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Fr. Aurelio Gazzera OCD, Italian Carmelite mi

République centrafricaine

Le miracle du pardon 

Pâques est la fête de l’amour vainqueur de la haine et de la mort. Pourtant, c’est dur d’aimer ses ennemis. Il semble humainement presque impensable de faire preuve d’amour envers celui qui a causé la mort d’un être chéri ou la perte de son propre foyer. Néanmoins, sans cesse, des êtres humains font preuve d’un incroyable dépassement de soi.

La foule exacerbée a failli le lyncher. Lorsque des pierres se sont abattues sur sa voiture et que des gens furieux ont pointé leurs armes sur lui, le missionnaire Aurelio Gazzera a prié le Rosaire. En raison de son engagement en faveur du retrait des rebelles de la Séléka, le prêtre s’était attiré les foudres de certains musulmans, car quelques-uns d’entre eux se sentaient maintenant menacés devant les actes de vengeance du reste de la population.

Mais alors que la foule l’attaquait justement, deux musulmans se sont interposés et lui ont sauvé la vie. L’un d’entre eux était un rebelle tristement célèbre pour être l’un des hommes les plus brutaux. Par le passé, il s’était plaint que le Père Gazzera dénonçait publiquement les crimes de la Séléka. Il avait menacé de le tuer de ses propres mains. À présent, le même homme a protégé le missionnaire de la mort.

Aimer ses ennemis

Le Père carme italien âgé de 52 ans a suivi l’Évangile à la lettre : « Faites du bien à ceux qui vous haïssent! » Immédiatement après cet incident, accompagné de quelques volontaires de la paroisse, il s’est mis en route plusieurs fois par jour pour se rendre auprès des musulmans qui s’étaient tous retranchés dans un espace très restreint afin de se mettre à l’abri des actes de vengeance, et pour les approvisionner à ses propres frais en eau potable, riz et médicaments, mais en premier lieu pour leur apporter la consolation. Le missionnaire ajoute: « C’étaient les mêmes qui m’avaient menacé et qui avaient brisé les vitres de ma voiture en y jetant des pierres. Maintenant, ils n’étaient plus que des enfants, des femmes et des hommes apeurés et en détresse. »
Central African Republic, Bozoum, Konvoi of refugees.13th of Ja

 

Au fil du temps, le père Gazzera est finalement parvenu à toucher aussi les cœurs des fidèles de sa paroisse. Une fois la plupart des musulmans évacués par un convoi, en février 2014, il n’en restait plus qu’environ deux cents dans la ville de Bozoum, majoritairement des femmes et des enfants. Jusqu’à aujourd’hui, ils dépendent de l’aide extérieure.

Au début, le prêtre n’a osé qu’avec une extrême prudence demander aux gens d’apporter de l’argent et de la nourriture en venant à l’église, pour ainsi pouvoir venir en aide aux musulmans. En expliquant ainsi : «  Je n’ai pas insisté trop fort parce que je sais que les blessures ne sont pas encore cicatrisées. Beaucoup de gens ont perdu des membres de leurs familles, d’autres ont des proches ayant été torturés, quelques-uns ont été volés, et tous ont été obligés pendant des semaines de rester loin de chez eux, et tout cela à cause de la Séléka et de quelques musulmans. »

Mais finalement, le Père Gazzera a été subjugué par leur générosité : « Normalement, les fidèles contribuent à la collecte pour les pauvres, que nous organisons une fois par mois, en donnant un peu de nourriture destinée aux orphelins et un peu d’argent, entre 20 et 25 dollars. Mais ce dimanche-là, j’ai été profondément touché par mes fidèles chrétiens : ils ont apporté beaucoup de nourriture et la collecte s’est élevée à plus de 95 dollars ! » Dans un pays aussi pauvre que la Centrafrique, cela fait beaucoup d’argent. Toujours ému, le carme ajoute : « Les fidèles se sont montrés capables de faire beaucoup plus pour les ennemis d’hier qu’ils font normalement pour leurs frères et sœurs, les pauvres de la paroisse. »
Central African Republic, Bozoum: Food and Money offered b Catho

Un modèle, une inspiration

Fr. Aurelio Gazzera, Italian Carmelite missionary working in Boz

Le Père Werenfried van Straaten, fondateur del’Aide à l’Église en Détresse (AED) et connu sous le surnom de « Père au lard », est une immense source d’inspiration pour le Père Gazzera qui, déjà à l’âge d’écolier, a lu « Où Dieu pleure », le livre de son grand modèle. Entre-temps, le carme italien a aussi pu se recueillir sur la tombe du fondateur de l’œuvre de bienfaisance, à Königstein, dans le massif du Taunus.

Quant au livre du Père Werenfried van Straaten, le missionnaire l’a relu au bout de nombreuses années, pour affirmer : « J’y ai découvert de nombreux points intéressants qui conviennent aussi à la situation que nous avons ici chez nous ! Après la Deuxième Guerre mondiale, le Père Werenfried van Straaten avait entamé une mission extraordinaire : il avait demandé aux Hollandais d’aider les Allemands ! Après la guerre, l’Allemagne était détruite à tous égards. Et les ressentiments que la population hollandaise éprouvait envers les Allemands étaient extrêmement forts. Mais le Père van Straaten était suffisamment courageux et hardi pour demander aux gens, qui avaient presque tout perdu à cause des Allemands, d’aider les réfugiés allemands ne possédant plus rien ! » Dans ce lointain pays qu’est la République centrafricaine, cette histoire se répète, aussi de nos jours.

 

Ces derniers temps après cette terrible période de guerre, le Père Gazzera a beaucoup réfléchi : « En tant que prêtre et missionnaire, que puis-je faire dans cette situation ? Que peut faire l’Église pour parvenir au résultat suivant ? Nous pouvons tant faire, nous pouvons vraiment tant faire ! Plus que jamais auparavant, il importe maintenant de reconstruire les cœurs et les consciences des êtres humains. »

 

En effet, il y a beaucoup à faire : des maisons ont été détruites, des centaines de milliers de gens ont été déplacés, la pauvreté est inimaginable. Mais le travail principal consisterait à « consoler, encourager, aider à prendre conscience des erreurs, du Mal et du péché ». Et il ajoute : « Une telle crise est aussi un appel qui nous touche profondément et nous stimule à prendre de plus en plus exemple sur Jésus-Christ, Son Évangile et Sa vie. C’est Lui qui confère la force et le courage. Il nous ouvre les voies de la lumière et de l’espérance. Le Père Werenfried van Straaten avait l’habitude de dire : « Ayez confiance en l’être humain ! En effet, les êtres humains sont meilleurs que nous le pensons. Mais il n’y a pas que l’être humain qui est meilleur, Dieu aussi est meilleur que nous le pensons… »

 

Central African Republic, Bozoum: Catholic faithful offering fooEn République centrafricaine, l’AED soutient la formation des futurs prêtres et religieux qui seront les artisans de paix de l’avenir. En outre, l’œuvre de bienfaisance contribue à la reconstruction et soutient les activités de l’Église dans ce pays considéré parmi les plus pauvres du monde.

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