19 ans d’ Asia Bibi, & Ashiq Masih, le mari d’Asia Bibi de passage a l’AED au Royaume Uni en octobre dernier

Malheureusement, même si elle est maintenant sortie de prison, elle n’a pas pu encore rejoindre sa famille, car des émeutes et un désordre civil demandant qu’elle soit mise à mort pour son crime ont été déclenchés dans le pays. Et même avec l’arrestation récente des leaders de ces manifestations, sa vie est toujours en danger.

 

Comme à d’autres moments dans l’histoire récente du Pakistan, cette réaction en masse pour maintenir la condamnation à mort, démontre toute la gravité de la situation dans laquelle les chrétiens du Pakistan se trouvent. Par le passé, et lors du procès d’Asia Bibi, d’autres personnes courageuses se sont exprimées en faveur de la liberté et pour les droits des minorités. Plusieurs d’entre elles furent ensuite forcées de se taire et d’autres furent même assassinées. Cela nous rappelle le cas d’un brave chrétien nommé Shahbaz Bhatti.

 

Shahbaz Bhatti, chrétien et ministre fédéral aux affaires des minorités

Sa poursuite courageuse vers la réalisation de son rêve de liberté et d’égalité religieuses pour tous l’a mené à être nommé ministre fédéral aux affaires des minorités en 2008. Dans un court laps de temps, il a réussi à présenter une loi garantissant aux minorités un partage de cinq pour cent des postes publics, dont ceux au parlement. Il s’est personnellement impliqué au cœur d’enjeux difficiles affectant les gens ordinaires et qui touchent particulièrement la communauté chrétienne minoritaire, qui compte pour deux pour cent de la population. Il s’est fait le porte-parole de ceux et celles qui n’ont pas de voix, dont Asia Bibi. Sa critique ouverte du mauvais usage de la loi sur le blasphème a entraîné un nombre grandissant de menaces et, bien que conscient du danger imminent, il a fait preuve d’un grand courage en refusant de renier son engagement à aider les minorités religieuses victimes de discrimination.

 

La cimetière à Gojra, dans le diocèse de Faisalabad – tombe de Shahbaz Bhatti – au Pakistan 2011.  Photo: Magdalena Wolnik

Deux ans avant sa mort, dans un livre qui est par la suite devenu son testament spirituel, Bhatti écrivait : « Mon corps humain est blessé, mais ces blessures ne sont pas physiques. Ce sont des blessures de crainte, de deuil, de peine et de douleur pour les chrétiens persécutés du Pakistan, des chrétiens dans le besoin et opprimés. Les gens dans le besoin sont notre famille et en tant que famille, nous partageons leurs peines, leurs deuils et leurs souffrances, comme ils partagent les nôtres. »  Je suis profondément convaincue que ces mots demeurent tout aussi pertinents aujourd’hui, pour moi comme pour nous tous.

Aujourd’hui cardinal, l’archevêque Joseph Coutts de Karachi a dit de lui qu’il était « un homme avec un rêve et une vision d’espoir afin que les gens de fois différentes puissent vivre ici tous ensemble ».

 

Salmaan Taseer, gouverneur du Punjab

Un autre brave homme assassiné pour s’être opposé à la loi sur le blasphème. Le 4 janvier 2011, Salmaan Taseer, gouverneur du Punjab, fut assassiné à Islamabad par son garde du corps, qui n’était pas d’accord avec l’opposition de Taseer à la loi sur le blasphème du Pakistan.

 

Pakistan, en mai 2017 – Des femmes et des enfants pendant la messe au Cathédrale du Sacré  coeur à Lahore. 

L’enlèvement et le viol des femmes comme outil de persécution

L’enlèvement de femmes issues de minorités, un autre outil qui, selon le Rapport sur la liberté religieuse dans le monde récemment publié par Aide à l’Église en Détresse Internationale*, est employé pour discriminer et persécuter les chrétiens, et surtout les chrétiennes, est aussi en augmentation en 2018. Il arrive souvent que les autorités affirment aux parents que leur fille s’est convertie et mariée de son propre gré. Plusieurs familles ne rapportent pas le crime ou retirent leur plainte au tribunal à cause de menaces proférées à l’endroit d’autres femmes et filles de la famille.

 

Ces enlèvements font partie d’un modèle plus large de violence sexuelle à l’égard des femmes issues de minorités religieuses. Étant plus impuissantes que les musulmanes devant la loi, elles deviennent une cible facile, car les violeurs savent que des poursuites judiciaires sont improbables. Si une femme ne peut pas prouver une relation sexuelle contre son gré, elle peut être accusée d’adultère et être arrêtée, flagellée ou même lapidée à mort. Pour cette raison, plusieurs femmes ont peur de rapporter des actes de violence sexuelle commis contre elles ou leurs proches.

 

L’appel à la prière de M. Bhatti pour la liberté de religion et l’égalité, en plus de celui de plusieurs autres braves âmes, a finalement fait une différence pour Asia Bibi et sa famille, qui n’ont jamais cessé de la défendre, de se battre et de prier pour elle. Ils sont aujourd’hui réunis, mais demeurent dans l’attente d’une invitation d’un pays sécuritaire, comme le Canada.

 

Pakistan, mai 2017 – La colonie de Saint Joseph. Trouvé dans un quartier majoritairement chrétien à Lahore, ou une foule enragé a mis en feu des douzaines de maisons après des accusations de blasphème contre un homme chrétien en mars 2013. Il semble que l’homme a été faussement accusé de blasphème. 

Pour en savoir plus sur la situation volatile et de plus en plus dangereuse des chrétiens du Pakistan, le Code pénal pakistanais et les lois sur le blasphème introduites en 1986, veuillez consulter le Rapport 2018 sur la liberté religieuse dans son entièreté sur le site web international en faisant une recherche par pays : Pakistan. Le rapport est accompagné de nombreuses données sur le sujet.

Texte: Amanda Griffin, AED Canada  Traduction : Julie Bourbeau
Sources : AED CANADA, Rapport 2016 et 2018 de l’AED sur la liberté religieuse, The Catholic Register et divers articles de presse de l’AED
*Autres sources : Human Rights Council of Pakistan et le Movement for Solidarity and Peace in Pakistan

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