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AED International

« 2019 a été une année de martyrs »
Le président de l’AED dresse un premier bilan

Par Maria Lozano et Jürgen Liminski
Adaptation par Mario Bard
Publié sur le web vendredi le 10 janvier, 2020

 

Pour Thomas Heine-Geldern, président de l’œuvre pontificale Aide à l’Église en Détresse (AED), « 2019 a été une année de martyrs, l’une des plus sanglantes dans l’histoire des chrétiens. Les attentats commis contre trois églises au Sri Lanka, qui ont coûté la vie à plus de 250 personnes, en ont été le terrible apogée. Nous sommes également très préoccupés par la situation en Chine ou en Inde. »

 

Selon M. Heine-Geldern, un aspect positif est qu’« en Europe occidentale, les personnalités politiques et les leaders d’opinion parlent désormais beaucoup plus de la liberté religieuse ». À titre d’exemple particulièrement encourageant, il cite le message vidéo du Prince Charles, héritier du trône britannique, enregistré à Noël pour l’Aide à l’Église en Détresse. Dans ce message, le prince attire l’attention sur la souffrance et la persécution croissante des chrétiens dans le monde entier et lance un appel à la solidarité.

Dans ce contexte, le président de l’AED rappelle la demande faite aux organisations multinationales et intergouvernementales – comme l’Union européenne ou l’ONU – de permettre et de protéger la liberté religieuse en tant que droit humain fondamental à tous les niveaux et dans tous les pays. « Ce sujet est abordé plus souvent, mais on entreprend encore toujours trop peu. Il est difficile de croire que dans un pays comme la France, on a encore enregistré cette année plus de 230 exactions commises contre des institutions chrétiennes. Les événements au Chili, où quarante églises ont été profanées et endommagées depuis la mi-octobre, sont aussi choquants. »

 

Funérailles du père Simeon Yamba et 5 croyants dans un attaque sur une église à Dablo le 12 mai passé.

Douleurs après des exécutions à Noël

En ce qui concerne l’Afrique, le président de l’AED est particulièrement préoccupé par la situation des chrétiens au Nigeria, où des terroristes islamistes de Boko Haram sévissent dans le nord du pays et le long de la frontière avec le Cameroun. « La veille de Noël, le village chrétien de Kwarangulum, situé dans l’État fédéral de Borno, a été attaqué par des djihadistes qui ont abattu sept personnes, enlevé une jeune femme et incendié les maisons et l’église. Un jour plus tard, un groupe dissident de Daech a diffusé une vidéo qui, selon eux, montre l’exécution de dix chrétiens et d’un musulman dans le nord-est du Nigeria. Nous sommes profondément accablés par tous ces événements. Pendant que nous célébrions Noël, d’autres sont endeuillés et vivent dans la crainte. »

L’année 2019 a également été extrêmement difficile pour les chrétiens du Burkina Faso, poursuit Thomas Heine-Geldern. Dans certaines régions du pays, les chrétiens sont peu à peu expulsés, des établissements scolaires et des chapelles ont dû y être fermés. « Selon nos informations, au moins sept attaques ont été perpétrées contre des communautés catholiques et protestantes, durant lesquelles 34 chrétiens – dont deux prêtres et deux pasteurs – ont été assassinés. Nos partenaires de projet nous parlent d’une tentative de déstabiliser le pays, d’attiser des conflits religieux et d’enflammer la violence ».

 

Vigile à la base d’ue croix à Baghdeda, Irak, 2019

Moyen-Orient : « Nombreuses attaques contre cette communauté de chrétiens »

La situation des chrétiens au Moyen-Orient a toujours été présente dans les pensées et les prières. À ce sujet, M. Heine-Geldern revient sur les propos de l’archevêque d’Erbil, Mgr Bashar Matti Warda, qui a attiré l’attention sur le danger qui plane toujours sur les chrétiens en Irak ainsi que sur leur situation : « l’invasion du groupe terroriste Daech n’a été que l’une des nombreuses attaques contre cette communauté de chrétiens ». Avant l’émergence de Daech, il y en avait déjà eu plusieurs autres « et à chaque attaque, le nombre de chrétiens en Irak — et en Syrie — diminue de façon spectaculaire ».

L’intensification de la crise au Liban aggrave également la situation des chrétiens dans le pays et crée en même temps, comme effet secondaire, de nombreux obstacles pour l’aide humanitaire à la population en Syrie.

 

Cependant, M. Heine-Geldern regarde aussi l’année avec gratitude : « Ce qui est magnifique dans notre travail, c’est qu’en plus de la croix et de la souffrance dont nous sommes témoins, il nous est aussi permis d’éprouver de très près l’immense dévouement et le grand amour de nombreuses personnes. Prenons par exemple la Syrie, un pays qui est toujours en guerre et qui en subit les conséquences. Au cours des dernières années, nous nous y sommes rendus à plusieurs reprises et avons été profondément impressionnés par la manière dont tous – laïcs engagés, religieuses, prêtres et évêques, soutenus par la générosité de nos donateurs – font tout en leur possible et parfois même l’impossible pour atténuer la détresse spirituelle et matérielle des gens. »

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