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Aide à l’Église en Détresse (AED-ACN) – Déclarations à l’occasion du 22 août.

Königstein/Montréal, 19 août 2022 – Voici les déclarations du président du Conseil exécutif de l’Aide à l’Église en Détresse Internationale (ACN International), Thomas Heine-Geldern et de Mme Marie-Claude Lalonde, directrice nationale de l’Aide à l’Église en Détresse Canada, à l’occasion de la Journée internationale de commémoration des personnes victimes de violence en raison de leur religion ou de leurs convictions.

Nicaragua : Mgr Rolando Álvarez, évêque de Matagalpa, a été arrêté aujourd’hui, 19 août 2022, après avoir été assigné à résidence pendant 16 jours. Une nouvelle étape dans l’escalade de la violence contre l’Église catholique. En juillet, les Missionnaires de la Charité de Mère Teresa ont été expulsés du pays, accusés par le gouvernement d’avoir « manqué à leurs obligations légales », et plus particulièrement à la Loi 977 sur le blanchiment d’argent, le financement du terrorisme et le financement de la prolifération des armes de destruction massive. (Photo d’archives : en 2018, les locaux de Caritas Lagos ont été détruits par les partisans de Daniel Ortega).

« Il n’est pas nécessaire d’être tué pour être victime ; il suffit de subir une restriction de ses libertés fondamentales. Les chrétiens du Mali, du Niger, du Nigeria et du Burkina Faso, pour n’en citer que quelques-uns, vivent pratiquement dans des ghettos et pratiquent leur foi dans les catacombes », prévient Thomas Heine-Geldern.

« Je partage l’avis de Thomas », indique Marie-Claude Lalonde, directrice nationale de l’AED Canada. « Nous vivons un été où l’actualité internationale nous donne à voir une violence contre les croyants — chrétiens et musulmans confondus, en Afrique en particulier —, qui prend des proportions alarmantes. J’en appelle au gouvernement de Monsieur Trudeau afin qu’il saisisse l’occasion de cette Journée internationale pour réitérer son engagement, non seulement à travailler contre toutes formes de persécutions et de discriminations religieuses, mais qu’il travaille également à éliminer les sources de ce qui provoque un bon nombre de conflits en Afrique. En particulier, qu’il fasse mieux connaître le Bureau de l’Ombudsman canadien de la responsabilité des entreprises », estime-t-elle.  

« En effet, en Afrique, le lien entre la découverte de ressources minérales abondantes sur un territoire et l’arrivée de groupes terroristes de tendance fondamentaliste islamique est de plus en plus établi1. De nombreux partenaires nous racontent souvent la même histoire : Quand on découvre des richesses minérales sur notre territoire, ça veut dire que la guerre s’en vient.  Le territoire attaqué est alors vidé de ces habitants, laissés sans terre et sans ressources. Puis, viennent s’installer des compagnies minières, dont des canadiennes.

Il serait simple de mieux faire connaître l’existence du Bureau de l’Ombudsman auprès des populations africaines touchées par ces phénomènes, en particulier en République Démocratique du Congo, en République centrafricaine, au Mozambique et au Nigeria », estime Mme Lalonde.

Nigeria : les femmes sont parmi les plus touchées par la violence des groupes terroristes, peu importe leur religion.

Dialogue religieux : fondamental

 « La plus grande de toutes les tragédies est l’indifférence de tant de monde face à la persécution religieuse. Nous ne pouvons pas rester silencieux dans cette situation », déclare Thomas Heine-Geldern.

« Le 22 août, nous devrions nous souvenir non seulement de ceux qui ont perdu la vie, mais aussi de tous ceux qui sont victimes de discriminations et qui subissent les conséquences immédiates de la violence, ainsi que des personnes déplacées, de celles qui sont traumatisées, et de toutes les personnes enlevées, y compris certaines dont on ignore où elles se trouvent », dit-il.

« Outre deux prêtres au Burkina Faso et deux au Nigeria, plus de 10 prêtres sont toujours portés disparus en Chine, dont certains n’ont pas été vus depuis des mois, d’autres des années. Ne les oublions pas », ajoute Thomas Heine-Geldern.

« L’AED insiste sur l’importance vitale du dialogue interreligieux pour contrer le fondamentalisme et appelle les chefs religieux, les politiciens et les médias à jouer un rôle crucial dans la construction de communautés centrées sur la paix et la justice. Les organisations et institutions internationales sont également invitées à s’engager à garantir le droit à la liberté religieuse », affirme le Président du Conseil exécutif.

1.Rapport abrégé sur la liberté religieuse 2021 de l’Aide à l’Église en Détresse, p. 18 ch. 4.

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