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Image d’archive : en 2016, les populations de la région de Diffa fuient la violence de Boko Haram et doivent trouver refuge plus loin.

Niger
Un missionnaire enlevé depuis le 17 septembre dernier

Son confrère déclare à l’AED : « S’ils parviennent à rejoindre le Mali, nous craignons une longue séquestration, comme celle de Sœur Gloria »

« Ce fut une attaque bien ciblée et rapide. Les ravisseurs connaissaient les déplacements du Père Pierluigi et l’avaient choisi comme victime ». C’est ainsi que le Père Mauro Armanino, missionnaire de la Société des missions africaines au Niger, raconte à l’Aide à l’Église en Détresse l’enlèvement de son confrère le Père Pierluigi Maccalli, qui a eu lieu le lundi 17 septembre à la mission où travaillait le missionnaire italien, à 125 kilomètres de la capitale Niamey.

Comme l’a rapporté le Père John, un confrère indien qui vit dans la même mission que le Père Maccalli, l’attaque, bien planifiée, n’a pris que quelques minutes. Le Père Armanino raconte à l’AED : « Lundi soir, le Père John, très traumatisé, est arrivé dans notre maison régionale de Niamey. Il se trouvait dans une autre petite maison à quelques mètres de celle du Père Pierluigi et raconte que les ravisseurs ont tout simplement frappé à la porte, ont enlevé le prêtre, puis sont partis en tirant des coups de feu en l’air. Il est clair d’après les faits que la cible était ce prêtre occidental, sinon ils n’auraient pas laissé derrière eux son confrère indien ». Le Père Maccalli venait tout juste de rentrer d’une période de repos en Italie. « Je suis allé moi-même le chercher à l’aéroport samedi dernier. Les ravisseurs le savaient et c’est pour cela qu’ils ont agi à ce moment-là. Le fait que le gouvernement n’ait rien fait même s’il savait qu’il y avait des gangs armés dans la région n’a certainement pas aidé.

« Le fait que, pour la première fois, un prêtre catholique ait été attaqué montre qu’il n’y a plus de limites à la violence »

Selon le Père Armanino, parmi les diverses raisons liées à l’enlèvement – en plus d’une demande probable de rançon qui n’est pas encore arrivée, et du désir d’attirer l’attention des médias internationaux – il y a l’intention d’effrayer les communautés chrétiennes dans l’une des rares régions du Niger où le christianisme est la religion majoritaire. « Le fait que, pour la première fois, un prêtre catholique ait été attaqué montre qu’il n’y a plus de limites à la violence ».

Image d’archive : en janvier 2015, une vague de violence islamiste s’est abattue sur le diocèse de Niamey. Ici, trois voitures appartenant aux religieuses de l’Assomption ont été brûlées.

La présomption qu’il s’agit d’un acte délibérément anti-chrétien est renforcée par le fait qu’un autre petit groupe de ravisseurs a attaqué peu après les Sœurs Franciscaines de Marie. Les religieuses ont réussi à s’échapper, certaines ont fui tandis que d’autres se sont cachées dans la maison. « Ce sont elles qui ont pu fournir des informations importantes sur les ravisseurs qui, tout en pillant la maison, se parlaient dans la langue de l’ethnie Peul ». Ceux qu’on appelle « peuls » en français sont aussi appelés « foulanis » au Niger. Le Père Maccalli est donc probablement entre les mains de ces bergers islamistes qui ont fait des milliers de victimes au Nigeria, où ils ont été les auteurs de nombreuses attaques anti-chrétiennes et du meurtre de deux prêtres en avril dernier.

Image d’archive : en janvier 2015, une vague de violence islamiste s’est abattue sur le diocèse de Niamey. Ici, les dégâts causés dans un édifice appartenant à l’Église.

Le Père Armanino explique qu’à l’heure actuelle, on peut supposer que les ravisseurs n’ont pas réussi à faire passer l’otage au Burkina Faso parce que la frontière est strictement contrôlée. Le Père Maccalli serait donc encore au Niger, mais il y a lieu de craindre que les ravisseurs n’atteignent le Mali où ils ont plus de soutien. « Notre confrère a été enlevé par un petit groupe. S’ils parviennent à se rendre au Mali, sa situation va empirer ».

En effet, là-bas, il y a beaucoup d’autres membres de la communauté peule qui fourniraient de l’aide aux ravisseurs. « C’est justement au Mali qu’a été enlevée en février 2017 Sœur Gloria Cecilia Narvaez Argoti, religieuse colombienne, qui est encore en captivité aujourd’hui. Et nous craignons que la séquestration du Père Pierluigi ne dure longtemps ».

 

 

 

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