fbpx
X
Faire un don

Sri Lanka
des victimes trahies

 

À l’occasion du premier anniversaire des attentats du jour de Pâques au Sri Lanka, un prêtre franciscain qui s’était consacré aux blessés et aux mourants ce jour-là estime que davantage d’innocents pourraient être tués par des kamikazes, et que le gouvernement est à blâmer pour ne pas avoir suffisamment agi afin de traduire les coupables en justice.

 

Par John Pontifex pour AED International
Adaptation française : Mario Bard, AED Canada
Publié sur le web le 30 avril 2020

 

Douze mois exactement après les attentats qui ont tué plus de 250 personnes et en ont blessé au moins 500 autres, le père Nishantha Cooray a déclaré à l’Aide à l’Église en Détresse (AED) que le nouveau gouvernement sri-lankais ne voulait pas traduire les coupables en justice, de peur de contrarier les politiciens musulmans du pays.

Environ 135 personnes ont été arrêtées à la suite des attentats du 21 avril 2019 au cours desquels des extrémistes islamistes ont été accusés d’avoir fait exploser des bombes dans des hôtels ainsi que dans trois églises remplies de personnes participantes aux offices de Pâques.

 

Le père Cooray lance un avertissement : « Si le gouvernement ne prend pas les mesures nécessaires pour trouver les personnes responsables, à l’avenir il y aura encore bien plus d’attaques ». Interrogé sur l’enquête menée par l’État, il a déclaré : « Bien qu’une année se soit déjà écoulée [depuis les attentats], aucune mesure acceptable n’a été prise pour arrêter les vraies personnes impliquées dans ce crime » meurtrier.

 

Le franciscain, qui a témoigné au Parlement à Londres lors du lancement en octobre dernier, du rapport de l’AED « Persécutés et oubliés ? », a déclaré : « En tant que prêtre, moi qui me suis chargé des funérailles des victimes des attentats et qui ai véritablement vécu l’agonie de mon peuple, j’attends que justice leur soit faite ». Affirmant que le nouveau gouvernement, élu en novembre, avait été lent à agir, tout comme l’administration précédente, il ajoute : « Le gouvernement nouvellement élu a commencé le deuxième chapitre du même livre en employant le même style d’écriture consistant à ne pas vouloir froisser les politiciens musulmans ».

 

Le Père Cooray estime que le nouveau gouvernement a brisé la promesse électorale faite à l’Église, selon laquelle il arrêterait les personnes soupçonnées d’être impliquées dans les attentats du jour de Pâques, une promesse qui, selon le père Cooray, lui avait assuré de nombreux votes. « Maintenant, nous nous sentons comme trahis. Ce n’est que pour susciter l’émotion de la population que les représentants du gouvernement ont parlé des enquêtes [sur les attentats à la bombe]. Il ne s’agissait en fait que d’un slogan en vue des prochaines élections ».

 

 

L’Aide à l’Église en Détresse a apporté son soutien aux personnes qui ont survécu aux attentats et à leurs familles. « L’Église catholique du Sri Lanka a aidé les familles des victimes de toutes les manières possibles », indique le père Cooray. « Les bouddhistes ont également fait preuve d’une générosité considérable. Ce fut un moment merveilleux au cours duquel nous avons vécu une immense harmonie religieuse ».

 

Malgré le couvre-feu mis en place en raison de la pandémie de la COVID-19, l’anniversaire des attentats de Pâques a été marqué par le tintement des cloches de certaines églises, par deux minutes de silence, et en allumant une lampe à la mémoire des morts.

 

Le Cardinal sri-lankais Malcolm Ranjith, archevêque de Colombo, a profité de sa messe de Pâques il y a près de trois semaines pour dire que les catholiques du pays avaient pardonné aux responsables des explosions.

Articles récents